LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401460

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401460

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401460
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPERINAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 12 avril, 5 juin et

13 juin 2024, M. A B, représenté par Me Perinaud, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2024, par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République de Guinée comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale" ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 155 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet ne s'est prononcé que sur le versant salarié de sa demande, sans l'examiner au regard de sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu des motifs exceptionnels qu'il fait valoir ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale, dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français, elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de destination est signée par une autorité incompétente ;

- elle est illégale, dès lors qu'elle se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français, elle-même illégale.

La requête et les mémoires complémentaires ont été communiqués au préfet de la Somme, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,

- et les observations de Me Perinaud, assistant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant guinéen, né le 7 mai 2001, déclare être entré en France le 5 mai 2017. Il a présenté, le 8 juin 2023, une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 11 mars 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République de Guinée comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.

2. En premier lieu, par un arrêté du 15 janvier 2024, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture de la Somme, le préfet de ce département a donné délégation à M. Emmanuel Moulard, secrétaire général de la préfecture de la Somme, à l'effet de signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus en matière de police des étrangers par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à

M. B vise les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde, et notamment l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise les éléments de la situation professionnelle et personnelle de l'intéressé que le préfet a pris en considération. Par ailleurs, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français vise le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision lui refusant un titre de séjour. Enfin, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision. Dans ces conditions, M. B n'est fondé à soutenir ni que le refus de titre de séjour, ni que l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sont insuffisamment motivés.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. B n'ait dument été prise en compte. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

6. M. B, entré en France en 2017, alors qu'il était âgé de 16 ans, a poursuivi une formation scolaire professionnalisante dans le domaine de la maintenance des véhicules routiers, validée par l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle en septembre 2020, puis par un baccalauréat professionnel en juillet 2022. Si, dans le cadre de ces formations, l'autorité préfectorale lui a délivré, le 6 décembre 2019, une autorisation provisoire de travail, celle-ci n'était en vigueur que jusqu'au 28 janvier 2020. En outre, alors même qu'il se prévaut de trois promesses d'embauche en contrat à durée indéterminée, établies en mars et mai 2023, puis en avril 2024, en qualité de mécanicien poids lourds, ainsi que d'une demande d'autorisation de travail, ces éléments ne sont pas de nature à établir, par eux-mêmes, une circonstance exceptionnelle. Par ailleurs, si

M. B participe régulièrement à des activités de bénévolat, ainsi qu'à des ateliers d'insertion, dans le cadre desquels il a, en outre, été recruté pour tourner dans un film primé au festival de Cannes, dans la catégorie "un certain regard", rôle pour lequel il a également obtenu le prix d'interprétation masculine de cette catégorie, il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé a précédemment fait l'objet, d'une part, le 23 décembre 2019, d'un arrêté refusant de l'admettre au séjour en qualité d'étudiant et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, confirmé par le tribunal le 3 avril 2020, et par la cour administrative d'appel de Douai le 5 novembre 2020 et, d'autre part, d'un deuxième refus de titre de séjour, cette fois, en qualité de salarié, par un arrêté du 18 novembre 2021, qui prononce également une mesure d'éloignement, et qui a été confirmé par le tribunal le 9 mars 2022 et par la cour administrative d'appel de Douai le 25 août 2022. Enfin, M. B est célibataire et n'a pas d'enfant et ne se prévaut pas d'attache familiale particulière en France. Dans ces conditions, et sans qu'ait d'incidence la circonstance que la décision contestée relève à tort qu'il aurait été poursuivi pour violences conjugales, M. B, qui ne peut utilement soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour à raison de sa seule situation professionnelle, n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

8. Compte tenu des éléments de sa situation, telle qu'exposée au point 6 du présent jugement, et alors même qu'il est constant que sa mère est décédée en 2019, M. B, qui ne conteste pas sérieusement ne pas être dépourvu de toute attache dans son pays, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté qu'il conteste porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, ni qu'il méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées.

9. Pour les mêmes raisons, M. B, qui, en outre, n'établit pas la nécessité de disposer d'un délai de départ supérieur à celui, normalement applicable, de trente jours, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

10. En dernier lieu, M. B, qui ne démontre pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le délai de départ volontaire, ni que celle fixant le pays de destination, sont illégales par voie d'exception.

11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fins d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Somme.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- Mme Rondepierre, première conseillère,

- M. Le Gars, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

A. Rondepierre

Le président,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions