LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404234

Tribunal Administratif d Amiens — Décision N° TA80-2404234

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif d Amiens
SectionTribunal Administratif d Amiens
N° DossierTA80-2404234
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL LAMARCK AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de trois jours infligée à une aide-soignante. Le tribunal a annulé la décision du centre hospitalier d'Abbeville, estimant que le fait principalement retenu (l'introduction d'un jouet à caractère sexuel dans la salle de pause) ne constituait pas une faute disciplinaire, car il n'avait pas perturbé le service ni porté atteinte à l'image de l'administration. Le juge a exercé son contrôle de légalité sur la matérialité des faits et leur qualification fautive, en application des articles L. 530-1 et L. 533-1 du code général de la fonction publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2024, Mme C... B..., représentée par
Me Kamel-Brik, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 27 juin 2024 par laquelle le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville, lui a infligé la sanction d’exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours ;

2°) de condamner le centre hospitalier d’Abbeville à lui verser la somme de 2 000 euros titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas matériellement établis et ne constituent pas des fautes ;
- la sanction d’exclusion temporaire pour une durée de trois jours est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2025, le directeur du centre hospitalier d’Abbeville, représenté par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête à ce que soit mise à la charge de Mme B... la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :
- les faits sont matériellement établis ;
- la sanction est proportionnée.

Par une ordonnance du 2 octobre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 27 novembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Gars, premier conseiller,
- les conclusions de M. Menet, rapporteur public,
- et les observations de Me Kamel-Brik, représentant Mme B....


Considérant ce qui suit :

Mme C... B..., aide-soignante titulaire au service de médecine gastro-entérologie et de chirurgie digestives du centre hospitalier d’Abbeville, a été sanctionnée d’une exclusion temporaire de fonctions d’une durée de trois jours, par une décision du 27 juin 2024 du directeur par intérim de l’établissement. Par la présente requête, Mme B... demande au tribunal d’annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 530-1 du code général de la fonction publique : « Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. / (…) ». Aux termes de l’article L. 533-1 du même code : « Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes :/ Premier groupe : L'avertissement, le blâme, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. (…) ».

Il appartient au juge de l’excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l’objet d’une sanction disciplinaire sont matériellement établis et constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

Pour prononcer la sanction disciplinaire d’exclusion temporaire de fonctions de trois jours à l’encontre de Mme B..., le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville s’est fondé sur les motifs tirés de son comportement déplacé, à plusieurs reprises les 13 et 14 avril 2024, en ayant amené un jouet à caractère sexuel dans le service, en s’y étant livrée à des batailles d’eau de Cologne, en y ayant tenu des propos grossiers et irrespectueux auprès de collègues sur des patients, en y consommant de l’alcool et en y visionnant un film sur un équipement professionnel.

Pour contester cette sanction, Mme B... fait valoir que les faits lui étant reprochés ne sont pas matériellement établis, ne constituent pas des fautes et qu’en tout état de cause elle est disproportionnée.

En ce qui concerne la matérialité et le caractère fautif des faits sanctionnés :

En ce qui concerne la matérialité et le caractère fautif des faits ayant consisté à apporter un jouet à caractère sexuel au sein du service :

Pour prendre la sanction attaquée, le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville a relevé que Mme B... a amené un jouet à caractère sexuel au sein du service le 13 avril 2024. Il ressort des auditions des 18 et 22 avril 2024 de Mme F... et de Mme E... infirmières au sein du service de médecine gastro-entérologie et de chirurgie digestives du centre hospitalier d’Abbeville, et de l’audition du 22 mai 2024 du docteur A... que cet objet a été exposé en salle de pause le 13 avril 2024. Il ressort des pièces du dossier que quatre aides-soignants, dont
Mme B..., ont offert cet objet en salle de pause à leur collègue Mme D... pour son anniversaire le 13 avril 2024. Les faits opposés à Mme B... dans la décision attaquée sont donc matériellement établis. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce cadeau n’a pas été exhibé hors de la salle de pause des aides-soignants et n’a ainsi pas été aperçu par les patients. Dans ces conditions, aussi regrettable que soit le caractère grivois de ce cadeau offert dans la salle des aides-soignants pendant sa pause, il n’a pas perturbé le bon fonctionnement du service ni n’a porté atteinte à l’image de l’administration auprès des usagers du centre hospitalier, de sorte que la requérante ne peut être regardée comme ayant commis une faute.

En ce qui concerne la matérialité et le caractère fautif des faits ayant consisté à se livrer à une bataille d’eau de Cologne dans le service :

Pour prendre la décision attaquée, le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville a relevé que Mme B... a participé à une bataille d’eau de Cologne au sein du service le 14 avril 2024. Il ressort des auditions du 22 avril 2024 de Mme E... et M. F..., infirmiers au service de médecine gastro-entérologie du centre hospitalier d’Abbeville, qu’ils ont attesté avoir aperçu des membres de l’équipe d’aides-soignantes du service, à laquelle appartient Mme B..., participer à une bataille d’eau de Cologne dans les chambres de patients le 14 avril 2024. Dans ces conditions, compte tenu du caractère concordant de ces deux témoignages circonstanciés, ces faits doivent être regardés comme matériellement établis. Les faits reprochés ont porté atteinte au bon fonctionnement du service et à l’image de l’administration et sont donc constitutifs d’une faute.

En ce qui concerne la matérialité et le caractère fautif des faits ayant consisté à tenir des propos grossiers et irrespectueux portant sur des patients :

Pour prendre la sanction attaquée, le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville a relevé que, Mme B..., a tenu auprès de collègues des propos particulièrement grossiers sur des patients. Il ressort des auditions du 22 avril 2024, que Mme E... et
M. F... ont attesté avoir entendu ces propos outranciers tenus par Mme B... avant d’effectuer la toilette de patients le 14 avril 2024. Dans ces conditions, et alors que Mme B... n’apporte aucun élément de nature à les contredire, compte tenu du caractère circonstancié de ces deux témoignages, ces faits, constitutifs d’une faute, doivent être regardés comme matériellement établis.

En ce qui concerne la matérialité et le caractère fautif des faits ayant consisté à consommer de l’alcool dans le service :

Pour prendre la sanction attaquée, le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville a relevé que, Mme B... a consommé de l’alcool dans le service le 14 avril 2024. Il ressort des témoignages du 22 avril 2024 de Mme E... et M. F... et des observations émises le 21 mai 2024 par Mme B... et quatre collègues aides-soignants, que ces derniers ont bu, dans le service le 14 avril 2024, une bouteille de champagne partagée avec quatre autres membres du personnel et une personne extérieure au centre hospitalier. Par suite, ces faits, constitutifs d’une faute, sont matériellement établis.

En ce qui concerne la matérialité et le caractère fautif des faits ayant consisté à visionner un film dans le service :

Pour prendre la sanction attaquée, le directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville a relevé que, Mme B... a visionné un film sur l’ordinateur professionnel pendant son service le 14 avril 2024. Il ressort des pièces du dossier que ces faits ont été reconnus par Mme B... et quatre collègues aides-soignants dans le courrier qu’ils ont adressé à la direction de l’établissement le 14 avril 2024. Ils sont donc matériellement établis. Par suite, et alors qu’il ne ressort pas des pièces du dossier que ce film aurait été visionné pendant les heures de pause de la requérante, ces faits doivent être regardés comme constituant une faute.

Il s’ensuit que les faits relevés aux points 7, 8, 9 et 10 sont matériellement établis et constitutifs de fautes de nature à justifier une sanction disciplinaire.

En ce qui concerne la proportionnalité de la sanction :

Il ressort des pièces du dossier que la consommation d’alcool de Mme B... pour fêter l’anniversaire de sa collègue Mme D... au sein du service le 14 avril 2024 a été très faible et qu’aucun manquement disciplinaire de l’intéressée n’avait été auparavant relevé au cours de sa carrière. Dès lors, au regard de ces éléments et de ce que les faits précités aux points 7, 8, 9 et 10, aussi regrettables soient-ils, se sont déroulés sur une période de temps très limitée les 13 et 14 avril 2024, la sanction d’exclusion temporaire de fonctions d’une durée de trois jours, qui est la sanction la plus grave du premier groupe, apparaît, dans les circonstances particulières de l’espèce, comme disproportionnée.

Il résulte de ce qui précède que Mme B... est fondée à demander l’annulation de la décision attaquée.

Sur les frais d’instance :

Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ».

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d’Abbeville la somme que demande Mme B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme B..., qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande le centre hospitalier d’Abbeville au titre de ces mêmes frais.















D E C I D E :

Article 1er : La décision du 27 juin 2024 du directeur par intérim du centre hospitalier d’Abbeville est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier d’Abbeville au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... B... et au centre hospitalier d’Abbeville.


Délibéré après l'audience du 22 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,
M. Le Gars, premier conseiller,
Mme Sako, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2026.


Le rapporteur,
Signé
V. Le Gars

Le président,
Signé

B. Boutou


La greffière,


Signé


A. Ribière

La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.







Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions