Le Tribunal administratif d'Amiens a été saisi par Mme A... d'un recours en excès de pouvoir contre la décision du préfet de l'Oise du 3 mars 2025 classant sans suite sa demande de naturalisation. Après que le préfet a reconnu une erreur administrative et indiqué reprendre l'instruction, Mme A... s'est désistée de ses conclusions en annulation et en injonction. Le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État a été condamné à verser 500 euros à Mme A... au titre des frais de justice.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2025, Mme B... A..., représentée par
Me Bonnin, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 3 mars 2025 par laquelle le préfet de l’Oise à classé sans suite sa demande de naturalisation ;
2°) d’enjoindre au préfet de l’Oise d’enregistrer sa demande de naturalisation dans les quinze jours suivant la notification de décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet de l’Oise la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, dès lors qu’il n’est pas établi que son signataire bénéficiait pour ce faire d’une délégation de signature régulièrement publiée ou affichée ;
- la décision attaquée est entachée d’une erreur de fait, dès lors qu’elle mentionne de manière inexacte que la préfecture aurait fait une demande préalable de pièces complémentaires portant sur son état civil et qu’elle méconnait les dispositions des articles 37 et 37-1 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, et de l’article L.114-5 du code des relations entre le public et l’administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2025, le préfet de l’Oise doit être regardé comme concluant au non-lieu à statuer.
Il soutient que le dossier de la requérante a fait l’objet d’une erreur administrative et que l’instruction de son dossier va donc être reprise.
Par un courrier du 8 juillet 2025, Mme A... a été invitée, sur le fondement de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à conformer le maintien de ses conclusions dans le délai de deux mois.
Par un mémoire, enregistré le 8 juillet 2025, Mme A... déclare maintenir sa requête.
Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2025, Mme A... indique se désister de l’instance et maintenir ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
2. Le désistement d’instance de Mme A... de ses conclusions en annulation et en injonction est pur et simple. Aucune circonstance ne s’oppose à ce qu’il lui en soit donné acte.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une
somme de 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d’instance de Mme A... de ses conclusions en annulation et en injonction.
Article 2 : L’Etat versera à Mme A... une somme de 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de l’Oise.
Fait à Amiens, le 23 décembre 2025.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de l’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.