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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2502535

Tribunal Administratif d Amiens — Décision N° TA80-2502535

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d Amiens
SectionTribunal Administratif d Amiens
N° DossierTA80-2502535
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. B... contestant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a constaté que la décision "48 SI" lui avait été notifiée le 14 août 2023, mais que son recours n'avait été enregistré que le 17 juin 2025, soit au-delà du délai de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La tardiveté du recours, même assorti d'un recours gracieux, a conduit au rejet de l'ensemble des demandes, y compris celles relatives aux retraits de points et aux conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2025, M. A... B..., représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision portant invalidation de son permis de conduire ;

2°) d’annuler les décisions de retrait de points à la suite des infractions commises les 5 et 15 janvier et 6 juin 2014 et 11 octobre 2022 ;

3°) d’enjoindre la restitution de son permis de conduire et la reconstitution de son capital points dans les huit jours de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient :
qu’il est recevable dans son action n’ayant pas été destinataire des décisions successives le concernant ;
qu’il peut prétendre au bénéfice des dispositions de l’article L. 761-1 du code de la route ;
que la réalité des infractions imputées n’est pas établie ;
qu’il n’a pas bénéficié de l’information requise ;
qu’il peut prétendre au bénéfice d’une loi plus douce.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête, à titre principal, irrecevable et, subsidiairement, non fondée.


Vu l’ensemble des pièces du dossier.



Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les magistrats (…) ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ».

2. Il incombe à l’administration, lorsqu’elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l’action introduite devant un tribunal administratif, d’établir que l’intéressé a régulièrement reçu notification de la décision le concernant.

3. D’une part, le ministre de l’intérieur produit, dans la présente instance, une copie de l’avis de réception du courrier émanant du fichier national des permis de conduire (FNPC) mentionnant le numéro du permis de conduire de M. A... B... précédé de la lettre « S ». Ces mentions impliquent, sauf justification contraire non produite par le requérant, que le pli contenait la décision référencée « 48 SI » par laquelle le ministre de l’intérieur récapitule les retraits de points intervenus et prononce la perte de validité du permis de conduire de l’intéressé pour solde de points nul. Cette même décision, établie selon un modèle-type et dont le ministre fournit une copie, comportait au verso la mention des voies et délais de recours.

4. D’autre part, il résulte de l’instruction, et notamment le résultat de la recherche auprès de la poste produit par le ministre, que le pli de notification de la décision « 48 SI » portant invalidation du permis de conduire de M. B..., envoyé à l’adresse du domicile du destinataire, lui a vainement été présenté le 14 août 2023 ainsi que le précise le « détail de l’acheminement » établi par La Poste. Ainsi, le délai de recours contentieux a commencé à courir au plus tard à cette date. Dans ces conditions, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions de la requête à fin d’annulation présentée par M. B... à l’encontre de la décision « 48 SI » contestée ainsi que les décisions de retrait de points ayant conduit à cette situation, enregistrée au greffe du tribunal le 17 juin 2025 sont tardives et doivent être rejetées, ainsi par ailleurs que ses conclusions à fin d’injonction et bénéfice des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative précité, un recours gracieux tardif n’ayant pas pour effet de conserver le délai de recours contentieux.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête présentée par M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.


Fait à Amiens le 16 décembre 2025.


Le magistrat désigné,

signé

G. Truy


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.






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