mercredi 17 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-1902964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GARRY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2019, le SIVOM Nord Artuby Jabron et
la communauté de communes Artuby-Verdon (CCAV), représentés par le cabinet d'avocats Garry et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2019 du préfet du Var portant liquidation de
la communauté de communes Artuby-Verdon, ainsi que la décision du 17 juin 2019 rejetant leur recours gracieux.
2°) d'enjoindre au préfet de prendre une nouvelle décision de dissolution après une nouvelle instruction du budget de liquidation.
Elles soutiennent que :
- en retenant la valeur vénale de la maison de santé pluridisciplinaire et non sa valeur nette comptable, le préfet a commis une erreur de droit et créé une rupture d'égalité entre
les communes précédemment membres de la CCAV et les établissements publics
de coopération communale concernés ;
- l'avis des domaines relatif à la valeur vénale de ce bien immobilier, qui ne retient aucun terme comparatif, ne peut être pris en compte ;
- la répartition suivant la population de la valeur reliquataire de 161 000 euros retient des échéances futures d'emprunt pour un montant de 493 000 euros, alors que cette somme comprend un emprunt de 62 000 euros lié à l'acquisition de matériel et un emprunt de
89 025,09 euros contracté pour la réalisation de travaux effectués sur la parcelle cadastrée section K, n° 488, appartenant à la CCAV et supportant une extension bâtie de la maison médicale. De ce fait, la valeur reliquataire de la maison de santé a été faussée ;
- s'agissant du transfert du quai des ordures ménagères, l'arrêté attaqué présente un caractère incomplet en tant qu'il ne s'est pas prononcé sur le sort de la parcelle cadastrée section C, n° 193 a, d'une superficie de 22 067 m² appartenant à la CCAV, et sur les conditions de son utilisation ;
- s'agissant des biens meubles, la valeur nette comptable du matériel doit être prise en compte pour un montant de 181 000 euros ;
- le solde débiteur du sous-compte 29 700 aurait dû être réparti entre les deux SIVOM et la commission syndicale Artuby et aurait dû être augmenté de la somme de 63 412 euros correspondant au fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée ;
- le solde débiteur du sous-compte 29 800 aurait dû être réduit de la somme
de 63 412 euros correspondant au fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée et réparti en fonction des contributions réelles des communes à l'intercommunalité plutôt qu'en fonction de la population INSEE ;
- s'agissant du budget tourisme, l'application du critère relatif à la population INSEE crée une rupture d'égalité dans la mesure où il ne tient pas compte du taux de perception des taxes de séjour dans les différentes communes concernées.
Par un mémoire, enregistré le 26 août 2020, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Le 13 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de ce que la communauté de communes
Artuby-Jabron ne justifie pas d'un mandat donné à son président pour agir en justice.
Un mémoire présenté le 16 juin 2022 pour le SIVOM Nord Artuby Jabron et
la communauté de communes Artuby-Verdon n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 4 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juin 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Lombart, rapporteur public,
- et les observations de Me d'Acqui, représentant le SIVOM Nord Artuby Jabron et la communauté de communes Artuby-Verdon.
Considérant ce qui suit :
1. Créée par arrêté préfectoral du 23 décembre 2009, la communauté de communes Artuby-Verdon (CCAV) comptait les neuf communes de Bargème, Brenon, Châteauvieux, Comps-sur-Artuby, La Martre, La Bastide, Le Bourguet, La Roque Esclapon et Trigance représentant une population de 1 482 habitants. La loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République a imposé un seuil minimal de 5 000 habitants
pour les communautés de communes. Par arrêté du préfet du Var du 26 décembre 2016 a été créée une commission syndicale pour la gestion des biens patrimoniaux indivis pour les compétences eau et assainissement entre les neuf communes appartenant à la CCAV, cet arrêté anticipant un autre arrêté du 29 décembre 2016 par lequel le préfet du Var a mis fin à l'exercice des compétences de la communauté de communes, celle-ci conservant
sa personnalité morale pour les seuls besoins de sa dissolution. Par arrêtés du 30 décembre 2016, ont été créés à compter du 1er janvier 2017 le SIVOM Nord Artuby Jabron,
qui comprend les communes de Brenon, Le Bourguet, Châteauvieux, La Martre et Trigance et le SIVOM Sud, qui regroupe les communes de Bargème, Comps-sur-Artuby, La Bastide et
La Roque-Esclapon. Ces deux SIVOM exercent leurs compétences notamment dans les domaines de la distribution d'eau potable et de l'assainissement collectif. A la suite de désaccords entre les différentes collectivités intéressées, un liquidateur a été désigné par arrêté préfectoral du 9 août 2017 pour évaluer et répartir les biens de la CCAV. Un arrêté
du 20 février 2019 du préfet du Var a finalement décidé la liquidation de la CCAV. Les articles 2 à 5 de cet arrêté décident du sort des biens immeubles et meubles de la communauté dissoute, de sa trésorerie, et des cinq budgets comprenant le budget principal et les budgets dédiés à l'eau, au tourisme, à la maison de santé disciplinaire et aux ordures ménagères.
Le SIVOM Nord Artuby Jabron, représenté par sa présidente, et la CCAV, représentée par son président pour les besoins de sa dissolution, demandent au tribunal d'annuler cet arrêté
du 20 février 2019, ainsi que la décision du 17 juin 2019 rejetant leur recours gracieux.
2. A l'issue de la dissolution de la CCAV, les quatre communes de Bargème,
La Bastide, Comps-sur-Artuby et la Roque Esclapon ont rejoint la communauté d'agglomération dracénoise (CAD), devenue en mai 2019 Dracénie Provence Verdon agglomération, tandis que les cinq autres communes de Le Bourguet, Brenon, Châteauvieux, La Martre et Trigance rejoignaient la communauté de communes Lacs et Gorges du Verdon (CCLGV).
Sur les conclusions du SIVOM Nord Artuby Jabron et de la CCAV à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 5211-25-1 du code général des collectivités territoriales : " En cas de retrait de la compétence transférée à un établissement public
de coopération intercommunale : 1° Les biens meubles et immeubles mis à la disposition
de l'établissement bénéficiaire du transfert de compétences sont restitués aux communes antérieurement compétentes et réintégrés dans leur patrimoine pour leur valeur nette comptable, avec les adjonctions effectuées sur ces biens liquidées sur les mêmes bases.
Le solde de l'encours de la dette transférée afférente à ces biens est également restitué
à la commune propriétaire ; 2° Les biens meubles et immeubles acquis ou réalisés postérieurement au transfert de compétences sont répartis entre les communes qui reprennent la compétence ou entre la commune qui se retire de l'établissement public de coopération intercommunale et l'établissement ou, dans le cas particulier d'un syndicat dont les statuts
le permettent, entre la commune qui reprend la compétence et le syndicat de communes.
Il en va de même pour le produit de la réalisation de tels biens, intervenant à cette occasion. Le solde de l'encours de la dette contractée postérieurement au transfert de compétences
est réparti dans les mêmes conditions entre les communes qui reprennent la compétence ou entre la commune qui se retire et l'établissement public de coopération intercommunale ou,
le cas échéant, entre la commune et le syndicat de communes. A défaut d'accord entre l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale et les conseils municipaux des communes concernés, cette répartition est fixée par arrêté du ou
des représentants de l'État dans le ou les départements concernés. Cet arrêté est pris dans
un délai de six mois suivant la saisine du ou des représentants de l'État dans le ou
les départements concernés par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou de l'une des communes concernées. Les contrats sont exécutés dans
les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties.
La substitution de personne morale aux contrats conclus par les établissements publics
de coopération intercommunale n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. L'établissement public de coopération intercommunale qui restitue
la compétence informe les cocontractants de cette substitution ".
En ce qui concerne les modalités financières du transfert de la maison de santé pluridisciplinaire :
4. L'arrêté attaqué décide que la maison de santé pluridisciplinaire, située à Comps-sur-Artuby, est transférée en pleine propriété à la CAD qui aura la charge de son fonctionnement, de son entretien et qui reprendra les emprunts souscrits par la CCAV pour financer cet équipement. Il a également décidé que la CAD verserait une indemnisation d'un montant de 53 836 euros à la CCLGV pour solde de tout compte et une somme de 18 775 euros à la commune de Comps-sur-Artuby au titre du paiement du terrain d'assiette
de l'édifice.
5. Est seul contesté le montant de 53 836 euros dû pour solde de tout compte
à la CCLGV. Ce solde correspond, selon la note du liquidateur datée du 13 août 2018 versée au dossier par le préfet, à la valeur vénale du bien immobilier de 592 000 euros, augmentée de 62 000 euros correspondant aux emprunts liés à la médicalisation du bâtiment, diminuée des échéances futures des emprunts restant à régler par la CAD pour 493 000 euros. La valeur reliquataire de 107 164 euros a été répartie entre la CAD et la CCLGV en fonction
des populations respectives de la CAD qui compte 1 057 habitants et de l'ex-CCAV qui comptait 1 588 habitants, la somme de 53 836 euros revenant au terme de ces calculs à la CCLGV.
6. En premier lieu, d'après les dispositions du 1° de l'article L. 5211-25-1 du code général des collectivités territoriales, seuls les biens meubles et immeubles mis
à la disposition de l'établissement bénéficiaire du transfert de compétences sont restitués
aux communes antérieurement compétentes et réintégrés dans leur patrimoine pour leur valeur nette comptable. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas soutenu
que la maison de santé pluridisciplinaire serait un bien immeuble mis à la disposition
de la CCAV lors de sa création le 23 décembre 2009. Par suite, l'arrêté n'a commis aucune erreur de droit et n'a occasionné aucune rupture d'égalité en retenant la valeur vénale
de ce bien immobilier.
7. En deuxième lieu, si les collectivités requérantes contestent la valeur vénale
du bien immobilier retenue par le service des domaines au motif que celui-ci ne disposait d'aucun terme de comparaison, il résulte du rapport d'évaluation de France Domaine, daté
du 3 mars 2018, que le moyen manque en fait puisque les services compétents de l'État ont évalué le bien par comparaison directe en présence d'un marché local présentant des biens comparables à celui à évaluer.
8. En troisième lieu, les collectivités requérantes reprochent à la décision
de se fonder sur un montant d'échéances futures d'emprunts de 493 000 euros en incorporant
la somme de 62 000 euros correspondant aux emprunts liés à la médicalisation du bâtiment et la somme de 89 025,09 euros correspondant à des emprunts contractés pour la réalisation
de travaux effectués sur la parcelle cadastrée section K, n° 488, sur le territoire
de la commune de Comps-sur-Artuby appartenant à la CCAV et supportant une extension bâtie de la maison médicale. Seule la somme de 341 989,89 euros correspondant aux emprunts relatifs à la construction aurait dû, selon elles, être prise en compte, ce qui aurait augmenté la valeur reliquataire à répartir entre la CAD et la CCLGV. Toutefois, le préfet a pu à bon droit prendre en compte, en diminution de la valeur vénale du bien, le montant
des échéances futures d'emprunts qui concouraient à la réalisation et à l'équipement de ce bien.
En ce qui concerne les modalités financières du transfert du quai des ordures ménagères :
9. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, de la note du 13 août 2018 rédigée par le liquidateur au sujet des conditions de liquidation de la CCAV, que la CAD proposait un transfert à son profit du quai des ordures ménagères pour un euro symbolique, alors que
la CCLGV s'estimait lésée par de telles conditions de transfert. L'arrêté attaqué décide, suivant en cela les préconisations du liquidateur, que le quai de transfert des ordures ménagères, situé sur une parcelle cadastrée section C, n° 345, anciennement cadastrée section C, n° 193 b, sur le territoire de la commune de Comps-sur-Artuby, d'une superficie de 2 213 m², sera transféré en pleine propriété à la CAD en contrepartie du versement d'une indemnité de 150 000 euros à la CCLGV pour solde de tout compte. La décision attaquée reprend
la valeur nette comptable du bien telle qu'évaluée par France Domaine dans un rapport d'évaluation daté du 3 mars 2017.
10. Les collectivités requérantes rappellent toutefois que, par délibération
du 23 novembre 2016, le conseil communautaire de la CCAV avait décidé de diviser
la parcelle cadastrée section C, n° 193, d'une superficie totale de 24 280 m². Par l'effet
de cette division ont été créées une parcelle cadastrée section C, n° 193 a, d'une superficie de 22 067 m² et une parcelle cadastrée section C, n° 193 b, d'une superficie de 2 213 m².
Il ressort des pièces du dossier et, notamment, du rapport d'évaluation de France Domaine que l'évaluation pour un montant de 150 000 euros a porté sur cette seule seconde parcelle d'une superficie de 2 213 m² et que, par suite, le transfert décidé par l'arrêté attaqué n'a porté que sur la parcelle cadastrée section C, n° 193 b, d'une surface de 2 213 m².
Dans ces conditions, les collectivités requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté attaqué présente un caractère incomplet en tant qu'il ne s'est pas prononcé sur les modalités
de transfert de la parcelle cadastrée section C, n° 193 a, d'une superficie de 22 067 m² appartenant à la CCAV et à demander dans cette mesure l'annulation de l'arrêté du 20 février 2019 du préfet du Var.
En ce qui concerne les biens meubles :
11. L'article 3 de l'arrêté du 20 février 2019 a décidé que les biens " ressortissant
du bloc maison médicale " sont transférés à la CAD, que les biens ressortissants du bloc
" gestion des déchets " sont transférés à la commission syndicale " Artuby " et que les autres biens sont attribués à la commission syndicale " Artuby ". L'article 3 de l'arrêté se borne ainsi à décider quelle collectivité sera attributaire des biens meubles sans se prononcer
sur les modalités financières de ces transferts ou la valeur des biens transférés. Par suite,
les collectivités requérantes, qui ne remettent pas en cause le choix des collectivités auxquelles les biens sont transférés, ne peuvent utilement, quant à ce poste de transfert, rappeler que deux emprunts ont été souscrits pour un montant total de 62 000 euros ou demander que la valeur nette comptable du matériel soit prise en compte pour un montant de 181 000 euros. En toute hypothèse, en vertu des dispositions du 1° de l'article L. 5211-25-1 du code général des collectivités territoriales, seuls les biens meubles mis à la disposition de l'établissement bénéficiaire du transfert de compétences sont restitués aux communes antérieurement compétentes et réintégrés dans leur patrimoine pour leur valeur nette comptable et il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas soutenu que
les biens meubles transférés auraient été mis à la disposition de la CCAV lors de sa création le 23 décembre 2009.
En ce qui concerne la trésorerie :
12. L'article 4 de l'arrêté du 21 février 2019 a fixé au 31 décembre 2017 les soldes débiteurs du compte 515 " Compte au Trésor " à 147 682,58 euros pour le sous-compte collectivité 29700, qui concerne le budget de l'eau, et à 176 498,72 euros pour le sous-compte collectivité 29800, relatif au budget général. Il a été décidé en outre que l'apurement
des comptes reliquataires représentant les dettes et créances de 1'organisme serait réparti entre les communes constitutives de la CCAV en proportion de la population INSEE.
S'agissant du solde du sous-compte 29700, qui retrace le budget de l'eau :
13. Les collectivités requérantes rappellent que le SIVOM Nord Artuby Jabron et
le SIVOM Sud ont été créés pour exercer en lieu et place des communes, notamment,
la distribution de l'eau potable et l'assainissement collectif et que la commission syndicale Artuby a également été créée pour la gestion des biens indivis appartenant aux communes membres de la CCAV incluant le réseau de production d'eau potable, le point de prélèvement à la source des Buisses, les canalisations de transport et la station de pompage. Elles relèvent que l'article 5 de l'arrêté a réparti, en ce qui concerne le budget eau, les actifs entre le SIVOM Nord Artuby Jabron, le SIVOM Sud et la commission syndicale Artuby en fonction
de la localisation territoriale ou de la nature des biens et elles en concluent que le solde débiteur du sous-compte retraçant le budget de l'eau aurait dû être réparti entre les deux SIVOM et la commission syndicale Artuby.
14. En premier lieu, le solde du compte administratif du budget annexe d'un service public à caractère industriel et commercial ne constitue pas un bien qui serait nécessaire
à l'exercice de ce service public, ni un ensemble de droits et obligations qui lui seraient attachés. Par suite, le préfet n'avait aucune obligation d'affecter le solde du sous-compte 29700 aux établissements gestionnaires du service de l'eau.
15. En second lieu, alors que le préfet fait valoir en défense que la requête ne produit aucun élément probant quant à la demande tendant à ce que le solde débiteur soit augmenté
de la somme de 63 412 euros correspondant au fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée, les collectivités requérantes n'ont produit aucun document sur ce point de nature
à permettre au juge d'exercer son contrôle.
S'agissant du solde du sous-compte 29800, qui retrace le budget général
de la CCAV :
16. En premier lieu, comme il a été dit au point précédent, les collectivités requérantes n'ont produit aucun document relatif à la somme de 63 412 euros correspondant, selon elles, au fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, elles ne sont pas fondées à demander que cette somme de 63 412 euros vienne en diminution du sous-compte 29800.
17. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une répartition
des soldes de ces sous-comptes en fonction des contributions réelles des communes
à l'intercommunalité serait, dans le souci d'égalité auquel se réfèrent les deux collectivités requérantes, plus adaptée que la répartition en fonction de la population INSEE adoptée
par l'arrêté.
En ce qui concerne le budget tourisme :
18. En premier lieu, l'article 5 de l'arrêté attaqué a décidé que les 9 statues et panneaux déjà implantés seraient intégrés dans l'actif de la commune d'implantation. Ce point n'est pas contesté.
19. En second lieu, l'arrêté a décidé que l'excédent de 5 985,60 euros issu
de la plateforme " taxe de séjour " serait réparti à parts égales entre les neuf collectivités qui constituaient la CCAV, soit 665,06 euros par commune. Les collectivités requérantes soutiennent que l'application du critère relatif à la population INSEE crée une rupture d'égalité dans la mesure où il ne tient pas compte du taux de perception des taxes de séjour dans les différentes communes concernées. Toutefois, la méthode de répartition retenue
par le préfet n'est pas fondée sur l'importance de la population de chaque commune. En outre, les collectivités requérantes ne produisent au soutien de leur affirmation, selon laquelle aurait dû être retenu le taux de perception des taxes de séjour dans les différentes communes concernées, aucun calcul de nature à faire apparaître que la répartition de la somme
de 5 985,60 euros aurait été sensiblement différente en adoptant cette méthode de la répartition retenue par la décision attaquée.
20. Il résulte de tout ce qui précède que le SIVOM Nord Artuby Jabron et la CCAV sont seulement fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 20 février 2019 du préfet du Var et de la décision du 17 juin 2019 rejetant leur recours gracieux, en tant que ces décisions
ne se sont pas prononcées sur les modalités de transfert de la parcelle cadastrée section C,
n° 193 a, d'une superficie de 22 067 m² appartenant à la CCAV.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet du Var de se prononcer, dans un délai de quatre mois à compter de sa notification, sur les modalités de transfert de la parcelle cadastrée section C, n° 193 a, d'une superficie
de 22 067 m² appartenant à la CCAV, en fixant, le cas échéant, une compensation financière entre les collectivités concernées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 février 2019 du préfet du Var et la décision du 17 juin 2019 rejetant le recours gracieux du SIVOM Nord Artuby Jabron et de la CCAV sont annulés en tant qu'ils ne se sont pas prononcés sur les modalités de transfert de la parcelle cadastrée section C,
n° 193 a, d'une superficie de 22 067 m² appartenant à la CCAV.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de se prononcer, dans un délai de quatre mois
à compter de la notification du présent jugement, sur les modalités de transfert de la parcelle cadastrée section C, n° 193 a, d'une superficie de 22 067 m² appartenant à la CCAV, en fixant, le cas échéant, une compensation financière entre les collectivités concernées.
Article 3 : Le surplus des conclusions du SIVOM Nord Artuby Jabron et de la communauté
de communes Artuby-Verdon est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au SIVOM Nord Artuby Jabron, à la communauté de communes Artuby-Verdon, à Dracénie Provence Verdon agglomération, à la communauté de communes Lacs et Gorges du Verdon, au SIVOM Sud, à la commission syndicale Artuby,
à la commune de Comps-sur-Artuby et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Bédier, président-assesseur,
Mme Duran-Gottschalk, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2022.
Le rapporteur,
signé
J.-L. A
Le président,
signé
J.-F. SAUTON
Le greffier,
signé
P. BÉRENGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expéditions conformes,
P/ la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026