jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-1903712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DRAVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2019, M. B A, représenté par Me Dravet, demande au tribunal :
1°) d'annuler le jugement du tribunal de grande instance de Marseille du 13 janvier 2016 par lequel la déclaration de souscription de déclaration de nationalité du 27 novembre 2008 a été annulée ;
2°) d'annuler la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 12 août 2019 le convoquant le 23 septembre 2019 pour procéder à la restitution de son exemplaire de la déclaration de nationalité souscrite le 27 novembre 2008 devant le tribunal d'instance de Chambéry ;
3°) de condamner l'État à lui vers une somme de 10 000 euros au titre de ses préjudices résultant de cette procédure ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- marié en février 2004 avec une ressortissante française avec laquelle il a eu deux enfants, il a obtenu la nationalité française le 27 novembre 2008 par la procédure de déclaration de nationalité en application des dispositions de l'article 21 du code civil ;
- la déclaration acquisitive a été enregistrée le 7 septembre 2009 ;
- suite à un conflit avec son ex-épouse et à une dénonciation de celle-ci, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Marseille l'a assigné le 27 octobre 2014 en annulation de l'enregistrement de la déclaration de nationalité et en constatation d'extranéité ;
- l'enregistrement de la souscription de déclaration de nationalité a été annulé par un jugement du 13 janvier 2016 ;
- le préfet des Alpes-Maritimes l'a invité par une correspondance du 12 août 2018 à restituer l'exemplaire de la déclaration de nationalité n° 09975/09 qui lui avait été remis le
27 novembre 2008 ;
- la procédure conduite devant le tribunal de grande instance de Marseille n'a pas été contradictoire, son assignation était irrégulière et le jugement ne lui a pas été normalement notifiée ;
- l'action du ministère public comme celle de l'action en restitution du préfet étaient prescrites dès lors que la déclaration de nationalité avait été souscrite en novembre 2008 ;
- les déclarations de son ex épouse sur lesquelles s'est fondé le jugement du tribunal de Marseille sont mensongères.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par un courrier du 30 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la juridiction administrative n'est pas matériellement compétente pour se prononcer sur les questions relatives à la nationalité des personnes.
Par un courrier du 26 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation dirigées contre l'invitation par laquelle l'autorité préfectorale demande au titulaire d'une déclaration de nationalité annulée par une décision de justice définitive de restituer son exemplaire de ce document dès lors que cette invitation n'emporte pas en elle-même de conséquences sur la situation personnelle du titulaire de cette déclaration et ne présente pas, par suite, le caractère d'une décision faisant grief.
Par lettre du 26 août 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et indiquant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Une ordonnance du 18 octobre 2022 a prononcé la clôture de l'instruction à la date de son émission, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Sylvie Wustefeld, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à son union avec une ressortissante française, M. B A, né le 13 février 1976 en Tunisie, avait souscrit le 27 novembre 2008 une déclaration de nationalité française auprès du tribunal d'instance de Chambéry en application de l'article 21-2 du code civil dans sa rédaction alors en vigueur. Cette déclaration a été enregistrée le 7 septembre 2009 par le sous-directeur de l'accès à la nationalité française. Suite à une assignation du ministère public, le tribunal de grande instance de Marseille a toutefois prononcé l'annulation de cet enregistrement par un jugement du 13 janvier 2016. Par un courrier du 12 août 2019, le préfet des Alpes-Maritimes l'a convoqué le 23 septembre 2019 pour qu'il restitue son exemplaire de sa déclaration de nationalité, en exécution de ce jugement d'annulation. M. A a adressé le
4 septembre 2019 une demande indemnitaire préalable au préfet des Alpes-Maritimes, restée sans réponse. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant la remise en cause du jugement du tribunal de grande instance de Marseille du 13 janvier 2016 par lequel la déclaration de souscription de déclaration de nationalité du 27 novembre 2008 a été annulée et de la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 12 août 2019 le convoquant le 23 septembre 2019 pour procéder à la restitution de son exemplaire de la déclaration de nationalité souscrite le
27 novembre 2008 devant le tribunal d'instance de Chambéry ainsi que la condamnation de l'État à lui verser une somme de 10 000 euros au titre de ses préjudices.
Sur la recevabilité des conclusions relatives à l'annulation de l'enregistrement de la déclaration de nationalité souscrite le 27 novembre 2008 :
3. Aux termes, de l'article 29 du code civil : " La juridiction civile de droit commun est seule compétente pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques. / Les questions de nationalité sont préjudicielles devant toute autre juridiction de l'ordre administratif ou judiciaire à l'exception des juridictions répressives comportant un jury criminel. ". Aux termes de l'article 29-2 du code civil : " La procédure suivie en matière de nationalité, et notamment la communication au ministère de la justice des assignations, conclusions et voies de recours, est déterminée par le code de procédure civile. " Et aux termes de l'article 26-4 du code civil : " () Dans le délai de deux ans suivant la date à laquelle il a été effectué, l'enregistrement peut être contesté par le ministère public si les conditions légales ne sont pas satisfaites. / L'enregistrement peut encore être contesté par le ministère public en cas de mensonge ou de fraude dans le délai de deux ans à compter de leur découverte. La cessation de la communauté de vie entre les époux dans les douze mois suivant l'enregistrement de la déclaration prévue à l'article 21-2 constitue une présomption de fraude. ".
4. Si M. A sollicite la remise en cause de l'annulation de l'enregistrement de la déclaration de nationalité qu'il avait souscrite le 27 novembre 2008 par l'effet du jugement du tribunal de grande instance de Marseille du 13 janvier 2016, il résulte des dispositions précitées des articles 29 et 29-2 du code civil qu'une telle demande, qu'elle soit présentée par voie d'action ou d'exception, échappe à la compétence de la juridiction administrative et ne peut faire l'objet d'une question préjudicielle. Ces conclusions doivent, par suite, être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la recevabilité des conclusions relatives au courrier du préfet des Alpes-Maritimes du 12 août 2019 :
5. Il résulte des termes du courrier du 12 août 2019 du préfet des Alpes-Maritimes convoquant M. A dans les locaux de la préfecture à Nice afin de restituer son exemplaire de la déclaration de nationalité qui lui avait été remis en exécution du jugement du tribunal de grande instance de Marseille du 13 janvier 2016 qu'une telle convocation et l'invitation à restituer un document officiel qui l'accompagne ne présentent pas un caractère contraignant et constituent, dès lors, des actes dépourvus d'effets juridiques propres qui ne présentent pas le caractère de décisions susceptibles de recours. Les conclusions dirigées contre ces actes doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Si M. A fait valoir les préjudices qui ont résulté pour lui des démarches entreprises par le préfet des Alpes-Maritimes, il résulte de l'instruction et des termes mêmes de la requête que les préjudices qu'il allègue, sans les qualifier, ne résultent pas du courrier du préfet des Alpes-Maritimes du 12 août 2019 mais trouvent leur origine exclusive dans le jugement du tribunal de grande instance de Marseille du 13 janvier 2016 qui a remis en cause la qualité de français dont il estimait être en droit de se prévaloir. Il n'est pas fondé, par suite, à soutenir que le comportement ou les actes du préfet des Alpes-Maritimes seraient de nature à engager la responsabilité de l'État. Ses conclusions indemnitaires doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais de justice :
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le Tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête tendant à la remise en cause de l'annulation de l'enregistrement de sa déclaration de nationalité du 27 novembre 2008 par le jugement du tribunal de grande instance de Marseille du 13 janvier 2016 sont rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Silvy, premier conseiller,
M. Kiecken, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
J.-A. SILVY
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026