jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-1903961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TURNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2019, la SAS Hydrosud, représentée par Me Turner, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2019 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge les contributions spéciale et forfaitaire pour l'emploi de ressortissants étrangers non autorisés à travailler et séjourner en France ;
2°) de prononcer la décharge du paiement à l'OFII des contributions spéciales pour un montant de 43 440 € et des contributions forfaitaires pour un montant de 10 620 euros ;
3°) de condamner l'OFII à lui verser une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'autorité signataire de la décision attaquée n'était pas compétente ;
- la décision attaquée n'est pas motivée en méconnaissance des prévisions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la procédure suivie est irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi que les dispositions de l'article L. 8271-17 du code du travail, qui prescrivent que sont compétents les agents et officiers de police judiciaire pour constater les infractions aux dispositions des articles L. 8251-1 et L. 8252-2 de ce code, ont été respectées en l'absence de production du procès-verbal du
27 février 2019 dressé par les services de gendarmerie du Var ;
- le procès-verbal du 27 février 2019 ne lui a pas été remis ;
- elle avait obtenu une autorisation de travail en France pour les quatre salariés dont la situation a justifié le prononcé des contributions en litige par l'effet des dispositions de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que l'administration a conservé le silence sur sa demande au-delà d'un délai de deux mois ;
- le retrait de ces autorisations de travail ne pouvait intervenir que le 16 juillet 2019 au plus tard et son retrait le 3 septembre 2019 était, par suite, illégal ;
- l'infraction prévue à l'article L. 8251-1 du code du travail n'était pas constituée dès lors que les quatre salariés disposaient à cette date du droit de travailler en France ;
- la décision de l'OFII se réfère au procès-verbal du 27 février 2019 dont elle n'a jamais reçu copie et qui ne lui a pas été communiqué ;
- les quatre salariés en cause sont détenteurs d'une carte d'identité italienne et étaient dispensés d'avoir à détenir une autorisation de travail par l'effet du 1° de l'article R. 5221-1 du code du travail ;
- les contributions forfaitaires visées à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas justifiées dès lors que les salariés en cause disposaient de documents d'identité italiens et n'avaient pas à être réacheminés vers leur pays d'origine mais vers l'Italie ;
- elle a pris en charge les frais de retour des salariés concernés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2020, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SAS Hydrosud ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations du public avec l'administration ;
- le décret n° 2014-1292 du 23 octobre 2014 relatif aux exceptions à l'application du principe " silence vaut acceptation " ainsi qu'aux exceptions au délai de deux mois de naissance des décisions implicites sur le fondement du II de l'article 21 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Sylvie Wustefeld, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 février 2019, à 7h30, les services de la gendarmerie nationale ont procédé au contrôle d'un véhicule automobile en déplacement sur la route nationale 98 sur le territoire de la commune de Bormes-les-Mimosas transportant une équipe de la société Hydrosud. Lors de ce contrôle, les gendarmes ont constaté la présence de travailleurs étrangers dépourvus de titres les autorisant à séjourner et à travailler en France et, au terme d'une enquête, ont découvert que cette société employait six ressortissants marocains, tous titulaires de titres de séjour italiens ne leur permettant pas de travailler en France. Par une décision du 3 septembre 2019, le directeur général l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a appliqué à la société Hydrosud les contributions spéciales pour un montant de 43 440 euros et les contributions forfaitaires représentatives des frais de réacheminement pour un montant de 10 620 euros. Par la présente requête, la SAS Hydrosud demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". En application de l'article L. 8253-1 du même code, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'État selon des modalités définies par convention. / L'État est ordonnateur de la contribution spéciale. À ce titre, il liquide et émet le titre de perception. () ". Aux termes de l'article L. 8271-17 du même code, dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 alors applicable : " Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler. / Afin de permettre la liquidation de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du présent code et de la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration reçoit des agents mentionnés au premier alinéa du présent article une copie des procès-verbaux relatifs à ces infractions. ". Et aux termes de l'article R. 8253-6 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 et notifie sa décision à l'employeur ainsi que le titre de recouvrement ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, au premier alinéa du présent article et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues par les articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du code du travail ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues par le chapitre II du présent titre. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. À cet effet, il peut avoir accès aux traitements automatisés des titres de séjour des étrangers dans les conditions définies par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. () Sont applicables à la contribution forfaitaire prévue au premier alinéa les dispositions prévues aux articles L. 8253-1 à L. 8253-5 du code du travail en matière de recouvrement et de privilège applicables à la contribution spéciale. () ".
4. En premier lieu, il ressort de la décision en litige qu'elle a été signée au nom du directeur général de l'OFII par Mme A B, cheffe du service juridique et contentieux de l'Office qui disposait d'une délégation de signature par l'effet de l'article 1er de la décision du
27 décembre 2018 portant délégation de signature au sein de l'OFII visant expressément " l'ensemble des décisions relatives aux contributions spéciale et forfaitaire ", régulièrement publiée au Bulletin officiel du ministère de l'intérieur du 15 février 2019. Le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de la décision du 3 septembre 2019 doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 2° Infligent une sanction (). ". Et selon les termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
6. La décision en litige vise notamment les articles L. 8251-1, L. 8253-1 et R. 8253-2 du code du travail, l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le procès-verbal d'infraction établi à l'encontre de la société le 27 février 2019 et se réfère à la lettre du 7 mai 2019, qui mentionnait les faits reprochés, à savoir, l'emploi d'un salarié démuni de titres autorisant l'exercice d'une activité salariée et le séjour sur le territoire français, susceptibles de donner lieu au paiement de la contribution spéciale et de la contribution forfaitaire. Elle précise également le montant des sommes dues au titre de chacune de ces contributions. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
7. En troisième lieu, la société requérante fait valoir qu'il n'est pas établi que l'agent qui a constaté les faits à l'origine des contributions mises à sa charge était qualifié pour ce faire au regard des exigences des dispositions précitées de l'article L. 8271-17 du code du travail. Toutefois, il ressort des procès-verbaux rédigés le 27 février 2019 en cause que leurs auteurs sont des militaires de la gendarmerie nationale, ayant la qualité d'officiers de police judiciaire et que le procès-verbal d'investigation rédigé le 27 février 2019 faisant état de l'engagement d'une procédure pour emploi d'étranger sans autorisation de travail en France est signé d'un capitaine de la gendarmerie. Le moyen doit, par suite, être écarté.
8. En quatrième lieu, ni les articles L. 8253-1 et suivants du code du travail, ni l'article L. 8271-17 du même code ne prévoient expressément que le procès-verbal constatant l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler en France, et fondant le versement de la contribution spéciale, soit communiqué au contrevenant. Les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la contribution forfaitaire ne prévoient pas plus une telle obligation. Le moyen tiré de ce que les procès-verbaux communiqués à l'OFII et sur la base desquels cet office a infligé les contributions en litige devaient être communiqués d'office à la société mise en cause doit par suite être écarté comme manquant en droit. De même, il ressort des pièces du dossier et notamment du courrier du 15 mai 2019 portant observations de l'employeur en réponse au courrier du 7 mai 2019 de l'OFII que celui-ci n'avait pas sollicité la communication de ces pièces avant le prononcé de la décision de sanction du 3 septembre 2019 et que l'Office aurait refusé cette communication. Dès lors, la société Hydrosud n'est pas fondée, par les moyens qu'elle invoque, à soutenir que la procédure suivie aurait méconnu le principe du contradictoire.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation. ". Aux termes de l'article L. 231-5 du même code : " Eu égard à l'objet de certaines décisions ou pour des motifs de bonne administration, l'application de l'article L. 231-1 peut être écartée par décret en Conseil d'État et en conseil des ministres. ". Aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 23 octobre 2014 : " En application des articles L. 231-5 et L. 231-6 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé pendant deux mois par l'administration vaut décision de rejet pour les demandes dont la liste figure en annexe du présent décret. ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Pour les demandes mentionnées à l'article 1er du présent décret, l'annexe du présent décret fixe, lorsqu'il est différent du délai de deux mois, le délai à l'expiration duquel, en application des articles L. 231-5 et L. 231-6 du code des relations entre le public et l'administration, la décision de rejet est acquise ". En application des dispositions précitées du décret du 23 octobre 2014, le silence gardé par l'administration pendant quatre mois sur les demandes d'autorisation de travail délivrée à un étranger en vue d'exercer une activité salariée en France vaut décision de rejet.
10. La société requérante fait valoir qu'elle avait sollicité la délivrance d'autorisations de travail pour les salariés pour lesquels elle a été soumise aux contributions en litige au cours des mois de janvier et février 2019, auprès de la préfecture du Bas-Rhin et que le silence conservé par l'autorité préfectorale sur ces démarches avait fait naître à son profit des autorisations de travail implicite en application de la règle du silence vaut acceptation fixée par l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il résulte toutefois de ce qui vient d'être dit qu'il est dérogé à la règle du silence vaut acceptation pour les demandes d'autorisation de travail et, sans qu'il soit besoin d'examiner la régularité de ces démarches et la compétence du préfet du Bas-Rhin, aucune décision implicite n'a donc pu naître du silence conservé par l'autorité préfectorale sur ces démarches. Il en résulte, d'une part, qu'aucun retrait illégal de décision créatrice de droits n'est intervenu et, d'autre part, que les infractions d'emploi de ressortissants étrangers ne disposant pas d'une autorisation de travail étaient bien matériellement constituées. Les moyens tirés de l'existence d'autorisations de travail implicites doivent, par suite, être rejetés.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail, dans sa rédaction alors applicable : " Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail et, lorsqu'elles doivent le produire, le certificat médical mentionné au 3° de l'article R. 313-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui leur est remis à l'issue de la visite médicale à laquelle elles se soumettent au plus tard trois mois après la délivrance de l'autorisation de travail : / 1° Etranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / 2° Etranger ressortissant d'un État membre de l'Union européenne pendant la période d'application des mesures transitoires relatives à la libre circulation des travailleurs. ".
12. Il ressort des pièces du dossier que les employés dont la situation irrégulière a justifié l'application à la requérante des contributions en litige étaient tous de nationalité marocaine, indication portée dans le registre unique du personnel de cette société, et que les documents italiens produits n'étaient pas des cartes d'identité italiennes mais des permessi di soggiorno, titres de séjour n'autorisant pas de plein droit leurs titulaires à travailler sur le territoire français. La société requérante n'est pas fondée, par suite, à soutenir que ceux-ci étaient dispensés de l'obtention d'une autorisation de travail au motif qu'ils n'entraient pas dans le champ d'application personnel des dispositions précitées du 1° de l'article R. 5221-1 du code du travail.
13. En dernier lieu, si la société Hydrosud fait valoir qu'elle a pris en charge le réacheminement des salariés en situation irrégulière vers l'Italie, les dispositions précitées de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonnent pas la mise à la charge de l'employeur de la contribution représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine à la justification, par l'administration, du caractère effectif de ce réacheminement. Il résulte de tout ce qui précède que cette sanction administrative forfaitaire a été appliquée à bon droit à la société requérante et la circonstance que celle-ci estime qu'un réacheminement de ses employés vers l'Italie était préférable n'est pas de nature à justifier la décharge de cette amende ou la minoration de son montant.
Sur les frais de justice :
14. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
15. En vertu de ces dispositions, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Hydrosud doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Hydrosud est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Hydrosud, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au Commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de La Valette du Var.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Silvy, premier conseiller,
M. Lamarre, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
J.-A. SILVY
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026