lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-1904116 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | VARRON CHARRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2019, M. D B, représenté par
Me Varron Charrier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre de mission du 3 octobre 2019 par laquelle le directeur départemental de la sécurité publique du Var l'a affecté au sein de la division 5 auprès du groupe d'appui judiciaire de Toulon ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de le réintégrer dans ses fonctions de responsable judiciaire de la division Centre Nord du groupement d'appui judiciaire de La Rode, dans le délai de sept jours courant à compter de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 500 euros.
Il soutient que :
- son recours est recevable dès lors que la mesure contestée n'est pas une simple mesure d'ordre intérieur et que la mention des voies et délais de recours fait défaut ;
- cette décision, qui lui fait grief en tant qu'elle porte atteinte à ses droits statutaires, diminue ses responsabilités et constitue une sanction déguisée, aurait dû faire l'objet d'une communication préalable de son dossier ;
- il n'a pas été consulté sur cette mesure, l'empêchant de demander la consultation de son dossier ;
- la commission administrative paritaire aurait dû être réunie dès lors qu'il s'agit d'une mutation ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- il a fait l'objet d'une modification substantielle et unilatérale de ses conditions de travail entraînant une perte de responsabilité qui ne pouvait intervenir sans son accord préalable ;
- il s'agit d'une sanction disciplinaire déguisée qui s'inscrit plus largement dans un processus de harcèlement moral qu'il subit de la part du directeur départemental de la sécurité publique ; par suite, la procédure disciplinaire aurait dû être suivie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2020, le ministre de l'intérieur conclut à ce que la procédure soit communiquée au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, seul compétent en la matière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2021, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut d'une part à son incompétence et d'autre part, à ce que la procédure soit communiquée au préfet du Var seul compétent en la matière.
Une mise en demeure a été adressée le 24 mai 2022 au préfet du Var sur le fondement de l'article R. 612-3 du code de justice administrative afin qu'il produise son mémoire en défense.
Le préfet du Var, suite à cette mise en demeure n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 9 juin 2022, la clôture de l'instruction clôture a été fixée au 30 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Karine Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre de mission du 3 octobre 2019, le directeur départemental de la sécurité publique du Var a décidé d'affecter à compter du 7 octobre 2019, M. D B, fonctionnaire de police ayant atteint le grade de major à l'échelon exceptionnel, au sein de la division 5 auprès du groupe d'appui judiciaire de Toulon. Par la présente requête, l'intéressé demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. " En vertu de ces dispositions, d'une part, une mise en demeure peut être adressée à la partie appelée à produire un mémoire dans le cadre de l'instruction qui n'a pas respecté le délai qui lui a été imparti à cet effet et, d'autre part, si malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les écritures du requérant. Néanmoins, cette circonstance ne dispense pas le Tribunal, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le requérant ne sont pas contredits par les pièces versées au dossier, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit qu'il invoque.
3. En l'espèce, le préfet du Var a été mis en demeure de produire ses observations en réponse à la communication de la requête, le 24 mai 2022. Cette mise en demeure est restée sans effet, aucun mémoire en défense n'ayant été reçu avant la clôture de l'instruction intervenue le 30 juin 2022. Dans ces conditions, le préfet du Var est réputé, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par M. B et non contredits par les pièces du dossier.
Sur la recevabilité :
4. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable.
5. M. B soutient qu'en l'espèce la décision attaquée lui fait grief en tant qu'elle porte atteinte à ses droits statutaires dès lors que ses conditions de travail ont été substantiellement modifiées, en emportant une perte significative de responsabilités. Il fait valoir à cet égard, sans être contesté, qu'il était auparavant responsable judiciaire de la division centre Nord du groupement d'appui judiciaire de La Rode, dirigeant les bureaux de police de Saint Jean du Var et de la Rode, soit environ 33 agents sous ses ordres, et qu'à la suite de ce changement d'affectation, qui a été précédé d'affectations en 2018 au service des plaintes du commissariat central puis, au traitement judiciaire du groupe d'appui judiciaire jour, il n'assure plus aucune fonction d'encadrement. Il suit de là que la décision attaquée ne constitue pas une simple mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours pour excès de pouvoir. Par suite, la requête en annulation dirigée contre la décision contestée est recevable
Sur les conclusions à fin d'annulation, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
6. Aux termes de l'article 25 le décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " () lorsque l'intérêt du service l'exige, le fonctionnaire actif des services de la police nationale peut être exceptionnellement déplacé ou changé d'emploi. (). /Le fonctionnaire est préalablement informé de l'intention de l'administration de prononcer sa mutation pour être à même de demander communication de son dossier. / La mutation est opérée sur un poste de niveau comparable. ".
7. M. B soutient qu'il n'a pas eu droit à la communication de son dossier préalablement à l'édiction de la mesure attaquée qui a prononcé son changement d'affectation. Il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier que M. B ait été préalablement informé de l'intention de son administration de le changer d'affectation et mis à même de demander la consultation de son dossier. Par suite, M. B, qui a été privé d'une garantie, est fondé à soutenir que la décision contestée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. A la date du jugement prononçant l'annulation de la décision en litige, l'intéressé est âgé de 68 ans et a atteint l'âge légal de départ à la retraite. Dès lors, il n'y a pas lieu d'enjoindre aux services de l'Etat de réintégrer M. B dans ses fonctions de responsable judiciaire de la division Centre Nord du groupement d'appui judiciaire de La Rode dans le délai de sept jours courant à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La lettre de mission du 3 octobre 2019 du directeur départemental de la sécurité publique du Var est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'intérieur.
Copie pour information en sera adressée au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, où siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Hamon, premier conseiller,
- M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
L. A
La présidente,
Signé
M. C
La greffière
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026