vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000305 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | NALBONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 janvier 2020 et 6 mai 2022,
Mme E A, représentée par Me Flynn, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les arrêtés des 20 février 2019 et 17 décembre 2020 par lesquels le maire de la commune de Solliès-Toucas a accordé des permis de construire modificatifs à M. D et Mme C ;
2°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt pour agir ;
- sa requête est recevable ; les permis de construire modificatif n'ont pas été affichés ;
- les dossiers de permis de construire modificatifs sont incomplets ;
-les permis de construire modificatifs méconnaissent les dispositions du plan local d'urbanisme applicables à la commune de Solliès-Toucas au regard de la suppression des restanques et de la création d'un mur de clôture.
La requête a été communiquée à la commune de Solliès-Toucas qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par un mémoire enregistré le 7 octobre 2021, M. D et Mme C, représentées par Me Nalbone, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requérante ne justifie pas de son intérêt pour agir à l'encontre du permis modificatif numéro 1, ne fait état d'aucun élément suffisamment précis et étayé de nature à établir l'atteinte invoquée ni ne justifie que le projet porte atteinte à ses conditions d'occupations, d'utilisation et de jouissance de son bien ;
- les plans joints à la demande de permis de construire modificatif permettait au service instructeur d'apprécier les modifications apportées au projet de de se prononcer en toute connaissance de cause.
Par une ordonnance du 6 mai 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 27 mai 2022 en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Par une lettre du 12 juillet 2022, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer sur la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, afin de permettre la délivrance éventuelle d'un permis de construire modificatif régularisant les vices tirés de la méconnaissances des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune de Solliès-Tucas relatifs à la suppression des restanques et à la hauteur du mur de soutènement.
Par un mémoire enregistré le 20 juillet 2022, Mme A a présenté des observations en réponse.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2022, M. D et Mme C ont présenté des observations en réponse.
Une noté en délibéré a été enregistrée le 25 septembre 2022 pour M. D et Mme C et n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 octobre 2022 :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- et les observations de Me Palerm représentant M. D et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 6 juin 2018, le maire de la commune de Solliès-Toucas a délivré à M. D et Mme C un permis de construire portant sur la réalisation d'une maison sur la parcelle cadastrée en section AR 269. Par un arrêté du 20 février 2019, le maire de la commune de Solliès-Toucas a accordé un permis de construire modificatif aux pétitionnaires portant sur la modification des clôtures, de la façade Ouest et l'implantation du bassin de rétention. Par un arrêté du 17 décembre 2020, le maire de la commune a accordé un second permis de construire modificatif aux pétitionnaires portant sur la pose d'une 2ème pompe à chaleur, la construction d'un mur de soutènement d'une longueur de 7 mètres, d'une hauteur de 1,80 mètre au Nord/Ouest et la création d'un enrochement au Nord. La requérante demande au tribunal l'annulation des deux arrêtés accordant des permis de construire modificatifs.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut d'intérêt pour agir à l'encontre du premier permis de construire modificatif :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. La requérante est propriétaire de la parcelle immédiatement voisine du terrain d'assiette où va s'implanter la construction en litige. En l'espèce, il est constant que Mme A n'a pas formé de recours contentieux à l'encontre de l'arrêté du 6 juin 2018 par lequel le maire de la commune de Solliès-Toucas a délivré à M. D et Mme C un permis de construire portant sur la réalisation d'une maison, de sorte que son intérêt à agir à l'encontre de l'autorisation modificative ne peut être apprécié qu'au regard de la portée des modifications apportées par ce permis au projet de construction initialement autorisé. Elle fait valoir que le premier permis de construire modificatif prévoit la suppression des restanques, cette suppression n'étant pas prévue par le permis de construire initial, le rehaussement du terrain et la création d'un mur de soutènement, qui ont pour effet de modifier l'écoulement des eaux et de générer des inondations sur son terrain situé en contrebas. Dans ces conditions, elle justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir contre le permis de construire modificatif. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par les pétitionnaires tirée du défaut d'intérêt pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En l'espèce, en ce qui concerne le premier permis de construire modificatif, si la requérante soutient que le niveau du terrain a été significativement rehaussé alors que ces travaux ne sont pas précisés dans l'objet du permis modificatif litigieux, ni dans l'arrêté contesté, il ressort cependant des plans joints à la demande de permis de construire modificatif, notamment le plan PCMI 5, que la modification du terrain fini est entourée, de façon à attirer l'attention du service instructeur sur cet aspect en lien avec la modification de la clôture et la réalisation du mur de soutènement, qui figurent expressément sur la notice d'intégration architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire modificatif. Dans ces conditions, le dossier n'a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative, dès lors que les plans sont clairs et que le service instructeur a pu se prononcer en toute connaissance de cause sur les modifications apportées au projet. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire délivré le 20 février 2019 sera écarté.
7. En ce qui concerne le second permis de construire modificatif, la requérante soutient que le dénivelé a été modifié et que la clôture a disparu du projet. Cependant, il ressort des pièces du dossier, notamment graphiques, que le service instructeur a pu apprécier les modifications successives du niveau du terrain apportées au projet initial par les deux permis modificatifs. La requérante n'est pas fondée à soutenir que sans mention de cette modification dans l'objet du permis modificatif, le dossier aurait été incomplet. Le moyen tiré de l'incomplétude du second dossier de permis de construire modificatif délivré le 17 décembre 2020 sera également écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article 2.2 b des dispositions générales du plan local d'urbanisme applicables à la commune de Solliès-Toucas : " L'implantation de la construction doit être en accord avec la topographie originelle du terrain, de façon à limiter au strict nécessaire les travaux de terrassements extérieurs. Tout déblai ou remblai autre que ceux strictement nécessaires aux constructions sont interdits. Aucune excavation ne pourra être réalisée afin de permettre la création d'ouvertures. / Le projet doit s'insérer dans la pente avec des talutages minimum. Le profil des terrains en restanques doit être respecté en s'appuyant sur les terrasses existantes ou en modelant des terrasses soutenues par des murs (en pierre ou enduit ton pierre) ; les bâtiments seront implantés en deux niveaux décalés. Les enrochements cyclopéens et les merlons sont interdits. La hauteur des murs de soutènement est limitée à 1,50 mètre et la largeur de terrain entre deux murs de soutènement doit être au moins égale à 1,50 mètre. Il est recommandé de planter la terrasse entre deux murs avec des essences locales pour masquer au mieux la hauteur du mur ". Dans son lexique, le PLU définit le mur de soutènement comme ayant " pour objet de maintenir les terres naturelles. Même si le mur a été construit en limite de propriété, il constitue, en raison de sa fonction, un mur de soutènement et non un mur de clôture. Ainsi, les dispositions relatives aux clôtures ne lui sont pas applicables. En revanche, ne constitue pas un mur de soutènement mais un mur de clôture celui qui n'a pas pour objet de corriger les inconvénients résultant de la configuration naturelle du terrain mais qui a pour but de permettre au propriétaire de niveler sa propriété après apport de remblais. Le mur de soutènement peut être surmonté d'une clôture qui est soumise au régime des clôtures ". Enfin, l'article 5.3 de la zone UE prévoit que " Les clôtures sur voies et emprises publiques et en limite séparative seront constituées : / - soit d'un mur bahut (hauteur maximale de 0,80 mètre) surmonté d'une grille en ferronnerie, d'un grillage ou d'un dispositif à clairevoie, sur une hauteur maximale totale (mur bahut + dispositif) de 1,80 mètre, éventuellement doublé d'une haie vive végétale ; /- soit d'un grillage simple d'une hauteur maximale de 1,80 mètre et/ou d'une haie vive végétale, d'une hauteur maximale de 2,00 mètres. /Une hauteur supérieure des murs de clôtures n'est autorisée que dans le cas de prolongement de murs de clôtures existants à condition qu'ils s'harmonisent (emploi des mêmes matériaux) avec ces derniers ".
9. En l'espèce, il ressort du dossier et notamment d'une comparaison entre les plans de la façade Est joints au permis de construire initial et les mêmes plans de la même façade du permis de construire modificatif délivré le 20 février 2019, que le talus paysager initialement prévu, qui devait s'insérer entre deux murs de restanques a été supprimé au profit d'une pente d'un seul tenant. Ainsi, le projet s'insère désormais dans une pente sans talutage et sans aucune terrasse soutenue par des murs en pierres sèches. Cependant, le plan PCMI 5 de la façade Est fourni dans le cadre de la demande de permis modificatif n°2 fait apparaître la création d'un talus paysager composé d'un seul mur de pierres sèches. Si ce second permis modificatif semble avoir recrée une des restanques, il ressort également des plans joints que le terrain a fait l'objet d'un rehaussement général nécessitant la création d'un mur pour supporter cet apport de terre modifiant le terrain naturel. Dans ces conditions, la construction telle qu'elle est autorisée dans le second permis de construire modificatif n'est pas " en accord avec la topographie originelle du terrain, de façon a` limiter au strict nécessaire les travaux de terrassements extérieurs ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article DG 2.2 du PLU selon lesquelles " le profil des terrains en restanques doit être respecté " doit être accueilli.
10. En ce qui concerne le mur de soutènement, comme il a été dit au point 6,
le rehaussement du terrain naturel par l'apport de remblais a nécessité la création d'un mur entre les deux propriétés. Or, aux termes des dispositions précitées du lexique du PLU " ne constitue pas un mur de soutènement mais un mur de clôture celui qui n'a pas pour objet de corriger les inconvénients résultant de la configuration naturelle du terrain mais qui a pour but de permettre au propriétaire de niveler sa propriété après apport de remblais ". Dans ces conditions, le mur créé en limite de propriété n'est pas un mur de soutènement mais un mur de clôture. Par suite,
le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du PLU relatives au mur de soutènement sera écarté comme étant inopérant.
Sur les conséquences du vice affectant les décisions délivrant les permis de construire modificatifs :
11. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
12. Il résulte de ces dispositions que le juge administratif peut procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où une illégalité affecte une partie identifiable du projet et où cette illégalité est susceptible d'être régularisée par un permis modificatif.
13. Le vice mentionné au point 8 du présent jugement, lié à la méconnaissance
des dispositions de l'article DG 2.2 du PLU selon lesquelles " le profil des terrains en restanques doit être respecté ", n'affecte qu'une partie identifiable du projet et peut être régularisé par la délivrance d'un permis de construire modificatif. Dans ces conditions, il y a lieu d'annuler les permis de construire modificatifs en litige seulement en tant qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article DG 2.2 du PLU relatives au " profil des terrains en restanques ".
En application de ces mêmes dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. D et Mme C un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour solliciter la régularisation de l'autorisation sur ce point.
14. Il résulte de tout ce qui précède que c'est seulement dans la mesure définie au point précédent que Mme A est fondée à demander l'annulation des arrêtés des 20 février 2019 et 17 décembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge Mme A, qui n'a pas la qualité de partie essentiellement perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. D et Mme C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
16. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D et Mme C une somme de 2 000 euros à verser à Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés des 20 février 2019 et 17 décembre 2020 sont annulés partiellement dans la mesure définie au point 9 du présent jugement.
Article 2 : Le délai accordé à M. D et Mme C pour solliciter la régularisation du vice indiqué à l'article 1er du présent jugement est de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : M. D et Mme C verseront à Mme A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à la commune de Solliès-Toucas et à M. D et Mme C.
Copie du jugement sera transmise sans délai au procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Draguignan, par application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
Mme Wustefeld, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
S. B
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
et par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026