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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2000623

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2000623

lundi 26 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2000623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantVUILLAUME-COLAS & MECHERI SCP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 17 janvier 2020, le président de la 7ème chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal administratif de Toulon la requête présentée par M. C A.

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Lyon le 23 décembre 2019, M. C A, représenté par la SCP Vuillaume-Colas et Mecheri, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 23 novembre 2019 par laquelle le directeur du centre ministériel de gestion du ministère des armées a rejeté son recours gracieux en date du 19 septembre 2019 contestant le calcul de son allocation spécifique de cessation anticipée d'activité ;

2°) d'enjoindre au ministre des armées de régulariser le montant de son allocation spécifique de cessation anticipée d'activité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 500 euros.

Il soutient que :

- le montant de l'allocation spécifique de cessation d'activité qui lui a été attribué ne prend pas en compte la moyenne de ses douze derniers mois de salaire correspondant à ses derniers mois d'activité de fonctionnaire en détachement en méconnaissance de l'article 4 du décret n° 2006-418 du 7 avril 2006 relatif à l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains fonctionnaires et agents non titulaires relevant du ministère de la défense.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2020, la ministre des armées, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, le recours gracieux en date du 19 septembre 2019 est tardif et la requête est par voie de conséquence irrecevable ;

- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2006-418 du 7 avril 2006 ;

- le décret n° 2018-413 du 30 mai 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ingénieur d'études et de fabrication, a été affecté à la direction des constructions navales (DCN), ingénierie de Saint-Tropez, à compter du 1er août 1999. Après avoir été mis à la disposition de l'entreprise DCN à compter du 1er juin 2003, M. A a été placé en position de détachement auprès de la même société par un arrêté du 26 novembre 2004. Le 26 novembre 2018, l'intéressé a sollicité l'attribution de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité (ASCAA) en application du décret n° 2006-418 du 7 avril 2006, en qualité de fonctionnaire exerçant ou ayant exercé certaines professions dans la construction et la réparation navales. Par un arrêté du 22 mai 2019 notifié le 5 juin 2019 réintégrant M. A au ministère des armées le 1er septembre 2019, ce dernier a été admis à percevoir l'ASCAA calculée sur la moyenne des émoluments bruts des douze derniers mois de traitement. Par un recours gracieux en date du 19 septembre 2019 dont il a été accusé réception le 23 septembre suivant par l'administration, M. A a contesté le calcul du montant de l'ASCAA. Une décision implicite de rejet est née le 23 novembre 2019 en l'absence de réponse de l'administration. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision implicite née le 23 novembre 2019.

2. Aux termes de l'article 4 du décret du 30 mai 2018 relatif aux modalités de calcul de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité au titre de l'amiante des fonctionnaires et ouvriers de l'Etat en fonction dans l'entreprise mentionnée à l'article 78 de la loi du 28 décembre 2001 de finances rectificative pour 2001 : " Pour les fonctionnaires mentionnés au IV de l'article 134 de la loi du 30 décembre 2017 susvisée, la rémunération de référence servant de base à la détermination de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité conformément aux dispositions de l'article 4 du décret du 7 avril 2006 susvisé est calculée sur la base du montant moyen des rémunérations brutes des douze derniers mois d'activité résultant de la reconstitution de la carrière de l'intéressé prenant en compte le traitement indiciaire afférent au grade et à l'échelon, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les primes et indemnités définis dans les conditions suivantes : 1° Le grade est celui détenu par le fonctionnaire à la date d'accès à l'allocation spécifique ; 2° L'échelon retenu est celui qu'aurait atteint le fonctionnaire, en fonction de son ancienneté et des mesures de reclassement d'échelon résultant d'une réforme statutaire, s'il était resté en position d'activité dans son corps d'origine pendant la période accomplie en tant que salarié de l'entreprise mentionnée à l'article 78 de la loi de finances rectificative pour 2001 susvisée ; 3° L'indemnité de résidence et le supplément familial de traitement sont ceux auxquels peut prétendre le fonctionnaire en fonction du traitement indiciaire déterminé en application des alinéas précédents et de sa situation individuelle ; 4° Le montant des primes et indemnités correspond à la moyenne des montants servis aux fonctionnaires relevant du ministère de la défense, exerçant leurs fonctions à temps plein et détenant le même grade et le même échelon que ceux déterminés en application des alinéas précédents. Pour la détermination de ce montant, sont pris en compte les seules indemnités attachées aux fonctions, à l'exclusion des versements exceptionnels, des indemnités représentatives de frais et des indemnités liées à l'organisation du travail ".

3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de sa demande de bénéfice de l'ASCAA, le 26 novembre 2018, M. A, était en position de détachement auprès de la DCN, devenue Naval Group en 2017. Dans ses conditions, c'est à bon droit que l'administration, pour le calcul de l'ASCAA de M. A, s'est fondée sur les dispositions de l'article 4 du décret du 30 mai 2018 précité applicables aux fonctionnaires et ouvriers de l'Etat en fonction dans l'entreprise Naval Group. Ces dispositions prévoient que pour ces agents, la rémunération de référence servant de base à la détermination de l'allocation en cause est calculée sur la base du montant moyen des rémunérations brutes des douze derniers mois d'activité résultant de la reconstitution de la carrière de l'intéressé prenant en compte le traitement indiciaire afférent au grade et à l'échelon, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les primes et indemnités, dans les conditions qu'elles fixent. En l'espèce, l'administration présente un tableau de calcul de l'ASCAA de M. A qui n'est pas utilement remis en cause par l'intéressé. Si le requérant se prévaut dans ses écritures de l'article 4 du décret n° 2006-418 du 7 avril 2006 relatif à l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains fonctionnaires et agents non titulaires relevant du ministère de la défense, ces dispositions ne sont pas applicables aux fonctionnaires et ouvriers de l'Etat alors en fonction dans l'entreprise Naval Group lesquels relèvent, ainsi qu'il a déjà été dit, du décret du 30 mai 2018 susvisé. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le ministre des armées a commis une erreur dans le calcul du montant de son ASCAA.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée en défense. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, où siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Hamon, premier conseiller,

- M. Sportelli, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

L. B

La présidente,

Signé

M. D

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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