vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000967 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HOFFMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 mars 2020, 23 septembre 2020,
14 janvier et 25 février 2021, Mme A K, Mme J N, M. H N, M. L N et M. B K, représentés par la SELARL cabinet Garry et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 novembre 2019 par laquelle le maire de la commune de Carqueiranne a accordé à Mme E un permis de construire, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux présenté le 2 janvier 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Carqueiranne et de Mme E une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt pour agir ;
- le permis de construire a été délivré par une autorité incompétente ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme relatives à l'implantation en limite de propriété ;
- le permis de construire de Mme E a été obtenu par fraude.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2020, la commune de Carqueiranne, représentée par Me Parisi, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 13 août 2020, 7 décembre 2020 et 2 février 2021,
Mme I et Mme E, représentées par Me Hoffmann, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ; ils ne justifient pas que le projet porte atteinte à leurs conditions d'occupations et d'utilisation ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er février 2021 la clôture d'instruction a été fixée au
2 mars 2021 en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 mars 2022 :
- le rapport de Mme G,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- les observations de Me Garry représentant les requérants, les observations de Me Parisi représentant la commune de Carqueiranne et les observations de Me Hoffmann représentant les pétitionnaires.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 7 novembre 2019, le maire de la commune de Carqueiranne a délivré à Mme I et Mme E un permis de construire portant sur la réalisation d'une extension de 40 m², via une surélévation et la modification des ouvertures d'une habitation sur la parcelle cadastrée en section AX 206, située 154 chemin de la Salamone à Carqueiranne. Par un courrier du 2 janvier 2020, les requérants ont adressé un recours gracieux au maire de Carqueiranne à l'encontre de cet arrêté, auquel la mairie n'a pas répondu, faisant ainsi naître une décision implicite de rejet. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté, ainsi que de la décision par laquelle le maire Carqueiranne a implicitement rejeté leur recours gracieux en date du 2 janvier 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage () ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () / Le maire certifie, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par M. F C, adjoint au maire et délégué à l'urbanisme, qui avait régulièrement reçu délégation de fonctions de ce dernier par un arrêté du 21 avril 2015 dans le domaine de l'urbanisme et du tourisme.
Cet arrêté de délégation définit avec une précision suffisante le domaine de compétence que
le maire a entendu déléguer. En outre, la formalité de publicité et la transmission régulière de cet arrêté de délégation à la préfecture ne sont pas contestés et peuvent être présumés au regard des mentions de son article 5 et du fait que le maire certifie le caractère exécutoire de cet arrêté.
Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et sera écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme :
" Les demandes de permis de construire () sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire () ". Aux termes
du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code : " () La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ". Aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte également de ces dispositions qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée par son propriétaire, son mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété,
une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire. Une contestation relative au défaut d'autorisation des travaux par l'assemblée générale de la copropriété ne saurait caractériser une fraude du pétitionnaire visant à tromper l'administration sur la qualité qu'il invoque à l'appui de sa demande d'autorisation d'urbanisme, l'absence d'une telle autorisation comme un refus d'autorisation des travaux envisagés par l'assemblée générale étant, par eux-mêmes, dépourvus d'incidence sur la qualité du copropriétaire à déposer une demande d'autorisation d'urbanisme et ne pouvant être utilement invoqués pour contester l'autorisation délivrée.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'attestation requise par
les dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme figurait au dossier de demande de permis de construire. Si les requérants se prévalent d'un conflit de bornage qui aurait dû conduire le service instructeur à vérifier l'implantation de la limite de propriété, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration disposait, à la date de délivrance du permis modificatif, d'éléments de nature à établir que l'attestation souscrite aurait revêtu un caractère frauduleux ou que les pétitionnaires ne disposaient, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, d'aucun droit à construire. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme sera écarté.
7. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à trois mètres ".
8. Les requérants soutiennent que la terrasse se trouve implantée à une distance de moins de 2 mètres des limites séparatives. Cependant, ce moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au surplus, il ressort du plan PCMI 5 que la terrasse est bien implantée à plus de 3 mètres de la limite séparative avec la parcelle AX 205. Si les requérants soutiennent que la limite séparative entre les deux fonds n'est pas celle qui figure sur les plans joints par les pétitionnaires dans leur demande de permis de construire et que cet élément est conforté par le rapport d'expertise judiciaire rendu par M. M le 21 décembre 2020, il ne constitue cependant qu'une proposition de bornage remise à l'autorité judiciaire. En outre, ce rapport, rendu postérieurement à la décision attaquée, est sans incidence sur la légalité de ladite décision, qui est appréciée à la date de son intervention. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme sera écarté.
9. En quatrième et dernier lieu, la fraude suppose, pour être caractérisée, que le pétitionnaire ait procédé à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet.
10. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que les pétitionnaires auraient procédé à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité de leur projet en dissimulant la réalité de la configuration des lieux, comme le soutiennent les requérants.
En outre, Les attestations produites et les photos aériennes ne sauraient établir avec exactitude
la limite entre les deux propriétés. Enfin, la circonstance que les requérants ont assigné en justice les pétitionnaires devant le juge judiciaire aux fins de bornage n'est pas de nature, à elle seule,
à établir la fraude et le rapport remis par l'expert ne constitue qu'une proposition de bornage, remise à l'autorité judiciaire postérieurement à la décision attaquée. Ce moyen sera donc écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
12. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme K et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Carqueiranne et de Mme I et Mme E présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A K, Mme J N, M. H N, M. L N et M. B K, à la commune de Carqueiranne et à Mme O I et à Mme D E.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
Mme Wustefeld, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
S. G
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
et par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026