mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HAWADIER & RUGGIRELLO CABINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 avril 2020 et 9 septembre 2022, Mme A D épouse B, représentée par Me Rosé, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de la commune de La Motte du 6 novembre 2019 par lequel celui-ci s'est opposé à la demande de déclaration préalable qu'elle avait déposée pour la construction d'un garage destiné à stocker du matériel agricole sur un terrain situé Bastide du Mitan et cadastré section 85 C n° 659 sur le territoire de la commune de La Motte, ensemble la décision expresse de son recours gracieux du 20 février 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Motte une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée vise à la régularisation de constructions existantes suite à une déclaration préalable de travaux délivrée le 21 juin 2016 et la décision de non-conformité des travaux qui s'en est suivie ; une déclaration d'achèvement des travaux a été déposée, qui a été suivie d'une contestation de la conformité, en ce qui concerne l'ouverture de la porte-fenêtre sur la façade sud, alors que le plan la positionnait sur la façade nord, ainsi que la construction n'ayant fait l'objet d'aucune déclaration et dont les travaux ont été interrompus ; le terrain d'assiette comporte deux constructions : un atelier agricole ayant donné lieu à la déclaration préalable non contestée de 2016 et une petite construction abritant les sanitaires qui en raison de sa faible superficie n'était pas soumise à déclaration ;
- la qualité d'exploitant agricole ne saurait être contestée en l'espèce, au regard des dispositions successives du plan d'occupation des sols et du plan local d'urbanisme (PLU) ; la référence à la SMA (surface minimale d'assujettissement) ne saurait s'imposer, sauf à remettre en question l'existence même des petites exploitations et de privilégier la monoculture de la vigne ; cette référence à la SMA porterait atteinte aux principes constitutionnels du droit de propriété et de liberté de l'activité économique ;
- l'abri agricole à usage de fabrication des produits et de mise en vente a une emprise au sol inférieure à 20 mètres carrés ;
- l'atelier agricole à usage de fabrication et le garage sont manifestement liés et nécessaires aux besoins de l'exploitation agricole, en conformité avec la disposition du PLU concernant la zone agricole (A) ;
- les dispositions visées relatives au dispositif de rétention des eaux pluviales ne trouvent pas à s'appliquer, en raison du caractère insignifiant des surfaces imperméabilisées ;
- le terrain d'assiette du projet n'est pas situé à une distance visée par le PPRI (plan de prévention des risques naturels d'inondation) des cours d'eau ou des canaux d'écoulement pouvant justifier une marge de recul ;
- les poteaux incendie sont implantés par la commune et celle-ci ne justifie pas de l'implantation d'un poteau incendie existant à plus de 400 mètres ; des constructions sont situées dans la même zone et la commune ne s'est pas opposée pour ce motif à la première déclaration de travaux du 21 juin 2016.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2022, la commune de La Motte, représentée par Me Hawadier, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par ordonnance du 21 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 septembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 novembre 2022 :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- et les observations de Me Rosé, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, la décision attaquée indique que : " Considérant que le terrain est situé dans la zone A du PLU qui fait l'objet d'une protection particulière en raison de la valeur agronomique, biologique et économique des terres agricoles. Cette zone est strictement réservée aux constructions liées et nécessaires aux besoins d'une exploitation agricole ; Considérant qu'aucun élément dans le dossier n'établit le caractère nécessaire de ces bâtis pour l'activité d'une exploitation agricole répondant à la définition qu'en donne le plan local d'urbanisme ".
2. Le règlement du PLU prévoit à son chapitre 6 que : " Définition de la notion de constructions directement nécessaires à l'exploitation agricole En zone agricole, peuvent être autorisées les constructions nécessaires à l'exploitation agricole. La preuve de la nécessité de bâtiments ou d'aménagements pour l'exploitation agricole doit donc être apportée dans les dossiers d'autorisation d'urbanisme. Le projet agricole doit y être clairement précisé ainsi que l'activité existante et les bâtiments et matériels actuels déjà à disposition. Des documents supplémentaires aux pièces obligatoires doivent donc être apportés pour prouver cette nécessité et l'existence d'une exploitation agricole répondant à la définition précédente. ". Le PLU dispose également que : " Exemples de pièces à fournir :- Existence d'une exploitation agricole : attestation de la MSA justifiant que l'exploitation agricole permet d'être bénéficiaire de l'Assurance Maladie des Exploitants Agricoles (AMEXA) en tant que Chef d'Exploitation, avis d'imposition laissant apparaître des revenus agricoles, cartes grises des engins agricoles - Taille de l'exploitation agricole : relevé d'exploitation délivré par la MSA prouvant la surface cultivée ou l'importance du cheptel présent, relevé du casier viticole, déclaration de récolte, factures, convention de mise à disposition de foncier (bail à ferme enregistré, convention de pâturage) - Nécessité des constructions : note de présentation, plan des parcelles cultivées et des bâtiments déjà existants, description de leur usage pour justifier de la nécessité de nouveaux bâtiments et leur localisation par rapport au siège d'exploitation, relevé de propriété ".
3. La requérante soutient que la qualité d'exploitant agricole ne saurait être contestée en l'état des pièces du dossier. Toutefois, sur ce point, elle se borne à produire une déclaration de création d'une entreprise agricole datée du 10 septembre 2014. Si la commune fait valoir que cette attestation ne démontre pas que l'exploitation agricole serait située sur les parcelles concernées par le présent litige, la commune est contredite par les pièces mêmes du dossier car le lieu de l'exploitation tel qu'indiqué par ladite attestation est situé au lieudit La Bastide du Mitan, chemin du Muyois sur la commune de La Motte. Toutefois, s'il est attesté qu'une exploitation agricole a été créée le 1er septembre 2014 à cet endroit par Mme D pour une exploitation de culture de fruits oléagineux, cette attestation n'est pas suffisante pour établir qu'à la date de la décision attaquée, le 6 novembre 2019, une activité agricole serait toujours effective à cet endroit dans l'exploitation de Mme D.
4. La requérante poursuit en indiquant que la référence SMA ne saurait non plus lui être opposée sauf à porter atteinte aux principes constitutionnels du droit de propriété et de la liberté de l'activité économique. Toutefois, sur ce point, la requérante ne formule pas cet argument de manière suffisamment claire et précise pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé.
5. Enfin, si la décision attaquée mentionne également qu'il n'est pas établi que le bâtiment projeté serait nécessaire et lié à une activité agricole, la requérante sur ce point se borne à indiquer que l'atelier agricole à usage de fabrication et le garage sont manifestement liés et nécessaires aux besoins de l'exploitation agricole en parfaite conformité avec la disposition du PLU concernant la zone A. La requérante produit en outre à l'instance d'une part un article du journal Var Matin de décembre 2020 et d'autre part un extrait du bulletin municipal de la commune de La Motte postérieur à janvier 2021. Ces éléments ne sont toutefois pas suffisants pour démontrer que Mme D serait toujours à la tête d'une exploitation agricole d'une part et que le bâtiment projeté serait nécessaire et lié à cette activité agricole.
6. Il ressort donc des pièces du dossier que la requérante n'est pas fondée à contester le motif de la décision fondé sur l'absence d'activité agricole et l'absence de lien entre les bâtiments projetés et une quelconque activité agricole de Mme D. Par suite, le motif de la décision fondé sur l'absence de lien entre les bâtiments projetés et l'activité agricole de la requérante doit être considéré également comme légal.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article A 4 du règlement du PLU : " 4.2.3 Eaux pluviales Les eaux pluviales devront être collectées sur l'emprise de l'unité foncière objet du projet de construction et dirigées par des canalisations vers les caniveaux, fossés ou réseaux prévus à cet effet. En l'absence ou en cas d'insuffisance de ce réseau, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales doivent être réalisés par des dispositifs appropriés adaptés à l'opération et au terrain (exemple : l'eau stockée dans le bassin de rétention devra être évacuée par un drain approprié situé sur le terrain construit) sans porter préjudice à son voisin. Le volume V de ce bassin sera établi selon le calcul suivant : V = 150 L x nombre m² imperméabilisé, augmenté de la capacité naturelle de rétention liée à la topographie du site assiette du projet (cuvette), si elle est supprimée () ".
8. En l'espèce, la décision attaquée indique que : " Considérant que le projet, qui ne prévoit pas de dispositif de rétention des eaux pluviales, n'est pas conforme à l'article A-4 du PLU qui exige la réalisation d'un dispositif de rétention des eaux pluviales (150 litres/m2 imperméabilisé). () La surface imperméabilisée comprend le bâti, les annexes, les terrasses, les pavés autobloquants, les voies d'accès privatives goudronnées, les stationnements revêtus ".
9. La requérante sur ce motif se borne à indiquer qu'en raison du caractère insignifiant des surfaces imperméabilisées, les dispositions invoquées de l'article A 4 du règlement du PLU ne sont pas applicables au cas d'espèce. Toutefois, il ne ressort pas des dispositions précitées de l'article A 4 du règlement du PLU que ces dispositions ne seraient pas applicables dans le cas de projets modestes. En l'espèce, l'emprise au sol du nouveau bâtiment, à savoir le garage, est de 19,95 mètres carrés. Ainsi, en application des dispositions précitées, un bassin de rétention aurait dû être prévu dans le projet pour la récupération des eaux pluviales d'une contenance de 3 mètres cubes. En l'espèce, il est constant que le projet ne traite pas de la récupération des eaux pluviales sur le terrain.
10. Il ressort donc des pièces du dossier que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 4 du règlement du PLU en l'absence de bassin de rétention pour récupérer les eaux pluviales ne serait pas légal. Par suite, il y a lieu de considérer que le motif fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article A 4 en raison de l'absence de bassin de rétention est légal.
11. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 152-7 du code de l'urbanisme : " Après l'expiration d'un délai d'un an à compter, soit de l'approbation du plan local d'urbanisme soit, s'il s'agit d'une servitude d'utilité publique nouvelle définie à l'article L. 151-43, de son institution, seules les servitudes annexées au plan peuvent être opposées aux demandes d'autorisation d'occupation du sol. Dans le cas où le plan a été approuvé ou la servitude, instituée avant la publication du décret établissant ou complétant la liste mentionnée à l'article L. 151-43, le délai d'un an court à compter de cette publication ". En outre, selon les dispositions de l'article 1 du chapitre 1 du Plan de Prévention des Risques d'inondation (PPRI) lié à la présence de la Nartuby et l'Endre applicable sur la commune de La Motte et approuvé par arrêté du préfet du Var le 20 décembre 2013 : " Sur l'ensemble du territoire communal, une marge de recul par rapport aux cours d'eau et écoulements et notamment ceux figurés sur la carte réglementaire au titre du réseau hydrographique et des axes d'écoulement devra être respectée. Cette marge de recul sera de 30 m calculé à partir du haut de berge ou du parement latéral pour le réseau hydrographique et de 10m calculé à partir de l'axe d'écoulement pour tous les autres écoulements tels que les vallats, les rues constituant des axes d'écoulements et les canaux susceptibles de déborder () ". En outre, selon l'article 2 du chapitre 1 du même document : " Tout projet de construction, d'extension ou d'aménagement doit faire l'objet d'un relevé topographique du terrain d'assiette coté en altimétrie NGF (Nivellement Général de la France) et représentant la cote de référence de l'inondation au droit du projet. Tout projet situé à proximité d'un écoulement, d'un cours d'eau du réseau hydrographique ou d'une digue doit faire l'objet d'un relevé établi par un homme de l'art permettant de vérifier le respect des marges de recul ". Enfin, selon les dispositions du chapitre 4 du même document : " Le présent PPRI comprend une zone relative aux zones basses hydrographiques dont le niveau d'exposition au risque n'a pas été précisé dans le PPRI parce qu'elles concernent des cours d'eau, des vallons, des bassins versants d'importance moindre au regard de ceux étudiés par modélisation hydraulique. Dans ces zones, les risques liés au ruissellement urbain ou à l'inondation doivent être intégrés dans la perspective d'urbanisation. D'une manière générale, la face supérieure du premier plancher aménageable doit être implantée au minimum à 0,40m au-dessus du terrain naturel. Cette mesure est de nature à réduire à tout le moins les conséquences liées à l'impluvium local et au ruissellement () ".
12. La requérante soutient d'abord que la commune n'a pas produit ce règlement. Toutefois, celui-ci est directement accessible sur Internet, sur le site Geoportail de l'urbanisme par exemple. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la commune n'aurait pas produit ce règlement à l'instance. En outre, il ressort directement du document graphique annexé à ce PPRI et intitulé " carte du zonage réglementaire - crue de référence " que le terrain d'assiette du projet est classé dans la " zone basse hydrographique " et qu'il est concerné par deux écoulements d'eau : un " axe d'écoulement ", qui le traverse directement et un élément du " réseau hydrographique ", qui longe sa limite sud.
13. En ce qui concerne la marge de recul que doit respecter tout projet par rapport aux éléments du réseau hydrographique et des axes d'écoulement, la requérante ne produit aucun relevé établi par un homme de l'art, conformément aux articles 1 et 2 du chapitre 1 du titre 2 du règlement précité. Sur ce point, la requérante se borne à soutenir " qu'il n'apparaît pas que le terrain d'assiette des constructions soit situé à une distance visée par le PPRI ", sans apporter toutefois aucun commencement de preuve. Au surplus, contrairement à ce que soutient la requérante, la marge de recul telle qu'édictée par ledit règlement s'apprécie par rapport aux constructions et non par rapport au terrain d'assiette du projet.
14. En ce qui concerne la nécessité de relever la face supérieure du premier plancher aménageable au minimum à 40cm au-dessus du terrain naturel, tel que fixé par le chapitre 4 du titre 2 du PPRI, la requérante ne conteste pas utilement que le premier plancher aménageable de la construction litigieuse ne respecterait pas cette règle. Les circonstances, à les supposer même avérées, ainsi qu'elle l'allègue, qu'aucun danger d'inondation n'est justifié et qu'il existe des constructions destinées à l'habitation dans le même secteur, ne l'exonérait pas du respect des dispositions du PPRI, et sont donc inopérantes. Par conséquent, le moyen sera écarté et le motif de la décision fondé sur la méconnaissance des dispositions précitées du PPRI de la commune de La Motte sera également considéré comme légal.
15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les motifs tirés de l'absence de preuve d'une exploitation agricole et de la nécessité et du lien du bâtiment projeté avec cette activité agricole, de la méconnaissance des dispositions de l'article A 4 du règlement du PLU et de l'absence d'un bassin de rétention et enfin le motif tiré de la méconnaissance des dispositions du PPRI de la commune de la Motte sont tous trois des motifs légaux. Il résulte par ailleurs de l'instruction, qu'à supposer même que les autres motifs de la décision attaquée soient erronés, le maire de la commune de La Motte aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ces motifs légaux. Il y a lieu ainsi de rejeter la requête.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser la charge de ces frais à chacune des parties.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Motte sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme A D épouse B et à la commune de La Motte.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 6 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé :
F. C
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
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