vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MAUDUIT LOPASSO GOIRAND ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 avril 2020 et 1er octobre 2021,
Mme B A, représentée par Me Lopasso, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2019 par laquelle le conseil départemental du Var n'a pas reconnu imputable au service sa maladie, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 6 décembre 2019 ;
2°) d'enjoindre au conseil départemental du Var de reconnaître imputable au service ses arrêts de travail intervenus du 14 au 30 septembre 2018 et du 1er au 12 octobre 2018 ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental du Var la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'arrêté attaqué est incompétent ;
- la commission de réforme était irrégulièrement composée ; aucun médecin spécialiste n'était présent ce qui l'a privée d'une garantie ;
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ; il ne lui permet pas de comprendre les motifs de fait ayant conduit au refus de sa demande ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit en refusant de reconnaître sa maladie imputable au service ; l'état dépressif est reconnu au titre des maladies professionnelles ; l'état psychique de Mme A relève de la catégorie des maladies professionnelles ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; il appartenait à l'administration de rechercher si sa maladie présentait un lien direct avec l'exercice de ses fonctions ou avec ses conditions de travail ; plusieurs médecins ont reconnu le lien direct de sa pathologie avec l'exercice de ses fonctions et ses conditions de travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2021, le conseil départemental du Var conclut au rejet de la requête et que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée
au 18 octobre 2021 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Une note en délibéré a été enregistrée le 13 janvier 2023 pour le conseil départemental du Var.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 janvier 2022 :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- les observations de Me Lopasso représentant Mme A et de Mme D, représentant le conseil départemental du Var.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est adjointe administrative territoriale principale de première classe, gestionnaire de marchés publics au sein du département du Var depuis 2004. Elle est placée en arrêt maladie du 14 septembre au 30 septembre 2018, puis prolongée du 1er octobre
au 12 octobre 2018. Le 15 octobre 2018, elle a présenté une demande de reconnaissance
de ces arrêts au titre de la maladie professionnelle. Le 26 septembre 2019, la commission
de réforme émet un avis défavorable à sa demande. Par un arrêté du 3 octobre 2019, le conseil départemental du Var refuse de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail.
Elle adresse un recours gracieux le 6 décembre 2019 qui est implicitement rejeté. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2019, ensemble
la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite ".
3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. La requérante soutient que cette maladie professionnelle trouve son origine dans les conditions d'exécution de son travail. En l'espèce, il est constant qu'en mai 2018, le conseil départemental du Var a fait l'objet d'une restructuration interne et le service marchés auquel appartenait la requérante a été rattaché à la direction de la commande publique, par la fusion de 27 directions à 20. Mme A souligne que cette réorganisation est source de mal-être pour
les agents et joint à ses écritures deux courriels de collègues gestionnaires de marchés datés des 12 septembre et 23 octobre 2018 qui font état de leur forte charge de travail. Il ressort également de l'expertise médicale du 9 janvier 2019 que la maladie de Mme A présente un caractère professionnel ayant abouti à l'incapacité complète de l'agent à exercer son activité et retient que " la patiente s'est retrouvée en situation de grand stress au changement de ses conditions de travail avec un poste de travail sans personne aux ressources, sans réunion, sans fiche de poste pendant plusieurs mois ". En outre, le rapport établi le 30 octobre 2019 par la médecine du travail souligne que : " La maladie contractée en service par Mme A B est bien légitime. L'absentéisme et l'organisation au sein du travail sont fortement impliqués dans l'état d'anxiété et de neurasthénie de l'agent ". Ces avis médicaux attestent de l'existence d'un lien entre l'activité professionnelle de l'intéressée et le syndrome anxio-dépressif dont elle est atteinte. Si le conseil départemental du Var fait valoir en défense que, pour accompagner les agents dans le cadre de cette réorganisation, il a effectué un suivi des risques psychosociaux, organisé des réunions et mis en place une permanence physique d'écoute individuelle, personnelle et confidentielle à destination des agents dès juillet 2018, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause le contexte professionnel alors particulièrement pathogène au sein du service achats. Si le conseil départemental du Var fait également valoir que Mme A présente des antécédents médicaux, les conditions de travail particulièrement stressantes au sein du service achats au moment de ses arrêts maladies sont de nature à révéler un lien direct entre la survenance de sa maladie et l'exercice de ses fonctions.
5. Le conseil départemental du Var a donc commis une erreur d'appréciation en rejetant la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service des arrêts de travail
de Mme A.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision
du 3 octobre 2019, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
8. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu et après examen des autres moyens de la requête, que le conseil départemental du Var reconnaisse l'imputabilité au service des arrêts de travail de Mme A intervenus du 14
au 30 septembre 2018 et du 1er au 12 octobre 2018. Il y a lieu d'enjoindre à l'autorité territoriale d'y procéder, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme que demande le conseil départemental du Var au titre de ses frais d'instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil départemental du Var le versement d'une somme de 2 000 euros à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 octobre 2019 est annulé, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux de Mme A du 6 décembre 2019.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental du Var de reconnaitre l'imputabilité au service des arrêts de travail de Mme A intervenus du 14 au 30 septembre 2018 et du 1er au 12 octobre 2018, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le département du Var versera à Mme A une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions du département du Var au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au conseil départemental du Var.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Qauglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
S. C
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026