vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001225 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAURIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 avril 2020, le 14 février 2022, le
14 février 2022 et le 4 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Néoules a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre à la commune de Néoules de prendre un arrêté portant reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie et de reconstituer sa carrière, ses droits à plein traitement, à l'avancement et à la retraite, de liquider à son profit les sommes dues au titre de cette reconstitution des droits à plein traitement, compte tenu de ses droits à l'avancement, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Néoules une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que:
- la décision attaquée procède d'une erreur d'appréciation ;
- cette décision manifeste une volonté de harcèlement moral à son encontre.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 février 2022 et le 3 avril 2022, la commune de Néoules, représentée par Me Laurie, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 4 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 avril de la même année.
Vu :
- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hoffmann, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit.
1. Mme A, adjointe administrative territoriale principale de 2ème classe, exerce les fonctions de responsable du service comptabilité à la commune de Néoules. Affectée d'un syndrome anxio-dépressif, elle a été placée en congé longue maladie à compter du 16 mars 2016, ce congé ayant été renouvelé à plusieurs reprises, après avis du comité médical départemental. Par un premier arrêté du 7 mai 2018, le maire de la commune de Néoules n'a pas reconnu l'imputabilité au service de son affection et l'a maintenue en congé de longue maladie pour une période de 6 mois du 16 décembre 2017 au 15 juin 2018, avec demi-traitement pendant cette période. Par jugement n°1801864 du 3 juillet 2020, le tribunal a annulé cet arrêté. Ce jugement a été annulé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille n°20MA03335 du 17 décembre 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 6 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Néoules a refusé à nouveau de reconnaître sa pathologie comme étant imputable au service.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version en vigueur au jour de la décision attaquée, dispose : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
En ce qui concerne l'erreur d'appréciation :
3. La requérante affirme que le maire de la commune de Néoules a commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie alors que les avis de la commission de réforme des 21 mars 2018 et 19 février 2020 ont tous deux conclu à son imputabilité, les attestations de quatre praticiens ont relevé le burn-out et l'état dépressif qu'elle impute à une surcharge excessive de travail, une mise à l'écart dans un bureau délabré et, plus généralement, des faits de harcèlement moral dont elle a été victime. Au soutien de ses allégations, elle produit au Tribunal de nouvelles pièces, postérieures à la première décision de refus d'imputabilité du 7 mai 2018, notamment des attestations de témoins insistant sur la qualité du travail de l'intéressée, les conséquences que la réduction de certaines de ses missions ont eu sur son moral et l'état vétuste des locaux qu'elle occupait. Elle produit également le rapport d'un autre psychiatre l'ayant examinée à sa demande le 19 avril 2021 ainsi qu'un certificat médical du
21 décembre 2021 établi par le psychiatre lui ayant prodigué des soins. Enfin, la requérante produit une attestation de refus d'heures de décharge syndicale ainsi qu'une attestation des compétences dont elle fait preuve dans un cadre bénévole.
4. Toutefois, en premier lieu, les éléments produits par la requérante ne permettent pas de rattacher sa pathologie dépressive à un prétendu comportement inapproprié de certains agents à son égard. Il ressort en revanche des sept témoignages produits par la commune que les relations professionnelles de Mme A, par ailleurs décrite comme très impliquée dans son travail, se sont détériorées à compter de l'année 2012 en raison, notamment, de difficultés à s'insérer dans la dimension collaborative du service et à s'en tenir aux responsabilités et missions lui incombant normalement en sa qualité de responsable du service comptabilité. Les attestations qu'elle produit dans cette instance n'amènent aucun élément de nature à contredire ce dernier point.
5. En deuxième lieu, s'il n'est pas contesté que l'étendue de ces missions ne lui permettait pas de réaliser son travail dans les délais impartis, il apparaît que Mme A se plaint essentiellement du retrait, pourtant consécutif au constat de cette surcharge de travail, de certaines de ses attributions.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des photographies produites que le bureau dans lequel elle était installée, dont elle ne s'est au demeurant jamais plainte, serait anormalement vétuste.
7. En quatrième lieu, tant le rapport d'enquête interne du 11 décembre 2017 que l'expertise médicale tendent à confirmer que la souffrance vécue par Mme A, à l'origine de son syndrome anxio-dépressif, ne trouve pas sa cause dans des conditions particulières de travail mais dans la personnalité de l'intéressée, dont la pathologie s'est du reste déjà manifestée au cours des années 1998, 1999 et 2011. C'est d'ailleurs ce que souligne la psychiatre ayant effectué le 19 avril 2021 une contre-visite de l'expertise médicale initiale en précisant " il existe une grande souffrance psychologique secondaire à des rebondissements administratifs professionnels. La situation contradictoire, paraissant sans issue, aggrave son état thymique ".
8. En cinquième lieu, si l'avis de la commission de réforme du 19 février 2020 conclut au maintien de l'avis rendu précédemment le 21 mars 2018, il mentionne toutefois que l'intéressée ne s'est pas présentée à l'expertise médicale prévue le 24 avril 2019 de sorte que la commune de Néoule a pu légitimement estimer, tel qu'elle le précise dans son mémoire en défense, que l'avis rendu n'était pas suffisamment motivé pour justifier qu'elle reconnaisse l'imputabilité au service de son affection.
9. En sixième et dernier lieu, ni l'attestation de refus d'heures de décharge syndicale ni l'attestation des compétences dont elle fait preuve dans un cadre bénévole ne permettent de conclure à l'imputabilité au service de sa pathologie.
10. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de la commune de Néoules a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'état de santé de Mme A.
En ce qui concerne les faits de harcèlement moral :
11. La requérante soutient que la décision attaquée est illégale en ce qu'elle manifeste une volonté évidente de harcèlement moral à son encontre. Cependant, l'ensemble des faits qu'elle expose, à savoir la surcharge de travail et l'ostracisation qu'elle affirme avoir subies avant son placement en congé maladie, ainsi que les refus de versement de primes, de reconnaissance d'imputabilité au service et la méconnaissance des décisions de justice alléguées après son placement en congé maladie, ne permet toutefois pas d'établir des agissements relevant de harcèlement moral.
12. En effet, les faits mentionnés au point précédent, pour regrettables qu'ils puissent parfois être, ne permettent toutefois pas de caractériser des agissements répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte aux droits et à la dignité de Mme A, d'altérer sa santé ou de compromettre son avenir professionnel. Il résulte de l'ensemble des éléments produits que si Mme A, qui faisait preuve d'une grande compétence dans l'exercice de ses fonctions, a pu largement souffrir d'un sentiment de mise à l'écart, la réalité de cette mise au " placard " ne peut être tenue pour établie, celle-ci ayant sollicité de sa propre initiative la décharge de certaines tâches et n'étant ainsi pas fondée à s'en prévaloir. Son bureau n'apparaissait en outre pas comme vétuste. Il en va de même concernant la réalité des moqueries invoquées, peu de précisions étant données quant à leur consistance et celles-ci étant corroborées uniquement par des attestations et les pièces médicales reprenant ses dires. Les difficultés relationnelles éprouvées par Mme A à l'égard de ses collègues étaient d'autre part réciproques, ceux-ci relatant également de telles difficultés à travailler avec celle-ci. Enfin, les actes du maire concernant le refus d'imputabilité au service, la nouvelle bonification indiciaire et les procédures contentieuses entre la commune et Mme A ne paraissent pas excéder l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de surseoir à statuer, que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les conclusions au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative :
14. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la défenderesse, qui n'est pas la partie perdante, une somme quelconque. Également, dans les circonstances de l'espèce, il convient de rejeter les conclusions de la commune de Néoules tendant au versement des frais exposés dans l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Néoules au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Néoules.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
B. C
Le président,
signé
JF. SAUTONLa greffière,
signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026