vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001257 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VIVES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mai 2020 et 8 juillet 2022, M. C B, représenté en dernier lieu par la SELARL Vivès Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2020 par laquelle le directeur de la Caisse des dépôts et consignations a rejeté son recours gracieux contre la décision lui refusant le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité des agents des collectivités locales ;
2°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de lui octroyer le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité ;
3°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de la décision attaquée est incompétent ;
- la Caisse des dépôts et consignations a commis une erreur de qualification juridique des faits ; il remplit les deux conditions fixées par les textes, à savoir la preuve d'un lien direct entre ses maladies et son travail habituel et un taux d'IPP d'au moins 25%.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2020, la Caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n°68-756 du 13 août 1968 ;
- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 décembre 2022 :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M B est agent de maîtrise au sein du département du Var. Le 26 novembre 2019, il a présenté une demande d'allocation temporaire d'invalidité. Par une décision réceptionnée le 17 février 2020, le directeur de la Caisse des dépôts et consignation (CDC) a refusé sa demande d'allocation temporaire d'invalidité (ATI). Il a adressé un recours gracieux
le 26 février 2020 qui a été rejeté par une décision du 10 mars 2020. Par la présente requête,
M. B demande au tribunal d'annuler la décision de rejet de son recours gracieux
du 10 mars 2020.
Sur l'étendue des conclusions de M. B :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative
un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'excès de pouvoir de M. B doivent être regardées comme dirigées à la fois contre la décision du président de la CDC réceptionné le 17 février 2020, lui refusant le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité et contre la décision du 10 mars 2020 de la même autorité rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, lorsqu'un requérant présente des conclusions à fin d'annulation d'une décision de refus de faire droit à un recours gracieux, les moyens critiquant les vices propres dont la décision de rejet du recours gracieux serait entachée ne peuvent être utilement invoqués à l'appui de sa requête. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 10 mars 2020 rejetant le recours gracieux de M. B est inopérant.
5. En second lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 2 mai 2005 : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10 % ; / b) Soit de l'une des maladies d'origine professionnelle énumérées par les tableaux mentionnés à l'article L. 461-2 du code de la sécurité sociale ; / c) Soit d'une maladie reconnue d'origine professionnelle dans les conditions mentionnées aux alinéas 3 et 4 de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale, sous réserve des dispositions de l'article 6 du présent décret ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Aux termes de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale : " () Peut être également reconnue d'origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles lorsqu'il est établi qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu'elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d'un taux évalué dans les conditions mentionnées à l'article L. 434-2 et au moins égal à un pourcentage déterminé () ". Aux termes de l'article R. 461-8 du même code : " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ". Enfin, aux termes des dispositions du chapitre préliminaire de l'annexe au décret 13 août 1968, dans le cas d'infirmités simultanées résultant d'évènements différents, le II B 2° relatif au calcul de l'invalidité indemnisable au titre de l'article L. 28 prévoit que " Toutes les infirmités imputables au service, au sens de l'article L. 27 du code, doivent être prises en compte pour la détermination du taux d'invalidité indemnisable () ".
6. En l'espèce, M. B a demandé une allocation temporaire d'invalidité (ATI) au titre de deux pathologies : une atteinte arthrosique des deux hanches constatée le 8 juin 2010 et une arthrose des vertèbres cervicales constatée le 12 février 2014, ce qui est corroboré par
le rapport médical du 20 juin 2019 qui constate que M. B est affecté de deux maladies contractées en service, une coxarthrose bilatérale et une cervicarthrose. Il chiffre à 10% le taux d'invalidité pour chaque hanche, soit 20%, et à 8% le taux d'invalidité en ce qui concerne l'atteinte du rachis cervical. Ce chiffrage a été repris par la commission de réforme dans son avis du 24 octobre 2019, puis par le conseil départemental du Var par arrêté du 6 novembre 2019.
Il n'est pas contesté que ces deux maladies ne figurent pas aux tableaux des maladies professionnelles annexées au code de la sécurité sociale. Dès lors, la situation de l'intéressé correspond au c) de l'article 2 du décret du 2 mai 2005, qui renvoie lui-même à l'alinéa 4 de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale précité. A ce titre, le lien direct entre la maladie et le travail habituel de M. B n'est pas contesté par la CDC. Au demeurant, ce lien de causalité ressort parfaitement des pièces du dossier, notamment de l'avis médical du 20 juin 2019, de l'avis de la commission de réforme du 24 octobre 2019, des arrêtés des 7 février 2018 pour l'imputabilité au service de sa maladie contractée en service le 12 février 2014 et de l'arrêté du 25 octobre 2013 pour sa maladie contractée en service le 8 juin 2010. Quant à son taux d'incapacité permanente, il ressort de l'arrêté du 6 novembre 2019 que le président du conseil départemental du Var a fixé son taux d'IPP pour la maladie contractée en service le 8 juin 2010 à 10% pour chaque hanche et à 8% pour sa maladie contractée en service du 12 février 2014, conformément à l'avis de la commission de réforme du 24 octobre 2019.
7. Si la CDC ne conteste pas ces éléments, elle fait néanmoins valoir en défense que
M. B ne peut pas prétendre à l'ATI en cumulant les taux de ses deux maladies. Il résulte cependant des dispositions précitées du chapitre préliminaire de l'annexe du décret
du 13 août 1968 que la CDC devait cumuler toutes les infirmités survenues durant la carrière de M. B au titre d'une maladie professionnelle. Dès lors, le moyen tiré d'une erreur de droit doit être retenue, le taux global d'invalidité de M. B dépassant 25 %.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du président de la CDC réceptionnée le 17 février 2020 et de la décision du 10 mars 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative :
" Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
10. D'autre part, aux termes de l'article 3 du décret du 2 mai 2005 : " La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à compter du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. Toutefois, lorsque le fonctionnaire n'a pas interrompu son activité ou lorsqu'il atteint la limite d'âge ou est radié des cadres avant de pouvoir reprendre ses fonctions, le droit à l'allocation peut lui être reconnu si la demande d'allocation est présentée dans l'année qui suit la date de constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de son état de santé ".
11. Le présent jugement implique nécessairement, compte tenu des motifs d'annulation qu'il prononce, que la Caisse des dépôts et consignations octroie à M. B le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations la somme de 2 000 euros à verser à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les deux décisions du président de la Caisse des dépôts et consignations, pour la première réceptionnée le 17 février 2020 et pour la seconde datée du 10 mars 2020, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la Caisse des dépôts et consignations d'octroyer à M. B le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La caisse des dépôts et consignations versera la somme de 2 000 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la Caisse des dépôts et consignations.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Qauglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
signé
S. A
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026