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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2001349

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2001349

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2001349
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantAONZO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoire, enregistrées les 19 mai 2020 et 12 août 2021, Mme C A, représentée en dernier lieu par Me Aonzo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2019 du maire de la commune de Lorgues portant refus du permis de construire pour agrandissement, n° PC 083072 16K0167, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 17 janvier 2020 ;

2°) de donner acte de l'existence de la bastide sur la parcelle 2200 ;

3°) d'enjoindre au maire de la commune de Lorgues d'accorder le permis de construire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Lorgues la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient dans ses premières écritures que :

- la bastide existait avant 1943 et était habitée sur la parcelle 2200 ;

- la bastide peut bénéficier d'une extension au regard des règles de l'article IINB5 du POS ;

- il ne s'agit pas d'une construction nouvelle mais d'un agrandissement de la bastide existante ;

- le refus de permis de construire a été pris pour des motifs personnels ;

Elle ajoute dans ses derniers mémoires en défense que :

- l'auteur de l'arrêté du 19 novembre 2019 est incompétent ;

- sa requête est motivée et comporte l'énoncés des faits et de moyens ;

- elle a intérêt à agir ;

- l'autorité de chose jugée ne peut être opposée au regard du jugement rendu par le tribunal administratif de Toulon le 4 octobre 2019 sous le numéro 1701659 dès lors que cette règle ne s'attache qu'au dispositif et non aux motifs ;

- les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne s'applique pas si le recours est dirigé contre un refus d'autorisation ;

- l'annulation du refus implique une injonction de délivrer l'autorisation d'urbanisme.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2021 et 31 août 2021,

la commune de Lorgues, représentée par Me Marchesini, conclut à titre principal au rejet

de la requête comme étant irrecevable et à titre subsidiaire à son rejet et à ce que soit mise

à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête n'est pas suffisamment motivée ;

- la requérante n'a pas intérêt pour agir ;

- la requérante, en agissant à titre personnel, n'a pas notifié son recours à l'auteur de la décision comme à son destinataire, conformément aux exigences de l'article R 600-1 du code de l'urbanisme ;

- le nouveau moyen de légalité externe tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte est irrecevable ;

- il y a autorité de la chose jugée au regard du jugement du 14 octobre 2019 ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 6 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2021 en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.

Un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2021 pour Mme A n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 alinéa 3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Faucher,

- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,

- les observations de Me Aonzo représentant la requérante et de Me Marchesini représentant la commune de Lorgues.

Une note en délibéré a été enregistrée le 20 juin 2023 par Me Aonzo dans les intérêts de Mme templier.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, gérante de la SCI " Les Rondavelles ", a déposé un premier permis de construire en vue de l'extension d'une maison avec garage et piscine sur un terrain cadastré A 2200 au lieu-dit Bouanaourra à Lorgues, qui lui a été refusé par un arrêté du 13 décembre 2016. Cette décision a été annulée par le tribunal administratif de Toulon dans un jugement rendu

le 4 octobre 2019 sous le numéro 1701656, enjoignant au maire de procéder à un réexamen de la demande de permis de construire. La SCI " Les Rondavelles ", représentée par sa gérante Mme A, a déposé une nouvelle demande de permis de construire le 2 novembre 2019 en vue de l'extension d'une maison avec garage et piscine, qui a été rejeté par arrêté du 19 novembre 2019. Par un recours gracieux en date du 17 janvier 2020, Mme templier a demandé au maire de la commune l'annulation de cet arrêté. Cette demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2019 par lequel le maire de Lorgues a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 17 janvier 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ".

3. D'autre part, après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa demande avant l'expiration de ce délai.

4. En l'espèce, par un mémoire complémentaire en date du 12 août 2021,

Mme A a soulevé, au-delà du délai de deux mois, un nouveau moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Cependant, ce moyen étant d'ordre public, Mme A est fondée à le soulever au-delà du délai de deux mois, alors même que sa requête, enregistrée

le 19 mai 2020, ne comportait aucun moyen fondé sur cette cause juridique. En défense,

la commune de Lorgues produit un arrêté du 14 octobre 2019 habilitant M. B, adjoint délégué à l'urbanisme, à délivrer des autorisations d'occupation des sols. Cet arrêté a été transmis à la préfecture le 4 novembre 2019. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte sera en toute hypothèse écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article II NB5 relatif aux caractéristiques des terrains : " 1- Pour recevoir une construction d'un seul logement et ses annexes, tout terrain doit avoir une superficie au moins égale à : () 4000 m² dans le secteur II NBa () 2- Dans l'ensemble de la zone, une superficie plus faible est admise lorsqu'il s'agit d'agrandir dans les limites du COS une construction à usage d'habitation existante à la date de publication du plan d'occupation des sols ( 15 octobre 1987 ) ". Pour être qualifié d'extension d'une construction existante au sens de ces dispositions, un projet doit répondre aux conditions de continuité et de complémentarité avec cette construction.

6. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire, et notamment de la notice descriptive du projet et des plans de masse et de coupe que le projet, qui consiste notamment à créer une surface de plancher à usage d'habitation de 148,30 m², est relié par un petit volume d'un niveau en toiture terrasse à une habitation existante d'une superficie de 36,6 m², d'un volume simple en pierres, sur deux niveaux, située en contrebas. Au vu de la disproportion des surfaces entre la construction projetée et le bâtiment existant, et du caractère artificiel de leur jonction par l'élément architectural précité, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet en litige ne constituerait qu'une extension de la construction existante. Par suite, c'est à bon droit que le maire de Lorgues a qualifié le projet litigieux de construction nouvelle et a refusé le permis de construire sollicité.

7. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence légale ou non de la construction existante, dès lors que le terrain d'assiette du projet, classé en zone IINB, a une superficie de 3749 m², le maire de Lorgues a pu à bon droit fonder son arrêté sur le fait que le projet en litige, s'agissant d'une construction nouvelle, ne respectait pas les dispositions de l'article IINB5 du règlement du POS.

8. Ce motif justifie à lui seul la décision de refus du permis de construire en litige et il ressort des pièces versées au dossier que le maire aurait pris cette décision au regard de ce seul motif. Par suite, tous les autres moyens dirigés à l'encontre des autres motifs de refus doivent être écartés comme inopérants.

9. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 novembre 2019 sont rejetés, ensemble celles dirigées contre la décision de rejet de son recours gracieux

du 17 janvier 2020. Par voie de conséquences, les conclusions tendant à ce qu'il soit donné acte de l'existence de la bastide sur la parcelle 2200, de même que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la commune de Lorgues qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance supporte la charge des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Lorgues sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Lorgues au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au maire de la commune de Lorgues.

Délibéré après l'audience du 12 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Faucher, première conseillère,

M. Quaglierini, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.

La rapporteure,

signé

S. Faucher

Le président,

signé

J-F. SautonLe greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Ou par délégation le greffier,

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