mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2001493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MAUDUIT LOPASSO GOIRAND ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2020, 9 août 2022 et 24 octobre 2022, Mme C B épouse A représentée par In Extenso Avocats associés, par Me Lopasso, demande au Tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme négatif qui lui a été délivré le 26 décembre 2019 par le maire de la commune du Castellet, ensemble la décision du 12 mars 2020 rejetant le recours gracieux qu'elle a formé contre ce certificat ;
2°) d'enjoindre à la commune du Castellet de lui délivrer le certificat d'urbanisme positif sollicité dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Castellet une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors d'une part qu'elle a bien qualité pour contester les décisions attaquées, ayant justifié de son titre de propriété, d'autre part que le délai du recours contentieux a été prorogé par l'effet de la protection issue de l'ordonnance du 25 mars 2020 prorogeant les délais devant échoir au cours de la période d'urgence sanitaire ;
- le certificat a été sollicité sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme en vue de la réalisation d'une opération déterminée à savoir la construction d'une maison d'habitation ;
- le conseiller municipal délégué signataire de la décision n'a pas justifié de la délégation en vertu de laquelle il a agi, il n'existe aucune trace de cette délégation ni de sa publication et la décision attaquée ne la vise pas ;
- s'il n'est pas contesté que la voie d'accès à la construction envisagée pour laquelle le certificat a été sollicité, possède une largeur inférieure à 6 mètres, les dispositions de l'article IAU.3 du Plan local d'urbanisme (PLU) qui ont posé cette règle dans la zone IAU dans laquelle se situe le terrain dont l'illégalité est invoquée par la voie de l'exception, sont entachées d'incohérence et d'erreur manifeste ; cette zone consiste en effet en un espace constructible, actuellement insuffisamment équipé mais dont le PLU indique qu'il a vocation à recevoir des habitations ; or en imposant que les voies de desserte possèdent une largeur de chaussée d'au moins 6 mètres, il ne répond pas aux finalités de mobilité, de sécurité et de salubrité indiquées par l'article R. 151-47 du code de l'urbanisme et n'a d'autre finalité que d'être au cas par cas un instrument de refus des permis de construire et il fait obstacle à l'urbanisation dès lors qu'il est constant que la plupart des voies publiques de la commune, qui sont d'anciens chemins, ne possèdent pas une telle largeur de chaussée et que la commune, qui a créé des emplacements réservés en vue de l'élargissement des voies, ne met aucun de ces projets à exécution ; le certificat négatif fondé sur l'insuffisance de largeur de voirie n'a non plus aucune finalité cohérente : la sécurité est assurée par une largeur de 4 mètres, le chemin est en ligne droite, les véhicules peuvent se croiser et il existe un dégagement sur le bas-côté ; enfin, le projet ne consiste qu'en l'édification d'une seule unité d'habitation de 120 m² alors que la rédaction de l'article IAU.3 vise " des " constructions et ne lui est donc pas applicable ;
- du reste, compte tenu des caractéristiques du terrain d'assiette, il aurait dû être classé en zone UC et son classement en zone IAU est illégal ;
- la décision procède d'une rupture d'égalité des citoyens devant la loi dès lors que le 25 septembre 2019 la commune du Castellet a délivré deux permis de construire sur des parcelles situées sur le même chemin sans leur opposer la largeur de la voie qui, à cet endroit, n'est pas non plus de 6 mètres ;
- compte tenu de la situation du terrain en zone d'aléa faible à modéré en ce qui concerne le risque d'incendie, le deuxième motif de refus n'apparaît pas davantage fondé ; de plus contrairement à ce qui a été opposé, il a pu être formellement constaté que la borne à incendie se trouve à moins de 200 mètres.
Par des mémoires en défense enregistrés les 7 juin 2021 et 12 septembre 2022, la commune du Castellet agissant par son maire en exercice et représentée par l'AARPI BLC avocats, par Me Chassany, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- bien qu'il appartienne à la requérante de justifier le bien-fondé de ses allégations, la commune établit néanmoins la délégation accordée par le maire au signataire de l'arrêté en litige ;
- c'est en raison précisément de l'insuffisance des équipements que la règle relative à la largeur des voies a été posée ; elle procède d'un parti d'urbanisme qui n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation et ne méconnaît pas davantage l'article R. 151-47 du code de l'urbanisme ; qu'aucune obligation de réaliser les travaux prévus par des emplacements réservés ne pèse sur les collectivités ; cette interprétation a, dans sa globalité, été validée par la cour administrative d'appel de Marseille dans une affaire concernant le même chemin du Valdaray ;
- le moyen tiré de la rupture d'égalité des citoyens devant la loi s'avère ici inopérant ;
- la distance du point d'eau normalisé calculée selon les règles posées par le Plan de prévention des risques d'incendies de forêts (PPRIF) est bien de 230 mètres ;
- le classement du terrain d'assiette en zone IAU n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation ;
- le moyen tiré de la proportionnalité de l'appréciation de la largeur de voie, pour tenir compte de ce que le projet envisage une seule ou plusieurs constructions n'est pas fondé : la règle est claire et applicable de manière générale à toutes les situations.
Par une ordonnance du 27 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 novembre 2022 à 12 heures.
Un mémoire présenté le 28 novembre 2022 par Me Chassany pour la commune du Castellet n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mai 2023 :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- les observations de Me Lopasso pour Mme A ;
- et les observations de Me Kombila pour la commune du Castellet.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 octobre 2019, Mme A a sollicité un certificat d'urbanisme en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur le terrain dont elle est propriétaire, cadastré section A n° 2948, situé chemin de Valadaray sur le territoire de la commune du Castellet. Par une décision du 26 décembre 2019, le maire du Castellet lui a délivré un certificat négatif pour opération non réalisable.
2. Par sa présente requête, Mme A demande l'annulation de ce certificat d'urbanisme négatif ainsi que de la décision du 12 mars 2020 par laquelle le maire de la commune a rejeté le recours gracieux qu'elle avait formé à son encontre.
Sur la légalité externe :
3. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté n° 231/2017 du 28 septembre 2017, régulièrement affiché et transmis au contrôle de légalité, le maire du Castellet a accordé à M. Castell, conseiller municipal, délégation de compétence et de signature en matière d'urbanisme et d'agriculture. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
Sur la légalité interne :
4. En premier lieu, Mme A, qui ne conteste pas que, comme le retient la décision attaquée, la voie de desserte de son terrain présente une largeur inférieure à 6 mètres, excipe, par la voie de l'exception, de l'illégalité des dispositions de l'article IAU 3.2 du PLU de la commune du Castellet dont il lui a été fait application et aux termes duquel : " () toute voie publique ou privée desservant des unités foncières destinées à recevoir des constructions ne peut avoir une largeur de chaussée inférieure à 6 mètres. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la zone IAU du PLU dans laquelle se situe le terrain en litige est une zone périphérique d'habitat dispersé, encore peu équipée, notamment en termes de voirie, et destinée à une ouverture future à l'urbanisation, laquelle reste subordonnée à une modification du PLU, dès lors que les infrastructures de voirie et les équipements et réseaux seront suffisants pour l'accueillir. Ainsi, en adoptant le parti d'y imposer une largeur des voies de desserte d'au moins 6 mètres pour permettre la construction d'habitations, les auteurs du PLU qui ont entendu, contrairement à ce qui est soutenu, non pas créer un obstacle de principe aux constructions nouvelles mais les encadrer de sorte à tenir compte des caractéristiques actuelles de la zone et de la nécessité d'en renforcer les infrastructures et équipements avant de l'ouvrir à l'urbanisation, n'ont entaché leur appréciation ni d'incohérence ni d'erreur manifeste et n'ont pas davantage méconnu les orientations générales issues des dispositions de l'article R. 151-47 du code de l'urbanisme selon lesquelles : " Afin de répondre aux besoins en matière de mobilité, de sécurité et de salubrité, le règlement peut fixer : 1° Les conditions de desserte des terrains mentionnés à l'article L. 151-39 par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public ; () ", la circonstance que d'autres voies sur le territoire communal présenteraient une largeur inférieure à 6 mètres étant, en tout état de cause, sans incidence à cet égard.
6. La requérante fait valoir, par ailleurs, que son terrain aurait dû être classé en zone UC. Il ressort toutefois de l'examen des pièces du dossier, notamment des éléments cartographiques et photographiques produits par les parties, que le secteur dans lequel se situe ce terrain répond aux caractéristiques non pas d'une zone urbaine dont l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme rappelle qu'elle recouvre des secteurs " déjà urbanisés " ou dans lesquels les équipements existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter, mais bien à celles de la zone IAU telle qu'elles sont définies par le PLU. Il s'ensuit que, contrairement à ce que soutient la requérante, le classement de son terrain en zone IAU ne procède non plus d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
7. Si la requérante soutient enfin que la disposition contestée de l'article IAU 3-2 du PLU constituerait en réalité un instrument permettant d'accorder ou de refuser les autorisations de construire "au coup par coup", il résulte des considérations qui précèdent qu'un tel moyen, qui peut être regardé comme tiré du détournement de pouvoir, n'est pas fondé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'exception d'illégalité soulevée doit être écartée.
9. Mme A invoque en second lieu, la rupture d'égalité dont elle serait victime, deux permis de construire ayant été délivrés quelques mois auparavant pour des terrains situés sur la même voie et dans le même secteur sans que les dispositions de l'article IAU 3-2 leur aient été opposées. Toutefois, en admettant même que ces autorisations aient été accordées dans des conditions strictement équivalentes, ce qui n'est pas formellement établi, la requérante ne saurait utilement ni s'en prévaloir ni revendiquer le bénéfice pour elle-même d'une décision illégale.
10. Si la requérante soutient, en troisième lieu, qu'ayant le projet de n'édifier qu'une seule construction, l'article IAU 3-2 ne lui serait, en tout état de cause, pas applicable, elle ne saurait sérieusement tirer une telle conclusion de la rédaction de ces dispositions dont l'objet est de poser une règle générale applicable, dans tous les cas, aux unités foncières comme aux constructions qu'elles sont appelées à supporter.
11. En dernier lieu, pour contester le second motif retenu par la décision attaquée, Mme A soutient que selon le constat d'huissier qu'elle a fait dresser, le portail de sa propriété se situe à 187,8 mètres, et, par conséquent, à moins de 200 mètres, de la borne d'incendie normalisée. Toutefois, en vertu des dispositions du règlement du PPRIF de la commune du Castellet, applicables dans la zone EN3 où se situe le terrain d'assiette, " Toute construction ne devra pas se trouver éloignée de plus de 200 mètres d'un point d'eau normalisé ". Ainsi, la distance résultant du constat d'huissier qui n'a pas été mesurée par rapport à l'implantation envisagée de la construction elle-même, n'est pas de nature à contester utilement le motif opposé par la décision attaquée. Et il ressort de surcroît des mesures effectuées par les services d'incendie et de secours que cette distance, calculée selon des modalités conformes au règlement du PPRIF, est de 230 mètres. Dans ces conditions, le moyen invoqué n'est pas fondé.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée y compris ses conclusions à fin d'injonction.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, chaque partie conservant la charge de ses propres frais d'instance.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Castellet tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme C B épouse A et à la commune du Castellet.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller
Mme Bonmati, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé :
D. BONMATI
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026