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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2001737

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2001737

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2001737
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantRAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 février 2020 et 26 avril 2022, M. C B, représenté par Me Rayé, doit être regardé comme demandant au Tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet du 19 décembre 2019 notifiée par lettre du 20 décembre 2019 de son recours gracieux de juin 2019 portant contestation du titre de perception émis le 30 avril 2019 sur une demande de remboursement des frais de formation de brevet de pilote hélicoptère militaire entre le 2 mars 2015 et le 20 mai 2016, en application des dispositions du code de la défense, en particulier ses articles L. 4139-13, R. 4139-50, R. 4139-51 et R. 4139-52 dudit code, pour un montant de 50 384,47 euros ;

2°) de le décharger en totalité de payer la somme de 50 384,47 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'avait pas à saisir la commission des recours des militaires car son recours est relatif à la contestation d'un titre de perception, pris en application des dispositions du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le Tribunal administratif de Rennes est territorialement compétent car la Direction des Finances Publiques du Finistère siégeant à Brest a pris la décision ;

- la décision attaquée, qui est le simple courriel du 19 décembre 2019, qui n'est pas signée et dont il est impossible de connaître la qualité du décisionnaire, méconnaît donc les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ; en outre, si cette personne est M. A E, il n'est pas apporté la preuve de sa compétence pour signer la décision attaquée ;

- l'administration a commis une erreur de droit en demandant le remboursement des frais de formation, alors que le requérant n'était pas encore entré en formation ; par ailleurs, aucun contrat ne couvrait la durée de lien au service ; au moment de la signature du contrat en juillet 2016, le requérant n'avait pas connaissance de l'étendue de son engagement financier, en méconnaissance des dispositions de l'article 1133 du code civil ;

- l'administration ne détaille pas les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre à la charge du requérant la somme de 50 384,47 euros ; en outre, il n'avait pas suivi la formation pour le brevet auquel il a été admis puisqu'il n'était pas opérationnel ;

- la somme qui lui est réclamée crée une charge disproportionnée pour le militaire en violation de l'article 4 §2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une ordonnance du 6 juillet 2020 du président de la 4ème chambre du Tribunal administratif de Rennes, le dossier de M. B a été transmis au Tribunal administratif de Toulon, en application des dispositions du premier alinéa de l'article R. 312-12 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 5 août 2020, la Direction Départementale des Finances Publiques se déclare incompétente pour traiter les contestations de l'assiette, comme ici en l'espèce. Elle indique que le ministère des armées, en tant qu'ordonnateur, est seul compétent.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 mars 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 11 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2022 à 12 heures.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2020-305 du 5 mars 2020 ;

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 septembre 2022 :

- le rapport de M. D ;

- et les conclusions de M. Cros, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a signé, à compter du 15 septembre 2014, un contrat d'engagement de deux ans en tant qu'élève officier de l'armée de terre, au sein de la filière pilote. Après avoir suivi une formation initiale d'officier sous contrat (OSC) à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, il a rejoint, le 7 février 2015, la base école Général Navelet de l'école de l'aviation légère de l'armée de terre (EALAT) à Dax, pour y suivre une formation initiale de pilote d'hélicoptère. Le 17 mars 2015, M. B est informé de son obligation de rester au service pendant une durée de huit ans, à l'issue de cette formation de pilote d'hélicoptère, ou à compter de la date d'obtention de son brevet. M. B est ensuite admis le 19 mai 2016 à la formation de pilote hélicoptère de combat. Le 13 juillet 2016, il signe son second contrat de deux ans à compter du 15 septembre 2016. Par compte-rendu hiérarchique du 2 février 2017, M. B formule une demande de résiliation de son contrat. Par arrêté du 27 mars 2017, il est rayé des contrôles d'office à compter du 15 avril 2017, avec demande de remboursement des frais de formation. Le 17 avril 2019, M. B est informé, par le commandant du Centre expert des ressources humaines et de la solde (CERHS) de Nancy, qu'il est redevable de la somme de 50 384,47 euros. Le 30 avril 2019, un titre de perception pour un montant de 50 384,47 euros est émis à son encontre. Par un courrier en date du 4 juin 2019, le requérant a contesté ce titre de perception, par la voie du recours gracieux, auprès du comptable public, qui sera rejeté par un courriel du 19 décembre 2019 de l'ordonnateur, le ministère des armées. Ce courriel lui sera transmis par un courrier du 20 décembre 2019 de la Direction Départementale des Finances Publiques (DDFIP) du Finistère. La décision attaquée est le courriel du 19 décembre 2019 envoyé par l'ordonnateur.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les vices propres de la décision attaquée

2. Au regard de l'objet de la demande formée par le requérant qui conduit le juge à se prononcer sur son droit à décharge de la somme à payer, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision par laquelle le ministère des armées, ordonnateur, s'est prononcé sur sa réclamation préalable dirigée contre le titre de perception émis à son encontre d'un montant de 50 384,47 euros et par laquelle il a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de ce que cette décision serait entachée d'une incompétence de son auteur, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

3. Au demeurant, la décision attaquée, le courriel du 19 décembre 2019 et annexé au courrier de la DDFIP du 20 décembre 2019 a été envoyé par l'adjudant-chef Gaëtan E, dont il n'est pas contesté qu'il a la qualité de chef de la section des recettes non fiscales de la plate-forme du commissariat ouest de Rennes. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme étant d'une part inopérant et d'autre part infondé.

En ce qui concerne le bien-fondé de la créance

4. Aux termes de l'article L. 4139-13 du code de la défense : " La démission du militaire de carrière ou la résiliation du contrat du militaire servant en vertu d'un contrat, régulièrement acceptée par l'autorité compétente, entraîne la cessation de l'état militaire. La démission ou la résiliation du contrat, que le militaire puisse bénéficier ou non d'une pension de retraite dans les conditions fixées au II de l'article L. 24 et à l'article L. 25 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ne peut être acceptée que pour des motifs exceptionnels, lorsque, ayant reçu une formation spécialisée ou perçu une prime liée au recrutement ou à la fidélisation, le militaire n'a pas atteint le terme du délai pendant lequel il s'est engagé à rester en activité. () ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 4139-50 du code de la défense : " Pour l'application du deuxième alinéa de l'article L. 4139-13, un arrêté conjoint du ministre de la défense et du ministre de l'intérieur fixe la liste des formations spécialisées et la durée du lien au service qui leur est attachée. Le militaire admis à une formation spécialisée s'engage à servir en position d'activité ou en détachement d'office, pour la durée fixée par l'arrêté mentionné au premier alinéa, à compter de la date d'obtention du titre validant la formation ou, à défaut, de la date de la fin de la formation. Le militaire dont la limite d'âge ou la limite de durée de service ne permet pas de respecter la durée de lien au service exigée à l'issue de la formation spécialisée souhaitée n'est pas autorisé à suivre ladite formation. Le lien au service exigé à l'issue d'une formation spécialisée n'est pas modifié en cas de changement de statut ". L'article R. 4139-51 du même code dispose quant à lui que : " Le militaire admis à suivre une formation spécialisée est tenu à un remboursement : 1° Lorsqu'il ne satisfait pas à l'engagement prévu au deuxième alinéa de l'article R. 4139-50 ; 2° En cas de réussite à un concours de l'une des fonctions publiques, si, conformément aux dispositions du 8° de l'article L. 4139-14, il ne bénéficie pas d'un détachement au titre du premier alinéa de l'article L. 4139-1. A moins qu'il en soit disposé autrement dans les statuts particuliers, le montant du remboursement est égal au total des rémunérations perçues pendant la période de formation spécialisée, affecté d'un coefficient multiplicateur dont le taux est fixé par l'arrêté mentionné au premier alinéa de l'article R. 4139-50. Ce montant décroît proportionnellement au temps obligatoire de service accompli à l'issue de cette formation spécialisée ". Enfin, selon les dispositions de l'article R. 4139-52 du même code : " Le militaire admis à suivre une formation spécialisée n'est pas tenu à un remboursement en cas : 1° D'interruption de la formation ou de l'inexécution totale ou partielle de l'engagement de servir résultant d'une inaptitude médicale dûment constatée par un médecin ou un chirurgien des hôpitaux des armées ; 2° De non-renouvellement ou de résiliation du contrat par l'autorité militaire ; 3° De cessation d'office de l'état militaire, en application du 1° de l'article L. 4139-14 ".

5. Il résulte de ces dispositions que certaines formations spécialisées sont conditionnées à la signature pour les militaires d'un engagement à servir pour une durée déterminée fixée par un arrêté. En outre, la résiliation d'un contrat par un militaire soumis à cette condition avant le terme de cette durée d'engagement, et sauf motif exceptionnel, engage le militaire à un remboursement égal au montant des rémunérations perçues pendant la période de formation spécialisée, affectée d'un coefficient multiplicateur. Ce montant décroît proportionnellement au temps obligatoire de service accompli à l'issue de cette formation spécialisée.

6. Premièrement, le requérant soutient que la durée de son contrat doit couvrir la totalité du lien au service prévu. Toutefois, il n'invoque aucune disposition en droit qui imposerait que la durée du contrat couvre la durée du lien au service. S'il a signé un engagement à rester au service pendant huit ans après la fin de sa formation, cela n'obligeait pas l'administration à lui faire signer un contrat qui couvrait toute la durée du lien au service. L'obligation de lien au service est valable pour le militaire qui suit la formation mais ne lie pas l'administration qui peut décider de rompre ce lien avec lemilitaire, par exemple en cas d'échec à la formation, ainsi que le fait valoir la ministre des armées. La ministre des armées fait valoir sur ce point que : " ce n'est qu'à l'issue de cette formation que M. B, promu à cette date sous-lieutenant, aurait signé son contrat d'engagement en qualité d'OSC d'une durée de dix ans (par opposition à ses précédents contrats, signés en qualité " d'élève-officier ") et aurait pu servir comme " pilote de combat ". La ministre poursuit en faisant valoir que le militaire, après avoir signé deux contrats de deux ans pendant la phase de formation, signe un contrat de dix ans qui couvre alors toute la durée du lien au service. En l'espèce, M. B a signé un premier contrat de deux ans valable du 15 septembre 2014 jusqu'au 15 septembre 2016, puis un second contrat de deux ans, avant l'expiration du premier contrat, valable du 15 septembre 2016 au 15 septembre 2018.

7. Le requérant soutient ensuite être entré en formation le 19 mai 2016 et n'avoir signé son contrat que postérieurement. Toutefois, il n'invoque aucune disposition en droit qui empêchait l'administration de procéder de la sorte et de lui faire signer son contrat, postérieurement à son entrée en formation. En tout état de cause, le requérant n'explique pas en quoi la signature de son contrat, postérieurement à la date d'entrée en formation le 19 mai 2016, aurait une quelconque incidence sur le remboursement prévu en cas de résiliation du contrat du militaire, prévu à l'article R. 4139-51 du code de la défense.

8. Le requérant invoque enfin les dispositions de l'article R. 4139-50 du code de la défense qui prévoient que le militaire dont la limite d'âge ou la limite de durée de service ne permet pas de respecter la durée de lien au service n'est pas autorisé à suivre ladite formation. Toutefois, il n'est ni établi ni même allégué qu'il serait soit à moins de huit ans de la limite d'âge, soit à moins de huit ans de la limite de service, ainsi que le fait valoir la ministre des armées. Ainsi, le requérant ne peut utilement se prévaloir de telles dispositions.

9. Deuxièmement, ainsi que le fait valoir la ministre des armées sur ce point, le requérant ne peut pas solliciter une démission car il n'est pas militaire de carrière, mais uniquement une fin de contrat. En outre, le requérant allègue, sans le démontrer, que l'administration aurait commis une faute en ne proposant pas une formation de pilote d'hélicoptère satisfaisante et pertinente. En l'espèce, le seul fait que sa formation comporte des périodes sans activités aériennes de pilote ne signifie pas que la formation proposée n'est pas satisfaisante et ne caractérise pas nécessairement une faute de l'administration. Enfin, il n'établit ni même n'allègue que cette faute, qui au demeurant n'est pas démontrée, serait susceptible de caractériser un motif exceptionnel qui lui permettrait de demander une rupture de son contrat, sans qu'il soit nécessaire pour lui de rembourser les frais de sa formation de pilote d'hélicoptère. Ainsi, le requérant n'établit pas que l'administration aurait commis une faute susceptible de l'exonérer du remboursement des frais prévus par les dispositions précitées de l'article R. 4139-51 du code de la défense, en cas de rupture du contrat du militaire, sans motif exceptionnel, comme dans le cas d'espèce de M. B. Il n'allègue pas non plus qu'une éventuelle faute de l'administration constituerait une cause d'exonération de l'obligation de remboursement, qui sont énumérées à l'article R. 4139-52 du code de la défense.

10. Le requérant soutient ensuite que l'administration aurait commis une faute en demandant le remboursement des frais de formation, antérieurement à l'entrée en formation. Toutefois, il résulte de l'instruction que le requérant a suivi une première formation de base de pilote d'hélicoptère, d'une durée de 10 à 14 mois, dispensée par l'EALAT de Dax, qui s'est en effet déroulée du 2 mars 2015 au 19 mai 2016. Il devait ensuite suivre une seconde formation, dite complémentaire de pilote d'hélicoptère de combat, d'une durée de deux ans, dispensée par l'EALAT du Cannet des Maures. La ministre des armées fait valoir, sans être contestée sur ce point, que la formation de base de pilote d'hélicoptère est assujettie au lien au service d'une durée de huit ans, alors que la formation complémentaire de pilote d'hélicoptère de combat d'une durée de deux ans n'est assujettie à aucun lien au service. Ainsi, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le remboursement des frais aurait été demandé avant l'entrée en formation, puisqu'en l'espèce la formation de base de pilote d'hélicoptère était achevée et M. B avait obtenu en date du 19 mai 2016 son brevet de pilote d'hélicoptère.

11. Enfin, ainsi que vu précédemment, l'administration militaire n'a commis aucune faute en ne faisant pas signer de contrat à M. B qui couvrait la durée du lien au service et cela ne saurait empêcher l'administration de demander le remboursement des rémunérations perçues pendant la période soumise à l'existence d'un lien au service, prévues par les dispositions précitées de l'article R. 4139-51 du code de la défense.

12. Troisièmement, le requérant soutient qu'il était débiteur d'une obligation au moment de son engagement en juillet 2016 sans en connaître l'étendue. Le requérant poursuit en soutenant que le contrat méconnaît les dispositions de l'article 1133 du code civil. Toutefois, les dispositions du code civil ne sont pas opposables au contrat d'engagement signé par M. B avec l'administration militaire le 13 juillet 2016, qui est un contrat de droit public, comprenant des clauses exorbitantes du droit commun.

13. En outre, le requérant a signé, en date du 17 mars 2015, un formulaire de reconnaissance relatif à l'admission à l'une des formations spécialisées fixées dans l'arrêté du 26 juillet 2013. Il a en outre à nouveau signé un formulaire similaire le 19 mai 2016, soit à la fin de sa formation initiale de base. Ces deux formulaires indiquent " qu'en cas de rupture du lien au service, en dehors des cas exceptionnels, le montant du remboursement à verser est égal au total des rémunérations que j'ai perçues pendant la formation spécialisée, affecté d'un coefficient multiplicateur de 3. Ce montant décroît proportionnellement au temps obligatoire de service accompli à l'issue de cette formation spécialisée ". Il résulte donc de l'instruction que, contrairement à ce qu'il soutient, le requérant disposait de tous les éléments pour connaître l'étendue de son engagement, lorsqu'il a signé son engagement le 13 juillet 2016.

14. Quatrièmement, le requérant soutient que l'administration se prétend créancière de la somme de 50 384,47 euros, alors qu'elle ne détaille pas les bases de calcul de cette somme. Il poursuit en soutenant que l'absence de formation est la raison de son départ, et qu'il n'est pas opérationnel. Enfin, il soutient qu'aucune somme n'est due, en l'absence de ladite formation.

15. Contrairement à ce que soutient le requérant, le courrier daté du 17 avril 2019 du commissaire en chef de 1ère classe Nicolas Charruau, commandant le CERHS de Nancy, qu'il produit lui-même à l'instance, et dont il ne peut donc prétendre qu'il ne l'aurait pas reçu, explique précisément comment est calculée le montant de 50 384,47 euros qui lui est réclamé. Ce courrier rappelle effectivement les dispositions du code de la défense applicables en l'espèce, les rémunérations perçues au cours de la période de formation spécialisée à compter du 20 mai 2016 jusqu'à la date de radiation d'office des contrôles le 15 avril 2017 et explique comment cette somme a été obtenue. Le requérant ne peut donc soutenir que la somme réclamée ne détaille pas les bases de calcul.

16. En outre, la somme réclamée de 50 384,47 euros ne correspond pas aux frais de la formation spécialisée, comme le prétend le requérant. Cette somme est due en raison de la rupture du contrat par le militaire, en l'absence de motif exceptionnel, avant l'expiration d'une durée de huit ans à l'issue de la fin de la formation initiale, qui a débuté le 19 mai 2016 et l'obtention par M. B de son diplôme de pilote d'hélicoptère, ainsi que le fait valoir la ministre des armées. Ainsi, il résulte de l'instruction que le requérant ne peut utilement soutenir que la somme ne serait pas due car la formation n'aurait pas été dispensée.

17. Cinquièmement et dernièrement, le requérant poursuit encore en soutenant que les contraintes du lien au service qui pèsent sur lui créent une charge disproportionnée, en méconnaissance des dispositions de l'article 4§2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. Aux termes de l'article 4§2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire ". Il résulte de l'instruction que le requérant ne précise pas ce moyen de manière suffisamment précise pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. Il y a lieu par suite d'écarter cet ultime moyen.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la somme d'un montant de 50 384,47 euros, correspondant au remboursement prévu par les dispositions de l'article R. 4139-51 du code de la défense, suite à la rupture de son contrat de militaire et par suite de sa radiation d'office des cadres en date du 15 avril 2017, avant le terme de sa période de lien au service obligatoire de huit ans qui a débuté le 19 mai 2016, ne serait pas due. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de sa réclamation préalable du 19 décembre 2019 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin de décharge :

20. Les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant la réclamation préalable du requérant à l'encontre du titre de perception du 30 avril 2019 d'un montant de 50 384,47 euros ayant été rejetées, il n'y a pas lieu de prononcer la décharge de la somme à payer de 50 384,47 euros.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

21. Les dispositions susvisées font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C B, au ministre des armées et à la Direction départementale des finances publiques du Finistère.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Riffard, premier conseiller,

M. Bailleux, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 septembre 2022.

Le rapporteur,

Signé :

F. D

Le président,

Signé :

J-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

G. RICCI

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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