LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2001928

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2001928

vendredi 14 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2001928
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantFIORENTINO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré et un mémoire, enregistrés les 22 juillet 2020 et 14 décembre 2020,

le préfet du Var demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Mons a accordé un permis de construire à M. C.

Il soutient que :

- son déféré est recevable ;

-l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article Nh2 du plan local d'urbanisme de la commune.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2020, M. A C conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- son projet jouxte des parcelles comportant déjà des constructions ; il donne directement sur le chemin communal distribué en eau et électricité ; il se situe en face d'une borne à incendie ; le terrain d'assiette du projet est au cœur d'un secteur où une majorité des terrains sont construits ;

- son projet épouse les caractères paysagers du lieu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2020, la commune de Mons, représentée par Me Fiorentino, conclut à titre principal à l'irrecevabilité du déféré, à titre subsidiaire à son rejet et à ce qu'il soit mis à la charge du préfet du Var la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le préfet n'apporte pas la preuve de la notification de son recours contentieux ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 20 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée

au 10 novembre 2022 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,

- les observations de Me Fiorentino représentant la commune de Mons.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée en mairie de Mons le 15 octobre 2019, M. C a sollicité la délivrance d'un permis de construire pour la construction d'une maison individuelle sur les parcelles cadastrées en section G 107 et 108 sises au Bas Gaud Méridional à Mons. Par un arrêté du 30 décembre 2019, la maire de la commune lui a délivré le permis de construite sollicité. En application de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales,

le préfet du Var demande au tribunal l'annulation de ce permis de construite.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Mons :

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le recours gracieux, exercé le 2 mars 2020 par

le préfet du Var, a été notifié à la commune de Mons le 5 mars 2020 et à M. C le 9 mars 2020. Il ressort de ces mêmes pièces que la notification du recours contentieux imposée par

les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme a également été réalisée, tant auprès de la mairie de Mons que du titulaire de l'autorisation contestée, respectivement les 23 juillet et 30 juillet 2020. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ".

5. Il résulte des dispositions précitées, d'une part, qu'il appartient à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol mentionnée à l'article L. 122-2 du code de l'urbanisme de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet aux dispositions du code de l'urbanisme particulières à la montagne et, d'autre part, que l'urbanisation en zone de montagne, sans être autorisée en zone d'urbanisation diffuse, peut être réalisée non seulement en continuité avec les bourgs, villages et hameaux existants, mais également en continuité avec les " groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants " et qu'est ainsi possible l'édification de constructions nouvelles en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'un groupe d'habitations qui, ne s'inscrivant pas dans les traditions locales, ne pourrait être regardé comme un hameau. L'existence d'un tel groupe suppose plusieurs constructions qui, eu égard notamment à leurs caractéristiques, à leur implantation les unes par rapport aux autres et à l'existence de voies et de réseaux, peuvent être perçues comme appartenant à un même ensemble. Pour déterminer si un projet de construction réalise une urbanisation en continuité par rapport à un tel groupe, il convient de rechercher si, par les modalités de son implantation, notamment en termes de distance par rapport aux constructions existantes, ce projet sera perçu comme s'insérant dans l'ensemble existant.

6. En l'espèce, il n'est pas contesté que le projet ne se situe pas en continuité avec un bourg, village ou hameau dès lors notamment que le terrain d'assiette est situé à deux kilomètres du village de Mons. En outre, il ressort des pièces du dossier, comme des vues aériennes librement accessibles aux parties comme au juge sur le site GéoPortail, que le terrain d'assiette du projet se situe dans un secteur largement naturel, avec une prédominance de terrains en restanques et une qualité paysagère très forte. Si la construction la plus proche sur la parcelle G 107 est à moins de 50 mètres, sa très petite taille laisse à penser qu'il se s'agit pas d'une construction à usage d'habitation mais plutôt d'une remise. Quant aux deux autres constructions les plus proches, elles sont distantes d'une cinquantaine de mètres et situées sur les parcelle G 493 et F 955. Les autres sont plus éloignées et situées à une centaine de mètres et plus. En outre, le chemin des Gauds, voie communale, constitue une rupture de l'urbanisation et la plupart des constructions existantes se situent de l'autre côté de cette voie. La circonstance que le terrain d'assiette du projet se situe en zone constructible de la zone Nh du PLU de la commune de Mons est par ailleurs sans incidence sur l'appréciation de la continuité de l'urbanisation et, partant, sur la conformité du projet aux dispositions précitées de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme. De même, la circonstance que les parcelles sont desservie par les réseaux publics d'eau et d'électricité, ne saurait suffire à faire regarder ce projet comme s'inscrivant dans la continuité d'un groupe de constructions existant au sens de ces mêmes dispositions. Enfin, si la commune fait valoir en défense qu'un permis de construire a été délivré le 10 juillet 2019 sur la parcelle voisine G 109, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'autorisation accordée.

7. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent la commune et le pétitionnaire, compte tenu de leur implantation les unes par rapport aux autres, de la distance qui les sépare, des caractéristiques et de la configuration particulière des lieux qui présente une dominante naturelle, à forte qualité paysagère et composées essentiellement de restanques,

les parcelles en litige ne s'inscrivent ni en continuité avec un bourg, village ou hameaux existants, ni en continuité avec un groupe de constructions traditionnelles ou d'habitations existants.

8. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes des dispositions de l'article Nh 2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont autorisées () Les constructions à destination d'habitat (..) à condition qu'elles soient compatibles avec le paysage ".

9. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

10. Il est constant que le projet est situé sur la commune de Mons, dans un secteur marqué par une prédominance de terrains en restanques de chênes et d'oliveraies avec une qualité paysagère très forte. La commune de Mons étant un site inscrit, l'architecte des Bâtiments de France a été consulté et a rendu un avis défavorable le 11 décembre 2019 au regard de l'impact trop important de ce projet, notamment des travaux de terrassement modifiant sensiblement la topographie du terrain (fondation, accès, réseaux, stationnement, épandage), de la coupe de plusieurs arbres de haute tige et de l'accentuation du mitage de la zone, préjudiciable au caractère de cette zone naturelle exceptionnelle qu'il convient de préserver pour ses qualités paysagères. Il ressort également des pièces du dossier, notamment des plans du permis, que la construction de la maison va entraîner la destruction de deux restanques sur lesquelles elle va s'implanter. Cette circonstance a d'ailleurs été reconnue à l'audience.

11. Ainsi, le préfet du Var est fondé à soutenir que le projet litigieux, compte tenu de la nature des travaux et de la qualité paysagère particulière du secteur, est de nature à porter atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, à l'intérêt des lieux avoisinants.

12. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Var est fondé à demander l'annulation du permis de construite délivré le 30 décembre 2019 à M. C par la maire de la commune de Mons.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mons demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 30 décembre 2019 est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Mons au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Var, au maire de la commune de Mons et à M. A C.

Copie en sera transmise sans délai au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Draguignan, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Faucher, première conseillère,

M. Quaglierini, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.

La rapporteure,

signé

S. B

Le président,

signé

JF. SautonLe greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Ou par délégation le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions