lundi 8 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FREICHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2020, Mme D B, représentée par Me Freichet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 22 juin 2020, par laquelle le directeur du centre ministériel de gestion de Toulon a rejeté sa demande de mutation au groupement de soutien de la base de défense de Carcassonne, sur le poste d'agent d'administration du personnel ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de réexaminer sa demande de mutation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration n'établit pas que la décision en litige a été édictée par une autorité compétente ;
- elle a un statut de travailleur handicapé, le médecin de prévention a recommandé à deux reprises une mutation rapide, elle est en situation de rapprochement de conjoint et elle bénéficie d'excellentes notations ; pour rejeter sa demande de mutation, l'administration n'a pas pris en compte sa situation de handicap et sa volonté de se rapprocher de son conjoint, en outre, elle ne se prévaut pas de l'existence d'un candidat disposant d'un profil plus adapté que le sien, ni que cette circonstance justifiait de rejeter sa demande pour un motif tiré de l'intérêt du service, en méconnaissance de l'article 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2020, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2011-1864 du 12 décembre 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Silvy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 septembre 2017, Mme Verspoor, secrétaire administrative de 2ème classe du ministère des armées, a été affectée à la base de défense de Draguignan en tant qu'agent courrier. Le 27 avril 2020, elle a sollicité sa mutation au sein du groupement de soutien de la base de défense de Carcassonne, sur le poste d'agent d'administration du personnel. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision en date du 22 juin 2020, par laquelle le directeur du centre ministériel de gestion de Toulon a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article 2 du décret du 12 décembre 2011 autorisant le ministre de la défense et des anciens combattants à déléguer certains de ses pouvoirs en matière d'administration et de gestion du personnel civil du ministère de la défense : " Les autorités pouvant bénéficier des délégations des pouvoirs du ministre de la défense en matière d'administration et de gestion du personnel civil sont les suivantes : () 2° Les directeurs des centres ministériels de gestion, pour le personnel civil des services n'appartenant pas à l'administration centrale, selon la répartition des compétences et les périmètres géographiques fixés par l'arrêté d'application du présent décret () ".
3. La décision en litige a été signée, pour le directeur du centre ministériel de gestion de Toulon, par Mme A, chef de la division ressources humaines du centre ministériel de gestion de Toulon. Cette dernière bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature en application de la décision du directeur du centre ministériel de gestion de Toulon du
10 septembre 2019, publiée au bulletin officiel des armées n° 156 du 25 septembre 2019. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. Aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision en litige, issue de la loi n°2019-828 du 6 août 2019 : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée : 1° Au fonctionnaire séparé de son conjoint pour des raisons professionnelles, ainsi qu'au fonctionnaire séparé pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel il est lié par un pacte civil de solidarité s'il produit la preuve qu'ils se soumettent à l'obligation d'imposition commune prévue par le code général des impôts ; 2° Au fonctionnaire en situation de handicap relevant de l'une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail (). III. - L'autorité compétente peut définir, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des durées minimales et maximales d'occupation de certains emplois () ".
5. Lorsque dans le cadre d'un mouvement de mutation, un poste a été déclaré vacant, alors que des agents se sont portés candidats dans le cadre du mouvement, l'administration doit procéder à la comparaison des candidatures dont elle est saisie en fonction, d'une part, de l'intérêt du service, d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés, appréciée compte tenu des priorités fixées par les dispositions de l'article 60 de la loi du
11 janvier 1984.
6. Par une demande de mutation en date du 27 avril 2020, Mme B, agent courrier, a candidaté sur le poste d'agent d'administration du personnel au sein du groupement de soutien de la base de défense de Carcassonne, qui avait été déclaré vacant. Mme B faisait valoir dans ce courrier, outre des compétences professionnelles et des qualités humaines, une situation de handicap et de rapprochement de conjoint. Ainsi, il résulte des pièces du dossier que Mme B, qui présente depuis l'année 2007 un " syndrome polyalgique diffus à composante axiale et périphérique entrant dans le cadre d'une fibromyalgie typique " est reconnue travailleur handicapé, deux fiches médicales d'aptitude établies par le médecin de prévention font état d'avis très favorables de ce dernier à une mutation tandis qu'aucune incompatibilité de son état de santé avec le poste qu'elle occupait n'était relevée. Mme B a fait l'objet de bonnes évaluations professionnelles au titre des années 2018 et 2019, les appréciations littérales de son supérieur hiérarchiques font état de son caractère consciencieux, de ses qualités d'écoute, de son respect des procédures, de ses qualités d'initiative. Toutefois, il ne résulte pas des pièces du dossier que Mme B, qui exerce des fonctions et donne satisfaction dans le domaine de la gestion du courrier et de l'accueil du public, disposait de quelques compétences que ce soit dans le domaine de la gestion des ressources humaines, qui constitue l'objet de l'emploi sur lequel elle a postulé. A ce titre, l'agent dont la candidature a été retenue occupait précédemment le poste de gestionnaire des ressources humaines au groupement de soutien de la base de défense de Montlhéry, l'administration soutient sans être contredite que ses compétences étaient évaluées très bonnes dans le domaine des ressources humaines et qu'il bénéficiait lui aussi d'un rapprochement de conjoint. Dans ces conditions, eu égard à l'intérêt du service qui s'attache à ce que le poste d'agent d'administration du personnel soit occupé par un agent détenant des compétences dans le domaine de la gestion des ressources humaines,
Mme B n'est pas fondée à soutenir que le directeur du centre ministériel de gestion de Toulon a entaché la décision en litige d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire droit à sa demande de mutation sur ce poste.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en date du 22 juin 2020, par laquelle le directeur du centre ministériel de gestion de Toulon a rejeté sa demande de mutation au groupement de soutien de la base de défense de Carcassonne, sur le poste d'agent d'administration du personnel.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante ne nécessite aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans le présent litige, verse quelque somme que ce soit à Mme B au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chenal-Peter, présidente,
Mme Duran-Gottschalk, première conseillère,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. C
La présidente,
Signé
A-L. CHENAL-PETER
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026