mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | COUTELIER CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 août 2020 et 28 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Coppinger, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Tropez a délivré à la SCI DPI un permis de construire pour des travaux de rénovation et d'extension d'une maison existante, de création d'une piscine et de modification de la toiture, pour la création de 143 mètres carrés de surface de plancher sur un terrain sis avenue des Lauriers et cadastré section AK 289 sur le territoire communal, et ensemble la décision de rejet explicite de son recours gracieux, qu'elle a reçu le 21 juin 2020 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Tropez a délivré un permis de construire modificatif à la SCI DPI ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Saint-Tropez et de la SCI DPI une somme de 7 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la recevabilité :
- son recours est recevable car elle est voisine immédiate du projet d'extension et de rénovation litigieux ; elle dispose donc d'un intérêt à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; d'autant plus que les travaux en cours sur le terrain d'assiette du projet méconnaissent gravement les dispositions d'urbanisme applicables et ils sont non conformes au permis de construire délivré ; ces travaux ont déjà conduit à la suppression - non prévue par le permis de construire - de la haie mitoyenne séparant le terrain d'assiette du projet de celui de Mme A, sans autorisation de cette dernière ; compte tenu de l'ampleur des travaux, elle va subir de nombreuses nuisances tout au long des travaux, qui risquent de durer plusieurs mois ; la valeur de son bien risque d'être dévalorisée ; le projet va entraîner une perte d'intimité importante pour Mme A ;
- le permis de construire modificatif obtenu le 31 août 2021 par la SCI DPI a notamment pour objet la modification des façades du projet, lesquelles autorisent des vues directes sur la propriété de Mme A ;
- son recours est recevable car la société pétitionnaire n'a jamais procédé à un affichage régulier du panneau sur le terrain ; le recours gracieux effectué le 5 juin 2020 est donc recevable ; le panneau d'affichage a été placé parmi la végétation et n'était pas visible depuis le chemin des Lauriers ; en outre, le soleil et les intempéries l'ont rapidement rendu illisible ;
- elle a correctement notifié son recours gracieux à la société pétitionnaire, conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le permis de construire délivré le 1er février 2019 :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles R. 451-1 et R. 451-2 du code de l'urbanisme ; la date approximative à laquelle les bâtiments dont il est envisagé la démolition ont été construits n'est pas indiquée ; en outre, les indications relatives aux démolitions contenues dans le dossier de demande de permis de construire sont contradictoires ; aucune autre pièce du dossier de demande de permis de construire ne permet de connaître la date approximative à laquelle ces bâtiments à démolir ont été construits ;
- le dossier de demande de permis de construire contient de nombreuses imprécisions et contradictions ; le plan de démolition PCMI19a laisse penser que la toiture de la maison d'habitation va être conservée alors que le plan PCMI19b montre que la toiture sera intégralement démolie ; le plan PCMI19a ainsi que le document Cerfa qui fait référence à une simple modification de la toiture (démolition partielle) sont donc erronés ; en outre, la façade ouest de la maison objet de la rénovation, qui fait face à la maison de Mme A, va être entièrement démolie ; les services instructeurs n'ont ainsi pas été en mesure d'apprécier la nature réelle des travaux sur cette façade ; par ailleurs, la façade décrite comme étant la façade Est correspond en fait à la façade ouest ; la façade décrite comme étant la façade ouest, correspond en fait à la façade Est ;
- l'arrêté attaqué n'autorise que la démolition d'un appentis et la démolition partielle de la toiture ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; le dossier de demande de permis de construire ne contient aucun plan de masse coté dans les trois dimensions, ni aucun plan des élévations ; aucune autre pièce du dossier de demande de permis de construire ne permet de combler cette lacune du dossier ;
- les travaux qui ont débuté sur le terrain ont supprimé la haie existante entre le terrain du projet et le terrain de la requérante ; or, les plans du dossier de demande de permis de construire ne mentionnent pas cette suppression de la haie, la notice architecturale se contentant d'indiquer que 8 arbres seront démolis ; la suppression de la haie a été faite en méconnaissance du permis de construire litigieux ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UC 8 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ; les ouvertures et les baies sur les façades nord et ouest de la construction existante sont situées à moins de 4 mètres des limites séparatives, en méconnaissance des dispositions de l'article UC 8 du règlement du PLU ; 4 ouvertures sont ainsi prévues sur la façade ouest et 4 ouvertures, dont 2 larges baies vitrées, sont prévues sur la façade nord ; en tout état de cause, ces travaux n'ont pas été autorisés par le permis de construire litigieux et la SCI DPI est alors en train de réaliser des travaux non autorisés dans l'illégalité la plus totale.
En ce qui concerne le permis de construire modificatif délivré le 31 août 2021 :
- le permis de construire modificatif a été instruit et accordé sous l'empire de règles d'urbanisme devenues obsolètes ; les règles applicables à toute autorisation ou non-opposition sont celles en vigueur au jour de la décision, et non au jour de la demande ; une révision générale du PLU de la commune de Saint-Tropez a été approuvée en juillet 2021 ; dans la demande de permis de construire modificatif, il est indiqué que le permis de construire modificatif est instruit selon le PLU de 2018 car le permis de construire accepté en 2019 a été instruit sur le PLU de 2018 ; toutefois, le permis de construire modificatif fait expressément référence à la nouvelle version du PLU approuvée le 8 juillet 2021 ; par voie de conséquence, le permis de construire modificatif n'est pas en mesure de régulariser les vices dont est entaché le permis de construire initial délivré le 1er février 2019 ;
- le permis de construire modificatif ne régularise pas le vice tiré de la méconnaissance des articles R. 451-1 et R. 451-2 du code de l'urbanisme ; il méconnaît donc également ces dispositions ;
- le permis de construire modificatif fait état d'un rehaussement de la toiture, alors que le dossier ne contient toujours aucune information quant à la nature des démolitions - partielles ou totales envisagées - ;
- la façade décrite comme étant la façade Est correspond en fait la façade ouest, donnant sur la propriété de Mme A ; la façade décrite comme étant la façade ouest, correspond en fait toujours à la façade Est du projet ; ces erreurs et contradictions substantielles ont été de nature à exercer une influence sur l'instruction de la demande d'autorisation d'urbanisme ;
- le permis de construire modificatif méconnaît les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; le permis de construire modificatif ne contient aucun plan de masse des existants ni aucun plan des élévations existantes, en méconnaissance de ces dispositions ; les incohérences et omissions relatives aux démolitions constituent en elles-mêmes une irrégularité substantielle au regard des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire modificatif n'intègre pas les prescriptions faites par l'architecte des bâtiments de France à l'encontre du permis de construire initial, en ce qui concerne la conservation de la végétation, et en particulier de la haie située entre le terrain d'assiette du projet et le terrain de la requérante ;
- le permis de construire modificatif méconnaît les dispositions de l'article UC 8 du règlement du PLU ; l'avenue des Lauriers n'étant pas une voie ouverte à la circulation publique, l'ensemble des limites cadastrales entourant la parcelle cadastrée section AK n° 289 sont des limites séparatives au titre de l'article UC 8 du règlement du PLU.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juillet 2022, la commune de Saint-Tropez, représentée par Me Bernard-Chatelot, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le recours introduit par Mme A est irrecevable en raison de sa tardiveté en considération de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme ; le permis de construire initial a fait l'objet d'un affichage régulier, au plus tard le 26 février 2019 ; le caractère régulier de cet affichage ne saurait être contesté ; Mme A ne pouvait exercer un recours à l'encontre du permis de construire initial que jusqu'au 26 avril 2019 ; le recours gracieux exercé le 5 juin 2020 est donc tardif en application des dispositions de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme ;
- le recours est irrecevable en raison du défaut d'intérêt à agir de la requérante par application des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les critiques portées par la requérante à l'encontre des modalités d'exécution des permis de construire délivrés sont inopérantes au regard de la légalité des décisions attaquées ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 451-1 et R. 451-2 du code de l'urbanisme est inopérant ;
- les autres moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 1er août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 septembre 2022 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 avril 2023 :
- le rapport de M. Bailleux ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- les observations de Me Coppinger, représentant Mme A ;
- et les observations de Me Llovera, représentant la SCI DPI.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation du permis de construire initial du 1er février 2019 :
1. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". En outre, l'article R.600-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Enfin, selon l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable.() ".
2. En l'espèce, la commune produit à l'instance un procès-verbal de constat d'huissier, qui indique que le panneau d'affichage a été affiché dès le 26 février 2019 sur le terrain d'assiette du projet et qu'il était visible et lisible depuis la voie publique. Ce procès-verbal indique encore que le panneau d'affichage était visible sur le terrain le 26 mars 2019, ainsi que le 26 avril 2019. Mme A, qui n'a pas répliqué au mémoire en défense de la commune, ne conteste ainsi ni la régularité de l'affichage ni sa continuité, ni le contenu de l'affichage, pendant deux mois sur le terrain d'assiette du projet. Si la requérante indiquait dans ses écritures initiales d'une part que le panneau était noyé dans la végétation et d'autre part que ses inscriptions avaient été rendues illisibles par les intempéries et le soleil, ces éléments ne sont toutefois pas corroborés par le procès-verbal de constat d'huissier, ni par les photographies qui lui sont jointes. Il y a donc lieu de considérer, en l'absence de réplique de la requérante, que l'affichage, au vu des pièces du dossier, a été effectué régulièrement à compter du 26 février 2019, pendant une période de deux mois. Ainsi, le délai de recours a donc commencé à courir conformément aux dispositions de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, et a donc expiré le 26 avril 2019.
3. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que la commune est fondée à faire valoir que le recours gracieux effectué par la requérante le 5 juin 2020 est tardif car introduit au-delà du délai de recours contentieux, qui a expiré le 26 avril 2019, ainsi que vu précédemment. Ainsi, lors de l'introduction du recours gracieux par la requérante le 5 juin 2020, le permis de construire initial du 1er février 2019 avait acquis un caractère définitif et ne pouvait plus être contesté. Il suit de là que la requête en annulation déposée par Mme A à l'encontre du permis de construire initial du 1er février 2019 le 14 août 2020 est également irrecevable et doit être rejetée comme telle. Les conclusions à fin d'annulation de la décision du maire de la commune de Saint-Tropez du 1er février 2019, ainsi que de la décision explicite de rejet de son recours gracieux sont donc irrecevables, et doivent être rejetées comme telles.
Sur les conclusions à fin d'annulation du permis de construire modificatif du 31 août 2021 :
4. L'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir utilement contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit précédemment, la requérante a introduit son recours à l'encontre de la décision du maire de la commune du 1er février 2019 tardivement. Ainsi, elle doit être considérée comme n'ayant pas utilement contesté le permis de construire initial, et son intérêt à agir à l'encontre du permis de construire modificatif doit donc être apprécié à l'aune des seules modifications apportées par le permis de construire modificatif.
7. Les modifications apportées par le permis de construire modificatif portent sur la création d'un portail, de deux portillons, la modification de l'aménagement paysager, la modification de l'aspect de la plage piscine, la modification des façades et la régularisation de la surface de plancher, en y ajoutant 13 mètres carrés. En outre, la notice du permis de construire modificatif indique que celui-ci ne prévoit aucune modification d'emprise de construction principale ni de démolition. La notice indique en outre que " le permis de construire modificatif ne prévoit aucune modification d'emprise de la construction principale, de la piscine ou de l'annexe existante ". La façade de la remise existante au sud-est du terrain sera modifiée et abritera le LT de la piscine comme à l'origine. Enfin, la notice précise également que la volumétrie de la construction va être très légèrement modifiée. Sur la partie existante, le permis de construire modificatif ne modifie pas les égouts mais les altimétries en périphérie de la villa seront baissées, ce qui augmentera la hauteur à l'égout. Ainsi, la hauteur au plus haut sera modifiée et passera de 6,39 à 6,47 mètres.
8. Il ressort donc des pièces du dossier que les modifications apportées par le permis de construire modificatif par rapport au permis de construire initial sont minimes et Mme A se borne à indiquer sur ce point que " le permis de construire modificatif a notamment pour objet la modification des façades du projet, lesquelles autorisent des vues directes et irrégulières sur la propriété de Mme A, et est toujours affectée des mêmes erreurs substantielles que le dossier ". Toutefois, la comparaison de la façade ouest projetée, qui est la façade la plus proche de l'habitation de Mme A, (indiquée par erreur Est dans le dossier de demande de permis de construire), avec la façade ouest, telle qu'autorisée par le permis de construire initial du 1er février 2019, montre que celle-ci ne sera que très peu modifiée. Contrairement à ce que soutient la requérante, ce n'est pas le permis de construire modificatif de 2021 qui a créé les ouvertures, car celles-ci étaient déjà présentes sur la façade ouest du permis de construire initial de 2019.
9. Il ressort donc des pièces du dossier que la commune de Saint-Tropez est fondée à faire valoir que la requérante ne dispose pas d'un intérêt à agir à l'encontre du seul permis de construire modificatif délivré le 31 août 2021. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Tropez doit donc être accueillie, et les conclusions à fin d'annulation du permis de construire modificatif du 31 août 2021 rejetées.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme A.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chaque partie la charge de ces frais.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Tropez formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A, à la commune de Saint-Tropez et à la SCI DPI.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 13 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.20
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026