LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002275

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002275

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantBOUMAZA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré enregistré le 25 août 2020, le préfet du Var demande au tribunal d'annuler la décision du 6 février 2020 par laquelle le maire de la commune de Bauduen a accordé un permis de construire à M. A.

Il soutient que :

- son déféré est recevable ;

- la décision litigieuse méconnaît les dispositions des articles A1 et A2 du PLU ; le PLU n'autorise pas la création des établissements à usage commerciaux en zone agricole ;

- la demande de permis de construire opère un changement de destination

de la construction qui passe " d'exploitation agricole " à " commerce et activité de service " ;

ce changement de destination méconnaît les dispositions de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2021, la commune de Bauduen, représentée par Me Reghin, conclut au rejet du déféré et à ce qu'il soit mis à la charge du préfet du Var la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens du déféré ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2022, M. B A, représenté par Me Boumaza conclut au rejet du déféré et à ce qu'il soit mis à la charge du préfet du Var la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il fait valoir que les moyens du déféré ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 avril 2022 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Faucher,

- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,

- les observations de Me Gonzalez-Lopez substituant Me Reghin représentant la commune de Bauduen et celles de Me Garnerone substituant Me Boumaza représentant

M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée en mairie de Bauduen le 20 septembre 2019, M. B A, exploitant agricole, a sollicité un changement d'affectation partielle par des aménagements intérieurs dans une construction existante, la réalisation d'une pergola en ferronnerie et la déclaration de mise en conformité d'un Etablissement Recevant du Public, sur un terrain situé route de Bauduen, pour une superficie de 846,40 m². Par un arrêté du 6 février 2020, le maire de la commune lui a délivré le permis de construite sollicité. Par un recours gracieux du 5 mai 2020, le préfet du Var a demandé au maire de la commune le retrait de cet arrêté. Par un courrier du 26 juin 2020, le maire de la commune a fait part au préfet du rejet de son recours gracieux. En application de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le préfet du Var demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 6 février 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article A1 du plan local d'urbanisme de la commune de Bauduen relatif aux occupations et utilisations du sol : " Toutes occupations et utilisations du sol sont interdites à l'exception de celles prévues à l'article A.2. ". Aux termes de l'article A2 relatif aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières : " Seules peuvent être autorisées les occupations et utilisations du sol ci-après, selon l'une des conditions particulières suivantes : / a) Sont autorisés, dans la zone A à condition d'être directement liées et nécessaires à l'exploitation agricole en respectant le caractère de la zone, ainsi que les notions de siège d'exploitation et de regroupement des constructions (voir critères annexés au règlement) (art R 151-23 du CU) : / - Les bâtiments d'exploitation, installations ou ouvrages techniques nécessaires à la production agricole () / - L'aménagement d'un local permettant la vente directe des produits de l'exploitation à l'intérieur ou en extension d'un bâtiment technique (existant ou à construire et nécessaire à l'exploitation), à condition que la surface affectée à l'activité de vente directe soit proportionnelle et cohérente par rapport à la taille de l'exploitation. () / - Les constructions à destination d'habitation nécessaire à l'exploitation agricole dans la limite de 200 m² de surface de plancher ; () d) Dans la zone A, est autorisé l'accueil à la ferme, à condition que cette activité soit exercée dans le prolongement de l'activité agricole. Est autorisé, à conditions que cette activité soit exercée dans le prolongement de l'activité agricole, l'accueil de campeurs à la ferme en zone A ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières, le règlement peut : / 1° Autoriser les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages ; / 2° Désigner, en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site. Le changement de destination est soumis, en zone agricole, à l'avis conforme de la commission départementale de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime, et, en zone naturelle, à l'avis conforme de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ". Aux termes de l'article R. 151-23 du même code : " Peuvent être autorisées, en zone A : 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci ". Enfin aux termes de l'article R. 151-35 de ce code : " Dans les zones A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu, les bâtiments qui peuvent faire l'objet d'un changement de destination, dès lors que ce changement de destination ne compromet pas l'activité agricole, ou la qualité paysagère du site. "

4. Il résulte de ces dispositions que la possibilité qu'elles prévoient d'autoriser le changement de destination de certains bâtiments ou l'extension des bâtiments d'habitation dans les zones agricoles ou naturelles et en dehors des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées est conditionnée dans les deux cas à l'intervention d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme qui doit, dans le premier cas, désigner les bâtiments en cause, et, dans le deuxième, préciser les conditions de hauteur, d'implantation et de densité des extensions admises.

5. En outre, il appartient au juge, pour apprécier la conformité d'un projet aux articles du règlement du plan local d'urbanisme relatifs aux affectations et utilisations du sol interdites dans les différentes zones, de se référer à la destination de la construction en litige et non de se fonder sur l'usage auquel doivent être affectés les locaux.

6. En défense, la commune soutient que ce changement d'affectation est secondaire puisque le bâtiment agricole a une surface de 846,40 m² alors que le changement d'affection ne concerne qu'une surface réduite de 169,64 m² et le pétitionnaire ajoute qu'il s'agit d'un simple changement d'affectation et non de destination.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige porte notamment sur la création de tables d'hôtes, qu'il convient en réalité de regarder comme une activité de restauration au regard de la configuration des lieux. Il ressort en effet des plans que la salle de restaurant de 93 m² va permettre d'accueillir 24 personnes et que le projet prévoit la construction d'une cuisine et de 12 places de parking. Or, l'activité de restauration de type " table d'hôtes " correspond à une activité de " commerce et activités de service " au sens du 3° de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme, et l'article A 2 du PLU relatif aux occupations et utilisations du sol en zone agricole n'autorise pas ce type d'activité de restauration. En effet, au point d) de l'article A2 du PLU, seul l'accueil à la ferme est autorisé en zone A sous la forme d'accueil de campeurs, ce qui ne correspond pas à la table d'hôtes du projet qui va entraîner la création d'un établissement recevant du public. En outre, il n'est pas établi que le règlement ou les documents graphiques identifient le bâtiment en litige comme pouvant faire l'objet d'un changement de destination. Par suite, le projet en litige doit être regardé comme entraînant un changement de destination qui n'est pas autorisé en zone agricole.

8. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 151-29 du code de l'urbanisme :

" Les définitions et le contenu des sous-destinations mentionnées à l'article R. 151-28 sont précisées par arrêté du ministre chargé de l'urbanisme. Les locaux accessoires sont réputés avoir la même destination et sous-destination que le local principal ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment qui doit accueillir les tables d'hôtes abrite également une étable pour les bovins et a donc une vocation de bergerie. Contrairement à ce que soutiennent la commune et M. A, la salle de restauration et les cuisines attenantes ne peuvent pas être regardées comme un local accessoire du local principal que constitue la bergerie et qui serait réputée ainsi, selon eux, en application de l'article R. 151-29 du code de l'urbanisme, avoir la même destination que ce local principal, autorisé pour sa part par le règlement, dès lors qu'il convient d'apprécier, au cas par cas, le lien de nécessité entre la nature de son exploitation agricole et la destination de ce local. Or, cette salle destinée à accueillir des tables d'hôtes ne présente pas de lien nécessaire avec l'exploitation agricole.

En ce qui concerne l'application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

10. D'une part, les vices retenus sont relatifs à la totalité du projet et il ne peut pas, dans ces conditions, être fait application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et d'une annulation partielle du projet. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces vices soient régularisables par la délivrance d'un permis de construire modificatif.

11. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Var est fondé à soutenir que le projet litigieux a été autorisé en méconnaissance des dispositions des articles A1 et A2 du PLU et des dispositions de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme et donc à demander l'annulation du permis de construire délivré le 6 février 2020 à M. A par le maire de la commune de Bauduen.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Bauduen et M. A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 6 février 2020 est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bauduen et M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Var, à la commune de Bauduen et à

M. B A.

Copie en sera transmise sans délai au procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Faucher, première conseillère,

M. Quaglierini, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

S. Faucher

Le président,

Signé

JF. SautonLe greffier,

Signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Ou par délégation le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions