LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002281

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002281

vendredi 10 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002281
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantGRIMALDI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 août 2020, Mme B C, représentée par

Me Grimaldi, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 mai 2020 par laquelle le directeur du Crédit municipal de Toulon l'a sanctionnée disciplinairement d'un avertissement ;

2°) d'annuler la décision notifiée le 9 juin 2020 par laquelle le directeur du Crédit municipal de Toulon a prononcé sa mutation immédiate ;

3°) d'annuler la décision du 24 juin 2020 par laquelle le directeur du Crédit municipal de Toulon lui a refusé la reconnaissance d'imputabilité au service de son accident du travail du

9 mai 2020 ;

4°) d'annuler la décision du 1er juillet 2020 par laquelle le directeur du Crédit municipal de Toulon a refusé de saisir la commission de réforme.

Elle soutient que :

- la sanction prononcée à son encontre est injustifiée, disproportionnée et abusive ;

- la décision de mutation immédiate procède d'une sanction déguisée ;

- le directeur du Crédit municipal de Toulon aurait dû saisir la commission de réforme avant de se prononcer sur l'imputabilité au service de son affection.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2022, le Crédit municipal de Toulon, représenté par Me Mas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive concernant les conclusions aux fins d'annulation des décisions de sanction disciplinaire et de mutation ;

- la décision de mutation est une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;

- aucune décision de saisir la commission de réforme n'est jamais intervenue.

Par ordonnance du 26 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 septembre 2022.

Une pièce complémentaire produite par Mme C a été enregistrée le 11 octobre 2022 et non communiquée.

Conformément aux dispositions de l'article R.613-1 du code de justice administrative, postérieurement à la clôture de l'instruction, le Crédit municipal de Toulon a été invité à produire l'avis de la commission de réforme du 16 septembre 2020. Cette pièce a été communiquée à la requérante le 16 décembre 2022, rouvrant l'instruction en ce qui la concerne.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision de l'administration refusant de saisir la commission de réforme ne peut faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir car elle ne fait pas grief ou son irrégularité ne peut être soulevée qu'à l'appui du recours en annulation contre la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de Mme Prune Helfter-Noah, rapporteure publique,

- les observations de Mme C,

- et celles de Me Mas, représentant le Crédit municipal de Toulon.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C est adjointe administrative de 2ème classe, employée depuis le

1er décembre 2008 au Crédit municipal de Toulon, tout d'abord comme chargée de clientèle à l'agence d'Ollioules, affectée ensuite en août 2009 au siège à Toulon, dans le service des prêts, puis au service du surendettement en février 2010, jusqu'à sa mutation le 9 juin 2020 à l'agence située place Louis Blanc à Toulon.

2. Par décision du 28 mai 2020, le directeur du Crédit municipal de Toulon l'a sanctionnée disciplinairement d'un avertissement au motif de son absence sur son lieu de travail durant la moitié des vacances scolaires de son enfant, alors que l'autorisation spéciale d'absence dont elle bénéficiait ne s'étendait qu'aux périodes durant lesquelles elle devait assurer seule la garde de son fils et que, durant la période concernée, la garde devait être assurée par son père au titre de son droit de visite et d'hébergement. Puis, de retour sur son lieu de travail le 9 juin 2020, Mme C a appris sa mutation immédiate dans l'agence située place Louis Blanc pour y exercer la fonction de chargée de clientèle.

3. Consécutivement à ces deux décisions, la requérante atteste avoir souffert d'un syndrome anxio-dépressif réactionnel qu'elle impute à un acharnement du directeur du Crédit municipal de Toulon à son égard, ayant dégradé ses conditions de travail ainsi que sa santé mentale et physique.

Sur les fins de non-recevoir soulevées par le défendeur :

En ce qui concerne la sanction disciplinaire :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Selon l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés ".

5. Il résulte de ces dispositions que le recours administratif exercé durant le délai de recours contentieux proroge ce dernier et qu'il recommence à courir à la notification d'une décision de rejet.

6. Le défendeur fait valoir que les conclusions en annulation de la sanction disciplinaire de la requérante sont tardives puisque, d'une part, le recours contentieux a été exercé plus de deux mois après la notification de la décision attaquée et que, d'autre part, la requérante n'a pas exercé de recours administratif ayant prorogé le délai de recours contentieux.

7. Il ressort des pièces du dossier que si la requérante a entendu contester la décision attaquée en sollicitant le syndicat Force Ouvrière du Var, lequel a adressé un courrier au directeur du Crédit municipal de Toulon le 3 juillet 2020, puis en formant elle-même un recours auprès du maire de Toulon le 8 août 2020, ces recours ne sauraient proroger le délai de recours contentieux.

8. En effet, d'une part, si un recours contentieux peut être prorogé par un recours administratif formé dans ce délai par une personne mandatée à cet effet, ce n'est qu'à la condition que ce mandat soit exprès. L'existence d'un tel mandat ne saurait toutefois être présumée par les seuls termes du recours administratif présenté par le syndicat faisant état de l'assistance apportée au demandeur. Or, en l'espèce, si le syndicat Force Ouvrière indique clairement dans son courrier du 3 juillet 2020 avoir été sollicité par Mme C, il ne mentionne ni ne justifie d'aucun mandat exprès de sa part pour exercer un recours hiérarchique en son nom.

9. D'autre part, le courrier intitulé " recours hiérarchique " du 8 août 2020, adressé par la requérante au maire de Toulon, ne saurait davantage proroger le délai de recours contentieux dès lors qu'en toute hypothèse, un tel recours apparaît manifestement tardif.

10. Il convient donc d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le défendeur et de rejeter par conséquent les conclusions en annulation de la décision disciplinaire du 28 mai 2020, notifiée à la requérante le 30 mai 2020.

En ce qui concerne la décision de mutation :

11. Le défendeur fait valoir que les conclusions en annulation de la décision de mutation notifiée le 9 juin 2020 sont irrecevables en ce que la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours.

12. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable.

13. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a été mutée le 9 juin 2020 à l'agence située place Louis Blanc, située seulement à trois minutes à pied de son ancienne affectation. Cette mutation est justifiée par l'intérêt du service compte tenu, d'une part, du besoin immédiat de déployer des agents au plus près de la clientèle et, d'autre part, de la diminution des dossiers de surendettement ne nécessitant plus l'affectation d'un agent à temps plein sur un tel poste. En outre, la requérante n'établit pas dans quelle mesure une telle décision ait pu porter atteinte à ses droits et prérogatives statutaires ou à l'exercice de ses droits et libertés fondamentaux, ou emporter perte de responsabilités, de rémunérations ou traduit une discrimination.

14. Ainsi, la décision contestée est une mesure d'ordre intérieur qui ne saurait lui faire grief. Il convient, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions tendant à annuler la décision de mutation en ce qu'elles sont irrecevables.

En ce qui concerne le refus de saisine de la commission de réforme :

15. Aux termes de l'article 37-6 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : 1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service () ". Selon l'article 13 de l'arrêté du 4 août 2004 : " La demande d'inscription à l'ordre du jour de la commission est adressée au secrétariat de celle-ci par l'employeur de l'agent concerné. L'agent concerné peut également adresser une demande de saisine de la commission à son employeur, qui doit la transmettre au secrétariat de celle-ci dans un délai de trois semaines ; le secrétariat accuse réception de cette transmission à l'agent concerné et à son employeur ; passé le délai de trois semaines, l'agent concerné peut faire parvenir directement au secrétariat de la commission un double de sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception ; cette transmission vaut saisine de la commission ".

16. Il résulte de ces dispositions que l'autorité territoriale est tenue de consulter la commission de réforme dès lors qu'elle entend refuser l'imputabilité au service en raison d'une circonstance particulière de nature à détacher l'accident du service. À défaut d'une telle saisine, l'agent peut saisir directement la commission de réforme, après demande infructueuse auprès de son employeur passé un délai de trois semaines.

17. Le défendeur fait valoir que les conclusions en annulation de la décision de refus de saisine de la commission de réforme sont irrecevables en ce qu'aucune décision de refus n'est jamais intervenue.

18. Il ressort des pièces du dossier que le directeur du Crédit municipal de Toulon a prononcé le 24 juin 2020 une décision de refus d'imputabilité au service de l'affection de

Mme C, sans avoir consulté la commission de réforme. Consécutivement à cette décision, la requérante a adressé au directeur du Crédit municipal de Toulon une demande visant à la saisine de la commission de réforme, ce qu'il a expressément refusé par courriel du 1er juillet 2020. Ainsi, contrairement à ce que fait valoir le défendeur, une décision de refus de saisine est bien intervenue à cette date. Néanmoins, cette décision ne saurait faire grief à la requérante dès lors qu'elle ne saurait être détachée de la décision de refus de reconnaissance d'imputabilité au service du 24 juin 2020 qui seule est susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

19. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que d'une part, la requérante a finalement pu saisir directement la commission de réforme et que, d'autre part, cette dernière a rendu un avis défavorable à l'imputabilité au service de son affection.

20. Par conséquent, il convient de rejeter les conclusions en annulation de la décision de refus de saisine de la commission de réforme en ce qu'elles sont irrecevables car dirigées contre une décision non-détachable.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions dirigées contre les décisions de sanction disciplinaire, de mutation et de refus de saisine de la commission de réforme sont rejetées. Il convient dès lors d'examiner les seuls moyens soulevés au soutien des conclusions en annulation de la décision refusant l'imputabilité au service.

Sur la légalité de la décision portant refus de l'imputabilité au service :

En ce qui concerne la légalité externe :

22. En relevant dans sa requête que le directeur du Crédit municipal de Toulon n'a pas saisi la commission de réforme pour avis avant de se prononcer, Mme C doit être regardée comme soulevant un vice de procédure entachant d'illégalité la décision attaquée.

23. Il résulte des dispositions mentionnées au point n°13 que le Crédit municipal de Toulon était tenu de consulter la commission de réforme avant de se prononcer sur l'imputabilité au service de l'affection de Mme C. Néanmoins, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.

24. Or, il ressort des pièces du dossier, et tel que cela a été relevé au point n°17, que la commission de réforme a finalement été saisie par la requérante et qu'elle s'est prononcée le

16 avril 2020, dans le sens d'une non-imputabilité au service de l'affection dont a souffert Mme C.

25. Ainsi, s'il est incontestable que la consultation de la commission de réforme constitue une garantie à l'intéressée, il y a lieu de considérer, dans les circonstances particulières de l'espèce, que cette dernière ne saurait s'estimer privée d'une telle garantie en tant que l'avis de la commission de réforme ait été rendu postérieurement à la décision attaquée. D'autant plus que la requérante n'établit pas qu'une consultation préalable de la commission de réforme aurait été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision.

26. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de saisine de la commission de réforme doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision de refus de reconnaissance d'imputabilité au service :

27. Pour contester la décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service, Mme C précise les conditions, qu'elle décrit comme brutales, dans lesquelles s'est déroulée sa mutation et affirme que le syndrome anxio-dépressif qui l'a affectée par la suite en est la conséquence directe. L'intéressée doit être ainsi regardée comme soulevant une erreur d'appréciation.

28. Aux termes de l'article 21bis, alinéa 2 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, dans sa rédaction alors en vigueur : " II- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ".

29. Il résulte de ces dispositions qu'un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de cette dernière, constitue un accident de service.

30. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'alors qu'elle reprenait le travail le

9 mai 2020, après une période marquée par l'irruption de la Covid-19 durant laquelle l'intéressée avait été placée en autorisation spéciale d'absence, Mme C apprenait directement du directeur du Crédit municipal de Toulon qu'elle était mutée pour les besoins du service, invitée à rassembler immédiatement toutes ses affaires pour se rendre à sa nouvelle affectation. Si le défendeur conteste la brutalité par laquelle la requérante a été informée de sa mutation et priée d'y procéder sans délai, le rapport d'enquête administrative relève toutefois qu' " Il paraît évident que l'annonce de la mobilité interne a été violente pour un agent occupant depuis 10 ans ce même poste ", d'autant plus que les futurs encadrants de Mme C ont eu " une communication très tardive de cette mobilité " alors-même que le directeur du Crédit municipal de Toulon a déclaré durant cette même enquête administrative que " La décision aurait donc été prise en mars ou avril quoi qu'il arrive ".

31. Dans ces circonstances, il apparaît que les conditions dans lesquelles le directeur du Crédit municipal de Toulon a annoncé à Mme C sa mutation et l'a invitée à y procéder immédiatement ont été susceptibles de causer à cette dernière un " syndrome anxio-dépressif réactionnel ", tel qu'établi par le Dr A le 10 juin 2020.

32. Si la commission de réforme s'est prononcée défavorablement à l'imputabilité au service de l'affection de Mme C, précisant que " le changement de service est un évènement prévisible et normal dans la carrière de l'agent. Aucune anormalité n'est relevée ", il ressort cependant de son avis du 16 septembre 2020 que cette dernière ne s'est prononcée que sur la décision, sans tenir compte des circonstances particulières à l'origine du traumatisme dans lesquelles elle est intervenue. Par conséquent et en toute hypothèse, il convient, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, d'annuler la décision portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service du syndrome anxio-dépressif pour lequel Mme C a été arrêtée du 10 au 24 juin 2020.

33. Il résulte de tout ce qui précède que la décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'affection de Mme C doit être annulée et que les autres conclusions de sa requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

34. Aux termes de l'article L.911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

35. En conséquence de l'annulation de la décision du 24 juin 2020 du directeur du Crédit municipal de Toulon portant non reconnaissance de l'imputabilité au service et reclassement en congé de maladie ordinaire, il est enjoint au Crédit municipal de Toulon de placer Mme C en congé d'invalidité temporaire imputable au service durant toute la durée de son arrêt maladie, du 10 juin au 24 juin 2020 inclus.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

36. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

37. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le Crédit municipal de Toulon au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 24 juin 2020 du directeur du Crédit municipal de Toulon portant non reconnaissance de l'imputabilité au service et reclassement en congé de maladie ordinaire est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au Crédit municipal de Toulon de placer Mme C en congé d'invalidité temporaire imputable au service durant toute la durée de son arrêt maladie, du 10 juin au 24 juin 2020 inclus.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions du Crédit municipal de Toulon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au Crédit municipal de Toulon et à la commune de Toulon.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Fauchet, première conseillère,

M. Quaglierini, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.

Le rapporteur,

Signé

B. D

Le président,

Signé

JF. SAUTON

La greffière,

Signé

B. BALLESTRACCI

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions