mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VARRON CHARRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 2 septembre 2020, 21 juin 2022, 30 août 2022 et 5 septembre 2022, M. D G, représenté par Me Varron Charrier, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2020 par laquelle la ministre des armées a fixé au 12 juin 2019 la date de consolidation et à 10 % le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) relatifs à l'accident de service survenu le 29 septembre 2017 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de fixer pour le volet physique, la date de consolidation au 12 juillet 2022 et de fixer son taux d'IPP à hauteur de 28 % sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai de 10 jours courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) d'enjoindre à l'Etat de reconnaitre comme étant imputable au service le préjudice psychologique dont il se prévaut suite à son accident de service et de réexaminer sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai de 10 jours courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Etat de réexaminer sa situation et de réévaluer ses préjudices physiques et psychologiques ainsi que sa date de consolidation sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai de 10 jours courant à compter de la notification de la décision à intervenir ;
5°) de désigner avant dire droit un expert en lui confiant la mission habituelle en la matière, et notamment celle de se prononcer sur l'imputabilité au service de ses troubles psychiatriques, de fixer son taux d'IPP et une date de consolidation et de se prononcer sur ses préjudices ;
6°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il est soutenu que :
- M. G a été victime le 29 septembre 2017 d'un accident reconnu imputable au service, alors qu'il était affecté par la voie du détachement au groupement de soutien de la base de défense de Toulon depuis le 1er février 2017 ; par un arrêté du 25 janvier 2019, il a été réintégré à temps complet à compter du 1er mars 2019 dans le cadre d'emploi d'adjoint technique de 2ème classe des établissements d'enseignement au sein des services de la région Nouvelle-Aquitaine et affecté sur les fonctions d'agent d'entretien polyvalent au sein du lycée de la Venise Verte à Niort ; à la suite d'une expertise médicale effectuée le 4 novembre 2019, il a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 29 octobre 2019 par une décision de la région Nouvelle-Aquitaine en date du 2 décembre 2019, confirmée par la décision du 22 janvier 2020 après avis de la commission de réforme ; puis, par arrêté en date du 29 janvier 2020, son placement en congé de maladie ordinaire a été prolongé à compter du 1er décembre 2019 ; à la suite d'une nouvelle expertise et par courrier en date du 26 février 2020, la région Nouvelle-Aquitaine reprenait à son compte les conclusions de cette expertise et a fixé la date de consolidation de M. G au 12 juin 2019 et son taux d'IPP a 10 % ; son congé de maladie a été prolongée successivement jusqu'au 23 mai 2020 puis du 24 mai 2020 au 5 août 2020 ; par décision du 1er juillet 2020 le ministre des armées a fixé la date de consolidation au 12 juin 2019 et le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à 10 % ; par un arrêté du 13 août 2021, la rechute du 19 mai 2020 a été reconnue imputable au service et il a été placé en à compter de cette date en congé pour invalidité temporaire imputable au service ; par jugement du Tribunal administratif de Poitiers du 31 mai 2022, les arrêtés le plaçant en congé de maladie ordinaire entre le 29 octobre 2019 et le 18 mai 2020 ont été annulés et il a été enjoint à la région Nouvelle-Aquitaine de réexaminer sa situation au titre de cette période ;
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur en l'absence de délégation consentie par la ministre des armées à M. B C, chef de bureau du bureau des invalidités, des réversions et du contentieux ; cette dernière qualité devra être établie ;
- la décision est entachée de vices de procédure ; premièrement, la commission de réforme n'a pas été saisie préalablement sur la date de consolidation et le taux d'IPP de l'agent, mais seulement le 24 juillet 2020 et n'a rendu son avis que le 13 octobre 2020 ; deuxièmement, la commission de réforme qui s'est réunie le 7 janvier 2020 n'était pas saisie de la dernière expertise du docteur E en date du 30 janvier 2020 qui sert de fondement à la décision attaquée ; troisièmement, l'agent n'a pas été convoqué devant cette commission de réforme dans le délai de 15 jours et il n'a pas été mis à même de consulter son dossier, de faire valoir ses observations ou de se faire assister, quatrièmement, le ministère des armées aurait dû attendre les conclusions du docteur F, psychiatre, avant de prendre une telle décision ; cinquièmement, le volet psychologique a été totalement évincé par le ministère des armées ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- c'est à tort que l'agent a été considéré comme consolidé le 12 juin 2019 et que son taux d'IPP a été fixé à 10 % alors que persistent encore aujourd'hui des complications tant sur le plan psychologique que sur le plan physique ; premièrement, il se trouve toujours dans l'incapacité d'écrire, ne parvient pas à effectuer des travaux légers et il a développé un syndrome anxio-dépressif dont l'existence n'a pas été prise en compte par l'administration, alors qu'il n'avait aucun antécédent psychiatrique ; deuxièmement, le taux de 10 % d'IPP a été sous-évalué ; le 10 septembre 2020, M. G a été admis à l'institut de la main pour une rupture du ligament SL du poignet droit et depuis son accident de service il a dû subir entre le 17 avril 2018 et le 18 avril 2020 pas moins de sept opérations chirurgicales sur son poignet droit dont trois particulièrement délicates ; ses problèmes au poignet ont eu des répercussions sur son épaule droite et il est aujourd'hui obligé de faire également des infiltrations ; il est suivi par un psychiatre et suit un traitement ; l'événement du 19 mai 2020 ne constitue pas une rechute mais la continuité de l'état antérieur, dès lors qu'il n'y avait pas eu de consolidation ; le 14 février 2019, il s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé ; les examens réalisés ont confirmé la possibilité de lésions des ligaments ; en outre, contrairement à ce que prétend le ministre des armées, le docteur E n'a pas fixé une consolidation au 12 juin 2019 mais s'est contenté de reprendre les conclusions d'une précédente expertise ; le docteur A, saisi par l'administration, a conclu le 23 septembre 2021 que l'état de santé de M. G n'était pas consolidé ; l'expertise du docteur A effectuée le 12 juillet 2022 à la demande de l'administration prévoit, concernant le seul volet physique, une consolidation au 12 juillet 2022 et un taux d'IPP de 28 %.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 octobre 2021, 24 août 2022 et 28 septembre 2022, le ministre des armées demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de prononcer un non-lieu à statuer sur la requête de M. G.
Il fait valoir que, par une nouvelle décision du 30 août 2022, la date de consolidation de la rechute constatée le 19 mai 2020 et reconnue en lien avec l'accident de service du 29 septembre 2017 a été fixée au 12 juillet 2022 et que le taux d'IPP a été majoré à 28 %.
Par une ordonnance du 6 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 avril 2023 :
- le rapport de M. Riffard ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- et les observations de Me Body, représentant M. G.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, titularisé dans le cadre d'emploi des adjoints techniques territoriaux de 1ère classe par la région Nouvelle-Aquitaine et affecté au lycée de la Venise Verte à Niort, a sollicité son placement en disponibilité en 2015, puis son détachement auprès du ministère des armées en qualité d'agent technique principal de 2ème classe, qui lui a été accordé par un arrêté du 12 janvier 2017 pour une durée d'un an et prolongé par un arrêté du 8 mars 2018 pour une deuxième année. Au cours de son détachement, M. G a été victime, le 29 septembre 2017, d'un accident de travail reconnu imputable au service par une décision de la ministre des armées du 10 octobre 2018, et a été placé, à ce titre, en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter de cette date. Le 21 septembre 2018, M. G a sollicité son intégration dans le corps des agents techniques du ministère de la défense. Sa demande a été rejetée le 25 janvier 2019 par la ministre des armées, qui a mis fin à son détachement au sein de ses services et l'a radié des cadres à compter du 1er mars 2019. Tirant les conséquences de cette décision, le président du conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine a réintégré l'intéressé en qualité d'agent technique territorial principal de 2ème classe au sein de la région Nouvelle-Aquitaine par un arrêté du 8 mars 2019. Par un courrier du 2 décembre 2019, la région Nouvelle-Aquitaine l'a informé de la saisine de la commission de réforme, qui s'est réunie le 7 janvier 2020, afin qu'elle se prononce sur la prise en charge de ses arrêts de travail au titre de son accident de service. M. G a été ensuite placé en congé de maladie ordinaire à compter du 29 octobre 2019, par une décision du 22 janvier 2020. Par un courrier du 26 février 2020, la région Nouvelle-Aquitaine a transmis à l'intéressé les conclusions de l'expertise médicale réalisée le 30 janvier 2020 relative à la date de consolidation de son état de santé et à la fixation de son taux d'invalidité permanente partielle et l'a informé de la transmission de son dossier au centre ministériel de gestion de Toulon. Par la suite, le placement de M. G en congé de maladie ordinaire a été prolongé par des arrêtés successifs du président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, jusqu'au 23 mai 2020. A compter de cette date, l'intéressé, qui a présenté une demande auprès du ministère des armées afin d'obtenir la reconnaissance de la rechute de son accident de service, a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service dans l'attente du réexamen de sa situation. Par une décision du 1er juillet 2020, la ministre des armées a fixé la date de consolidation de l'état de santé de M. G au 12 juin 2019 et a évalué le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à 10 %.
2. Aux termes de l'article R. 312-12 du code de justice administrative : " Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'État et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que les agents ou employés de la Banque de France, relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. () " et aux termes de l'article R. 351-4 du même code : " Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif, la cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat, selon le cas, est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance, pour constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur tout ou partie des conclusions ou pour rejeter la requête en se fondant sur l'irrecevabilité manifeste de la demande de première instance. ".
3. En premier lieu, par une décision intervenue en cours d'instance le 30 août 2022 et devenue définitive, le ministre des armées a fixé au 12 juillet 2022, au regard de l'expertise médicale du docteur A du 12 juillet 2022, la date de consolidation de la rechute constatée le 19 mai 2020 et reconnue en lien avec l'accident de service et il réévalué le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à hauteur de 28 %, conformément à ce que demandait M. G dans le dernier état de ses écritures. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 1er juillet 2020 et les conclusions subséquentes tendant ce qu'il soit enjoint à l'Etat, sous astreinte, de fixer, pour le volet physique, la date de consolidation au 12 juillet 2022 et de fixer le taux d'IPP à hauteur de 28 %, sont dépourvues d'objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces conclusions.
4. En deuxième lieu, les conclusions à fin d'injonction, présentées à titre principal par M. G et tendant à ce que ses troubles psychologiques, apparus au cours de l'année 2019, soient reconnus imputables à l'accident de service dont il a été victime le 29 septembre 2017 doivent être rejetées comme manifestement irrecevables en l'absence de tout litige né et actuel sur ce point.
5. En troisième et dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce et compte tenu que M. G a obtenu satisfaction à l'issue de la présente instance, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du ministre des armées du 1er juillet 2020 et sur les conclusions subséquentes à fin d'injonction.
Article 2 : L'Etat versera à M. G la somme de 2 000 (deux mille) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D G et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 13 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé :
D. RIFFARD
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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