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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002488

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002488

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002488
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantLLC ET ASSOCIES - BUREAU DE TOULON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 septembre 2020 et 5 octobre 2021, M. B D et Mme C D, représentés par Me Marques, demandent au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2020 par laquelle le maire de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a délivré un permis de construire à la SCI Alarvic pour la construction d'une maison individuelle d'une surface de plancher d'une surface de 101,73 mètres carrés, sur un terrain situé au 1009 ancien chemin de Tourves et cadastré section BL 150, BL 177, BL 179 et BL 183 sur le territoire communal, ainsi que la décision explicite de rejet de leur recours gracieux par le maire de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume du 16 juillet 2020 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et/ou la société pétitionnaire la somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils disposent d'un intérêt à agir car ils sont voisins immédiats du projet ; le projet consiste à édifier une maison à usage d'habitation d'une hauteur de 7 mètres alors que précédemment ils disposaient d'une vue sur la végétation ; le projet présentera, sur sa façade nord, une vue sur leur jardin, et en particulier sur leur piscine ; le projet aura donc pour effet d'édifier une construction avec vue à seulement 5 mètres de leur propriété ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme ; il ne ressort pas des éléments du dossier qu'une déclaration d'achèvement des travaux ait été déposée, conformément aux dispositions de l'article L. 462-1 du code de l'urbanisme ; l'unité foncière qui doit être prise en compte est donc les deux parcelles concernées par cette déclaration préalable ayant pour objet une division ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; il ne ressort pas du dossier de demande de permis qu'une servitude de passage existerait depuis l'ancien chemin de Tourves, et qui de surcroît autoriserait la société pétitionnaire à l'utiliser dans les conditions fixées par le projet ; en outre, la voirie privée permettant de desservir le projet ne dispose pas d'un trottoir de 1,40 mètre de large et l'aire de retournement prévue dans le projet se situe en grande partie à l'extérieur du terrain d'assiette du projet ; la configuration des lieux empêche les engins de secours et de lutte contre l'incendie de faire demi-tour en raison de l'existence d'un mur de clôture avec portail en limite des parcelles BL 153 et 182 ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme ; le plan de masse joint à la demande de permis de construire montre que la fosse septique est située à plus de 10 mètres de la maison individuelle, en méconnaissance des préconisations de l'avis du SPANC du 26 novembre 2018 donné dans le cadre de l'instruction de la demande de travaux ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme ; l'emprise au sol de la construction, des deux aires de stationnement et de l'aire de retournement pour les engins de secours et de la citerne est de 209 mètres carrés ; ainsi, l'obligation de 80 % d'espaces libres pour le projet ne pourra être respectée ; il ressort une incohérence du nombre d'arbres de haute tige supprimés en comparant une photographie aérienne et le plan de masse ;

- le lotissement créé par la division du 13 décembre 2018 est irrégulière car la SCI Alarvic est gérée par les propriétaires de la parcelle initiale ayant fait l'objet de la division ; il appartenait aux propriétaires d'opérer une division après achèvement ou de déposer une demande de permis de construire valant division ; toutefois, il ne leur aurait pas été possible de le faire car l'article UE 2 interdit la construction de plus d'une construction par unité foncière ; il y a donc eu un détournement et les pétitionnaires ont commis une fraude pour obtenir l'autorisation litigieuse ;

- la décision attaquée est illégale en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ; la notice jointe au dossier de demande de permis de construire est sommaire et ne fait aucune mention à l'environnement, à l'insertion du projet par rapport aux constructions environnantes, et aux arbres à conserver ou à planter ; en outre, le dossier de demande de permis de construire ne contient aucun plan de toiture ; les façades sud et ouest sont manquantes ; le document graphique ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et par rapport aux constructions avoisinantes, ni son impact visuel, ainsi que le traitement des accès ; enfin, aucune photographie n'est jointe permettant d'apprécier l'insertion dans le paysage lointain ;

- la décision attaquée est entachée d'une exception d'illégalité de l'autorisation de lotir.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 avril 2021, la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, représentée par Me Besson, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; s'il n'est pas contesté que les requérants ont bien la qualité de voisins immédiats, cela ne leur confère pas en tant que tel un intérêt pour agir ;

- les moyens de la requête sont inopérants ou infondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2021, la SCI Alarvic, représentée par Me Reghin, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'un sursis à statuer soit prononcé sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause à ce qu'il soit mis à la charge des consorts D une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir des requérants au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés dans la requête sont infondés.

Par une ordonnance du 22 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 avril 2022 à 12 heures.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mars 2023 :

- le rapport de M. Bailleux ;

- les conclusions de M. Cros rapporteur public ;

- les observations de Me Marques, représentant M. et Mme D ;

- les observations de Me Besson, représentant la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume ;

- et les observations de Me Faure-Bonaccorsi, représentant la SCI Alarvic.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. En premier lieu, aux termes de l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont autorisées sous conditions particulières, les occupations et utilisations du sol suivantes : les nouvelles constructions à usage d'habitation et leurs annexes compatibles avec le caractère résidentiel de la zone, à la condition de se limiter à une seule construction à usage d'habitation par unité foncière ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 462-1 du code de l'urbanisme : " A l'achèvement des travaux de construction ou d'aménagement, une déclaration attestant cet achèvement et la conformité des travaux au permis délivré ou à la déclaration préalable est adressée à la mairie ".

2. La commune fait valoir, sans être contestée sur ce point, que la Cour Administrative d'Appel de Marseille (CAA) a, dans un arrêt n°18MA03000 du 28 novembre 2019, confirmé un jugement de la 1ère chambre du Tribunal administratif de Toulon, qui avait annulé l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume en ce qu'il instaurait une limitation trop importante du droit de propriété des propriétaires. Ainsi que le fait valoir la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, toujours sans être utilement contestée, l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme ayant été annulé, et cette annulation étant devenue définitive, les requérants ne peuvent plus utilement soutenir que le projet litigieux méconnaitrait les dispositions susvisées de l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 2 du règlement du plan local d'urbanisme comme étant inopérant.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour être constructible, un terrain doit comporter un accès automobile à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin d'au moins 4m de plate-forme ". En outre, l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme dispose encore que : " Les caractéristiques des voies privées doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile et brancardage. Elles doivent présenter une largeur de bande roulante de 4 mètres minimum accompagnée d'un trottoir de 1,40 mètre minimum. Les voies privées se terminant en impasse doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire aisément demi-tour ".

4. Le permis, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si l'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.

5. Les requérants soutiennent d'abord qu'il ne ressort pas du dossier de demande de permis de construire qu'une servitude de passage existerait depuis l'ancien chemin de Tourves et qu'elle permettrait au pétitionnaire de l'emprunter pour rejoindre son projet. L'administration n'a ainsi, selon eux, pas vérifié l'existence d'une desserte suffisante. Mme D s'est portée acquéreur en 2021 des parcelles cadastrées BL 178 et 182, qui correspondent justement à l'accès en litige, ce qui tend à démontrer qu'elle ne disposait pas de servitude de passage, au moment de la décision attaquée.

6. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet est desservi par un chemin, dont la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et la SCI Alarvic font valoir, sans être utilement contestées sur ce point, qu'il est une voie privée ouverte à la circulation publique. Ainsi, le terrain possède un accès direct à une voie privée, sans qu'il soit nécessaire de bénéficier d'une quelconque servitude de passage. Ainsi, le moyen tiré du fait que l'administration n'aurait pas vérifiée l'existence d'une servitude de passage doit être écarté comme étant inopérant. En outre, le fait que Mme D se serait portée acquéreur des parcelles BL 178 et 182 récemment n'a pas non plus d'incidence sur la légalité de la décision attaquée, cet élément étant en outre postérieur à la décision attaquée.

7. Les requérants poursuivent en soutenant ensuite que la voie privée permettant d'accéder au projet ne comprend pas de trottoir car cette voie d'accès ne dispose pas d'une largeur de 4 mètres, et l'aménagement d'un trottoir de 1,40 mètre s'avère impossible.

8. Tout d'abord, il ressort directement de la lecture des dispositions de cet article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, que ces dispositions ne sont pas applicables aux voies existantes mais uniquement aux voies nouvelles. Ainsi, la branche du moyen tirée de la largeur insuffisante de la voie de desserte, c'est-à-dire du chemin reliant le terrain d'assiette du projet à l'ancien chemin de Tourves, ainsi que l'absence de trottoir est inopérante.

9. En outre, la société pétitionnaire produit à l'instance un plan d'état des lieux du chemin menant au terrain d'assiette du projet, depuis l'ancien chemin de Tourves. Cet état des lieux réalisé par un géomètre expert montre que les largeurs de la voie sont supérieures à 4 mètres en tous points. En outre s'il ne ressort pas de ce plan qu'un trottoir existerait sur cette voie de desserte privée, ainsi qu'il a été vu précédemment, ces dispositions de l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme ne sont pas directement opposables à ce chemin existant. En outre, la largeur d'une voie se mesurant accotements et trottoirs compris, et non exclus, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la largeur de ce chemin en plusieurs points ne mesurerait pas 4 mètres + 1,40 mètre soit la largeur minimale de 5,40 mètres. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette branche du moyen doit être écartée comme étant inopérante et d'autre part infondée.

10. Les requérants poursuivent encore en soutenant que l'aire de retournement se situe grandement en dehors du terrain d'assiette du projet, sur la servitude de passage, mais aussi sur des parcelles voisines n'appartenant pas à la société pétitionnaire. Cette branche du moyen est inopérante car le permis de construire est délivré sous réserve du droit des tiers.

11. Les requérants soutiennent enfin que la configuration des lieux ne permet pas le retournement des engins de lutte contre l'incendie sur l'aire de retournement en raison de la présence d'un mur de clôture. Le projet méconnaît également l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Cet argument est également inopérant car ces considérations sur l'impossibilité de réaliser l'aire de retournement n'affecte pas la légalité du permis de construire mais seulement son exécution.

12. En outre, sur ce point, la commune fait valoir que la direction départementale des sapeurs-pompiers du Var a émis en date du 18 décembre 2019 un avis favorable au projet. Cet avis indique tout d'abord que les parcelles objet du projet ne sont pas directement exposées au risque incendie. Ensuite, cet avis indique que la défense en eau du projet sera assurée d'une part par une réserve d'eau dédiée d'une capacité de 60 mètres cubes sur le terrain et d'autre part un poteau incendie PI SMB 248 d'une capacité de 30 mètres cubes par heure. Il n'est pas démontré, contrairement à ce qu'allèguent les requérants, que les sapeurs-pompiers ne seraient pas en mesure d'accéder à la parcelle afin de lutter contre l'incendie. En outre, ainsi que le fait valoir la commune sur ce point, en produisant le plan de masse du projet, une aire de stationnement pour les engins à incendie est prévue sur le terrain et matérialisée sur le plan de masse, à proximité immédiate de la citerne enterrée d'une capacité de 60 mètres cubes d'eau.

13. Il ressort de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions des articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme. Il y a lieu dès lors d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme en toutes ses branches.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme : " l'assainissement non collectif est autorisé conformément à la réglementation en vigueur et après avis du Service Public d'Assainissement Collectif (SPANC) ". Ces dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme n'imposent aucunement une distance maximale entre la fosse septique et la construction à équiper de cette fosse septique.

15. Si les requérants soutiennent qu'un avis du SPANC émis le 26 novembre 2018 dans le cadre de l'étude du dossier de déclaration préalable de division, avait préconisé que " d'une manière générale, la fosse toutes eaux doit être placée le plus près de l'habitation, c'est-à-dire à moins de 10 m ", il ne ressort pas des termes mêmes de cet avis que cette prescription soit impérative. En outre, une méconnaissance ou une inobservation de cette prescription, contenue dans un avis du SPANC ne signifie pas que les dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme ont été méconnues. Au demeurant, cet avis du SPANC n'est pas un avis conforme ayant une force impérative.

16. En tout état de cause, la commune fait valoir sur ce point que cet avis du SPANC du 26 novembre 2018 est relatif au lot n° A sur la parcelle cadastrée section BL 177, et qu'un nouvel avis du SPANC du 15 juillet 2019 était relatif au lot n° B, qui cette fois ne précise aucune distance d'implantation entre la fosse septique et la construction projetée.

17. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme. Il suit de là qu'il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme.

18. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " 1. Les espaces libres de toute construction et de tout aménagement générant une imperméabilisation des sols (terrasses, voie d'accès ou aire de stationnement, etc ) doivent couvrir au moins 80 % de la surface des terrains 3. Tout arbre de haute tige abattu doit être remplacé par la plantation d'arbres d'essence adaptée au sol ".

19. Les requérants soutiennent d'abord que la construction, les deux aires de stationnement, l'aire de stationnement engin de secours et la citerne génèrent une surface imperméabilisée de 209 mètres carrés. Ils allèguent ensuite qu'en ajoutant l'emprise de la voie d'accès, l'aire de retournement pompier, ou encore le bassin de rétention, la surface imperméabilisée, selon eux, dépasserait de loin les 20 % fixés par les dispositions précitées de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme.

20. La commune toutefois, précise, sans être utilement contestée sur ce point, que l'emprise de la construction est de 99,99 mètres carrés, celle des voies d'accès est de 206 mètres carrés. Ainsi, la surface imperméabilisée sur le terrain est de 305,99 mètres carrés et la surface libre de toute imperméabilisation est donc de 1 694,01 mètres carrés, n'étant pas contesté en outre que la superficie de la parcelle litigieuse, objet du terrain d'assiette est de 2 000 mètres carrés. Enfin, la notice sur ce point indique que : " les espaces libres non imperméabilisés seront traités et plantés en essences locales ; 1 725 mètres carrés 86 % 1 arbre pour 100 mètres carrés ". Au demeurant, l'article 6 de l'arrêté attaqué comporte une prescription selon laquelle les espaces libres doivent couvrir une surface minimale de 1 600 mètres carrés, confirmant ainsi le respect des dispositions précitées. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la surface libre de toute construction serait inférieure à 80 % de la superficie de la parcelle du terrain.

21. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du plan de masse, que deux chênes seront à abattre et deux chênes seront à planter sur le terrain d'assiette du projet. Les requérants soutiennent toutefois que le plan de masse du dossier de demande de permis de construire ne montre pas tous les arbres de haute tige à supprimer et qui devraient donc être remplacés. S'ils soutiennent que le nombre d'arbres à abattre est plus important que ce que montre le plan de masse, ils se fondent pour cela sur une vue aérienne montrant des végétaux, notamment à l'ouest du terrain d'assiette du projet. Toutefois, sur ce point, la commune fait valoir qu'il n'est pas établi que ces arbres seraient des arbres de haute tige, qui sont les seuls arbres qui doivent être remplacés selon les termes de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme. En outre, cette photographie n'est pas datée et il n'ait pas établi qu'elle ait été prise au moment de la décision attaquée. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le nombre d'arbres de haute tige à remplacer sur le projet ne serait pas conforme à ce qui est décrit sur le plan de masse du projet.

22. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté en chacune de ses deux branches.

23. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Les requérants invoquent la fraude de la société pétitionnaire mais n'indiquent pas clairement à quelle règle d'urbanisme précise la société pétitionnaire aurait entendu s'affranchir.

24. La fraude doit être établie et non présumée et il y a lieu de montrer que la société pétitionnaire a effectué une manœuvre frauduleuse de manière à tromper l'administration et à obtenir une décision indue à son égard.

25. En l'espèce, la société pétitionnaire a demandé au nom de la SCI Alarvic, un permis de construire une maison à usage d'habitation. Cette société n'a pas dissimulé que le représentant de la SCI Alarvic est M. B A, qui a demandé et obtenu la décision de non-opposition à déclaration préalable le 13 décembre 2018. Sur ce point, le maire de la commune a repris ces éléments dans son arrêté litigieux, en indiquant que le représentant de la SCI Alarvic est M. B A.

26. Ainsi, les requérants, qui invoquent la fraude de la société pétitionnaire, n'établissent pas que cette dernière se serait livrée à une manœuvre dans le but de tromper l'administration. En l'absence de toute dissimulation, la fraude alléguée n'est pas établie. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet serait entaché de fraude. Par suite, le moyen tiré de la fraude de la société pétitionnaire doit être écarté comme manquant en fait.

27. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

28. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

29. La commune fait valoir qu'en ce qui concerne la notice, à supposer avéré le fait que certains éléments de celle-ci seraient manquants et incomplets, les autres documents du dossier de demande de permis de construire permettent de combler ces lacunes. Ainsi, le plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire permet de visualiser les arbres à remplacer et les arbres à abattre, ainsi que l'aménagement des aires de stationnement. En outre, le dossier de demande de permis de construire contient des photographies du terrain avec ou sans la construction projetée. Un plan cadastral est également joint au dossier de demande de permis de construire.

30. En outre, si les requérants soutiennent que le dossier ne contient pas le plan de toiture, ni les plans de façades sud et ouest, il ressort au contraire des pièces du dossier de demande de permis de construire que les plans de façade sud et ouest sont joints au dossier de demande de permis de construire. En outre, le plan de masse, ainsi que les plans des façades montrent la toiture de la construction projetée, qui sera une toiture en tuiles, avec une pente de 30 % (cf. coupe de principe AA').

31. Les requérants poursuivent en indiquant qu'aucune photographie d'insertion dans le lointain n'est fournie au dossier et le document graphique ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, ni son impact visuel ainsi que le traitement des accès. Toutefois, les documents versés au dossier de demande de permis de construire permettent d'apprécier l'accès au terrain d'assiette du projet ainsi que l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages.

32. En tout état de cause, les requérants n'indiquent pas quelles dispositions du code de l'urbanisme ou du règlement du plan local d'urbanisme auraient été méconnues et avec lesquelles le service instructeur n'aurait pas été en mesure de vérifier la conformité du projet, à cause des insuffisances alléguées du dossier de demande de permis de construire. Ainsi, à supposer avérés les inexactitudes et les manquements des différents documents devant figurer dans la demande de permis de construire, ceux-ci ne sauraient avoir une incidence sur la légalité de la décision attaquée.

33. Il ressort donc des pièces du dossier que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme et serait incomplet. Dès lors, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté comme étant infondé et inopérant.

34. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'ensemble des moyens de la requête ayant été écartés, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la requête, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée conjointement par la SCI Alarvic et la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume pour défaut d'intérêt à agir des requérants.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

35. Les dispositions susvisées font obstacle à ce que la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, ainsi que la société pétitionnaire, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, soient condamnées à payer aux requérants quelque somme que ce soit, au titre de ces dispositions. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme D une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à la SCI Alarvic sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE

Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : M. et Mme D verseront une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. et Mme D verseront une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la SCI Alarvic sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B D, à Mme C D, à la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et à la SCI Alarvic.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Riffard, premier conseiller,

M. Bailleux, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 13 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé :

F. BAILLEUX

Le président,

Signé :

J-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

G. RICCI

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière

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