vendredi 3 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | KIEFFER LECOLIER AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2020, Mme C, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°2020-0628 du 21 juillet 2020 par laquelle centre communal d'action sociale de la commune de la Garde l'a placée en temps partiel thérapeutique suite à un congé pour accident de service ;
2°) d'enjoindre au centre communal d'action sociale de la commune de la Garde de procéder à son reclassement sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter d'un délai d'un mois suivant la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde ne pouvait pas imposer d'office qu'elle soit placée en temps partiel thérapeutique ;
- la décision attaquée procède d'une erreur d'appréciation dès lors qu'un temps partiel thérapeutique est contre-indiqué médicalement compte tenu de son affection ;
- le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde a méconnu l'obligation de reclassement des agents publics inaptes définitivement en lui imposant un temps partiel thérapeutique plutôt que de faire droit à sa demande de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2022, le centre communal d'action sociale de la Garde, représenté par Me Alexis Kieffer, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme C une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mai 2022.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fabien Hoffmann, représentant Mme C, et de Me Alexis Kieffer, représentant le centre communal d'action sociale de la commune de la Garde.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est agente titulaire depuis le 18 juin 2017 et travaille au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Le Mas des Sénès ", en qualité d'agente des services hospitaliers où elle est chargée d'assurer la propreté et l'entretien des locaux. Consécutivement à de nombreux arrêts maladies inhérents à une arthrose dont elle souffre à son genoux droit, le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde a prononcé, par arrêté du 22 décembre 2017, sa mise en disponibilité pour raisons médicales
du 10 juillet 2017 au 9 avril 2018. Cette dernière a été prolongée à deux reprises, d'abord six mois puis une année, afin qu'elle puisse bénéficier d'une mesure de reclassement. À la suite d'une consultation de pré-reprise avec le médecin de prévention, ce dernier a adressé au président du centre communal d'action sociale des recommandations visant à, soit aménager ou adapter le poste de travail de l'intéressée, soit la réorienter ou la reclasser professionnellement, le cas échéant, en lui délivrant une formation professionnelle. Mme C a alors accepté d'être réintégrée sur un poste aménagé à temps complet à compter du 10 octobre 2019. Cependant, victime d'un accident de service le 17 avril 2020, elle a été à nouveau arrêtée en raison de gonalgies à son genoux droit et placée en congé d'invalidité temporaire imputable au service pour la période du 17 avril 2020 jusqu'au 31 juillet 2020. Le 6 juillet 2020, le Docteur A a expertisé Mme C en recommandant notamment une " reprise immédiate en temps partiel thérapeutique à 50% pour trois mois " de l'intéressée. Par un arrêté du 21 juillet 2020, se fondant sur ce rapport d'expertise, le centre communal d'action sociale de la Garde a réintégré Mme C dans ses fonctions à temps partiel pour des raisons thérapeutiques. Dans la présente requête, Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur le bien-fondé de l'arrêté n°2020-0628 du 21 juillet 2020 :
2. Aux termes de l'article 57 4° bis de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version alors applicable : " Après un congé de maladie, un congé de longue maladie ou un congé de longue durée, les fonctionnaires peuvent être autorisés à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique, accordé pour une période de trois mois renouvelable dans la limite d'un an pour une même affection. Après un congé pour accident de service ou maladie contractée dans l'exercice des fonctions, le travail à temps partiel thérapeutique peut être accordé pour une période d'une durée maximale de six mois renouvelable une fois. La demande d'autorisation de travailler à temps partiel pour raison thérapeutique est présentée par le fonctionnaire accompagnée d'un certificat médical établi par son médecin traitant. Elle est accordée après avis favorable concordant du médecin agréé par l'administration. Lorsque les avis du médecin traitant et du médecin agréé ne sont pas concordants, le comité médical compétent ou la commission de réforme compétente est saisi. Le temps partiel thérapeutique peut être accordé : soit parce que la reprise des fonctions à temps partiel est reconnue comme étant de nature à favoriser l'amélioration de l'état de santé de l'intéressé ; soit parce que l'intéressé doit faire l'objet d'une rééducation ou d'une réadaptation professionnelle pour retrouver un emploi compatible avec son état de santé. Les fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel pour raison thérapeutique perçoivent l'intégralité de leur traitement. Ce temps partiel thérapeutique ne peut, en aucun cas, être inférieur au mi-temps ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'exercice d'un service à temps partiel pour raison thérapeutique doit nécessairement procéder d'une demande de l'agent concerné. Il ressort cependant des pièces du dossier que consécutivement à l'accident de service de Mme C le 17 avril 2020, le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde a sollicité une expertise médicale de cette dernière, afin, notamment, de déterminer l'imputabilité au service du traumatisme qu'elle a subi ainsi que son aptitude à exercer ses fonctions. Se fondant sur les conclusions du docteur A du 6 juillet 2020, le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde a décidé, par arrêté du 21 juillet 2020, de réintégrer
Mme C, le 1er août 2020, à son poste d'agent des services hospitaliers à temps partiel pour raison thérapeutique. En décidant ainsi, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle décision procédait d'une demande de l'intéressée, le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde a commis une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par la requérante, que l'arrêté n°2020-0628 du 21 juillet 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme C a été déclarée inapte définitivement pour son poste d'agent des services hospitaliers par le comité médical départemental dans un avis du 3 juin 2020, lequel a préconisé son reclassement dans un cadre d'emploi administratif. Par courrier du 7 juillet 2021, le président du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde a informé Mme C de son " droit à bénéficier d'une période de préparation au reclassement ", et cette dernière en a demandé le bénéfice par un courrier du 28 juillet 2021.
Par arrêté n°2021/0656 du 25 août 2021, le président du centre communal d'action sociale a placé Mme C en période de préparation au reclassement du 1er août 2021 jusqu'au 31 juillet 2022 et une convention de projet de transition professionnelle dans le cadre de cette période a été conclue entre Mme C, le centre communal d'action sociale de la commune de la Garde et le centre de gestion de la fonction publique territoriale, le 10 novembre 2021.
7. Compte tenu des mesures prises pour assurer le reclassement de Mme C postérieurement à sa requête, les conclusions à fin d'injonction de procéder à son reclassement doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde
du 21 juillet 2020 est annulée.
Article 2 : Le centre communal d'action sociale de la commune de la Garde versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 4 : Les conclusions du centre communal d'action sociale de la commune de la Garde au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au centre communal d'action sociale de la commune de la Garde.
Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Doumergue, présidente,
Mme Fauchet , première conseillère,
M. Quaglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mars 2023 .
Le rapporteur,
signé
B. Quaglerini
La présidente,
signé
M. BLa greffière,
signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026