vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAGADEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2020, M. D représenté par Me Lagadec demande au Tribunal d'annuler la décision du 6 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Toulon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 23 avril 2020 par Mme A E pour le remplacement d'une piscine et des travaux de ravalement des façades d'une construction existante sise sur un terrain situé 35 B allée du Trélus au lieu-dit " Cap Brun ".
Il soutient que :
- il est propriétaire de la parcelle BN n° 726 et M. et Mme E, ses voisins directs, ont entrepris des travaux de ravalement de façade et de démolition et terrassement pour agrandir leur piscine, sans autorisation ; suite à sa réclamation, ils ont déposé une déclaration préalable ; une procédure amiable a été tentée sans succès par voie d'avocat ;
- la piscine de 14 000 litres se situe à 2,22 mètres de la limite séparative et en contre-haut, à 2,92 mètres de son sous-sol ; l'aire de jeu de ses enfants est située au droit et en contrebas de cette piscine ; ils sont exposés à un risque ;
- les études réalisées dans le cadre des travaux de construction de sa propre maison n'ont pas pris en compte ces travaux, engagés postérieurement ;
- il souhaite former un recours afin de laisser le temps aux époux E de lui adresser la preuve du déplacement du local technique à un endroit convenable qui n'entraînera aucune nuisance sonore, une étude de sol et une étude béton montrant que la piscine disposera de bonnes fondations et que cet ouvrage prendra en considération sa maison en construction et ses ouvrages extérieurs et certifiant qu'aucun risque ne sera encouru dans le temps, du fait du glissement ou d'un affaissement de terrain et qu'aucun rehaussement de terres entraînant création de vue sur sa propriété ne soit réalisé sur cette partie du terrain ;
- il est nécessaire que lui soit également transmis un plan détaillé indiquant à quel endroit s'effectuera la vidange des eaux de la piscine et des eaux de pluie ;
- la déclaration préalable révèle une erreur de plan et un empiètement sur sa propriété, ce qui est inacceptable ;
- dans la mesure où les époux E ne seraient pas en mesure de fournir ces documents dans le délai de recours, il faudrait envisager que leur piscine puisse être déplacée ailleurs sur le terrain et qu'aucune construction ne soit implantée dans la bande des 4 mètres entre leur maison et la clôture sans étude préalable ; si les époux E sont en mesure de justifier que le projet de destruction de leur piscine a bien pris en compte tous les paramètres énoncés ci-dessus, il se désistera sans délai du présent recours.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2022, M. B E et Mme A E, représentés par Me Guisiano, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir principalement que la requête n'est pas recevable car il n'est pas justifié de la formalité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, la requête est tardive car formée plus de deux mois après l'affichage de la décision de non-opposition à déclaration préalable sur le terrain, en méconnaissance de l'article R. 600-2 du même code, la requête n'est pas motivée en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et le requérant ne dispose pas d'intérêt pour agir ; subsidiairement, ils exposent que les griefs sont infondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2022, la commune de Toulon conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir principalement que la requête n'est pas recevable car tardive, formée plus de deux mois après l'affichage de la décision de non-opposition à déclaration préalable sur le terrain, en méconnaissance de l'article R. 600-2 du même code ; de plus, la requête n'est pas motivée en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et le requérant ne dispose pas d'intérêt pour agir ; le Tribunal administratif est incompétent s'agissant de nuisances sonores et d'empiètement ; subsidiairement, la commune fait valoir que la décision attaquée est conforme aux dispositions du règlement du Plan local d'urbanisme et notamment à l'article UE 7 du plan local d'urbanisme.
Par une ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 août 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code forestier ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 juin 2023 :
- le rapport de M. Riffard ;
- les conclusions de M. Cros, rapporteur public ;
- et les observations de Me Guisiano, représentant M. et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a déposé le 23 avril 2020 une déclaration préalable afin, d'une part, de remplacer une piscine existante située dans le prolongement d'une construction existante située sur la parcelle cadastrée section BN n° 725 sise 35 B allée du Trélus, lieu-dit " Cap Brun " au sein de la zone UE du plan local d'urbanisme de la commune de Toulon et, d'autre part, de procéder à des travaux de ravalement des façades de cette construction. Par une décision du 6 juillet 2020, le maire de Toulon ne s'est pas opposé à ces travaux. M. D, propriétaire de la parcelle cadastrée section BN n° 726 qui jouxte au sud le terrain d'assiette, doit être regardé comme demandant au Tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par ce texte sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle la déclaration préalable est sollicitée que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers et il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la sécurité publique justifient une décision d'opposition à déclaration préalable sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
3. Le requérant soutient que la piscine projetée en contrehaut de sa maison, à un peu plus de 2 mètres de sa clôture et à presque 3 mètres de son sous-sol, constitue un danger, surtout pour la sécurité de ses enfants dont la principale aire de jeu est située en contrebas. A supposer qu'il ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il n'apporte aucun commencement de preuve de l'existence d'un risque d'effondrement de cette construction. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. ".
5. Les autorisations d'utilisation du sol, qui sont accordées sous réserve des droits des tiers, ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la réglementation d'urbanisme. Dans ces conditions, le requérant ne saurait utilement faire valoir, au soutien de son recours contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par Mme E, que les études de construction de sa propre maison n'ont pas pris en compte les travaux de création de la piscine litigieuse, que celle-ci ainsi que son local technique sont de nature à créer des nuisances sonores et visuelles et enfin que les plans joints à la déclaration préalable comportent une erreur caractérisant un empiètement sur sa propriété.
6. En troisième lieu, M. D sollicite la production par la pétitionnaire d'une étude de sol, d'une étude béton et d'un plan détaillé indiquant l'endroit où se fera la vidange des eaux de la piscine ainsi que de toutes les eaux de pluie. Toutefois, ce moyen est dépourvu de précisions suffisantes pour permettre d'en apprécier le bien-fondé, faute pour le requérant d'indiquer les dispositions du code de l'urbanisme relatives au contenu du dossier de déclaration préalable qui auraient exigé la production de telles pièces.
7. En quatrième lieu, si le requérant invoque à plusieurs reprises la distance entre le projet et son propre fonds, il ne soulève pas, même implicitement, la violation des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 6 juillet 2020 du maire de la commune de Toulon portant non-opposition à la déclaration préalable déposée par Mme E, doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. D les frais exposés par M. et Mme E dans la présente instance et non compris dans les dépens.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. et Mme E tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la commune de Toulon et à M. et Mme B et A E.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Riffard, premier conseiller,
M. Bailleux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 21 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé :
D. RIFFARD
Le président,
Signé :
J-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026