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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002599

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002599

vendredi 31 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002599
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBOCHNAKIAN & LARRIEU-SANS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2020, M. D A B, représenté par Me Bochnakian, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2020 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation administrative, après avoir saisi la commission du titre de séjour et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A B soutient que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière tenant à l'absence de consultation de la commission de titre de séjour en dépit d'une résidence effective en France depuis 10 ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2022, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Le préfet conteste chacun des moyens invoqués.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du Tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport, en l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né en 1962, a sollicité le 24 juin 2020 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 14 septembre 2020, le préfet du Var a refusé de lui délivrer le titre demandé. M. A B demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. () ".

3. Si M. A B soutient résider habituellement en France depuis dix ans, les pièces qu'il produit au titre de l'année 2010, constituées d'inscriptions à Pôle Emploi et à l'Aide Médicale d'Etat en mars et avril 2010, d'une attestation d'hébergement par une tierce personne, ainsi que d'une facture d'achat en septembre 2010 et de réception de virements bancaires, ne permettent de justifier que de présences ponctuelles en France au cours de l'année 2010. Les pièces, plus nombreuses, produites au titre de l'année 2011, ne permettent d'établir une présence régulière sur le territoire français qu'à compter du mois d'avril 2011. Si M. A B expose notamment que les cachets sur ses passeports montrent qu'il a quitté l'Europe via le territoire italien le 17 novembre 2010 pour revenir le 30 novembre 2010 en Italie, cette circonstance ne démontre nullement une résidence habituelle en France à cette époque. En outre, M. A B s'est vu délivré par les autorités italiennes un titre de séjour à durée illimitée le 8 octobre 2010. Le préfet du Var soutient sans être contredit que la délivrance de ce titre nécessite de justifier de 5 années de présence régulière dans le pays, de ressources suffisantes et d'une activité professionnelle attestant de la pérennité des ressources. Le représentant de l'Etat ajoute que M. A B était manifestement très bien intégré en Italie.

4. Compte tenu de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur le caractère habituel de la résidence en France de M. A B à compter du mois d'avril 2011, celui-ci n'est pas fondé à soutenir avoir fixé sa résidence habituelle sur le territoire français depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière, tenant à l'absence de consultation de la commission de titre de séjour en dépit d'une résidence effective en France depuis 10 ans, doit être écarté.

Au demeurant, M. A B ne justifie d'aucune considération humanitaire ou de motifs exceptionnels ouvrant droit à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il n'y a donc pas lieu d'annuler la décision attaquée.

6. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Faucher, première conseillère,

M. Quaglierini, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.

Le président, rapporteur,

signé

J-F C

L'assesseure la plus ancienne,

signé

S. Faucher

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/ la greffière en chef,

Le greffier,

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