vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2002703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CONSALVI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2020, la SCI "le jardin de gracieuse", représentée par Me Consalvi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté lui ayant été notifié le 5 août 2020 par lequel le maire de la commune de Solliès-Toucas a, d'une part, retiré le permis de construire accordé le 14 mai 2020 pour la construction d'un bâtiment comprenant deux logements et deux garages sur un terrain situé à Solliès-Toucas, cadastré Section 131 AK 545, d'autre part, refusé sa demande de permis de construire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Solliès-Toucas une somme de
3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le maire de la commune de Solliès-Toucas :
- a commis une erreur de droit en se croyant lié par l'avis défavorable rendu par la Direction départementale des territoires et de la mer du Var sur le projet ;
- a commis une erreur manifeste d'appréciation en établissant un risque pour la sécurité publique par la seule circonstance que le terrain d'assiette du projet se situe en zone inondable.
La requête a été communiquée le 15 octobre 2020 à la commune de Solliès-Toucas et cette dernière a été mise en demeure le 18 mai 2022 de présenter un mémoire en défense.
Par ordonnance du 26 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 septembre de la même année.
Une note en délibéré présentée pour la SCI "le jardin de gracieuse" a été enregistrée le 27 juin 2023 et non communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Consalvi, représentant la SCI "le jardin de gracieuse".
Considérant ce qui suit :
1. La SCI "le jardin de gracieuse" a déposé une demande de permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment comprenant deux logements et deux garages sur son terrain situé dans la commune de Solliès-Toucas, cadastré Section 131 AK 545. Par arrêté du 14 mai 2020, le maire de la commune de Solliès-Toucas lui a délivré un permis de construire mais, par courrier du 23 juillet 2020, le nouveau maire de la commune l'a informée de son intention de procéder au retrait de ce dernier et l'a invitée à produire ses observations dans le cadre d'une procédure contradictoire. Consécutivement aux observations présentées par l'intéressée le 28 juillet 2020, le maire de Solliès-Toucas a procédé au retrait de l'arrêté du 14 mai 2020 et au refus du permis de construire. Par cette requête, la SCI "le jardin de gracieuse" entend contester ces décisions.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 612-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une des parties appelées à produire un mémoire n'a pas respecté le délai qui lui a été imparti en exécution des articles R. 611-10, R. 611-17 et R. 611-26, le président de la formation de jugement () peut lui adresser une mise en demeure ". En vertu des dispositions de l'article R. 612-6 du même code : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. Malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 18 mai 2022, la commune de Solliès-Toucas n'a produit aucun mémoire en défense. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est en lui-même sans conséquence sur la qualification juridique au regard des textes sur lesquels l'administration s'est fondée ou dont le requérant revendique l'application.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que pour procéder au retrait du permis de construire délivré et s'y opposer, le maire de la commune de Solliès-Toucas, d'une part, s'est fondé sur l'avis de la Direction départementale des territoires et de la mer du Var ayant relevé un aléa inondation fort à très fort mesuré par le bureau d'étude EGIS dans ses dernières études de 2019 au niveau de l'emprise de la construction projetée. D'autre part, il a relevé que le terrain d'assiette du projet est en partie situé en zone classée rouge au prochain plan de prévention des risques naturels en cours d'élaboration. Ainsi, en relevant ces deux circonstances, le maire de la commune de Solliès-Toucas ne s'est pas estimé lié par l'avis défavorable rendu par la Direction départementale des territoires et de la mer du Var et, partant, n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe en " centre urbain dense " tel que le définit le préfet du Var dans son " porter à connaissance " du 21 mars 2019 relatif à l'" aléa inondation par ruissellement sur la commune de Solliès-Toucas et lié à la présence du Gapeau ". Il est constant que l'aléa fort à très fort dans cette zone n'interdit pas les constructions nouvelles à usage d'habitation mais les soumet à des conditions cumulatives. Pour procéder au retrait et au refus du permis de construire demandé par la requérante, le maire de Solliès-Toucas lui oppose la circonstance d'un aléa inondation fort à très fort au niveau de l'emprise des pavillons qui placera le terrain d'assiette du projet en zone rouge au prochain plan de prévention des risques naturels en cours d'élaboration. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le projet est conforme aux préconisations du préfet dans son " porter à connaissance " précité, respectant notamment les principales caractéristiques consistant à surélever les planchers des constructions à 0,40 m au-dessus de la cote de crue de référence. D'autre part, si une aggravation de l'aléa inondation a été relevée par la Direction départementale des territoires et de la mer du Var de nature à faire évoluer le zonage du prochain plan de prévention des risques naturels en cours d'élaboration, le maire de Solliès-Toucas ne saurait légitimement interdire les constructions envisagées en opposant cette évolution sans justifier que la délivrance du permis de construire sollicité assorti de prescriptions spéciales, s'ajoutant à celles édictées par le plan de prévention dans cette zone, ne suffirait pas à maîtriser le risque inondation.
7. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté lui ayant été notifié le 5 août 2020 portant retrait et refus du permis de construire demandé.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Solliès-Toucas une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la SCI "le jardin de gracieuse" et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la commune de Solliès-Toucas notifié le 5 août 2020 portant retrait et refus de permis de construire est annulé.
Article 2 : La commune de Solliès-Toucas versera à la SCI "le jardin de gracieuse" la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI "le jardin de gracieuse" et à la commune de Solliès-Toucas.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Quaglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
B. QUAGLIERINI
Le président,
Signé
JF. SAUTON
La greffière,
Signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026