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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2002983

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2002983

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2002983
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantBOREL & DEL PRETE SCP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2020, Mme B C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du directeur départemental des finances publiques du Var du 1er octobre 2020 par laquelle il lui a refusé le bénéfice de l'aide à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre du mois de juillet 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui accorder l'aide demandée.

Elle soutient que :

- elle exerce une activité professionnelle dans le secteur de l'évènementiel, principalement sportif, depuis 2018, soit en qualité d'autoentrepreneur, soit dans le cadre de cadre de contrats d'intérim ou de contrats à durée déterminée ;

- elle a élargi son activité professionnelle en janvier 2020 en déclarant un code A plus étendu de " communication, relations publiques " ;

- le confinement a mis un coup d'arrêt à son activité professionnelle et elle a bénéficié d'une aide en mars 2020 au titre d'une mission réalisée pour une agence événementielle ;

- elle a sollicité au titre du mois de juillet 2020 la prise en compte de l'annulation du Grand Prix de Formule 1 du Castellet pour lequel elle était intervenue l'année précédente;

- le refus qui lui a été opposé n'est pas justifié au regard de la nature de la prestation effectuée en juillet 2019.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 7 mai 2021, l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) Provence Alpes Côte-d'Azur, représentée par la SCP Borel et Del Prete, conclut à ce qu'elle soit mise hors de cause du présent litige.

Elle soutient qu'elle n'est pas l'auteur de la décision contestée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Sylvie Wustefeld, rapporteure publique,

- et les observations de Me Baillargeon représentant l'URSSAF Provence Alpes Côte-d'Azur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C exerce une activité indépendante de " conseil en relations publiques et communication ", depuis novembre 2018, à Sainte-Maxime. Elle a demandé à bénéficier du dispositif d'aide exceptionnelle versé par le fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 au titre du mois de juillet 2020. Par une décision du 1er octobre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision et le versement de l'aide correspondant au mois de juillet 2020.

2. Aux termes, d'une part, de l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 susvisée, dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 : " Il est institué, jusqu'au 31 décembre 2020, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. / Sa durée d'intervention peut être prolongée par décret pour une durée d'au plus trois mois. " Et aux termes de l'article 3 de cette ordonnance : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds. () ".

3. Aux termes, d'autre part, de l'article 1er du décret n° 2020-371 modifié du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Le fonds mentionné par l'ordonnance du 25 mars 2020 susvisée bénéficie aux personnes physiques et personnes morales de droit privé résidentes fiscales françaises exerçant une activité économique, ci-après désignées par le mot : entreprises () ". Aux termes de l'article 3-8 de ce décret, créé par le décret n° 2020-1053 du 14 août 2020 : " Les aides financières attribuées aux entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret et prévues à l'article 3-9 prennent la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires, subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juillet 2020 et le 30 septembre 2020, par les entreprises qui remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue au cours de la période mensuelle considérée ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % au cours de la période mensuelle considérée : / - par rapport à la même période de l'année précédente ; / - ou, si elles le souhaitent, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ; / - ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ; () 6° Elles ont débuté leur activité avant le 10 mars 2020. / 6° bis Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 du présent décret et ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 15 mars 2020 et le 15 mai 2020 par rapport à la même période de l'année précédente ou, si elles le souhaitent, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ramené sur deux mois ou, pour les entreprises créées après le 15 mars 2019, par rapport au chiffre d'affaires réalisé entre la date de création de l'entreprise et le 15 mars 2020 ramené sur deux mois ; / 7° Leur effectif est inférieur ou égal à vingt salariés. Ce seuil est calculé selon les modalités prévues par le I de l'article L. 130-1 du code de la sécurité sociale ; / 8° Le montant de leur chiffre d'affaires constaté lors du dernier exercice clos est inférieur à deux millions d'euros. Pour les entreprises n'ayant pas encore clos d'exercice, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 doit être inférieur à 166 666 euros. Pour les entreprises créées après le 1er mars 2020, le chiffre d'affaires réalisé jusqu'au 15 mars 2020 et ramené sur un mois doit être inférieur à 166 666 euros. ". Et aux termes de l'article 3-9 de ce décret : " Les entreprises mentionnées à l'article 3-8 du présent décret ayant subi une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 1 500 euros perçoivent une subvention d'un montant forfaitaire de 1 500 euros. / Les entreprises mentionnées à l'article 3-8 du présent décret ayant subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 1 500 euros perçoivent une subvention égale au montant de cette perte. () ".

4. L'article 1er de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 a institué un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation. En application de l'article 3 de cette ordonnance, le décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation a fixé le champ d'application du dispositif et les conditions d'éligibilité aux aides allouées par ce fonds.

5. En application des dispositions des articles 2 et suivant du décret du 30 mars 2020 modifié, les entreprises peuvent être éligibles mensuellement à l'octroi des aides du fonds de solidarité à compter du 1er mars 2020, si elles remplissent, entre autres, la condition d'avoir fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public ou d'avoir subi une perte de 50 % de leur chiffre d'affaires par rapport à la même période de l'année précédente. Dans ce dernier cas, le principe et le montant de l'aide (plafond de 1 500 euros ou de 10 000 euros) sont conditionnés, de manière variable selon les mois considérés, à la circonstance que l'entreprise exerce son activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou dans un secteur mentionné à l'annexe 2 du même décret ou qu'elle soit, le cas échéant, située dans une zone de couvre-feu.

6. Si la liste des secteurs d'activité éligibles énumérés aux annexes 1 et 2 du décret du 30 mars 2020 modifié recoupe partiellement certains intitulés de la nomenclature utilisée dans le système d'identification du répertoire des entreprises (SIREN) et du code dit A (activité principale exercée) de l'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), et si le code A constitue un élément dont l'administration fiscale peut tenir compte lorsqu'elle réalise, le cas échéant, un contrôle de cohérence entre les éléments déclarés par l'entreprise dans son formulaire de demande d'aide au titre du fonds de solidarité et les éléments dont elle dispose pour vérifier si l'activité principale déclarée relève ou non de ces secteurs, il ne résulte d'aucune des dispositions de ce décret, ni de ses annexes, que le numéro SIREN ou le code A attribué par l'INSEE lors de la création de l'entreprise ou modifié ultérieurement à l'initiative de l'entreprise soit le critère retenu pour apprécier l'éligibilité d'une demande d'aide au titre du fonds de solidarité, laquelle dépend, ainsi que cela résulte des prévisions du 6 bis de l'article 3-8 précité du décret du 30 mars 2020 modifié, de l'activité principale exercée par l'entreprise.

7. Mme C se borne à faire valoir son curriculum vitae ainsi qu'une unique facture de juin 2019 pour une prestation de " superviseur zone stationnement " au bénéfice du GIP Grand prix de France pour étayer la réalité de son activité dans le secteur évènementiel. Ces éléments ne sont pas suffisants pour établir l'exercice de l'activité de " Organisation de foires, évènements publics ou privés, salons ou séminaires professionnels, congrès " énumérée à l'annexe 1 du décret du 30 mars 2020 ou de l'une des autres activités éligibles énumérées aux annexes 1 et 2 de ce décret. La circonstance qu'elle aurait bénéficié de cette aide au titre d'un mois antérieur est, à cet égard, sans incidence sur l'appréciation concrète de l'activité qu'elle exerce effectivement et sur la légalité de la décision en litige. De même, les réponses qui lui ont été apportées par l'URSSAF Provence-Alpes-Côte-d'Azur au titre d'autres dispositifs d'aide sont sans incidence sur la légalité de la décision défavorable en litige. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er octobre 2020 relative au mois de juillet 2020 au motif que c'est à tort que l'administration des finances publiques a estimé que l'activité principale qu'elle exerce ne relève pas de l'un des secteurs mentionnés en annexe 1 ou en annexe 2 du décret du 30 mars 2020 modifié.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision du 1er octobre 2020 doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions accessoires tendant au prononcé d'une injonction et à ce que soit mis à la charge de l'État le versement d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var et à l'URSSAF Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Harang, président,

M. Silvy, premier conseiller,

M. Lamarre, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

J.-A. SILVY

Le président,

Signé

Ph. HARANGLa greffière,

Signé

A.CAILLEAUX

La République mande et ordonne au ministre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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