jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BARTHELEMY - DESANGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 17 novembre 2020, la SAS Les Dunes, représentée par Me Barthélemy, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 22 juillet 2020 par le comptable du centre des finances publiques de Grimaud sous la référence n° 549 pour un montant total de 5 000 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Ramatuelle une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire émis le 22 juillet 2020 et signifié au cours du mois d'août 2020 est irrégulier en la forme dès lors qu'il ne comporte pas l'indication nominative du gérant en tant que représentant légal de la société ;
- le titre exécutoire émis le 22 juillet 2020 méconnaît les prévisions de l'article
L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et la réponse ministérielle n° 1803 du 4 novembre 2002 prise pour son application s'agissant des mentions qui doivent figurer sur un avis de somme à payer ;
- le titre exécutoire aurait dû être annexé et visé avec le procès-verbal d'infraction ainsi qu'avec les justificatifs relatifs au signataire de ce procès-verbal et à la notification régulière de ce dernier ;
- aucune décision judiciaire n'est intervenue qui justifierait que lui soit infligé une condamnation à payer la somme de 5 000 euros à raison de nuisances sonores ;
- d'autres établissements de plage sont présents sur la plage de Ramatuelle lesquels pourraient avoir produit les nuisances sonores qui lui sont reprochées ;
- la présomption d'innocence garantie par le second alinéa de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le droit d'accès à un tribunal répressif ont été méconnus ;
- la démonstration de nuisances sonores devait se fonder sur des constatations par des appareils adaptés et non par une simple appréciation " à l'oreille " ;
- le procès-verbal de constatation de l'infraction aurait dû être transmis au Procureur de la République pour qu'il décide des suites à lui donner, ce dont il n'est pas justifié.
Par une lettre, enregistrée le 21 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var, fait valoir qu'il n'est pas compétent pour présenter des observations en défense sur ce litige.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 20 janvier 2021, la commune de Ramatuelle, représentée par Me Parisi, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la SAS
Les Dunes à lui verser la somme de 2 500 € sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- certaines conclusions de la requête tendant aux fins de " voir déclarer nul " le titre exécutoire n° 549 sont irrecevables dès lors qu'il n'entre pas dans l'office du juge de procéder à des déclarations de droit ;
- la requête est irrecevable dès lors que son gérant n'était pas son représentant légal et n'avait pas qualité pour introduire cette action en son nom ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations du public avec l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Sylvie Wustefeld, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duran-Stephan, représentant la commune de Ramatuelle.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Ramatuelle est concessionnaire de la plage naturelle de Pampelonne par l'effet de l'arrêté préfectoral du 7 avril 2017 modifié. Après appel à la concurrence, la commune a sous-concédé pour une durée de douze années le lot de plage n° E2 - 22 dans la zone Zp2, correspondant à une surface de domaine public maritime de 1540 m², à la SARL 24 GV par un sous-traité d'exploitation n° 2019-2030 du 19 octobre 2018. La SAS Les Dunes a été constituée par la SARL 24 GV aux fins d'assurer sur ce site l'exploitation d'un restaurant-plage. Cette dernière société a reçu un avis de sommes à payer portant ampliation d'un titre de recettes n° 2020/549 émis le 22 juillet 2020 d'un montant de 5 000 euros correspondant à des pénalités pour nuisances sonores du 10 juin 2020. Par la présente requête, la SAS Les Dunes demande au tribunal, l'annulation de ce titre de recettes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. () ". Et aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'État, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir. () ".
3. Et aux termes, d'autre part, de l'article 16 du traité du 19 octobre 2018 : " () 16.2 Préservation de la tranquillité publique. La plage naturelle de Pampelonne est un espace remarquable du littoral. La commune entend préserver le site comme lieu de nature, de calme et de détente. De surcroit, le service public délégué, en relation directe avec l'exploitation d'une plage, ne saurait relever des dispositions du code de l'environnement relatives aux lieux de diffusion de musique amplifiée (discothèques). Le délégataire s'engage donc spécialement, de par l'acceptation du contrat de délégataire, à ce que son activité ne génère aucune nuisance sonore. Il est spécialement convenu à ce titre qu'imposer l'audition de musique à son voisinage, au-delà des limites du lot de plage, constitue une nuisance sonore, et que cette nuisance sera constatée par tout agent assermenté de la commune sans qu'il soit fait usage d'un matériel de type sonomètre. () ".
4. En premier lieu, il ne ressort ni des dispositions du code général des collectivités territoriales, ni de celles du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012, ni d'aucune autre disposition législative ou règlementaire qu'un titre de recette ou une ampliation d'un titre de recette devrait indiquer la qualité du représentant légal de la personne morale redevable des sommes en cause. Dès lors, l'absence d'une telle indication sur le titre de recette ou sur l'avis de sommes à payer en litige est sans incidence sur la légalité de ces documents.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". En vertu de ces dispositions, la mise en recouvrement d'une créance doit comporter, soit dans le titre de perception lui-même, soit par la référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance.
6. Il ressort de la lettre de l'avis de sommes à payer portant ampliation du titre de recettes n° 2020/549 du 22 juillet 2020 que celui-ci expose la nature et la justification des sommes ainsi mises à la charge de la SAS Les Dunes, soient des pénalités pour nuisances sonores du 10 juin 2020 constatées par un PV n° 2020-000007 notifié le 14 juin 2020 et précise que ces pénalités ont fait l'objet d'un courrier du maire de la commune de Ramatuelle du 12 juin 2020, que la société requérante ne conteste pas avoir reçu. Par ailleurs, dès lors que ces éléments permettaient à la société de connaître de manière suffisamment précise les bases de liquidation de la pénalité mise à sa charge, il n'y avait pas lieu d'accompagner ce titre de recettes d'autres justificatifs et notamment de la preuve de la notification effective du procès-verbal du 10 juin 2020. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le titre de recette émis le 22 juillet 2020 serait entaché d'irrégularité au regard de l'exigence fixée par l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 d'indication des bases de liquidation doit être écarté.
7. En troisième lieu, s'il résulte du procès-verbal d'infraction du 10 juin 2020 que
celui-ci a été dressé par un agent de la police municipale de Ramatuelle ayant la qualité d'agent de police judiciaire et qu'il a été adressé au ministère public près le tribunal de police de Fréjus, il résulte de l'instruction que la somme en litige n'était pas la conséquence d'une condamnation par une juridiction répressive et ne s'inscrivait pas dans le cadre d'une procédure pénale mais résultait de la seule mise en œuvre des stipulations pénales prévues à l'article 16.2 du traité de sous-concession à la requérante d'un lot du domaine public pour l'exploitation d'un établissement balnéaire du 19 octobre 2018. Les moyens relatifs au respect de la présomption d'innocence, à l'accès à un tribunal répressif indépendant et à une obligation de transmission préalable au Procureur de la République du procès-verbal d'infraction doivent, par suite, être écartés.
8. En quatrième lieu, la matérialité des faits reprochés à l'établissement exploité par la société requérante est suffisamment établie par les constatations des agents de police municipale qui ont pu, conformément aux prévisions précitées de l'article 16.2 du traité de sous-concession, identifier, sans être tenu de recourir à instrumentation spécifique, une nuisance sonore à près de deux cent mètres de l'établissement avant de déterminer de manière certaine la source de cette nuisance. Le moyen tiré de ce que les nuisances constatées pourraient provenir d'autres établissements proches, doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions aux fins d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais de justice:
10. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le Tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la SAS Les Dunes doivent, dès lors, être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette société la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Ramatuelle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Les Dunes est rejetée.
Article 2 : La SAS Les Dunes versera à la commune de Ramatuelle une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Les Dunes, à la commune de Ramatuelle et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Silvy, premier conseiller,
M. Lamarre, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
J.-A. SILVY
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026