vendredi 13 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CARLHIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 novembre 2020 et 17 juin 2022,
M. A C, représenté par Me Carlhian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2020 n° 2020-621 par laquelle le président
du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var a établi la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne après examen professionnel ;
2°) d'annuler la décision du 7 septembre 2020 n° 2020-620 par laquelle le président
du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var a établi la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne après appréciation
de la valeur professionnelle des agents ;
3°) d'annuler les décisions par lesquelles la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération a refusé de proposer son nom en vue de son inscription
sur les listes des agents d'aptitude au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne ;
4°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération de procéder à son inscription sur la liste d'aptitude au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne, dans le délai de quinze jours à compter de la notification
de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération de réexaminer sa situation en vue d'une proposition d'inscription sur les listes d'aptitude au grade d'agent de maîtrise, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ; les décisions existent ; il s'agit de décision implicites
de rejet suite à sa demande d'inscription du 6 juin 2019 ;
- sa requête est assortie de moyens de fait et de droit pour chaque décision contestée ;
En ce qui concerne l'arrêté n° 2020-621 du 7 septembre 2020 relatif à la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne après examen professionnel :
- il n'est pas établi que la liste d'agents ait été proposée par une autorité compétente ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit ; il remplissait les conditions de l'article 6
du décret n°88-547 du 6 mai 1988 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents
de maîtrise territoriaux fixe les conditions suivantes pour les inscriptions sur les listes d'aptitudes ; il comptabilise donc plus de 10 années d'expériences dans un cadre d'emploi technique ; il a été admis à l'examen professionnel prévu pour la promotion au grade d'agent
de maîtrise en juin 2019 ; il avait vocation à être inscrit sur la liste d'aptitude sans appréciation de sa valeur professionnelle ; aucun déficit de poste n'est établi ; deux collègues, qui exerçaient dans le même service et qui ont passé l'examen en même temps que lui, figurent sur la liste ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 ; il est entaché de rupture d'égalité de traitement entre les agents ; son omission de la liste d'aptitude au grade d'agent de maîtrise est fondée sur un motif discriminatoire lié
aux dénonciations de harcèlement moral qu'il a formulées auprès de sa hiérarchie ;
En ce qui concerne l'arrêté n° 2020-620 du 7 septembre 2020 relatif à la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne après appréciation de la valeur professionnelle des agents :
- l'autorité territoriale n'a pas procédé à un examen de sa valeur professionnelle avant de proposer une liste d'agent excluant son nom au président du centre de gestion ;
- l'autorité territoriale n'a pas tenu à la disposition de la commission administrative paritaire les éléments tirés de sa situation sur lesquels elle s'est réellement fondée pour écarter son nom du projet de liste d'aptitude ;
- il remplissait les conditions prévues à l'article 6 du décret n°88-547 du 6 mai 1988 pour figurer sur la liste d'aptitude ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 ; il est entaché de rupture d'égalité de traitement entre les agent ; son omission de la liste d'aptitude au grade d'agent de maîtrise est fondée sur un motif discriminatoire lié
aux dénonciations de harcèlement moral qu'il a formulées auprès de sa hiérarchie ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa valeur professionnelle ;
sa manière de servir justifiait son inscription ; il a exercé des fonctions de responsable qui relèvent du grade d'agent de maîtrise ; il a une ancienneté de 17 ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2021, la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération, représentée par Me Petit, conclut
au rejet de la requête et que soit mise à la charge de M. C la somme de 1 500 euros
en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre les décisions par lesquelles la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération a refusé de proposer son nom en vue de son inscription sur les listes des agents d'aptitude au grade d'agent de maîtrise au titre
de la promotion interne sont irrecevable dès lors que le requérant ne produit pas ces décisions ;
- le requérant ne soulève aucun moyen d'illégalité à l'encontre de ces décisions ;
les moyens ne sont articulés que contre les deux arrêtés du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, le centre de gestion
de la fonction publique territoriale du Var, représentée par Me Boukheloua, conclut au rejet
de la requête et que soit mise à la charge de M. C la somme de 5 000 euros
en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier en date du 6 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement
est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus, née deux mois après le 6 juin 2019,
soit le 6 août 2019, car présentées hors du délai de recours contentieux.
Une réponse à ce moyen d'ordre public a été enregistrée le 8 décembre 2022 pour
M. C.
Une réponse à ce moyen d'ordre public a été enregistrée le 8 décembre 2022
pour le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°88-547 du 6 mai 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 décembre 2022 :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- les observations de Me Desousa représentant M. C,
-celles de Me Deguerry, représentant la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération,
- et celles de Me Boukheloua représentant le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est agent technique principal de deuxième classe au sein
de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération. Le 4 juin 2019,
il réussit l'examen professionnel d'accès par la voie de la promotion interne au grade d'agent
de maîtrise territorial. Par deux arrêtés du 7 septembre 2020, n° 2020-621 et n°2020-620,
le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var a établi les listes d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne après examen professionnel et au titre de la promotion interne. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés, ainsi que les décisions par lesquelles la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération a refusé de proposer son nom en vue de son inscription sur les listes d'aptitude au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération rejetant la demande de promotion :
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où
le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ". D'autre part,
en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration,
ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions
de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles " toute demande adressée
à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6
qui dispose que " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ". Enfin, l'article L. 231-4 de ce même code prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet
dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
3. En l'espèce, il n'est pas contesté que par courrier du 6 juin 2019, suite à sa réussite à l'examen professionnel d'accès par la voie de la promotion interne au grade d'agent de maîtrise territorial, M. C a demandé à la communauté d'agglo à bénéficier de la promotion interne correspondante. Le silence gardé par l'autorité administrative sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 6 août 2019. En application des dispositions précitées
du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, et alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande et n'a pas informé l'intéressé du délai
au terme duquel naît une décision implicite de rejet, le délai de recours contre cette décision implicite a couru à compter de cette date, M. C étant ainsi recevable à la contester jusqu'au 7 octobre 2019. En l'absence de notification dans ce délai d'une décision expresse
de rejet, laquelle n'est finalement intervenue que le 8 novembre 2019, la décision implicite
de rejet est devenue définitive, la décision confirmative du 8 novembre 2019 n'ayant pu rouvrir un nouveau délai de recours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision implicite de rejet sont tardives.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction
est saisie par requête. La requête indique les noms et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
5. Les conclusions à fin d'annulation des décisions dont s'agit de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération ne contiennent l'exposé
d'aucun moyen et n'ont pas été régularisées par la production d'un mémoire complémentaire exposant un ou plusieurs moyens de droit dans le délai de recours contentieux. Par suite,
ces conclusions sont manifestement irrecevables.
En ce qui concerne les deux arrêtés du 7 septembre 2020 :
6. Aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " En vue de favoriser la promotion interne,
les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration ou à une organisation internationale intergouvernementale, non seulement par voie de concours, selon les modalités définies au 2° de l'article 36, mais aussi par la nomination de fonctionnaires ou de fonctionnaires internationaux, suivant l'une
des modalités ci-après : / 1° Inscription sur une liste d'aptitude après examen professionnel ;
/ 2° Inscription sur une liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire compétente, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. / Les listes d'aptitude sont établies par l'autorité territoriale pour
les collectivités non affiliées à un centre et par le centre pour les fonctionnaires des cadres d'emploi, emplois ou corps relevant de sa compétence, sur proposition de l'autorité territoriale ". Aux termes de l'article 5 du décret du 6 mai 1988 portant statut particulier
du cadre d'emplois des agents de maîtrise territoriaux : " Le recrutement en qualité d'agent
de maîtrise intervient après inscription sur les listes d'aptitude établies () 1° En application des dispositions du 1° et du 2° de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 précitée ". Aux termes de l'article 6 du même texte : " Peuvent être inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 1°
de l'article 5 / 1° Les adjoints techniques principaux de 2e et de 1re classes ou les adjoints techniques principaux de 2e et de 1re classes des établissements d'enseignement ou les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles comptant au moins neuf ans de services effectifs dans un ou plusieurs cadres d'emplois techniques ou dans le cadre d'emplois des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles ; / 2° Les adjoints techniques territoriaux ou
les adjoints techniques territoriaux des établissements d'enseignement comptant au moins sept ans de services effectifs dans un ou plusieurs cadres d'emplois techniques ou les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles comptant au moins sept ans de services effectifs dans leur cadre d'emplois et admis à un examen professionnel. / Les fonctionnaires mentionnés au 2° peuvent être recrutés en qualité d'agents de maîtrise territoriaux à raison d'un recrutement pour deux nominations prononcées au titre du 1° ci-dessus dans la collectivité ou l'établissement ou l'ensemble des collectivités et établissements affiliés à un centre de gestion ".
S'agissant de l'arrêté n° 2020-621 du 7 septembre 2020 établissant la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre de la promotion interne après examen professionnel :
7. En premier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté n°2020-621 serait entaché d'illégalité externe dès lors qu'il aurait été pris à partir d'une liste d'agents soumise par
une autorité incompétente, il ressort au contraire des pièces du dossier que les services
des ressources humaines de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération ont transmis par courriel du 29 mai 2020 la liste des agents proposés en vue
de figurer sur la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre
de la promotion interne. Ce moyen sera donc écarté.
8. En deuxième lieu, si M. C soutient qu'il remplissait les conditions
de l'article 6 du décret n°88-547 du 6 mai 1988, la réussite à un examen professionnel d'agent
de maîtrise territorial ne donne pas au lauréat un droit à être nommé à ce grade, alors même que les conditions prévues par les dispositions législatives et règlementaires sont réunies, dès lors que cette promotion est fondée sur l'appréciation des valeurs professionnelles respectives et comparées des agents susceptibles d'être promus. Par suite, l'inscription au grade d'agent
de maîtrise territorial par liste d'aptitude ne constitue pas un droit pour M. C qui
n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaquée est entaché d'erreur de droit.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige :
" Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont
pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre
son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement,
la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle,
la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard
d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir
les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé
un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés ".
10. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs
de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont
il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements
en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction
du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis,
se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute,
en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
11. En l'espèce, M. C soutient que les arrêtés attaqués sont entachés
de rupture d'égalité de traitement entre les agents et qu'il ne figure pas sur la liste d'aptitude
au grade d'agent de maîtrise en raison de la dénonciation de harcèlement moral qu'il a formulée auprès de sa hiérarchie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que si des rapports conflictuels se sont installés entre M. C et un ancien collègue devenu son supérieur hiérarchique,
la rétrogradation professionnelle dont il s'estime victime consiste en réalité en une évolution des fonctions, en 2018, du poste de responsable suivi des prestataires de collecte, tri et valorisation au poste de chargé de mission optimisation des collectes. Cette évolution tient compte de l'intérêt du service dans ce contexte conflictuel. Une médiation a d'ailleurs été tentée, mais n'a pas abouti et une convention d'immersion lui a été proposée au sein d'un autre service pour éviter
les interactions avec son supérieur. En outre, l'évolution du type de forfait mobile et
la suppression du véhicule de fonction résultent de l'évolution de son poste. Il ressort
de l'ensemble du dossier que ce que M. C qualifie de harcèlement moral relève
en réalité d'une relation de travail conflictuelle. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les faits allégués feraient présumer d'une situation de harcèlement moral à l'encontre de M. C. Par suite, le fait qu'il ne figure pas sur la liste d'aptitude au grade d'agent de maîtrise est sans aucun lien démontré avec la dénonciation de harcèlement moral qu'il a formulée auprès de sa hiérarchie, au demeurant postérieurement à la transmission par courriel du 29 mai 2020 de la liste des agents proposés en vue de figurer sur la liste d'aptitude.
12. Enfin, il ne ressort pas du dossier et, en particulier, des mérites comparés
des agents réunissant les conditions statutaires pour être promus, que l'arrêté attaqué soit entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du n° 2020-620 du 7 septembre 2020 établissant la liste d'aptitude en vue de l'accès au grade d'agent de maîtrise au titre
de la promotion interne :
13. En premier lieu, si pour procéder à la consultation de la commission administrative paritaire (CAP) sur son projet de tableau annuel d'avancement au grade supérieur d'un corps et sur son projet de liste d'aptitude dans la catégorie supérieure, l'autorité administrative compétente n'est pas tenue de faire figurer l'ensemble des agents remplissant les conditions
pour être promus sur ces projets de tableau et de liste soumis à cette commission, en revanche, elle doit, d'une part, préalablement à la présentation de ces projets avoir procédé à un examen
de la valeur professionnelle de chacun des agents remplissant les conditions pour être promus et, d'autre part, tenir à la disposition de la commission administrative paritaire les éléments
sur lesquels elle s'est fondée pour établir ses projets de tableau et de liste après avoir comparé
les mérites respectifs des agents.
14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération a procédé à un examen de la valeur professionnelle
de M. C avant de transmettre la liste d'aptitude au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var. A ce titre, la communauté d'agglomération a considéré que M. C " n'a pas l'attitude requise pour occuper un poste d'agent de maîtrise (savoir rendre compte, savoir travailler en équipe, manager dans l'équité) ".
15. En deuxième lieu, la CAP s'est réunie le 7 septembre 2020. Il ressort du procès-verbal de cette CAP qu'un dossier complet comprenant les propositions individuelles retraçant
la carrière de chaque agent était tenu à la disposition des membres de la CAP. Aucun
de ses membres n'a formulé de demande auprès de la communauté d'agglomération s'agissant des agents promouvables dont le nom n'avait pas été proposé par cet établissement. Le requérant ne peut donc pas soutenir que les éléments permettant d'apprécier sa valeur professionnelle n'auraient pas été tenus à sa disposition. Ce moyen sera donc écarté.
16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8 du présent jugement, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'inscription au grade d'agent de maîtrise territorial par liste d'aptitude constitue un droit. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir
que l'arrêté attaquée est entaché d'erreur de droit.
17. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que
M. C présentait des qualités particulières qui auraient justifiées son inscription sur
la liste d'aptitude au grade d'agent de maîtrise. Il ressort notamment du courrier de
la communauté d'agglomération du 8 novembre 2019 que le conflit entre M. C et
son supérieur hiérarchique impacte la qualité de son activité, entraîne des retards dans
la restitution de son travail et détériore le collectif de travail. Si M. C invoque
une ancienneté de 17 ans, cet élément ne saurait à lui seul justifier son inscription sur la liste d'aptitude, pas plus que les postes qu'il a occupés ou les formations qu'il a suivies. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, il n'est pas établi qu'en n'inscrivant pas M. C sur la liste d'aptitude au grade d'agent de maîtrise, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des deux arrêtés du 7 septembre 2020, ainsi que des décisions par lesquelles
la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération a refusé de proposer son nom en vue de son inscription sur les listes d'aptitude au grade d'agent de maîtrise au titre
de la promotion interne. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte sont également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties
ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération et du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon agglomération et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Var.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Quaglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
S. B
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026