lundi 18 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | COLONNA D'ISTRIA & GASIOR |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 24 novembre 2020, la présidente du tribunal administratif de Marseille a, par application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Toulon la requête enregistrée le 3 août 2020, présentée par Mme B A.
Par cette requête, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 1er juillet 2019 par la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux dont il a été accusé réception le 1er octobre 2019 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 7 312,35 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- après compensation, elle n'a pas à verser la somme de 916,53 euros faisant l'objet du titre de perception en litige au titre d'un trop-perçu de rémunération, dès lors que l'administration n'a pas tenu compte des autres sommes dont elle reste redevable envers elle pour un montant global de 8 228,88 euros correspondant à des frais de transport (1 805 euros), à la nouvelle bonification indiciaire (4 200 euros) et à l'indemnité de congés non pris (2 223,88 euros) ;
- après déduction du trop-perçu de 916,53 euros, la somme que lui doit l'administration est donc de 7 312,35 euros, ce qui doit entraîner l'annulation du titre de perception et la condamnation de l'Etat à lui verser cette somme.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2020, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la procédure de recouvrement a été respectée ;
- seul l'ordonnateur est compétent pour se prononcer sur le bien-fondé du titre de perception.
La procédure a été communiquée au garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 septembre 2023 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été nommée éducatrice stagiaire au sein du corps des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse à compter du 1er février 2018 et affectée à l'unité éducative d'hébergement collectif de l'Escaillon à Toulon. A l'issue de son stage, le garde des sceaux, ministre de la justice, a décidé, par un arrêté du 11 avril 2019, de ne pas la titulariser et de la licencier pour insuffisance professionnelle à compter du 1er avril précédent. La requête présentée par l'intéressée contre cet arrêté a été rejetée par un jugement n° 1902203 rendu le 21 décembre 2020 par le tribunal administratif de Toulon, confirmé par un arrêt n° 21MA00815 rendu le 7 février 2023 par la cour administrative d'appel de Marseille. Afin de recouvrer un trop-perçu de rémunération sur la paye du mois de mai 2019, le garde des sceaux, ministre de la justice, a émis à son encontre le 1er juillet 2019 un titre de perception d'un montant de 916,53 euros, pris en charge par la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône. Mme A a formé contre ce titre une contestation par une lettre du 17 septembre 2019 dont la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône a accusé réception le 1er octobre suivant, et qu'elle a transmise le même jour à l'ordonnateur dont le silence gardé pendant un délai de six mois a fait naître une décision implicite de rejet le 12 juillet 2020, conformément aux dispositions combinées de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique et des articles 1er et 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période. Mme A demande principalement l'annulation de ce titre de perception et de la décision rejetant sa contestation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le principe de non-compensation des créances publiques fait obstacle à ce que puisse être invoquée à l'encontre des personnes publiques une compensation entre les créances détenues par elles et les créances détenues sur elles par un tiers. En l'espèce, Mme A, qui ne conteste pas le bien-fondé de la créance de 916,53 euros au titre d'un indu de rémunération faisant l'objet du titre de perception litigieux, se borne à soutenir que l'Etat serait redevable envers elle d'une dette de 8 228,88 euros au titre de frais de transports, d'une prime liée à la nouvelle bonification indiciaire et de l'indemnité de congés annuels non pris. Il résulte toutefois du principe qui vient d'être rappelé qu'un tel moyen tiré de la compensation entre dettes et créances de l'Etat est inopérant à l'encontre du titre de perception attaqué. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A contre ce titre et le rejet de sa contestation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de procéder à une compensation entre la créance de 916,53 euros détenue par l'Etat sur Mme A et la prétendue créance de cette dernière sur l'Etat pour un montant de 8 228,88 euros. Par conséquent, les conclusions de la requérante tendant à condamner l'Etat à lui verser la différence entre ces deux sommes, dont au demeurant il ne résulte pas de l'instruction qu'elles aient fait l'objet d'une demande indemnitaire préalable, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par Mme A.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au garde des sceaux, ministre de la justice, et au directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, et au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026