vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003355 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LLC ET ASSOCIES - BUREAU DE TOULON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 novembre 2020 et des mémoires enregistrés
les 17 décembre 2020 et 17 janvier 2022, M. B A, représenté par In Extenso Avocats par Me Lopasso, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2020 par lequel le maire des Mayons lui a refusé
la délivrance d'un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur un terrain cadastré 75A 1106 situé " Les Ribas " sur le territoire de la commune des Mayons, ensemble la décision implicite par laquelle le préfet du Var a rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé
le 28 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat et à la commune des Mayons de lui délivrer cette autorisation ;
3°) de mettre à la charge de la commune des Mayons une somme de 3 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a reçu cette propriété par donation en 2012 et avait obtenu un certificat d'urbanisme indiquant que seuls les accès ne permettaient pas la constructibilité compte tenu de la situation d'enclavement ; il a obtenu l'autorisation de défricher le terrain et, le 23 novembre 2018,
un nouveau certificat d'urbanisme ; il a déposé sa demande de permis de construire dans le délai de 18 mois de la délivrance du certificat d'urbanisme ; en vertu de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, les dispositions du règlement national d'urbanisme étaient ainsi applicables à son terrain ; le tribunal judiciaire de Draguignan a validé la servitude permettant le désenclavement du terrain ;
- l'acte a été pris par une autorité incompétente faute d'avoir précisé qu'il était pris au nom de l'Etat ; le maire n'a pas recueilli l'avis conforme du préfet ;
- aucun des motifs de refus n'est fondé ;
- s'agissant de l'application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le SDIS a émis un avis favorable et le dossier comporte une notice destinée à décrire les modalités selon lesquelles le terrain sera défendu contre l'incendie ; le jugement du tribunal de Draguignan accorde un accès d'une largeur de 4 mètres ;
- s'agissant de l'application de l'article R. 111-14 du code de l'urbanisme, le terrain est bien situé dans une partie urbanisée de la commune, à tout le moins la portion du terrain sur laquelle le projet sera implanté ; c'est du reste la description qu'en a faite le jugement du tribunal administratif de Toulon dont se prévaut la commune ; la valeur agronomique du terrain n'est pas établie ; les autorisations de défrichement ont été accordées et le commissaire enquêteur avait émis en son temps un avis favorable.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 décembre 2021 et 28 février 2022,
la commune des Mayons, agissant par son maire en exercice, représentée par la SELARL d'avocats LLC et Associés, par Me Marchesini, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive et, par suite, irrecevable ; aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé ; en tout état de cause, elle sollicite qu'un motif tiré de la méconnaissance des articles A1 et A2 du plan local d'urbanisme soit substitué aux motifs initialement opposés.
Par une ordonnance du 15 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 17 janvier 2022 à 12 heures.
Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 15 septembre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Disperati pour M. A, requérant et de Me Gonzalez-Lopez pour la commune des Mayons.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 21 juillet 2020 par lequel le maire des Mayons lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur un terrain cadastré 75A 1106 situé " Les Ribas " sur le territoire de la commune des Mayons, ensemble de la décision implicite par laquelle le préfet du Var a rejeté le recours hiérarchique qu'il a formé le 28 juillet 2020.
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () // b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. (). ".
3. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; // b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. // Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. (). " Toutefois, ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de conférer au titulaire d'un certificat d'urbanisme un droit acquis au bénéfice de dispositions d'urbanisme mentionnées dans ce certificat dans le cas où celles-ci n'étaient pas légalement applicables à la date à laquelle il a été délivré.
4. Il ressort de l'examen des pièces du dossier qu'à la date du 23 novembre 2018,
à laquelle un certificat d'urbanisme informatif a été délivré à M. A, le plan local d'urbanisme de la commune des Mayons, approuvé par délibération du 22 octobre 2022, était en vigueur et s'était substitué de plein droit aux dispositions du règlement national d'urbanisme antérieurement applicables, dans les conditions précisées par l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme aux termes duquel : " () Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à
R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu.() ". Il s'ensuit, contrairement à ce que soutient le requérant, d'une part, que le maire des Mayons était bien l'autorité compétente pour se prononcer, au nom de la commune et sans être tenu de solliciter l'avis conforme du préfet, sur la demande de permis de construire en litige, d'autre part, même si la demande avait été déposée dans les dix-huit mois de la délivrance du certificat d'urbanisme du 23 novembre 2018 et si la décision attaquée mentionne, à tort, que ce certificat d'urbanisme maintenait l'application du règlement national d'urbanisme au terrain d'assiette, qu'elle ne pouvait légalement être examinée qu'au regard du plan local d'urbanisme de la commune existant à la date dudit certificat et des dispositions du règlement national d'urbanisme restant applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme.
Il s'ensuit que la base légale de la décision attaquée et le motif opposé tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-14 du code de l'urbanisme sont erronés.
5. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif.
Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. Il ressort du dossier et n'est pas contesté que le terrain d'assiette de la construction projetée par M. A se situe en zone Ac du plan local d'urbanisme de la commune des Mayons, laquelle correspond, selon le règlement de ce plan : " () aux secteurs à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. // La zone A comprend : () Le sous-secteur Ac correspondant aux espaces agricoles destinés à l'exploitation des châtaigneraies. () ", dont l'article A 1 prescrit par principe l'interdiction des autres utilisations du sol et l'article A 2 restreint les occupations du sol pouvant être autorisées aux seuls aménagements ou constructions liés à une exploitation agricole ou à des équipements collectifs et services publics et aux extensions limitées des habitations existantes et leurs annexes. Il en résulte que l'édification d'une construction nouvelle à usage d'habitation telle que le requérant l'envisageait, ne pouvait légalement être autorisée. Par suite, dès lors, d'une part, que le maire des Mayons aurait pris la même décision s'il ne s'était initialement fondé que sur cet unique motif et, d'autre part, que la substitution de ce motif nouveau ne prive le requérant d'aucune garantie procédurale, la détermination, en application de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme,
de l'autorité compétente pour délivrer un permis de construire, n'ayant pas le caractère d'une telle garantie, il y a lieu, en l'espèce, de procéder à la substitution demandée.
7. En outre, le maire n'étant pas tenu de recueillir l'avis du préfet en application des dispositions précitées au point 2 de l'article L. 422-1-a, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, à les supposer même fondés, tous les moyens dirigés contre les deux motifs initialement retenus tirés de la méconnaissance des articles R. 111-2 et R. 111-14, ces dernières dispositions étant, du reste, inapplicables, doivent être écartés. Ainsi, et sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur sa recevabilité, la requête de M. A doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. Il n'y a pas lieu non plus, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune des Mayons tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune des Mayons tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la commune des Mayons.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller
Mme Bonmati, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
signé
D. BonmatiLe président,
signé
J-F Sauton Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026