lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2003609 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2020, Mme A B, représentée par Me Lanzarone, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de suspension prise à son encontre par le maire de la commune de Pourrières par arrêté du 29 octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de la rétablir dans ses droits sous astreinte de
100 euros par jours de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pourrières la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, le conseil de discipline n'a pas été saisi sans délai en méconnaissance de l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ; elle n'a commis aucune agression verbale ; elle n'a commis aucune intrusion dans les boites mails des agents sans autorisation et avec captation de leurs codes d'accès ; elle n'a adopté aucune attitude agressive envers les usagers ou ses collègues ; elle n'a jamais quitté son lieu de travail durant l'exercice de ses fonctions sans en aviser la hiérarchie ; elle n'a commis aucune faute grave pouvant caractériser un manquement professionnel.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2021 la commune de Pourrières, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la requérante lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 novembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au
6 décembre 2022 en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 mai 2023 :
- le rapport de Mme Faucher,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- les observations de Me Belahouane représentant la commune de Pourrières.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est adjointe administrative de 2ème classe au sein de la commune de Pourrières et exerce les fonctions d'agent administratif au sein de l'agence postale communale et de la régie des eaux. Par un arrêté du 29 octobre 2020, le maire de la commune de Pourrières a suspendu de ses fonctions Mme B pour une durée de 4 mois. Par la présente requête,
Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. Si, à l'expiration de ce délai, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire, l'intéressé, sauf s'il est l'objet de poursuites pénales, est rétabli dans ses fonctions ".
3. Les dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 précité, qui impartissent à l'administration un délai de quatre mois pour statuer sur le cas d'un fonctionnaire ayant fait l'objet d'une mesure de suspension, ont pour objet de limiter les effets dans le temps de cette mesure, sans qu'aucun texte n'enferme dans un délai déterminé l'exercice de l'action disciplinaire ni même fasse obligation à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'engager une procédure disciplinaire. En outre, la saisine du conseil de discipline constitue une circonstance postérieure à la suspension et, dès lors, sans incidence sur sa légalité. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que, faute d'avoir immédiatement engagé la procédure disciplinaire à son encontre, le maire de la commune de Pourrières a entaché d'illégalité la décision par laquelle il a prononcé sa suspension.
4. En second lieu, aux termes des dispositions précitées de l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, la mesure provisoire de suspension ne présente pas par elle-même un caractère disciplinaire. Elle est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que pour décider la suspension à titre conservatoire de Mme B, la maire de la commune a retenu que l'intéressée avait commis une agression verbale, une intrusion dans la boite mail des agents sans autorisation et avec captation de leurs codes d'accès, une attitude agressive envers les usagers ou ses collègues, avait quitté son lieu de travail durant l'exercice de ses fonctions sans en aviser la hiérarchie et avait commis une faute grave pouvant caractériser un manquement professionnel. Ces faits ressortent notamment des auditions de trois collègues les 12 et 18 novembre 2020. En effet, il ressort ainsi des pièces du dossier qu'une altercation s'est produite le 13 octobre 2020 entre Mme B et une collègue au sujet des plannings et des horaires d'ouverture de la Poste au retour d'un congé maladie de trois semaines de Mme B, mais aussi une discussion tendue le 20 octobre 2020 entre Mme B et une autre collègue, toujours au sujet des changements de planning. Les auditions font également état de tensions avec les usagers. Il est également établi que le
28 octobre 2020, alors que Mme B était en congés, elle est venue sur son lieu de travail pour occuper son poste d'accueil à la Poste, alors que deux collègues s'apprêtaient à ouvrir. Son attitude a empêché ses collègues d'ouvrir la Poste à l'heure et obligé le maire à se rendre sur place pour lui donner l'ordre de quitter son poste, ce qu'elle n'a pas fait immédiatement. Ce refus d'obéissance caractérise une faute grave. En outre, il ressort des pièces du dossier, que l'une de ces collègues a déposé une main courante contre la requérante le 28 octobre 2020, puis une plainte le 30 octobre 2020, pour signaler l'intrusion de sa boîte mail par l'intéressée pendant ses congés, allégations paraissant vraisemblables en l'absence d'une autre collègue, qui faisait de Mme B le seul agent en poste ce jour-là, et en raison de la présence d'une capture d'écran de son ordinateur dans sa boîte d'envoi dans un message destiné à Mme B. En revanche, il n'est pas établi que Mme B aurait quitté son lieu de travail durant l'exercice de ses fonctions sans en aviser la hiérarchie.
6. Pour autant, le maire de la commune de Pourrière aurait pris la même décision en se fondant sur les autres faits reprochés à Mme B et qui présentaient, à la date de la décision attaquée, un caractère de vraisemblance et qui sont constitutifs de fautes graves de nature à justifier, en application de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983, la mesure de suspension prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 29 octobre 2020 portant suspension de Mme B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquences ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Pourrières, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la requérante.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme que la commune de Pourrières demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pourrières sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au maire de la commune de Pourrières.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
M. Quaglierini, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
S. Faucher
Le président,
Signé
J-F. SautonLa greffière,
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026