jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100192 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOCQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2021, M. A B, représenté par Me Tocquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Var du 23 novembre 2020 lui interdisant l'acquisition et la détention d'armes, d'éléments d'armes et de munitions au titre de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de le retirer du fichier des interdits d'acquisition et de détentions d'armes dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- l'autorité signataire n'était pas compétente pour prendre cette mesure au nom du préfet ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 312-11 et L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure ;
- il avait acquis légalement ses armes de chasses alors qu'il était titulaire d'un permis de chasser et les avait déclarées pour deux d'entre elles avant les faits sanctionnés par le tribunal de grande instance de Draguignan le 23 octobre 2016 ;
- il n'a jamais essayé d'utiliser ses armes à des fins répréhensibles et rien ne laisse aujourd'hui craindre une utilisation dangereuse de celles-ci pour lui-même ou pour autrui ;
- il est titulaire d'un permis de chasse depuis le 28 septembre 1999, aucune infraction en lien avec une arme à feu ne lui a jamais été reprochée et il a toujours été un chasseur exemplaire ;
- il ne représente donc ni un danger pour lui-même ni pour l'ordre public ;
- il est possible de chasser sans être détenteur d'une arme soumise au régime de l'autorisation ou de la déclaration et également de participer à une partie de chasse sans être armé mais il est nécessaire de posséder un permis de chasse en cours de validité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2021, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la défense ;
- le code de l'environnement ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Silvy, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tocquet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a souscrit le 30 décembre 2019 une déclaration d'acquisition d'armes adressée au préfet du Var. Cette autorité a, par la suite, engagé une procédure contradictoire par un courrier du 19 octobre 2020. M. B a fait parvenir des observations par l'intermédiaire de son conseil au préfet du Var, reçues le 5 novembre 2020. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le préfet du Var a toutefois prononcé le dessaisissement de toutes les armes dont était en possession M. B, une interdiction d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie inscrite au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FNIADA) et a retiré la validation du permis de chasser de celui-ci.
Sur la légalité des décisions d'interdiction d'acquérir ou de détenir des armes et de dessaisissement des armes en possession de M. B :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'autorité signataire de cet arrêté est le directeur de cabinet du préfet du Var, M. Julien Perroudon, commissaire divisionnaire de la police nationale détaché en qualité de sous-préfet dans ces fonctions par un décret du Président de la République du 9 août 2019, publié au Journal officiel de la République française le 11 août 2019. Celui-ci bénéficiait, par l'effet de l'article 1er de l'arrêté du préfet du Var n° 2020/28/MCI du 24 août 2020, publié le 24 août 2020 au numéro 81 spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture du Var d'une délégation de signature pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans les domaines relevant des attribuions de la direction des sécurités, en charge notamment de la police des armes à feux. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette délégation de signature aurait été abrogée ou que le signataire aurait quitté ses fonctions à la date de l'arrêté en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit, par suite, être écarté.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2019-610 du 19 juin 2010 : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes des catégories B et C et d'armes de catégorie D soumises à enregistrement : / 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : () / - violences volontaires prévues aux articles 222-7 et suivants dudit code ; () ". Aux termes de l'article L. 312-11 de ce code, dans sa rédaction alors applicable : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'État dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. () / Sauf urgence, la procédure est contradictoire. Le représentant de l'État dans le département fixe le délai au terme duquel le détenteur doit s'être dessaisi de son arme, de ses munitions et de leurs éléments. ". Et aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : () / 2° Le demandeur ou le déclarant a été condamné pour l'une des infractions mentionnées au 1° de l'article L. 312-3 figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ou dans un document équivalent pour les ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ; () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 133-13 du code pénal : " La réhabilitation est acquise de plein droit à la personne physique condamnée qui n'a, dans les délais ci-après déterminés, subi aucune condamnation nouvelle à une peine criminelle ou correctionnelle : / () / 2° Pour la condamnation unique () à un emprisonnement n'excédant pas un an, (), après un délai de cinq ans à compter soit de l'exécution de la peine, soit de la prescription accomplie ; / () / Les délais prévus au présent article sont doublés lorsque la personne a été condamnée pour des faits commis en état de récidive légale. / () ". Aux termes de l'article 133-16 du code pénal : " La réhabilitation produit les mêmes effets que ceux qui sont prévus par les articles 133-10 et 133-11. Elle efface toutes les incapacités et déchéances qui résultent de la condamnation. () ". Aux termes de l'article 775 du code de procédure pénale : " Le bulletin n° 2 est le relevé des fiches du casier judiciaire applicables à la même personne, à l'exclusion de celles concernant les décisions suivantes : () / 5° Les condamnations ayant fait l'objet d'une réhabilitation de plein droit ou judiciaire ; () ". Enfin, l'article 778 du code de procédure pénale prévoit que le procureur de la République peut demander la rectification de mentions erronées portées au casier judiciaire " par requête au président du tribunal ou de la cour qui a rendu la décision. Si la décision a été rendue par une cour d'assises, la requête est soumise à la chambre de l'instruction ". Les trois derniers alinéas de cet article précisent : " Toute personne qui veut faire rectifier une mention portée à son casier judiciaire peut agir dans la même forme. Dans le cas où la requête est rejetée, le requérant est condamné aux frais. / Mention de la décision est faite en marge du jugement ou de l'arrêt visé par la demande en rectification. / La même procédure est applicable au cas de contestation sur la réhabilitation de droit, ou de difficultés soulevées par l'interprétation d'une loi d'amnistie, dans les termes du troisième alinéa de l'article 769. ".
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée le bulletin n°2 du casier judiciaire de M. B, délivré aux services du préfet du Var le
14 octobre 2020, comportait la mention d'une condamnation le 9 mars 2017, dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision du juge judiciaire, seul matériellement compétent, aurait remis en cause le maintien à cette date de ces fiches, notamment au titre de la réhabilitation d'office prévue à l'article L. 133-13 du code pénal. Dès lors, M. B entrait dans le champ d'application de l'interdiction d'acquisition et de détention d'armes des catégories B, C et D soumises à enregistrement, fixée par les dispositions précitées de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure. L'autorité préfectorale était, par suite, tenue, dès lors que ces dispositions ne lui reconnaissent aucun pouvoir d'appréciation et qu'il ne lui était pas loisible d'apprécier la pertinence du maintien de ces fiches au regard du droit à réhabilitation institué par l'article 133-13 du code pénal, d'ordonner le dessaisissement litigieux sur le fondement des seules dispositions du 1° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieur dont elle a fait application et d'interdire au requérant l'acquisition de nouvelles armes. M. B, par les moyens qu'il invoque, ne remet pas utilement en cause cette situation de compétence liée. Les moyens d'erreur de droit qu'il soulève, et notamment la méconnaissance des dispositions de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure dont l'autorité préfectorale n'a pas fait application, ne peuvent, par suite, qu'être écartés comme inopérants.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'arrêté du
23 novembre 2020 en tant qu'il emporte interdiction d'acquisition et de détention d'armes, injonction de se dessaisir des armes actuellement détenues et retrait de la validation du permis de chasser de M. B doivent être rejetées.
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de celui-ci tendant à ce qu'il enjoint au préfet du Var de procéder à la suppression de son inscription au fichier des interdits d'acquisition et de détention d'armes.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Silvy, premier conseiller,
M. Kiecken, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
J.-A. SILVY
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026