vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TAUPENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 janvier 2021, le 6 septembre 2022, le 7 septembre 2022, le 3 novembre 2022 et le 12 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Taupenas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 4 novembre 2020 par lequel le préfet du Var a déclaré immédiatement cessibles au profit du Conseil départemental du Var les propriétés ou parties de propriétés, cadastrées CE n°55 et CH n°47, nécessaires à la réalisation du projet RD 92 pour l'aménagement du carrefour de la Cordeille et situées sur le territoire de la commune d'Ollioules ;
3°) de mettre à la charge du préfet du Var une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'illégalité en tant que l'arrêté du 10 septembre 2019, déclarant d'utilité publique les travaux et acquisitions nécessaires à la réalisation du projet d'aménagement de la RD92 dont elle procède, n'établit pas l'utilité publique de l'aménagement projeté ;
- elle est également entachée d'illégalité en tant que l'arrêté du 10 septembre 2019 précité est lui-même entaché d'un vice de procédure dès lors que n'ont pas été analysés et transmis au public les risques que peuvent entrainer la suppression des feux tricolores projetée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2021, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés le 5 novembre 2021, le 3 octobre 2022, le 21 novembre 2022 et le 19 décembre 2022, le département du Var conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 12 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 novembre 2023 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Taupenas, représentant M. A, et de M. C, représentant le préfet du Var.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 25 juin 2015, le conseil départemental du Var a adopté le projet d'aménagement du carrefour giratoire de la Cordeille sur les territoires des communes d'Ollioules et de Toulon et a procédé au lancement des procédures et enquêtes administratives réglementaires pour sa réalisation, en vue de l'acquisition des terrains par voie amiable ou par expropriation. Consécutivement aux rapport, conclusions et avis favorables du commissaire enquêteur du 22 mars 2019, le préfet du Var a déclaré d'utilité publique les travaux et acquisitions nécessaires à la réalisation du projet précité par un arrêté du 10 septembre 2019 puis, par arrêté du 4 novembre 2020, a déclaré cessibles les parcelles cadastrées CE n°47 et CH n°55 appartenant à M. A. Par la présente requête, M. A entend contester cette dernière décision.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne l'exception d'illégalité tirée du défaut d'utilité publique du projet litigieux.
2. Aux termes de l'article L. 1 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : " L'expropriation, en tout ou partie, d'immeubles ou de droits réels immobiliers ne peut être prononcée qu'à la condition qu'elle réponde à une utilité publique préalablement et formellement constatée à la suite d'une enquête et qu'il ait été procédé, contradictoirement, à la détermination des parcelles à exproprier ainsi qu'à la recherche des propriétaires, des titulaires de droits réels et des autres personnes intéressées ".
3. Il appartient au juge, lorsqu'il doit se prononcer sur le caractère d'utilité publique d'une opération nécessitant l'expropriation d'immeubles ou de droits réels immobiliers, de contrôler successivement qu'elle répond à une finalité d'intérêt général, que l'expropriant n'était pas en mesure de réaliser l'opération dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation, notamment en utilisant des biens se trouvant dans son patrimoine et, enfin, que les atteintes à la propriété privée, le coût financier et, le cas échéant, les inconvénients d'ordre social ou économique que comporte l'opération ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente.
4. En premier lieu, pour contester la finalité d'intérêt général du projet, le requérant soutient que ce dernier ne permettra pas de réguler le trafic au niveau du carrefour litigieux et qu'il constitue un risque pour la sécurité des piétons. Il est constant que le carrefour de la Cordeille entre les PR 1+750 et 2+050 de la RD92 sur la commune d'Ollioules et l'avenue Albert Camus sur la commune de Toulon, connaît des dysfonctionnements importants notamment liés aux mouvements d'entrée et sortie de l'établissement scolaire Saint-Joseph. Or, à la fois la notice explicative du dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique de décembre 2018 et celle du dossier d'enquête parcellaire de mai 2020 indiquent expressément que la présence de feux tricolores pénalise la fluidité de la circulation et que le projet d'aménagement s'inscrit dans une démarche de sécurisation des circulations en améliorant la sécurité et visibilité des échanges, en fluidifiant le trafic, en sécurisant les cheminement et traversée des piétons et en améliorant les déplacements en transport en commun. Si le requérant expose au contraire qu'un giratoire n'assure pas une fluidité suffisante du carrefour par rapport à la présence des feux tricolores, il n'apporte pas pour autant d'éléments suffisamment probants au soutien de ses allégations, d'autant plus qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a affirmé paradoxalement, lors de l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique précitée, que " le giratoire envisagé, souhaité par tous devrait être la solution pour fluidifier et réguler l'écoulement de circulation (voitures et cars scolaires) " et qu'il se borne principalement dans sa requête et ses mémoires à en contester la mise en œuvre. Par ailleurs, en invoquant une dangerosité de l'aménagement litigieux pour les piétons du seul fait que les feux de signalisation pour ces derniers disparaîtront avec les feux tricolores destinés aux véhicules, le requérant n'établit pas un risque suffisant de nature à remettre en cause le projet. Il s'ensuit que la première branche du moyen tirée de ce que le projet ne répond pas à une finalité d'intérêt général doit être écartée comme n'étant pas fondée.
5. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'aménagement litigieux aurait pu être réalisé sans qu'il soit besoin de procéder à l'expropriation d'une partie de sa parcelle dès lors qu'une portion de la RD92 sera inutilisée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'aménagement d'un giratoire pour un carrefour en " T " nécessite de désaxer ses branches afin que son îlot central soit aligné sur l'axe principal traversant le carrefour. Partant, l'expropriation d'une partie de la parcelle du requérant était nécessaire à la réalisation de l'aménagement litigieux. Si le requérant soutient également que des solutions alternatives étaient possibles, il n'évoque uniquement que des solutions impliquant également l'aménagement d'un giratoire, mais dans des conditions n'étant pas équivalentes à l'opération litigieuse. Il s'ensuit que la branche du moyen tirée de l'absence de nécessité de l'expropriation attaquée doit être écartée comme n'étant pas fondée.
6. En troisième et dernier lieu, le requérant soutient que l'opération a un bilan négatif dès lors qu'elle ne répond pas aux objectifs fixés et qu'elle aboutira à imperméabiliser les sols, renforçant les problèmes hydrauliques dans la zone. Toutefois, d'une part, tel qu'il a été dit précédemment, il n'est pas utilement contesté que le projet litigieux répond aux objectifs définis à la fois dans l'enquête préliminaire à la déclaration d'utilité publique de décembre 2018 et dans l'enquête parcellaire de mai 2020, la circonstance qu'il n'est aucunement fait état de la création de places de stationnement ou d'une zone de " dépose minute " étant sans incidence dès lors que de tels aménagements ne découlent pas des objectifs précités et que, en toute hypothèse, une telle circonstance ne constitue ni une atteinte à la propriété privée, ni un coût financier ou un inconvénient d'ordre social ou économique pouvant affecter négativement l'opération poursuivie. D'autre part, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'imperméabilisation inhérente au projet litigieux sera de nature à accroître le risque inondation, dès lors que la notice explicative du dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique le prévoit en indiquant que la surface imperméabilisée sera très légèrement augmentée, de l'ordre de 700 m2, et que les eaux pluviales ainsi que les eaux de ruissellement seront interceptées et rejetées dans le milieu naturel existant. Il s'ensuit que la branche du moyen tirée de ce que l'opération a un bilan négatif doit être écartée comme n'étant pas fondée.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 10 septembre 2019 déclarant d'utilité publique les travaux et acquisitions nécessaires à la réalisation du projet RD92 est écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne le vice de procédure entachant la déclaration d'utilité publique du projet litigieux.
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet litigieux ne répond pas aux objectifs définis par l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique de décembre 2018, ainsi que par l'enquête parcellaire de mai 2020, ni qu'il présente un risque inondation et un risque pour la circulation des piétons. Partant, il n'est pas non plus fondé à soutenir que les administrés n'ont pas été suffisamment informés des caractéristiques générales des ouvrages les plus importants de l'opération ou même que le dossier d'ouverture de la procédure d'enquête publique ait été incomplet. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme n'étant pas fondé.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de rejeter les conclusions du conseil départemental du Var au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du conseil départemental du Var au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Var et au département du Var.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
B. Quaglierini
Le président,
Signé
JF. Sauton
Le greffier,
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2100202
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026