lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PIDOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 février 2021 et 28 juin 2022, M. C B, représenté par Me Pidoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté sa demande en date du 15 octobre 2020 tendant au versement d'une somme de 25 556,07 euros correspondant à l'allocation temporaire d'invalidité qu'il aurait dû percevoir au titre de la période du 1er novembre 2013 au 31 mars 2018 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser cette somme, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui verser cette somme sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la date du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a formé un recours gracieux contre l'arrêté du 24 décembre 2018 lui concédant une allocation temporaire d'invalidité, prorogeant le délai de recours contentieux ; pas suite, sa requête est recevable ;
- le 29 octobre 2013, le docteur A a certifié la compatibilité de son état de santé avec la reprise de ses activités professionnelles, il a été consolidé le 31 octobre 2013 et a repris son activité le 1er novembre 2013 ; en outre, le 31 octobre 2013, la direction du personnel et des relations sociales a accusé réception de sa demande d'allocation temporaire d'invalidité, ainsi, il aurait dû percevoir l'allocation temporaire d'invalidité à compter du 1er novembre 2013 ; toutefois, il n'a bénéficié de cette allocation qu'à compter du 1er avril 2018, en méconnaissance de l'article 4 du décret du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires ;
- en 2014, les taux d'incapacité permanente partielle proposés ne portaient que sur les précédentes blessures dont il a été victime lors de son service en 2006, 2007, 2009 et 2010 ; en 2016 le taux de 22 % est proposé pour les blessures résultant de ses blessures par arme à feu du 18 janvier 2022 ; en 2017, le bureau des affaires médicales et des retraites a fixé un taux de 11 % concernant les plaies par arme à feu au pied droit et a ajouté des séquelles psychologiques au taux de 5 % ; enfin, en 2018, concernant l'accident de service du 18 janvier 2012, les taux sont portés à 16 % concernant les plaies par arme à feu au pied droit, 4 % concernant la plaie à l'épaule droite et 20 % concernant les séquelles psychologiques ; contrairement à ce que relève l'administration, les séquelles physiques étaient consolidées dès le 29 octobre 2013, seules les séquelles psychologiques ne l'étaient pas ; le ministère de l'intérieur ajoute illégalement une condition non prévue par l'article 4 du décret du 6 octobre 1960 en attendant la consolidation de ses séquelles tant psychologiques que physiques pour lui octroyer la pension temporaire d'invalidité ;
- il dispose d'excellents états de service ; au regard du cynisme de la situation, il apparaît légitime de solliciter que les allocations non versées le soient rétroactivement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le 3 janvier 2019, M. B a accusé réception de l'arrêté du 24 décembre 2018 lui concédant une allocation temporaire d'invalidité ; toutefois, ce n'est que par courrier recommandé du 13 octobre 2020, distribué le 15 octobre 2020, qu'il a contesté, par la voie d'un recours indemnitaire, la date de début de versement de son allocation temporaire d'invalidité ; cependant, à cette date, tant le délai de recours contentieux de deux mois que le délai d'un an prévu par l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires étaient expirés ; par suite, ses conclusions indemnitaires, qui ont le même objet que les conclusions pécuniaires tendant à la révision de son allocation temporaire d'invalidité, sont tardives et par suite irrecevables ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 janvier 2012, M. B, brigadier-chef de police, a été victime d'un accident dont l'imputabilité au service a été reconnue par un arrêté du 31 août 2012. Le 31 octobre 2013, M. B a présenté une demande d'allocation temporaire d'invalidité. Suite à différentes expertises, par un arrêté du 24 décembre 2018, une allocation temporaire d'invalidité lui a été accordée à compter du 25 avril 2018 au taux de 42 %. Par une réclamation dont l'administration a accusé réception le 15 octobre 2020, M. B a demandé le versement d'une somme de 25 556,07 euros correspondant à l'allocation temporaire d'invalidité qu'il estime qu'il aurait dû percevoir au titre de la période du 1er novembre 2013 au 31 mars 2018. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet opposée à cette demande.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 4 du décret du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires : " L'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité est fixée à la date de reprise des fonctions après consolidation ou, dans les cas prévus au quatrième alinéa de l'article 1er, à la date de la constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de l'état de santé de l'intéressé. Cette allocation est concédée et payée dans les conditions prévues pour les pensions civiles et militaires de retraite. Elle est soumise en matière de contentieux aux règles applicables auxdites pensions. Sous réserve des modalités de révision prévues ci-après, les dispositions de l'article L. 55 dudit code lui sont applicables ". Aux termes de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Sous réserve du b de l'article L. 43, la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de l'administration ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : A tout moment en cas d'erreur matérielle ; Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit () ".
4. Il résulte de l'instruction que, le 3 janvier 2019, M. B a accusé réception de l'arrêté du 24 décembre 2018 lui concédant une allocation temporaire d'invalidité. Cette décision mentionnait les voies et délais de recours applicables à son encontre. Par suite, cette notification a fait débuter le délai de recours contentieux de deux mois applicable contre cet arrêté. En outre, M. B disposait, sur le fondement de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires précité, d'un délai d'un an pour effectuer une demande de révision de cette allocation en cas d'erreur de droit. Ainsi, tant le délai de recours contentieux de deux mois que le délai dont disposait M. B pour demander la révision de son allocation temporaire d'invalidité étaient expirés le 15 octobre 2020, lorsqu'il a adressé à son administration une demande indemnitaire tendant à la réparation du préjudice que lui aurait causé l'attribution d'une pension d'invalidité à compter d'une date erronée. Les conclusions de M. B, dirigées contre la décision implicite rejetant sa demande indemnitaire préalable et tendant à l'indemnisation de son préjudice, sont exclusivement fondées sur les illégalités qui, selon le requérant, auraient entaché la décision d'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité. Ainsi, ces conclusions tendent en réalité à remettre en question une décision dont l'objet est exclusivement pécuniaire et qui est devenue définitive, avec toutes les conséquences pécuniaires qui en sont inséparables. Par suite, les conclusions présentées par M. B ne sont pas recevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre de l'intérieur et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
Mme Carotenuto, première conseillère,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
T. E
La présidente,
signé
M. D
La greffière,
signé
F.OUJABER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026