mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | BELIN - BOURDOULEIX - MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 mars 2021, le 4 mai 2021 et le 5 mai 2021, Mme C B, représentée par Me Martin, demande au Tribunal de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 1 000 euros en réparation de son préjudice à raison du retard de l'Etat à la reloger.
Il est soutenu que :
- l'Etat n'a pas exécuté la décision de la commission de médiation du Var du 6 juin 2019 reconnaissant le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement social de Mme B ; par jugement du 5 juin 2020, le Tribunal administratif de Toulon a fait injonction au préfet du Var de procéder à son relogement avant le 1er septembre 2020 ; elle n'a finalement reçu une offre de logement adaptée ses besoins qu'à compter du 31 décembre 2020 ; elle a présenté une demande indemnitaire préalable qui a été implicitement rejetée ; le préfet ne peut arguer des souhaits de localisation formulés dans la demande de logement social pour justifier l'absence d'offre dans le délai ; il lui appartient de définir le périmètre de relogement sans être tenu par ces souhaits ;
- Mme B a trois enfants à charge, soit un foyer de quatre personnes.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2021, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que sur proposition de ses services Mme B a signé le 31 décembre 2020, auprès de Var Habitat, un bail de location d'un logement neuf de type 4 situé sur la commune du Castellet ; le retard de relogement a été induit par le souhait de proposer l'intéressée sur l'une des trois communes souhaitées afin de respecter le rapprochement du père de ses enfants qu'elle avait mis en avant dans sa demande de logement social, en refusant tout élargissement aux communes voisines.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Toulon a accordé à Mme B l'aide juridictionnelle totale dans la présente instance.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. A en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 8 novembre 2022, le rapport de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 6 juin 2019, la commission de médiation " droit au logement opposable du Var " (DALO), a reconnu Mme B prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités de type T4, au motif que l'intéressée vivait dans un logement sur-occupé avec trois enfants mineurs à charge. En l'absence de proposition de logement dans les six mois qui ont suivi cette décision, Mme B a saisi le Tribunal, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, afin d'obtenir que soit ordonné son relogement. Par un jugement n° 2001074 du 5 juin 2020, le Tribunal de céans a enjoint au préfet du Var de pourvoir au logement de Mme B et de sa famille avant le 1er septembre 2020, sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter de cette date. Par une lettre reçue le 14 décembre 2020, Mme B a saisi le préfet du Var d'une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation du préjudice causé par le retard de l'Etat à assurer son relogement. Cette demande a été implicitement rejetée. Mme D épouse E demande au Tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros, en réparation du préjudice subi du fait du retard de relogement.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ". Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 de ce code : " () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement () / La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département la liste des demandeurs auxquels doit être attribué en urgence un logement. () / Le représentant de l'Etat dans le département désigne chaque demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande. () / En cas de refus de l'organisme de loger le demandeur, le représentant de l'Etat dans le département qui l'a désigné procède à l'attribution d'un logement correspondant aux besoins et aux capacités du demandeur sur ses droits de réservation. () ". Aux termes de l'article R. 441-16-1 du même code : " A compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans () les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. La période de responsabilité de l'Etat court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement à la suite de la décision de la commission de médiation. Ces troubles doivent être appréciés en tenant notamment compte des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat.
4. Par ailleurs, il résulte des dispositions du septième alinéa du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et des articles R. 441-16-1 et R. 441-16-3 du même code que, lorsqu'un demandeur a été reconnu comme prioritaire et devant être relogé en urgence par une commission de médiation, il incombe au représentant de l'Etat dans le département de définir le périmètre au sein duquel le logement à attribuer doit être situé, sans être tenu par les souhaits de localisation formulés par l'intéressé dans sa demande de logement social.
5. Mme B a été reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par une décision de la commission de médiation du Var du 6 juin 2019 et le Tribunal a, par jugement du 5 juin 2020, enjoint au préfet de procéder au logement de l'intéressée dans un délai de trois mois. Le 8 juin 2020, la commission d'attribution des logements (CAL) du bailleur social OPH du Var a attribué à Mme B un logement de type T4 situé 1 route des Sources au Castellet et le bail a été signé avec effet au 31 décembre 2020.
6. La requérante est par suite fondée, dans les circonstances de l'espèce, à soutenir que le retard mis par l'Etat à mettre en œuvre l'obligation de résultat qui lui incombait est fautif et de nature à engager sa responsabilité, pour la période courant du 6 décembre 2019, date d'expiration du délai de six mois imparti au préfet du Var pour assurer le logement de Mme B à la suite de la décision de la commission de médiation du Var, jusqu'au 31 décembre 2020, date de prise d'effet du bail de location du logement adapté à ses besoins et capacités qui lui a été attribué. Le préfet du Var n'est pas fondé à soutenir que le retard de relogement est imputable à Mme B, laquelle avait présenté une demande de logement social limitant ses vœux à trois communes varoises, alors que l'autorité préfectorale devait proposer à l'intéressée un logement social dans le périmètre qu'il lui revenait de déterminer et qui pouvait inclure d'autres communes.
Sur les préjudices :
7. Compte tenu des conditions de logement de Mme B qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat et de la durée de cette carence, pendant presque 13 mois, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature dans les conditions d'existence dont la réparation incombe à l'Etat en condamnant celui-ci à verser à Mme B, dans les circonstances de l'espèce et en retenant la composition de son foyer, la somme de 1 000 euros que demande la requérante.
DECIDE
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B la somme de 1 000 (mille) euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au préfet du Var et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe du Tribunal le 31 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Signé :
D. A
La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026