vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100863 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DEOUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Deous, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2021 par lequel le président de la métropole Toulon Provence Méditerranée a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'altercation du 25 juillet 2019, a placé Mme A en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 29 juillet au 17 octobre 2019, puis à demi-traitement du 18 octobre au 16 décembre 2019 ;
2°) de condamner la métropole Toulon Provence Méditerranée à lui verser la somme de 10 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant du défaut de protection fonctionnelle ;
3°) de condamner la métropole Toulon Provence Méditerranée à lui verser la somme de 1 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant du retard dans le traitement de sa demande d'imputabilité au service de son accident ;
4°) d'enjoindre à la métropole Toulon Provence Méditerranée de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 25 juillet 2019 et les arrêts de travail en résultant, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la métropole Toulon Provence Méditerranée la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 10 février 2021 est insuffisamment motivé, en méconnaissance des articles L. 211-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le médecin de prévention n'a pas été informé préalablement de la réunion de la commission de réforme, en méconnaissance de l'article 18 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que l'accident du 25 juillet 2019 doit être reconnu comme imputable au service, en méconnaissance de l'article 21 bis II de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- l'administration a commis une faute en lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
- elle a commis une faute en s'abstenant de diligenter une enquête, de prendre des mesures disciplinaires quant au comportement de son collègue, et en raison de la gestion tardive de sa demande d'imputabilité au service de l'accident du 25 juillet 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2021, la métropole Toulon Provence Méditerranée, représentée par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que les moyens soulevés par la requérante sont infondés, et sollicite, à titre subsidiaire, une substitution de motifs tirée de ce que la demande de Mme A du 26 août 2020 a été effectuée au-delà du délai de quinze jours à compter de la constatation médicale réalisée dans les deux années suivant l'accident, en méconnaissance des dispositions de l'article 37-3 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987.
Par une ordonnance du 2 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mars 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait la métropole Toulon Provence Méditerranée pour rejeter la demande d'imputabilité au service de son accident, formée par Mme A compte tenu de la tardiveté de sa déclaration.
Les observations présentées par la métropole le 18 août 2023 ont été communiquées à Mme A le 21 août suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Lagardère, substituant Me Deous, représentant Mme A,
- et les observations de Me Vergnon, représentant la métropole Toulon Provence Méditerranée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, adjointe administrative principale de 2ème classe, alors affectée à la métropole Toulon Provence Méditerranée, soutient avoir été victime d'un accident de service tenant à une altercation avec un collègue le 25 juillet 2019, qu'elle a déclaré le 29 août 2019. Au vu de l'avis émis le 16 décembre 2020 par la commission de réforme, le président de la métropole Toulon Provence Méditerranée a, par un arrêté du 9 février 2021, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cette altercation, a placé Mme A en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 29 juillet au 17 octobre 2019, puis à demi-traitement du 18 octobre au 16 décembre 2019. Par un courrier du 31 mars 2021, Mme A a demandé à la métropole Toulon Provence Méditerranée le bénéfice de la protection fonctionnelle et l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de cet arrêté et de condamner la métropole Toulon Provence Méditerranée à lui verser une somme de 11 000 euros au titre de ses préjudices.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 37-1 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 créé par le décret n°2019-301 du 10 avril 2019 : " Le congé prévu au premier alinéa du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée est accordé au fonctionnaire, sur sa demande, dans les conditions prévues par le présent titre. " Aux termes de l'article 37-2 du même décret : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". En vertu de l'article 37-3 de ce décret : " I. La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. / (). IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. () ".
3. La métropole Toulon Provence Méditerranée fait valoir que la demande de Mme A du 26 août 2020 a été effectuée au-delà du délai de quinze jours à compter de la constatation médicale, réalisée dans les deux années suivant l'accident. Il ressort des pièces du dossier que la constatation médicale de l'accident allégué a été faite le 29 juillet 2019. Or, sa demande de reconnaissance d'accident de service date du 26 août 2020, soit au-delà du délai réglementaire de quinze jours prévu. Enfin, le courriel du 25 juillet 2019 informant la hiérarchie de Mme A de l'agression en cause ne contient aucune demande de reconnaissance d'un accident de service. Si Mme A soutient avoir attendu la consultation d'un médecin psychiatre du 20 août 2020, cette circonstance ne caractérise ni un cas de force majeure ni une impossibilité absolue, et est insuffisante pour caractériser un motif légitime de dérogation à ce délai de déclaration. Dans ces conditions, le président de la métropole était tenu de rejeter la demande de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, du vice de procédure et de l'erreur d'appréciation sont inopérants.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. En premier lieu, si Mme A soutient qu'elle a demandé le bénéfice de la protection fonctionnelle par un courriel du 25 juillet 2019, il ressort des pièces du dossier qu'une telle demande n'a été formée que le 31 mars 2021. Or, comme le soutient la défense sans être contredite, à la date à laquelle Mme A a effectivement présenté sa demande, celle-ci ne justifie pas des démarches que l'administration pourrait mettre en œuvre au titre de la protection fonctionnelle, alors qu'il est constant que l'intéressée a, dès le 19 septembre 2019 suivant l'altercation été, à sa demande, changée de service en vue d'exercer ses fonctions au sein du service habitat de la métropole. Ainsi, il ne ressort pas du dossier que l'administration ait commis de faute en refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle demandée le 31 mars 2021.
6. En deuxième lieu, Mme A soutient que l'administration aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en s'abstenant d'édicter une mesure disciplinaire à l'encontre de l'auteur de l'altercation alléguée et en s'abstenant de diligenter une enquête. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'administration a diligenté une enquête administrative et une expertise médicale quant à l'accident survenu le 25 juillet 2019. En outre, si la carence de l'administration dans l'édiction d'une mesure disciplinaire pourrait être de nature à engager sa responsabilité, Mme A ne se prévaut d'aucun préjudice à ce titre.
7. En troisième lieu, Mme A soutient que l'administration aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en se prononçant de manière tardive sur sa demande d'imputabilité au service. Il est constant que l'accident, qui est intervenu le 25 juillet 2019, n'a fait l'objet d'une déclaration d'accident de service que le 26 août 2019. Il ressort des pièces du dossier que la métropole, qui n'a pas attendu de recevoir cette déclaration d'accident, a informé le médecin de prévention de la situation de Mme A par un courriel du 31 juillet 2019, lequel a en réponse, mis en œuvre une enquête administrative dont il n'est pas contesté qu'elle a eu lieu à l'automne 2019. Par ailleurs, la métropole de Toulon Provence Méditerranée justifie avoir procédé à des entretiens dès le 19 septembre 2019 pour changer Mme A de service, changement qui a été effectif à compter du 17 décembre 2019. Si la métropole ne démontre avoir procédé à une expertise médicale que le 9 juin 2020, celle-ci est intervenue dans un délai raisonnable compte tenu, notamment, de la crise sanitaire de la covid-19. Il n'est pas contesté que la commission de réforme a été saisie le 25 juillet 2020, soit moins de deux mois après l'expertise médicale, et qu'elle s'est réunie le 16 décembre 2020, à défaut d'avoir le quorum à la séance du 18 novembre 2020. Ainsi, en refusant l'imputabilité au service par une décision du 10 février 2021, le président de la métropole ne peut être regardé comme ayant traité tardivement la demande d'imputabilité au service de l'accident du 25 juillet 2019 de Mme A, qui ne se prévaut, au surplus, d'aucun préjudice à ce titre.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur l'injonction et l'astreinte :
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la métropole Toulon Provence Méditerranée qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la métropole Toulon Provence Méditerranée au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la métropole Toulon Provence Méditerranée présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la métropole Toulon Provence Méditerranée.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
J.-F. Sauton, président,
B. Quaglierini, premier conseiller,
K. Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
K. Martin
Le président,
Signé
J.-F. Sauton
La greffière,
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026