vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2100870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEROUX |
Vu la procédure suivante :
H une requête enregistrée le 31 mars 2021, A G B, représentée H
Me Leroux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de suspension de son agrément d'assistante familiale prise à son encontre H le département du Var le 1er février 2021 ;
2°) de mettre à la charge du département du Var le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise H une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la légalité interne :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
H un mémoire en défense enregistré le 25 juin 2021, le département du Var conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la requérante lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la demande, son agrément a été maintenu H une décision du 2 juin 2021 ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
H une ordonnance du 12 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 août 2022 en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 septembre 2022 :
- le rapport de A C,
- et les conclusions de A Helfter-Noah, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A G B est assistante famille agréée depuis 2003. H une décision du 1er février 2021, le président du conseil départemental du Var a suspendu son agrément pour une durée de 4 mois suite à des révélations d'attouchements sur une jeune mineure prise en charge H la requérante jusqu'en décembre 2018. H la présente requête, A B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté H l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif, faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui prive d'objet le recours formé à son encontre. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Le président du conseil départemental du Var expose que le recours dont A B a saisi le tribunal a désormais perdu tout effet utile, puisque le 2 juin 2021 l'agrément de l'intéressée a été renouvelé. Il est toutefois constant que la décision portant suspension de l'agrément de A B n'a pas été retirée et qu'elle a produit des effets jusqu'au renouvellement de son agrément. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que A B ne retrouve pas, H cette nouvelle décision, la situation professionnelle qui était la sienne antérieurement à la décision du 1er février 2021, puisqu'elle n'a pas pu reprendre la garde des enfants qu'elle accueillait avant cette mesure. H suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée H le président du conseil départemental du Var doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les considérations de droit et les éléments de faits qui fondent la suspension d'agrément de A B. Elle mentionne qu'elle a été prise sur le fondement de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles et aux motifs tirés des révélations de la part d'une mineure d'attouchements et d'actes sexuels de la part d'un membre de la cellule familiale. Le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée a été signée H M. E D, directeur adjoint en charge du pôle de la protection maternelle et infantile du service départemental d'accueil familial, qui avait reçu délégation de signature H arrêté départemental n° AI 2020-249 du 30 juin 2020, publié au registre des actes administratifs n° 16 du département du Var du mardi 30 juin 2021. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit ainsi être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré H le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. () / L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne ".
Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. () ".
7. Il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles que
le président du conseil départemental, auquel il incombe de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis, peut, en cas d'urgence, suspendre l'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial, en se fondant sur des éléments suffisamment précis et vraisemblables, permettant de suspecter que les conditions d'accueil garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement du ou des enfants accueillis ne sont plus remplies. Une mesure de suspension d'agrément peut ainsi être prononcée lorsque les faits imputés au bénéficiaire de l'agrément ou à son entourage, relatifs à des comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement de l'enfant, présentent, eu égard aux éléments en possession de l'administration à la date de la mesure de suspension, un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et sont susceptibles de révéler une situation d'urgence. A cette fin, il appartient au président du conseil départemental de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis H eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être, et il incombe aux services départementaux de faire les diligences nécessaires pour porter une appréciation sur la réalité du risque présenté H le milieu de garde avant que le président du conseil général ne prenne une décision de suspension d'agrément.
8. En l'espèce, une adolescente placée chez A B de l'âge de 11 mois à 15 ans et demi s'est confiée à une assistante sociale sur le comportement à connotations sexuelles du fils de A B à son égard. A la suite de ce témoignage très circonstancié, le président du conseil départemental du Var a, le 29 janvier 2021, signalé ces faits au procureur de la République du tribunal de grande instance de Draguignan. Au vu de ces éléments et de leur gravité,
le département a également déclenché, dès le 3 février 2021, une enquête administrative interne pour procéder à une évaluation et recueillir tous les éléments permettant d'objectiver sa décision. La circonstance que A B et la jeune fille serait en situation conflictuelle et qu'elle aurait porté d'autres accusations graves H le passé n'est pas de nature à faire perdre à son récit son caractère de gravité. Dans ces conditions, quelle que soit la bonne foi de A B, eu égard à l'urgence et au caractère conservatoire que revêt une décision de suspension d'agrément,
le président du conseil départemental du Var a pu légalement considérer, sans commettre d'erreur d'appréciation, qu'il existait, à la date de sa décision, une suspicion suffisamment étayée d'un risque pour la sécurité et la santé des mineurs accueillis H A B justifiant que son agrément soit suspendu à titre conservatoire pour une durée de quatre mois.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 1er février 2021 portant suspension de l'agrément de A B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département du Var, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés H la requérante.
11. En revanche, dès lors que le département du Var, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, ne justifie pas avoir engagé des frais particuliers pour la défense du présent litige, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en toute hypothèse, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées H le département du Var sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à A G B et au département du Var.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
A Faucher, première conseillère,
A Wustefeld, première conseillère,
Rendu public H mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
S. C
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
et H délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026