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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2101289

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2101289

jeudi 27 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2101289
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantMAUDUIT LOPASSO GOIRAND ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et des mémoires enregistrés le 7 mai 2021, le 25 janvier 2023 et le 3 mars 2023, M. B A, représenté par Me Varron Charrier, demande au tribunal : 1°) à titre principal, de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme d'un montant de 31 248 euros, procédant de l'avis des sommes à payer émis par la commune de Signes le 29 mars 2021 ; 2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'avis des sommes à payer attaqué ; 3°) de mettre à la charge de " tout succombant " une somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que la décision attaquée est entachée : - d'une erreur de son destinataire ; - d'incompétence de son auteur ; - d'une insuffisance de motivation ; - d'un défaut de base légale dès lors que le rappel des sommes litigieuses est illégal. Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2021, le comptable du service de gestion comptable de Saint-Cyr conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés. Par des mémoires en défense enregistrés le 18 février 2022 et le 16 février 2023, la commune de Signes, représentée par Me Stéphan, conclut : 1°) au rejet de la requête ; 2°) à la mise à la charge du requérant d'une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés. M. A a produit des pièces, enregistrées le 25 janvier 2023. Par une ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mars 2023. La commune de Signes a présenté un mémoire, enregistré le 23 mars 2023, qui n'a pas été communiqué. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ; - l'arrêté du 16 septembre 2009 (NOR : ECEM0912514A) ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Kiecken, premier conseiller, - les conclusions de Mme Wustefeld, rapporteure publique, - les observations de Me Varron Charrier, pour M. A, - et les observations de Me Disperati, pour la commune de Signes. Considérant ce qui suit : 1. M. B A et la commune de Signes ont conclu un accord-cadre pour la réalisation de prestations d'hébergement, de mise à niveau, de maintenance et d'assistance d'exploitation du site internet communal, qui a été notifié au titulaire le 11 janvier 2018. Ce marché d'une durée de 4 ans a été résilié pour faute du titulaire à compter du 26 février 2021, par une décision de la commune signifiée à l'intéressé le 5 mars 2021, accompagnée d'un décompte de liquidation du marché d'un montant de 31 248 euros à payer à la commune de Signes. Le 29 mars 2021, la commune a émis un titre de recettes à l'encontre du requérant pour le recouvrement de cette somme. 2. Par la présente requête, M. A demande principalement la décharge de l'obligation de payer la somme d'un montant de 31 248 euros. Sur le cadre juridique du litige : 3. En premier lieu, l'article 78 du décret du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics, alors en vigueur, prévoit : " I. - Les acheteurs peuvent conclure des accords-cadres définis à l'article 4 de l'ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée avec un ou plusieurs opérateurs économiques. / Lorsque l'accord-cadre ne fixe pas toutes les stipulations contractuelles, il donne lieu à la conclusion de marchés subséquents dans les conditions fixées à l'article 79. () II. - Les accords-cadres peuvent être conclus : / 1° Soit avec un minimum et un maximum en valeur ou en quantité ; () III. - La durée des accords-cadres ne peut dépasser quatre ans pour les pouvoirs adjudicateurs () IV. - () [Les marchés subséquents et les bons de commande] ne peuvent être conclus ou émis que durant la période de validité de l'accord-cadre. Leur durée d'exécution est fixée conformément aux conditions habituelles d'exécution des prestations faisant l'objet de l'accord-cadre. L'acheteur ne peut fixer une durée telle que l'exécution des marchés subséquents ou des bons de commande se prolonge au-delà de la date limite de validité de l'accord-cadre dans des conditions qui méconnaissent l'obligation d'une remise en concurrence périodique. " 4. En second lieu, l'article 8 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché en litige prévoit : " Dans l'hypothèse de la résiliation du présent contrat prononcée de façon unilatérale par le maître d'ouvrage, seules les dispositions prévues au chapitre 8 du CCAG en vigueur applicable aux marchés publics de techniques de l'information et de la communication seront appliquées ". L'article 44 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicables aux marchés publics de techniques de l'information et de la communication annexé à l'arrêté du 16 septembre 2009, alors en vigueur, qui doit être regardé comme le CCAG applicable au marché en litige, relatif au décompte de résiliation, prévoit : " 44. 1. La résiliation fait l'objet d'un décompte de résiliation, qui est arrêté par le pouvoir adjudicateur et notifié au titulaire. () 44. 3. Le décompte de liquidation à la suite d'une décision de résiliation [pour faute du titulaire] comprend : / 44. 3. 1. Au débit du titulaire : / - le montant des sommes versées à titre d'avance, d'acompte, de règlement partiel définitif et de solde ; / - la valeur, fixée par le marché et ses avenants éventuels, des moyens confiés au titulaire que celui-ci ne peut restituer ainsi que la valeur de reprise des moyens que le pouvoir adjudicateur cède à l'amiable au titulaire ; / - le montant des pénalités ; / - le cas échéant, le supplément des dépenses résultant de la passation d'un marché aux frais et risques du titulaire dans les conditions fixées à l'article 46. () " Sur le litige : 5. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que le montant maximum de 80 000 euros hors taxes prévu à l'accord-cadre aurait été atteint en cours d'exécution du marché. Dans ces conditions, cet accord-cadre ne peut en tout état de cause être regardé comme ayant été déjà privé d'effets à la date à laquelle la commune a décidé de le résilier pour faute de son titulaire. M. A n'est donc pas fondé à se prévaloir de ce que cette résiliation et le décompte de résiliation qui a suivi seraient entachés d'illégalité à ce titre. 6. Mais d'autre part, il résulte des stipulations applicables au marché en litige qu'elles établissent une liste limitative des éléments qui peuvent être compris dans le décompte de liquidation faisant suite à une décision de résiliation pour faute du titulaire. Or, les sommes dont se prévaut la commune de Signes, qui correspondent en substance à des paiements que la commune estime indus, ne figurent pas au nombre de ces éléments. Le requérant est donc fondé à soutenir que c'est à tort que ces sommes ont été inscrites à son débit dans le décompte de liquidation du marché qui est, dès lors, entaché d'illégalité. Le titre de recettes attaqué est ainsi dépourvu de base légale. 7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 31 248 euros, procédant de l'avis des sommes à payer émis par la commune de Signes le 29 mars 2021. 8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Signes une somme de 2 000 euros à verser à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée en défense par la commune au même titre. D É C I D E :Article 1er : M. A est déchargé de l'obligation de payer la somme de 31 248 euros.Article 2 : La commune de Signes versera une somme de 2 000 euros à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 3 : Les conclusions de la commune de Signes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Monsieur B A, à la commune de Signes et au comptable du service de gestion comptable de Saint-Cyr. Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon. Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :M. Harang, président, M. Bailleux, premier conseiller,M. Kiecken, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023. Le rapporteur,SignéA. KIECKEN Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2101289

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