vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101317 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | KIEFFER LECOLIER AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 11 mai 2021, 3 janvier et 26 avril 2022, Mme A D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de la commune de La Garde en date du 15 mars 2021 prononçant à son encontre une sanction disciplinaire d'exclusion de fonctions de six mois ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Garde le versement de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière : l'enquête interne a été partiale ;
- la requérante n'a pas eu la possibilité de visionner un enregistrement vidéo sur lequel s'est fondée l'administration ;
En ce qui concerne la légalité interne :
- elle n'a commis aucune faute justifiant une sanction disciplinaire ; une sanction de troisième groupe est disproportionnée ;
- il y a une rupture d'égalité avec ses deux autres collègues qui ont été sanctionnées par un avertissement ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en maintenant la même sanction avec une simple suppression du sursis ; la sanction ne respecte pas un précédent jugement du tribunal administratif de Toulon rendu le 22 janvier 2021 sous le n° 1802136.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 septembre 2021, 15 mars
et 21 juin 2022, la commune de La Garde, représentée par Me Kieffer, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la requérante lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le tribunal doit surseoir à statuer dans l'attente du jugement de la cour administrative d'appel de Marseille sur le recours déposé par la commune contre l'avis du conseil de discipline ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée ;
- lors de la procédure, la requérante a eu la faculté de consulter son dossier et de se faire assister ; les autres moyens tirés de l'irrégularité de la procédure ne sont pas fondés ;
- la requérante a eu la possibilité de prendre connaissance des images extraites de la vidéosurveillance ; des panneaux signalent la présence d'une dispositif de vidéosurveillance ;
- la requérante a manqué à son obligation de surveillance des enfants présents ;
- il n'y a pas de rupture d'égalité au regard de l'ancienneté de la requérante vis-à-vis de ses deux autres collègues, de son grade et de sa position dans la structure.
Par une ordonnance du 13 juin 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 13 juillet 2022 en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 septembre 2022 :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- et les observations de Me Kieffer représentant la commune de La Garde.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, auxiliaire de puériculture principale de 2ème classe au sein de la commune de La Garde, est affectée à la halte-garderie les Gardinous. Suite à l'oubli d'un enfant sur son lieu de travail le 7 septembre 2017, une procédure disciplinaire a été engagée à son encontre. Par un arrêté du 23 mars 2018, le maire de la commune de La Garde lui a infligé une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'une année, assortie d'un sursis de 6 mois. Saisi par Mme D, le conseil de discipline de recours de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) a décidé, par un avis du 15 juin 2018, de ne pas prononcer de sanction. Etant lié par cet avis, par un arrêté en date du 2 juillet 2018, le maire de La Garde a retiré son arrêté du 23 mars 2018 et a réintégré Mme C en qualité d'auxiliaire de puériculture principal de 2ème classe, à compter du 13 avril 2018. Par un nouvel arrêté du 15 mars 2021, le maire de la commune de La Garde a infligé à Mme D une sanction disciplinaire de 6 mois d'exclusion. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la matérialité des faits reprochés :
2. Aux termes, d'une part, de l'article 29 de la loi susvisée du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". En outre, aux termes de l'article 66 de la loi n°84-l6
du 11 janvier 1984 susvisée alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. Premier groupe : () le blâme ". Aux termes, d'autre part, de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () Troisième groupe : la rétrogradation ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans () Quatrième groupe : la mise à la retraite d'office ; la révocation () ".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes, en tenant compte de la manière de servir de l'intéressé et de ses antécédents disciplinaires.
4. En l'espèce, la requérante soutient qu'elle n'a commis aucune faute justifiant qu'une sanction disciplinaire soit prise à son encontre. Cependant, Mme C avait, en sa qualité d'auxiliaire de puériculture, une fonction d'accueil personnalisé des enfants, comportant une obligation de surveillance des enfants permanente, attentive et active. En outre, Mme C, agent diplômé et par là-même encadrant au sens des dispositions de l'article R. 2324-42 du code de la santé publique, était l'agent la plus qualifiée de la halte-garderie, après sa directrice.
Par suite, le comportement de la requérante présentait, eu égard à ses fonctions, un caractère fautif de nature à justifier une sanction disciplinaire.
En ce qui concerne l'adéquation de la sanction aux fait reprochés :
5. Il résulte de l'instruction que Mme D avait, en sa qualité d'auxiliaire de puériculture, une fonction d'accueil personnalisé des enfants, comportant une obligation de surveillance des enfants permanente, attentive et active. Pour autant, si Mme D, agent diplômé et par là-même encadrant au sens des dispositions de l'article R. 2324-42 du code de la santé publique, était l'agent la plus qualifiée de la halte-garderie, après sa directrice,
il convient de tenir compte de son grade et du fait qu'elle est un agent de catégorie C. En outre, si les faits qui lui sont reprochés sont graves et justifient une sanction disciplinaire, il convient de souligner que cet oubli n'a entraîné aucune suite dramatique et que l'enfant oublié dans la crèche a été retrouvé sain et sauf peu de temps après. Dans les circonstances particulières de l'espèce et au regard du comportement général de la requérante, qui s'était absentée au cours de la journée, avec l'accord de sa hiérarchie, pour assister à des obsèques et n'avait ainsi pas été en mesure de suivre le cours des déposes et départs des enfants, et qui n'avait jamais été sanctionnée par le passé, la sanction prononcée à son encontre de six mois d'exclusion de fonctions est disproportionnée.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à soutenir que la sanction d'exclusion de six mois qui lui a été infligée par le maire de la commune de La Garde est disproportionnée au regard des fautes commises.
Sur les frais liés au litige :
7. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la commune de La Garde en date du 15 mars 2021 prononçant à l'encontre de Mme D une sanction disciplinaire d'exclusion de fonctions de six mois est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de La Garde présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la commune
de La Garde.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Faucher, première conseillère,
Mme Wustefeld, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
S. B
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
et par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026