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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2101379

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2101379

vendredi 31 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2101379
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantMAUDUIT LOPASSO GOIRAND ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 18 mai 2021, 29 septembre, 28 octobre et 10 novembre 2022, Mme B C demande au tribunal :

1°) d'annuler sa notation pour l'année 2020 reçue le 13 janvier 2021, ensemble

la décision expresse de rejet de son recours gracieux du 16 mars 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Pignans la somme de 1 000 euros

en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son compte-rendu d'évaluation méconnaît les dispositions de l'article 76 de la loi

du 26 janvier 1984 en ne lui ayant pas été transmis au préalable ;

- l'auteur de l'acte est incompétent à défaut de signature sur sa fiche de notation ;

- sa notation est entachée d'erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

elle n'est pas conforme à sa manière de servir ;

- elle est entachée d'erreur de droit ; les disposition de l'article 1-3 du décret 88-145 du 15 février 1988 n'ont pas été respectées ; elle a été embauchée sur un emploi permanent et ses contrats successifs s'étalent sur une période de 22 mois ; des éléments étrangers à sa manière de servir ont été pris en compte ;

- par une délibération du 29 janvier 2018, la commune de Pignans a institué un système d'évaluation et de notation des agents non titulaires ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 27 avril et 21 octobre 2022, la commune de Pignans, représentée par Me Lopasso, demande au tribunal à titre principal de rejeter

la requête comme irrecevable, à titre subsidiaire de la rejeter et de mettre à la charge de Mme C la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en tant qu'elle attaque un acte préparatoire pour déterminer le montant de son complément indemnitaire annuel ; elle n'a pas été recrutée sur un emploi permanent pour une durée supérieure à un an ;

- la requête est tardive ;

- les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 1er février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 16 février 2023 en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983;

- le décret 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 774-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 mars 2023 :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,

- les observations de Me Lopasso représentant la commune de Pignans.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C a été recrutée par la commune de Pignans sur un poste de rédactrice territoriale juriste par trois contrats à durée déterminée pour la période du 18 février 2019 au 31 décembre 2020. Par la présente requête Mme C demande l'annulation de son évaluation au titre de l'année 2020, ensemble la décision du 16 mars 2021 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984 : " L'appréciation, par l'autorité territoriale, de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct qui donne lieu à l'établissement d'un compte rendu. () ".

3. Les dispositions précitées ne sont pas applicables aux agents contractuels. Par suite Mme C n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.

Ce moyen sera donc écarté comme étant inopérant.

4. En deuxième lieu, la requérante soutient que sa fiche de notation aurait dû être signée. Pour autant, la requérante n'invoque à l'appui de son moyen aucune disposition applicable aux agents contractuels qui imposerait la signature de ce type de document. Ce moyen sera donc écarté.

5. En troisième lieu, la requérante invoque une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation entachant sa notation, qui a baissé de 28,5/35 en 2019 à 26,12 en 2020 et soutient que " le maire lui a adressé´ une lettre de recommandation dans laquelle il reconnaît que

les missions confiées ont été´ correctement accomplies et qu'elle possède les connaissances et

le comportement requis pour le poste de DGA ". Cependant, par les pièces produites,

la requérante n'établit pas et n'avance aucun élément probant permettant de démontrer qu'en diminuant sa note chiffrée au titre de l'année 2020, la commune de Pignans aurait apprécié de façon manifestement erronée sa manière de servir au titre de cette année.

6. En quatrième lieu, aucun détournement de pouvoir n'est établi par les pièces versées au dossier.

7. En cinquième et dernier lieu, si Mme C soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit, l'argumentation qu'elle développe à ce titre ne permet pas d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de son évaluation au titre de l'année 2020, ensemble la décision du 16 mars 2021 rejetant son recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la commune de Pignans qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance supporte la charge des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Pignans sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Pignans présentées sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Pignans.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.

La magistrate désignée,

signé

S. A

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Ou par délégation le greffier,

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