vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | CAILLOUET-GANET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2021, Mme B A née C, représentée par Me Caillouet-Ganet, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er avril 2021 par laquelle la commission de médiation du Var a rejeté son recours amiable présenté en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, tendant à être reconnue comme prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement social ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui attribuer un logement décent et durable et adapté à sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte ;
3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) de condamner l'Etat à verser à Me Caillouet-Ganet la somme de 1 000 euros, en application des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de la justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il est soutenu que :
- elle peut utilement faire valoir à la date de cette décision qu'elle remplissait les conditions pour être déclarée prioritaire sur le fondement d'un autre alinéa que celui qu'elle avait invoqué devant la commission de médiation ; par ailleurs, la commission de médiation ne doit pas se contenter d'examiner les moyens avancés par le demandeur, mais doit au contraire procéder à une étude exhaustive de la situation ;
- la décision de refus attaquée, prise au motif que Mme A n'a pas communiqué d'information concernant son parcours locatif, méconnaît les dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation dans la mesure où l'intéressée remplit les conditions pour être déclarée prioritaire dès lors qu'elle est logée temporairement dans la résidence hôtelière à vocation sociale " Le Carami " sise à Hyères ; la décision est entachée à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- de surcroît la commission de médiation n'a pas procédé à un examen global de la situation de Mme A ni procédé à une véritable enquête.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juillet 2021, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la commission de médiation a pris en compte les critères prévus par le code de la construction et de l'habitation ;
- la décision de rejet de la demande de Mme A est fondée sur le fait que cette dernière n'a pas produit les pièces obligatoires qui lui avaient été réclamées, en ce qui concerne son divorce et son parcours locatif ; les personnes en instance de séparation peuvent désormais justifier de l'engagement de la procédure de divorce par la transmission de la copie de l'acte de saisine auprès du juge aux affaires familiales dans les conditions prévues au code civil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du 28 juin 2021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Toulon a accordé à Mme A l'aide juridictionnelle totale dans la présente instance.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Riffard en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique du 24 janvier 2023 :
- le rapport de M. Riffard, rapporteur ;
- et les observations de Me Caillouet-Ganet, représentant Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A née le 27 mai 1949 a saisi le 24 novembre 2020 la commission de médiation du droit au logement du Var d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 4 février 2021, la commission de médiation a rejeté son recours amiable. Mme A a formé un recours gracieux, enregistré au secrétariat de la commission le 9 mars 2021, qui a été rejeté par une décision du 1er avril 2021. Dans la présente instance, M. A demande principalement au Tribunal d'annuler la décision du 1er avril 2021.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2021. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, lesquelles sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. ".
4. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " I. -Dans chaque département, une ou plusieurs commissions de médiation sont créées auprès du représentant de l'Etat dans le département. Chaque commission est présidée par une personnalité qualifiée désignée par le représentant de l'Etat dans le département. / () II. -La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux () ". Selon l'article R. 441-14-1 du même code, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " La commission, saisie sur le fondement du II () de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement (), en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (). / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : () - être dépourvues de logement. () ; - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; () / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus.".
5. Il résulte du II de l'article L. 441-2-3 et de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
6. Il appartient à la commission de médiation, qui, pour instruire les demandes qui lui sont présentées en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, peut obtenir des professionnels de l'action sociale et médico-sociale, au besoin sur sa demande, les informations propres à l'éclairer sur la situation des demandeurs, de procéder, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à un examen global de la situation de ces derniers au regard des informations dont elle dispose, sans être limitée par le motif invoqué dans la demande, afin de vérifier s'ils se trouvent dans l'une des situations envisagées à l'article R. 441-14-1 de ce code pour être reconnus prioritaires et devant être relogés en urgence au titre du premier ou du deuxième alinéa du II de l'article L. 441-2-3.
7. Par ailleurs, le demandeur qui forme un recours pour excès de pouvoir contre la décision par laquelle la commission de médiation a refusé de le déclarer prioritaire et devant être relogé en urgence peut utilement faire valoir qu'à la date de cette décision, il remplissait les conditions pour être déclaré prioritaire sur le fondement d'un autre alinéa du II de l'article L. 441-2-3 que celui qu'il avait invoqué devant la commission de médiation. Il peut également présenter pour la première fois devant le juge de l'excès de pouvoir des éléments de fait ou des justificatifs qu'il n'avait pas soumis à la commission, sous réserve que ces éléments tendent à établir qu'à la date de la décision attaquée, il se trouvait dans l'une des situations lui permettant d'être reconnu comme prioritaire et devant être relogé en urgence.
8. A l'appui de son recours amiable déposé le 24 novembre 2020 auprès de la commission de médiation du département du Var, Mme A a mentionné qu'elle était dépourvue de logement depuis le mois d'octobre 2020, à la suite de la mise en œuvre d'une procédure de divorce. Par une décision du 4 février 2021, la commission de médiation a rejeté sa demande au motif qu'elle n'avait pas communiqué les pièces obligatoires nécessaires à l'instruction de sa demande. Dans son recours gracieux enregistré le 9 mars suivant, Mme A a fait valoir, d'une part, qu'elle n'avait pas été rendue destinataire d'une demande de pièces complémentaires de la part de la commission et, d'autre part, qu'après avoir contacté le secrétariat de cette commission, elle transmettait le justificatif de l'engagement d'une procédure de divorce par consentement mutuel. Par une nouvelle décision du 1er avril 2021, la commission de médiation a toutefois rejeté le recours gracieux en considérant que le dossier de Mme A, en l'absence d'informations sur son parcours locatif, restait incomplet.
9. En premier lieu, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, Mme A n'était plus dépourvue de logement au sens du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle était hébergée depuis le 1er décembre 2020 au sein de la résidence sociale " Le Carami " située 5 montée de Costebelle à Hyères. Dès lors, la commission de médiation du Var ne pouvait que rejeter le recours amiable présenté par Mme A sur ce premier fondement. En outre, la requérante ne conteste pas ne pas avoir transmis l'ensemble des pièces nécessaires à l'instruction de sa demande et qui lui étaient demandées par la commission de médiation à la suite du dépôt de son recours gracieux.
10. En deuxième lieu, devant le Tribunal, Mme A soutient qu'elle remplissait les conditions pour être déclarée prioritaire sur le fondement d'un autre alinéa du II de l'article L. 441-2-3 que celui qu'elle avait invoqué devant la commission de médiation. Toutefois, à la date de la décision attaquée, le 1er avril 2021, la durée d'hébergement continu au sein de la résidence hôtelière à vocation sociale était inférieure à six mois, le contrat d'occupation conclu avec l'association " Accompagnement Promotion Insertion Provence " (API Provence) ayant pris effet à compter du 1er décembre 2020. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû être déclarée prioritaire sur le nouveau fondement qu'elle invoque devant le Tribunal.
11. En troisième lieu, si Mme A soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, elle n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions principales à fin d'annulation et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, supporte la charge les frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens. Les conclusions à cette fin présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
DECIDE
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le magistrat désigné
Signé :
D. RIFFARD
La greffière
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
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01/06/2026