vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101794 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 2 juillet 2021 sous le numéro 2101794,
Mme D C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la caisse d'allocation familiales (CAF) du Var
du 26 décembre 2020 mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de 274,41 euros au titre de l'année 2019 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cet indu ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Var le versement de la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative à payer à Me Desfarges.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique et ne comporte aucune des informations prévues par l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ; cette omission l'a privé d'une garantie, celle de comprendre le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ; les données traitées et leurs sources ; les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressée ; les opérations effectuées par le traitement ;
- elle ne comporte pas le nom et le prénom de son auteur ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et
des familles ; des retenues ont été réalisées par la CAF du Var sur ses prestations à échoir ;
- elle n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; elle ne précise pas pour quelle raison elle n'aurait pas droit à la prime exceptionnelle ;
- elle méconnaît les droits de la défense ; aucune procédure contradictoire préalable n'a été mise en place en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, d'erreur de fait et d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que Mme C ne bénéficie plus du revenu de solidarité active (RSA) au 1er décembre 2019 et que l'aide exceptionnelle de fin d'année étant subordonnée au droit à percevoir le RSA, elle ne pouvait donc pas prétendre à son bénéfice pour l'année 2019.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.
II. Par une requête enregistrée le 2 juillet 2021 sous le numéro 2101795, Mme D C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la caisse d'allocation familiales (CAF) du Var du 27 février 2021 mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de 274,41 euros au titre de l'année 2020 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cet indu ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Var le versement de la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative à payer à Me Desfarges.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique et ne comporte aucune des informations prévues par l'article R311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ; cette omission l'a privé d'une garantie, celle de comprendre le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ;les données traitées et leurs sources ; les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; les opérations effectuées par le traitement ;
- elle ne comporte pas le nom et le prénom de son auteur ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ; des retenues ont été réalisées par la CAF du Var sur ses prestations à échoir ;
- elle n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; elle ne précise pas pour quelle raison elle n'aurait pas droit à la prime exceptionnelle ;
- elle méconnaît les droits de la défense ; aucune procédure contradictoire préalable n'a été mise en place en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, d'erreur de fait et d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que Mme C ne bénéficie plus du revenu de solidarité active (RSA) au 1er décembre 2020 et que l'aide exceptionnelle de fin d'année étant subordonnée au droit à percevoir le RSA, elle ne pouvait donc pas prétendre à son bénéfice pour l'année 2020.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.
III. Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 juillet 2021 et 6 octobre 2022 sous le numéro 2101797, Mme C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du conseil départemental du Var sur son recours du 16 février 2021 concernant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 32 503,26 euros ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cet indu ;
3°) d'enjoindre au conseil départemental du Var de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département du Var le versement de la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative à payer à Me Desfarges.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision du 5 février 2021 ne comporte aucune des informations prévues par l'article R.311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ; cette omission l'a privé d'une garantie, celle de comprendre le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ; les données traitées et leurs sources ; les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; les opérations effectuées par le traitement ;
- son recours administratif a été rejeté par une personne qui ne justifie d'aucune délégation de compétence ou de signature régulièrement publiée ;
- elle a été prise sans que l'avis de la commission de recours amiable soit sollicité en méconnaissance des dispositions des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, ce qui l'a privé de la garantie de la collégialité que représente cette saisine ;
- elle méconnaît les droits de la défense ; aucune procédure contradictoire préalable n'a été mise en place ; elle a été prise en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle a été prise en se basant uniquement sur le contrôle réalisé à son encontre ; il n'a pas eu communication du rapport établi par l'agent de la CAF ; le RAPO n'a pas permis de remédier à l'absence de procédure contradictoire ;
- elle n'a pas de vie de couple stable et continue caractérisant un concubinage avec le père de ses enfants ;
- elle a un droit à l'erreur en application de l'article L. 123-1 code des relations entre le public et l'administration ; il est de bonne foi ;
- au regard de sa bonne foi, de l'absence de fausse déclaration volontaire et de sa situation particulièrement précaire, une remise totale de dette lui sera accordée.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2022, la CAF du Var fait valoir qu'elle n'a pas compétence pour défendre dans un litige relatif à une dette de RSA socle et qu'il convient d'appeler à la cause le conseil département du Var.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, le conseil départemental du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 17 décembre 2020, motivée par l'existence d'une vie maritale de la part de l'intéressée, la caisse d'allocations familiales du Var a notifié à Mme C un indu de revenu de solidarité active (RSA) pour un montant de 31 920,01 euros. L'intéressée a présenté un recours gracieux comportant une demande de remise gracieuse auprès du directeur du conseil départemental du Var daté du 16 février 2021, qui a été rejeté par une décision implicite. Par deux décisions des 26 décembre 2020 et 27 février 2021, la caisse d'allocations familiales du Var informait Mme C qu'elle était redevable d'un indu d'aide exceptionnelle au titre des années 2019 et 2020 d'un montant de 274,41 euros pour chaque année. Par les requêtes enregistrées sous les numéros 2101794 et 2101795, elle demande l'annulation de ces deux indus de primes exceptionnelles. Par la requête enregistrée sous le numéro 2101797, elle demande l'annulation de la décision implicite du conseil départemental du Var sur son recours du 16 février 2021 concernant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 32 503,26 euros.
Sur la jonction
2. Les requêtes enregistrées par Mme C sous les n°2101794, 2101795 et 2101797 concernent la situation d'une même requérante, Mme C, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'indu de revenu de solidarité active :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
Quant à la régularité de l'indu de RSA :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée rejetant implicitement le recours préalable obligatoire contre la notification d'indu de RSA, a été prise sur la base des résultats du contrôle réalisé par un agent assermenté et non comme le soutient la requérante sur le fondement d'un traitement algorithmique. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient seulement, au demeurant, leur communication à tout intéressé qui en ferait la demande, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale () ", laquelle est composée et constituée au sein du conseil d'administration de la caisse d'allocations familiales. Aux termes du I de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles : " Une convention est conclue entre le département et chacun des organismes mentionnés à l'article L. 262-16. / Cette convention précise en particulier : / 1° Les conditions dans lesquelles le revenu de solidarité active est servi et contrôlé ; / 2° Les modalités d'échange des données entre les parties ; / 3° La liste et les modalités d'exercice et de contrôle des compétences déléguées, le cas échéant, par le département aux organismes mentionnés à l'article L. 262-16 () ". Aux termes de l'article R. 262-60 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " La convention prévue à l'article L. 262-25 comporte des dispositions générales relatives à : / () 4° Les conditions et limites dans lesquelles la commission de recours amiable de ces organismes rend un avis sur les recours administratifs adressés au président du conseil général ; ces stipulations portent notamment sur l'objet et le montant des litiges dont la commission est saisie et les conditions financières de cette intervention () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil général statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. / Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil général statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. () ".
6. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.
7. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du RSA, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au RSA sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.
8. En l'espèce, aux termes de l'article 3.2 de la convention de gestion de RSA conclue entre le département du Var et la CAF du Var pour la période 2020-2023 : " Le département délègue à la CAF le traitement des RAPO (). Cette compétence déléguée à la CAF prend la forme d'une décision prise par la commission de recours amiable (CRA) mentionnée à l'article R142-1 du code de la sécurité sociale. Conformément à l'article R. 262-62 du code de l'action sociale et des familles et au regard des dispositions de l'article R. 262-89 du même code, il est convenu que les recours administratifs adressés au président du conseil départemental ne font pas l'objet d'un avis de la CRA ". Il résulte des dispositions précitées que les recours administratifs adressés au président du conseil départemental du Var sont dispensés de l'avis de la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au motif de l'absence de saisine de la commission de recours amiable est inopérant et doit donc être écarté.
9. En troisième lieu, une décision implicite de rejet est réputée avoir été prise par l'autorité compétente pour se prononcer sur la demande. En l'espèce, la décision attaquée, qui a rejeté implicitement le recours administratif préalable obligatoire formé par le requérant, est réputée avoir été prise par le département du Var auquel il a été adressé. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
10. En quatrième lieu, si aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ", l'article L. 121-2 du même code précise que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction () ".
11. Mme C soutient que ses droits de la défense ont été méconnus, qu'aucune procédure contradictoire préalable n'a été mise en place, en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que la décision attaquée a été prise en se basant uniquement sur le contrôle réalisé à son encontre sans qu'il n'ait eu communication du rapport établi par l'agent de la CAF et alors que le RAPO n'a pas permis de remédier à l'absence de procédure contradictoire.
12. D'une part, la décision en litige, prise par le directeur de la CAF du Var, qui est un organisme de sécurité sociale, ne constituent pas une sanction. Par conséquent, son édiction n'est pas soumise au respect des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.
13. D'autre part, il résulte de l'instruction que lors d'une visite domiciliaire par un agent assermenté de la CAF, Mme C a reconnu avoir une vie de couple avec M. A, le père de ses deux enfants, depuis le 14 février 2014. Si dans le cadre de son recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 du code l'action sociale et des famille, Mme C a formulé une demande tendant à ce que lui soit communiqué le rapport d'enquête établi par l'agent assermenté à l'issue de l'enquête, les informations figurant dans ce rapport d'enquête sont essentiellement déclaratives et liées à des constats effectués le jour de la visite domiciliaire dont Mme C ne pouvait ignorer le contenu ni la provenance. Enfin, le rapport d'enquête a été produit dans le cadre de la présente instance, permettant ainsi à la requérante de faire valoir utilement ses observations. Par suite, le moyen tiré de la violation des droits de la défense doit être écarté.
Quant au bien-fondé de l'indu de RSA :
14. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Selon l'article L. 262-9 du même code, dans sa rédaction issue de la loi du 21 décembre 2011 de financement de la sécurité sociale pour 2012 : " () Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges () ". Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 262-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé. Toutefois, lorsque le foyer comporte plus de deux enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge, à l'exception du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin de l'intéressé, la majoration à laquelle ouvre droit chacun de ces enfants ou personnes est portée à 40 % à partir de la troisième personne. ".
15. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
16. D'autre part, aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active. " et aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
17. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation notamment toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille et l'ensemble des ressources dont dispose son foyer. Si l'autorité administrative est en mesure d'établir que le bénéficiaire ne peut prétendre au bénéfice de l'allocation de revenu de solidarité active ou qu'il n'est pas possible, faute de connaître le montant exact des ressources des personnes composant le foyer, de déterminer s'il pouvait ou non bénéficier de l'allocation pour la période en cause, elle est en droit de mettre fin à cette prestation et de décider de récupérer les sommes qui ont ainsi été indûment versées à l'intéressé.
18. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active contestés ont pour origine l'actualisation des droits de Mme C à la suite de la visite domiciliaire effectuée le 6 octobre 2020. En effet, Mme C est devenue bénéficiaire de la prime d'activité le 1er janvier 2016 suite à sa déclaration de personne isolée avec la charge de deux enfants. Pour remettre en cause sa qualité de personne isolée et mettre à sa charge ces indus, la CAF du Var s'est fondée sur le rapport de contrôle établi le 7 octobre 2020 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales et qui fait foi jusqu'à preuve du contraire. Il résulte de ce rapport que Mme C " reconnait la vie de couple depuis le 14 février 2014 " avec M. A, le père de ses deux enfants. En outre, à la date du contrôle, aucune démarche aux fins de fixation de la contribution du père aux charges des enfants n'avait été engagée, et il ne ressort pas des relevés bancaires de Mme C joints à sa requête que M. A lui versait une pension alimentaire, contrairement à ses déclarations de ressources trimestrielle réitérées de novembre 2015 à novembre 2020. Ces éléments sont cohérents avec le procès-verbal de procédure contradictoire signé le 6 octobre 2020 par Mme C mentionnant que, si les relations avec Monsieur A sont conflictuelles et qu'il lui arrive de s'absenter plusieurs jours, Mme C admet avoir une vie de couple. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, Mme C n'est pas fondée à contester l'absence de concubinage. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction pécuniaire ou consistant à la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invité à le faire par l'administration dans le délai que celui-ci a indiqué. () ".
20. La décision par laquelle un trop-perçu de prestations est notifiée à l'allocataire, sans que soit mise à sa charge, en supplément du montant de la prestation reçue à tort, une amende destinée à réprimer les manquements aux obligations déclaratives, ne constitue pas une sanction pécuniaire. Par suite, Mme C ne saurait utilement invoquer un droit à l'erreur et le moyen qui en est tiré doit être écarté.
Quant à la remise de dette :
21. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
22. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
23. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme C a omis de déclarer un changement de situation sur sa vie de couple depuis 2014. Eu égard à la durée et au caractère répété de ces omissions déclaratives réitérée dans le temps de 2015 à 2020, la bonne foi de Mme C n'est pas établie. En outre, Mme C a fait une fausse déclaration en niant tout lien de parenté avec le bailleur alors qu'il s'agit de son beau-père, propriétaire du logement loué à Mme C. Enfin, la requérante n'établit pas qu'elle se trouverait dans une situation de précarité telle qu'il lui serait impossible de rembourser l'indu litigieux. Par suite, la remise totale du solde de la dette de revenu de solidarité active n'est pas justifiée et ne peut être accordée.
En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :
24. Il résulte de ce qui précède que l'indu de RAS prononcé à l'encontre de Mme C est fondé. Par voie de conséquences, ses conclusions aux fins d'annulation et de décharge relatives à l'indu de revenu de solidarité active doivent être rejetées.
Sur l'indu de prime exceptionnelle au titre des années 2019 et 2020
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
Quant à la régularité de l'indu de primes exceptionnelles au titre des années 2019 et 2020 :
25. En premier lieu, il résulte de l'instruction que les décisions en litige indiquent, en caractères lisibles, les prénom et nom ainsi que la qualité de son auteur. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration manque en fait et ne peut qu'être écarté.
26. En deuxième lieu, Mme C fait valoir que les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure résultant du fait que la caisse d'allocations familiales du Var ne lui a pas indiqué que la décision provenait d'un traitement algorithmique. Toutefois, la requérante n'apporte aucun élément de preuve de nature à démontrer que cette décision a été prise dans de telles conditions. En outre, il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, mais fait suite à une enquête réalisée par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Var dont le rapport a été établi le 27 août 2020. Dès lors, le moyen tiré du non-respect des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
27. En troisième lieu, si Mme C soutient que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et prétend que des retenues ont été réalisées par la CAF du Var sur ses prestations à échoir, elle ne le prouve pas. Ce moyen sera donc écarté comme manquant en fait.
28. En quatrième lieu, si, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ", l'article L. 121-2 du même code précise que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction (). ". Les décisions en litige, prises par le directeur de la CAF du Var, qui est un organisme de sécurité sociale, ne constituent pas une sanction. Par conséquent, leur édiction n'est pas soumise au respect des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
29. En cinquième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre des primes exceptionnelles de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
30. En l'espèce, les deux décisions des 26 décembre 2020 et 27 février 2021 mentionnent la nature de la prestation indue, c'est-à-dire la prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020, le montant de la somme réclamée, soit 274,41 euros pour chaque année, le motif de l'indu, à savoir que Mme C n'était pas éligible à la prime exceptionnelle de fin d'année, faute d'être bénéficiaire du revenu de solidarité active. Par suite, les deux décisions attaquées sont suffisamment motivées et le moyen sera écarté.
Quant au bien-fondé de l'indu de primes exceptionnelles au titre des années 2019 et 2020 :
31. Il résulte des dispositions des articles premiers des décrets des 10 décembre 2019 et 29 décembre 2020 qu'une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du RSA qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre ou, à défaut, du mois de décembre des années concernées.
32. Il résulte de ce qui a été dit aux points 14 à 20 du présent jugement que Mme C a bénéficié à tort du revenu de solidarité active à compter de 2015. Par conséquent, aucun droit à l'allocation de RSA n'était ouvert à Mme C au cours des mois de novembre et décembre pour les années 2019 et 2020. Par suite, la requérante ne remplissait pas les conditions lui permettant de bénéficier de la prime de Noël au titre des années 2019 et 2020 et c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales, en application des dispositions précitées lui a notifié deux décisions d'indus en matière de prime exceptionnelle de fin d'année pour un montant de 272,41 euros pour chaque année. Mme C n'est donc pas fondée à soutenir que les indus réclamés ne sont pas justifiés. Les moyens tirés de l'erreur d'appréciation, de l'erreur de fait et de l'erreur de droit seront écartés.
En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :
33. Il résulte de ce qui précède que l'indu de RSA prononcé à l'encontre de Mme C est fondé. Par voie de conséquences, ses conclusions aux fins d'annulation et de décharge relatives à l'indu de prime exceptionnelle pour 2019 et 2020 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Var ou de la CAF, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DECIDE
Article 1er : Les requêtes de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Desfarges et au ministre des solidarités et de la santé.
Copie en sera adressée, pour information, au département du Var et à la caisse d'allocations familiales du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023
La magistate désignée,
signé
S. BLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
2, 2101795 et 2101797
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026