vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2101933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | LAGARDERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 juillet 2021 et le 5 octobre 2021, M. C A B représenté par Me Lagardère, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation DALO du Var a rejeté son recours amiable déposé le 18 février 2021 en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, tendant à être reconnu comme prioritaire et devant être logé d'urgence dans un logement social ;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de le reconnaître prioritaire et devant être logé en urgence dans un logement social adapté à sa situation ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 1 000 euros à verser à Me Lagardère en application de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il est soutenu que :
- compte tenu de ses facultés contributives, M. A B justifie ne pas pouvoir se loger par ses propres moyens dans un logement décent et indépendant ; il remplit ainsi les conditions de ressources imposées pour un logement social ;
- il se trouve être actuellement logé dans des locaux impropres à l'habitation et présentant un caractère insalubre ou dangereux pour sa santé et celle des membres de sa famille ; il ressort du diagnostic - constat état du logement établi par les services de la préfecture du Var le 3 août 2021, qu'une mise en conformité du logement occupé s'avère nécessaire ;
- de plus, depuis l'introduction de la présente requête il apparait que la bailleresse de M. A B entend récupérer son logement à la date fixée du 31 décembre 2021 ; il a sollicité l'obtention d'un logement social depuis le 18 juin 2020, n'a à ce jour, reçu aucune proposition.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 août 2021 et le 23 novembre 2021, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le requérant ne démontre pas que son logement présenterait un caractère insalubre ou dangereux et il n'établit pas davantage que son logement présente un risque pour la santé ou la sécurité des occupants ;
- en l'absence de sur-occupation ou d'indécence avérées, la demande de M. A B ne peut être considérée comme prioritaire au titre du dispositif du droit au logement opposable ;
- le requérant ne répond à aucune des catégories énumérées à l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
- les éléments produits par le requérant, en particulier le rapport du 3 août 2021, sont postérieurs à la décision attaquée et ne peuvent pas être pris en compte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du 19 juillet 2021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Toulon a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. A B dans la présente instance.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Riffard en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 février 2023 :
- le rapport de M. Riffard, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Lagardère, représentant M. A B.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience publique, conformément à l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.M. A B a saisi le 18 février 2021 la commission de médiation du droit au logement opposable (DALO) du Var d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, en indiquant résider depuis août 2018 avec son épouse et leurs trois enfants mineurs dans un appartement de type 3 situé à Cuers et qui présente une forte humidité, ce qui affecte la santé des occupants. Le 18 février 2021, la commission de médiation a accusé réception de sa demande et lui a indiqué qu'elle se prononcerait dans un délai de trois mois, soit au plus tard le 18 mai 2021, et que passé ce délai M. A B devrait considérer que sa demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. A B demande principalement au Tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation a rejeté son recours amiable. Toutefois, en défense, le préfet du Var verse à l'instance la décision du 6 mai 2021 par laquelle la commission de médiation a expressément rejeté ce recours au motif que les désordres relevés par M. A B ne font pas état d'une indécence établie par un organisme et que cette indécence n'est donc pas avérée. Les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent donc être regardées comme dirigées contre cette décision explicite de rejet.
Sur la demande d'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 19 juillet 2021, M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, sa demande tendant à être admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. ".
4. Aux termes, d'une part, de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " I. -Dans chaque département, une ou plusieurs commissions de médiation sont créées auprès du représentant de l'Etat dans le département. Chaque commission est présidée par une personnalité qualifiée désignée par le représentant de l'Etat dans le département. / II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est () logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur () / VII. -Lorsque la commission de médiation est saisie, dans les conditions prévues au II, d'un recours au motif du caractère impropre à l'habitation, insalubre, dangereux ou ne répondant pas aux caractéristiques de la décence des locaux occupés par le requérant, elle statue au vu d'un rapport des services mentionnés à l'article L. 1331-26 du code de la santé publique, le cas échéant, de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune bénéficiaire de la délégation prévue aux articles L. 301-5-1-1 et L. 301-5-1-2 du présent code ou des opérateurs mandatés pour constater l'état des lieux.() ". Aux termes de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique, un groupe d'immeubles, un îlot ou un groupe d'îlots constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1, du directeur du service communal d'hygiène et de santé concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : / 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; / 2° Sur les mesures propres à y remédier / () / Le directeur général de l'agence régionale de santé établit le rapport prévu au premier alinéa soit de sa propre initiative, soit sur saisine du maire, du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de logement et d'urbanisme, soit encore à la demande de tout locataire ou occupant de l'immeuble ou de l'un des immeubles concernés. () ". Il résulte des termes du formulaire réglementaire du recours amiable devant la commission de médiation que le demandeur peut fournir, en ce qui concerne le caractère impropre à l'habitation, l'insalubrité ou la dangerosité du logement, à titre d'exemple, un " document établi par un professionnel du bâtiment, un service public, un travailleur social, ou une association ayant pour objet l'insertion ou le logement, photos, jugement du tribunal, attestation de la commission de conciliation, de la caisse d'allocations familiales ou de la caisse de mutualité sociale agricole, le cas échéant, arrêté du préfet ou du maire ".
5. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 441-14-1 du même code, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " La commission, saisie sur le fondement du II () de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement (), en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (). / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : - () avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret () - être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; () ". L'article 2 du décret du 30 janvier 2002 visé ci-dessus dispose que : " Le logement doit satisfaire aux conditions suivantes, au regard de la sécurité physique et de la santé des locataires : / 1. Il assure le clos et le couvert. Le gros œuvre du logement et de ses accès est en bon état d'entretien et de solidité et protège les locaux contre les eaux de ruissellement et les remontées d'eau. Les menuiseries extérieures et la couverture avec ses raccords et accessoires assurent la protection contre les infiltrations d'eau dans l'habitation. () 2. Les dispositifs de retenue des personnes, dans le logement et ses accès, tels que garde-corps des fenêtres, escaliers, loggias et balcons, sont dans un état conforme à leur usage ; / 3. La nature et l'état de conservation et d'entretien des matériaux de construction, des canalisations et des revêtements du logement ne présentent pas de risques manifestes pour la santé et la sécurité physique des locataires ; / 4. Les réseaux et branchements d'électricité et de gaz et les équipements de chauffage et de production d'eau chaude sont conformes aux normes de sécurité définies par les lois et règlements et sont en bon état d'usage et de fonctionnement / 5. Les dispositifs d'ouverture et de ventilation des logements permettent un renouvellement de l'air adapté aux besoins d'une occupation normale du logement et au fonctionnement des équipements ; / 6. Les pièces principales, au sens du troisième alinéa de l'article R. 111-1 du code de la construction et de l'habitation, bénéficient d'un éclairement naturel suffisant et d'un ouvrant donnant à l'air libre ou sur un volume vitré donnant à l'air libre. ".
6. Il résulte du II de l'article L. 441-2-3 et de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 code de la construction et de l'habitation et satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande. Par ailleurs, il appartient à la commission de médiation, qui, pour instruire les demandes qui lui sont présentées en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, peut obtenir des professionnels de l'action sociale et médico-sociale, au besoin sur sa demande, les informations propres à l'éclairer sur la situation des demandeurs, de procéder, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à un examen global de la situation de ces derniers au regard des informations dont elle dispose, sans être limitée par le motif invoqué dans la demande, afin de vérifier s'ils se trouvent dans l'une des situations envisagées à l'article R. 441-14-1 de ce code pour être reconnus prioritaires et devant être relogés en urgence au titre du premier ou du deuxième alinéa du II de l'article L. 441-2-3. Enfin, le demandeur qui forme un recours pour excès de pouvoir contre la décision par laquelle la commission de médiation a refusé de le déclarer prioritaire et devant être relogé en urgence peut utilement faire valoir qu'à la date de cette décision, il remplissait les conditions pour être déclaré prioritaire sur le fondement d'un autre alinéa du II de l'article L. 441-2-3 que celui qu'il avait invoqué devant la commission de médiation. Il peut également présenter pour la première fois devant le juge de l'excès de pouvoir des éléments de fait ou des justificatifs qu'il n'avait pas soumis à la commission, sous réserve que ces éléments tendent à établir qu'à la date de la décision attaquée, il se trouvait dans l'une des situations lui permettant d'être reconnu comme prioritaire et devant être relogé en urgence.
7. M. A B fait valoir que le logement qu'il occupe avec son épouse et leurs trois enfants mineurs est insalubre ou non décent et il justifie avoir alerté en janvier 2021 le propriétaire sur ces problèmes. S'il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des pièces produites à l'appui de son recours amiable, que le logement en question aurait été frappé par un arrêté préfectoral d'insalubrité, ou que le directeur général de l'agence régionale de santé ou du service communal de l'hygiène aurait été saisi aux fins d'établissement du rapport mentionné à l'article L. 1331-26 du code de la santé publique, au vu duquel se prononce la commission de médiation, en vertu des dispositions précitées du VII de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, lorsqu'est invoquée l'insalubrité d'un logement, il ressort toutefois du compte-rendu de la visite de diagnostic technique réalisée sur les lieux le 20 juillet 2021 et visant à caractériser un logement dégradé à partir d'un constant visuel des désordres susceptibles de relever de l'application du décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent, compte-rendu bien que postérieur à la décision attaquée peut néanmoins être pris en compte dès lors qu'il décrit un état préexistant, que le logement n'est pas décent en raison de désordres affectant, d'une part, l'habitabilité, le confort et l'entretien, d'autre part, les équipements électriques et de chauffage et de problèmes d'humidité et d'aération. Il s'avère en effet que le chauffage électrique du salon est insuffisant, que les murs et les plafonds des pièces sont affectés d'une humidité généralisée en raison de fuites et d'infiltrations, que l'ensemble des garde-corps des fenêtres sont positionnés trop bas à partir du plancher et que le système de ventilation n'est pas conforme. Le compte-rendu énumère un certain nombre de travaux à réaliser dans le logement afin de le rendre conforme au décret n°2002-120 du 30 janvier 2002. En outre, par une lettre du 16 septembre 2021, le préfet du Var a indiqué au maire de la commune de Cuers que si les désordres affectant le logement ne justifiaient pas de mettre en œuvre la procédure de l'article L. 1331-6 du code de la santé publique, relative à la résorption de l'habitat insalubre, la mise en location de ce bien immobilier nécessitait une mise en conformité au regard des prescriptions du règlement sanitaire départemental et qu'il appartenant au maire de faire usage de ses pouvoirs de police afin d'enjoindre au propriétaire de prendre les mesures nécessaire en vue notamment du respect des dispositions de ce règlement. Enfin, il ressort des certificats médicaux versés à l'instance par M. A B que lui-même et son épouse présentent des signes cliniques respiratoires chroniques causés par l'humidité ambiante du logement.
8. Dans ces conditions, M. A B doit être regardé comme établissant le caractère indécent du logement occupé au sens des dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation précitées. Il est par suite fondé à soutenir que la commission de médiation a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que M. A B est fondé à demander l'annulation de la décision du 6 mai 2021 par laquelle la commission de médiation du Var a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. En raison du motif qui la fonde et sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement que la demande de logement social de M. A B soit reconnue comme prioritaire et urgente. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Var de saisir la commission de médiation DALO du Var pour que celle-ci prenne une telle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. M. A B ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 19 juillet 2021, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Lagardère, avocate de M. A B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser directement à Me Lagardère.
DECIDE
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. A B.
Article 2 : La décision de la commission de médiation du Var du 6 mai 2021 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Var de saisir la commission de médiation DALO pour que celle-ci reconnaisse M. A B comme prioritaire et devant être logé en urgence dans un logement adapté à sa situation, par une décision prise dans un délai au plus de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Lagardère, avocate du requérant, la somme de 1 000 euros (mille euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lagardère renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Me Lagardère et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le magistrat désigné
Signé :
D. RIFFARD
La greffière
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026