jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2102963 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2021, sous le n° 2102995, Mme B C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le conseil départemental du Var a rejeté son recours préalable du 20 janvier 2021 contre la décision du 6 janvier 2021 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 12 029,32 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 11 724,42 euros ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental du Var, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros à verser à Me Pierre-Henry Desfarges, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- sa requête a été introduite dans le délai de recours contentieux après recours administratif préalable obligatoire et est donc recevable ;
- la décision attaquée a méconnu les prévisions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code de justice administrative relatives à l'information des personnes faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence de l'autorité signataire ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles relatives à la saisine préalable de la commission de recours amiable ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du 2e alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles relatives au caractère suspensif des réclamations et recours dirigés contre une décision de récupération de l'indu ;
- les droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'elle n'a pas reçu les informations indispensables pour lui permettre de comprendre les faits qui lui sont reprochés et assurer sa défense ;
- elle satisfaisait aux dispositions de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles relatives à une résidence stable et effective en France jusqu'en décembre 2019, date de son départ définitif pour la Thaïlande ;
- elle a toujours procédé à la déclaration de l'intégralité de ses revenus depuis mars 2017 et la vente de son habitation principale le 17 juillet 2019 ne correspondait pas à un revenu devant être déclaré ;
- elle peut se prévaloir du droit à l'erreur consacré par l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration et sa bonne foi est d'autant plus certaine que la caisse était tenue à une obligation particulière d'information ;
- sa bonne foi justifie dans le cadre de l'office particulier du juge administratif statuant sur de telles conclusions, une remise de tout ou partie de la dette restante ou son échelonnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var fait valoir l'absence de compétence de la caisse en matière de trop-perçu de revenu de solidarité active socle, appelle en la cause du conseil départemental du Var et conclut à sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, le président du conseil départemental du Var, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 24 novembre 2021, sous le n° 2102963, Mme B C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var lui a notifié une dette concernant un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 pour un montant de 152,45 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental du Var, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros à verser à Me Pierre-Henry Desfarges, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- son recours est recevable dès lors que sa demande d'aide juridictionnelle a interrompu le délai de recours contentieux ;
- la décision attaquée a méconnu les prévisions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code de justice administrative relatives à l'information des personnes faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique ;
- la décision attaquée a méconnu les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration relatives à l'indication du prénom, du nom et de la qualité de l'auteur d'une décision administrative ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du 2e alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles relatives au caractère suspensif des réclamations et recours dirigés contre une décision de récupération de l'indu ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les droits de la défense ont été méconnus dès lors que le retrait de la décision d'attribution de la prime exceptionnelle doit intervenir au terme d'une procédure contradictoire conformément aux dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle satisfaisait aux dispositions de l'article R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles relatives à une résidence stable et effective en France jusqu'en décembre 2019 date de son départ définitif pour la Thaïlande ;
- elle a toujours procédé à la déclaration de l'intégralité de ses revenus depuis mars 2017 et la vente de son habitation principale le 17 juillet 2019 ne correspondait pas à un revenu devant être déclaré ;
- elle peut se prévaloir du droit à l'erreur consacré par l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration et sa bonne foi est d'autant plus certaine que la caisse était tenue à une obligation particulière d'information.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision d'indu et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir l'annulation de l'indu d'aide exceptionnelle suite au constat d'une double notification et que Mme C n'est, par suite, plus redevable de la créance ING002 d'un montant de 152,45 euros.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 6 septembre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations du public avec l'administration ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Silvy, premier conseiller, en application des dispositions du 1° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C était bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département du Var depuis mars 2017. Suite à une déclaration modificative de situation personnelle, la caisse des allocations familiales (CAF) du Var a procédé à une vérification de ses droits à la suite de laquelle le conseil départemental du Var a prononcé sa radiation à compter du mois d'août 2019 pour absence de résidence stable et effective sur le territoire et pour fausses déclarations en ce qui concerne ses ressources. La CAF du Var lui a notifié le 6 janvier 2021 un indu de revenu de solidarité activité d'un montant de 11 724,42 euros au titre de la période de juin 2017 à juillet 2020. Le recours administratif préalable daté du 20 janvier 2021 a été rejeté implicitement par la CAF du Var. Le 29 mars 2021, la CAF du Var a également notifié à
Mme C un indu relatif à la prime de fin d'année du " 1er décembre 2018 au 21 décembre 2019 " pour un montant de 304,90 euros. Mme C demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2102936 et 2102995 enregistrées pour Mme B C présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions relatives à un indu de revenu de solidarité active du 6 janvier 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail. ". L'article R. 262-5 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". En vertu de l'article R. 262-7 du même code, les ressources prises en compte pour le calcul de l'allocation sont égales à la moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision.
4. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
5. Il ressort des pièces du dossier que la CAF du Var a entendu remettre en cause l'allocation de revenu de solidarité active versée à Mme C depuis mars 2017 aux motifs qu'elle n'avait plus sa résidence effective en France à compter du mois d'août 2019, qu'elle n'avait pas déclaré la reprise de sa vie commune avec son ancien compagnon et qu'elle n'aurait pas déclaré l'intégralité des revenus perçus.
6. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme C, après s'être rendue en Thaïlande au cours des étés 2018 et 2019, s'est définitivement établie dans ce pays, ainsi qu'elle en avait fait la déclaration spontanée, depuis la fin du mois de novembre 2019. Il ressort notamment des relevés bancaires produits par Mme C que celle-ci était bien présente sur le territoire français jusqu'à décembre 2020. Il ne ressort ni des pièces produites par le conseil départemental du Var et par la caisse des allocations familiales du Var, ni du rapport d'enquête sommaire versé à l'instruction que celle-ci serait restée absente de France pour une durée de plus de trois mois sur une année civile avant de renoncer à ses droits au revenu de solidarité active. Le rapport d'enquête de la CAF du Var retient ainsi une présence en Thaïlande du 7 août 2019 au
29 octobre 2019. De même l'enregistrement d'une adresse en Thaïlande pour un compte bancaire ne peut suffire à remettre en cause l'ensemble des éléments établissant le maintien d'un résidence stable et effective sur le territoire français pour l'essentiel de l'année 2019. L'absence de la requérante aux trois propositions de rencontre des 18 août 2020, 25 août 2020 et
23 septembre 2020, alors qu'il est constant qu'elle avait, à ces dates, fixé sa résidence permanente en Thaïlande est également sans incidence à cet égard. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à critiquer le grief de déclaration frauduleuse en ce qui concerne sa résidence stable et effective en France avant le 1er décembre 2019.
7. Il ressort également des pièces du dossier que pour établir une intention frauduleuse s'agissant des ressources effectives de Mme C, le rapport d'enquête se borne à lister une vingtaine de crédits bancaires identifiés sur les comptes de celle-ci après exercice du droit de communication sans exposer ce qui justifierait de les regarder comme des ressources devant être prise en compte au titre des dispositions précitées de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles. Par ailleurs, Mme C justifie par la production de relevés bancaires détaillés qu'un certain nombre de ces crédits bancaires correspondent à de l'entraide familiale, en provenance notamment de sa mère. Enfin, si la propriété d'un immeuble d'habitation occupé à titre de résidence constitue un avantage en nature au sens des dispositions de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles, sous réserve des prévisions de l'article R. 132-1 de ce code, le produit de la vente d'un tel élément du patrimoine ne constitue pas mécaniquement un revenu ou une ressource. Ni le rapport d'enquête, ni la décision en litige, ni les éléments produits dans le cadre de la présente instance ne permettent de connaître le calcul qui a été opéré pour déterminer les ressources supplémentaires qui ont résulté pour Mme C de cette cession. Enfin, la réalisation de cette cession en juillet 2019 serait, en tout état de cause, sans incidence sur l'appréciation des ressources de Mme C avant cette date. Il résulte de ce qui précède que Mme C est également fondée à critiquer le grief de déclaration frauduleuse en ce qui concerne les omissions déclaratives qui lui sont reprochées s'agissant de ses ressources entre mars 2017 et novembre 2019.
8. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux point 6 et 7 que la situation de fraude et de fausses déclarations réitérées opposée à Mme C n'est pas établie par les pièces du dossier. Celle-ci est, dès lors, fondée à demander l'annulation de la décision d'indu du 6 janvier 2021 pour inexacte qualification des faits.
Sur les conclusions relatives à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année :
9. La caisse d'allocations familiales du Var fait valoir que seule serait contestée une créance ING002 d'un montant de 152,45 euros au titre de la fin d'année 2019, que celle-ci a déjà été recouvrée suite à un remboursement du 9 mars 2021 qui incluait ce montant et qu'elle a fait procéder à l'annulation de cette créance. Elle se borne toutefois à produire une note interne faisant état d'un double indu sans produire aucun élément administratif ou comptable, lequel aurait notamment pu être notifié à l'allocataire, faisant état de l'annulation ou de l'abrogation de cette décision d'indu. L'exception de non-lieu à statuer opposée par la caisse ne peut, par suite, qu'être écartée.
10. Il ressort des termes de la décision du 29 mars 2021 que celle-ci est motivée par la même situation de fraude alléguée retenue à l'appui de la décision d'indu du 6 janvier 2021. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6, 7 et 8 que la caisse des allocations familiales du Var n'était pas fondée à retenir une telle hypothèse de fraude. Par suite, Mme C est fondée à demander, pour les mêmes motifs, l'annulation de cette décision du 29 mars 2021.
Sur les frais de justice :
11. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " () En toute matière, l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle ou totale peut demander au juge de condamner la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à lui payer une somme au titre des honoraires et frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge. / Si le juge fait droit à sa demande, l'avocat dispose d'un délai de douze mois () pour recouvrer la somme qui lui est allouée. S'il recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive. () ".
12. Le conseil de Mme C présente des conclusions sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par la décision du bureau d'aide juridictionnelle susvisée du
6 septembre 2021, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans ces conditions, de condamner la caisse des allocations familiales du Var à verser au conseil de Mme C une somme de 1 000 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir l'indemnité correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 6 janvier 2021 du directeur de la caisse des allocations familiales du Var relative à un indu de revenu de solidarité active est annulée.
Article 2 : La décision du 29 mars 2021 du directeur de la caisse des allocations familiales du Var relative à un indu de prime de fin d'année est annulée.
Article 3 : La caisse des allocations familiales du Var est condamnée à verser au conseil de
Mme C une somme de 1 000 euros, sous réserve de la renonciation de celui-ci à percevoir l'indemnité correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Pierre-Henry Desfarges, à la caisse des allocations familiales du Var et au département du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
J.-A. A
La greffière,
Signé
F. POUPLY
A. CAILLEAUX
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2102963, 2102995
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026