jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante : Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 novembre 2021, 10 novembre 2022 et 16 mai 2023, l'association Bandol port 2022, la société Asdecoeur plaisance, M. B D et M. A C, représentés par Me Coutelier Tafani, demandent au tribunal, dans le dernier état des écritures : 1°) d'annuler la délibération n° 3 du 1er octobre 2021 du conseil municipal de Bandol, ayant pour objet l'adoption d'une convention de quasi-régie, en vue de concéder le service public pour l'exploitation et l'entretien du port de plaisance et de ses dépendances ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Bandol et de la société d'économie mixte locale de gestion du port de Bandol la somme de 4 000 euros chacun, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que : - le principe de la quasi-régie est illégal, en l'absence de participation directe de capitaux privés requise par la loi ; - la délibération méconnaît les dispositions de l'article R. 5314-31 du code des transports. Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 avril 2022 et 27 avril 2023, la commune de Bandol, représentée par Me Parisi, conclut : 1°) à titre principal, au rejet de la requête ; 2°) à titre subsidiaire, à ce que les effets d'une annulation soient différés ; 3°) à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la requête est irrecevable, dès lors que la délibération ne peut faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir ; que les requérants ne démontrent pas leur intérêt à agir ; - la première branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 5314-31 du code des transports est inopérante ; - la seconde branche de ce moyen est infondée. Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, la société d'économie mixte locale de gestion du port de Bandol, représentée par Me Callen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la requête est irrecevable, dès lors que l'association requérante ne justifie pas que ses statuts modifiés ont été déposés en préfecture et est donc dépourvue de capacité à agir ; en outre, elle n'établit pas son intérêt à agir et il en va de même pour ses membres ; que la délibération ne peut être contestée par la voie du recours pour excès de pouvoir ; - les moyens de la requête sont inopérants et en tout état de cause, infondés. Le 10 novembre 2022, la société Asdecoeur plaisance, M. B D et M. A C déclarent se désister purement et simplement de la requête. Vu : - les autres pièces du dossier ; - l'ordonnance n° 2103202 du 8 décembre 2021 du juge des référés. Vu : - le code des transports ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - les observations de Me Meulien, substituant Me Coutelier Tafani, représentant les requérants, - les observations de Me Durand-Stephan, substituant Me Parisi, représentant la commune de Bandol, - les observations de Me Callen, représentant la société d'économie mixte locale de gestion du port de Bandol. Une note en délibéré, présentée par l'association Bandol port 2022, a été enregistrée le 10 mai 2024. Considérant ce qui suit : 1. Le 1er octobre 2021, le conseil municipal de la commune de Bandol a voté cinq délibérations, afin de résilier la convention de quasi-régie conclue avec la société d'économie mixte locale de gestion du port de Bandol (SOGEBA), concéder l'exploitation et l'entretien du port de plaisance et de ses dépendances à cette même société, adopter un règlement de police et un règlement général du port ainsi que les tarifs portuaires pour l'année 2022. Sur les désistements : 2. Les désistements de la société Asdecoeur plaisance, de M. B D et de M. A C sont purs et simples. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte. Sur les conclusions aux fins d'annulation : S'agissant de l'autorisation donnée au maire pour conclure le contrat avec la SOGEBA : 3. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Cette action devant le juge du contrat est également ouverte aux membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné ainsi qu'au représentant de l'Etat dans le département dans l'exercice du contrôle de légalité. 4. La légalité du choix du cocontractant, de la délibération autorisant la conclusion du contrat et de la décision de le signer, ne peut être contestée qu'à l'occasion du recours ainsi défini. 5. Conformément à ce qui a été dit au point précédent, la légalité des décisions autorisant le maire de la commune de Bandol à signer le contrat de quasi-régie avec la SOGEBA ne peut être discutée qu'à l'appui du recours de pleine juridiction dirigé contre le contrat lui-même. Par suite, il y a lieu d'accueillir les fins de non-recevoir opposées en défense, tirées de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation de ces décisions. S'agissant du principe de la quasi-régie : 6. D'une part, l'article L. 1411-4 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Les assemblées délibérantes des collectivités territoriales, de leurs groupements et de leurs établissements publics se prononcent sur le principe de toute délégation de service public local après avoir recueilli l'avis de la commission consultative des services publics locaux prévue à l'article L. 1413-1. Elles statuent au vu d'un rapport présentant le document contenant les caractéristiques des prestations que doit assurer le délégataire. " 7. D'autre part, aux termes de l'article R. 5314-31 du code des transports, dans sa rédaction applicable au présent litige : " () Il peut être accordé des garanties d'usage de postes d'amarrage ou de mouillage pour une durée maximale de trente-cinq ans, en contrepartie d'une participation au financement d'ouvrages portuaires nouveaux constituant une dépendance du domaine public de l'Etat. () ". 8. En l'espèce, la délibération attaquée fait état du projet de transformation du port et de ses abords, impliquant la réalisation d'ouvrages portuaires nouveaux financés par des garanties d'usage. L'annexe n°11 à la délibération contient un programme prévisionnel d'investissement, comprenant 40 600 000 euros au titre des garanties d'usage. Ce document prévoit notamment la création d'une déchetterie et d'un garage, la construction d'une nouvelle panne flottante, la reconfiguration de la station d'avitaillement, la restructuration du quai principal, la création d'un pôle nautique et la reconfiguration d'un parking. Il n'appartient pas au juge de se prononcer sur l'opportunité des travaux envisagés par la commune et la requérante ne saurait utilement se prévaloir, à l'appui de la requête, du caractère sommaire de ce plan. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. 9. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Sur les frais du litige : 10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bandol et de la SOGEBA, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que l'association Bandol port 2022 demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'association Bandol port 2022 une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Bandol et une somme de 1 500 euros à verser à la SOGEBA, au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : Il est donné acte des désistements de la société Asdecoeur plaisance, de M. B D et de M. A C.Article 2 : La requête de l'association Bandol port 2022 est rejetée.Article 3 : L'association Bandol port 2022 versera à la commune de Bandol et à la société d'économie mixte locale de gestion du port de Bandol une somme de 1 500 euros chacune, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Bandol port 2022, à la commune de Bandol et à la société d'économie mixte locale de gestion du port de Bandol.Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2103195
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026