jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2103302 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOSVIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2021, la société Hanae, représentée par Me Bosvieux, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une mesure d'expertise en vue de déterminer l'origine de l'effondrement du talus de la SCI Hanae survenu les 14 et 15 juillet 2020 ainsi que ses conséquences sur l'usage et la conformité des ouvrages affectés, de déterminer si un réseau d'eau potable existe ou a existé en pied de ce talus, de déterminer l'existence et l'historique des travaux réalisés par la commune de Beausset en pied de talus, sous la propriété et à proximité de la société requérante, d'indiquer les travaux nécessaires pour y remédier et d'en chiffrer le coût, et de déterminer l'imputabilité des désordres en cause ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Beausset une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Hanae est propriétaire d'une parcelle de terrain située 86 chemin du Beausset Vieux à Beausset (83330) sur le périmètre de laquelle se situe un talus qui s'est effondré dans la nuit du 14 au 15 juillet 2020 affectant la voie publique ;
- suite à cet effondrement, la commune de Beausset lui a immédiatement adressé une mise en demeure afin de sécuriser le site à laquelle elle s'est conformée ; comme demandé par la commune, elle a fait réaliser une expertise géologique qui a constaté la présence d'un réseau d'eau potable en pied dudit talus ;
- elle a fait réaliser une expertise afin de déterminer l'origine et les causes de l'effondrement dudit talus et une réunion d'expertise a été organisée le 11 septembre 2020 en présence des représentants de la commune ; afin de pouvoir réaliser l'expertise, la requérante fait notamment valoir qu'ils ont sollicité de nombreuses fois la commune afin d'obtenir des informations relatives à une canalisation en pied de talus, et à tout travaux éventuel, ce à quoi la commune n'aurait répondu que partiellement ; en outre, la requérante soutient que les différents travaux qu'elle a réalisés pour sécuriser le site l'élèvent au jour de la requête à 67 951,61 euros ;
- elle est donc fondée à solliciter une mesure d'expertise, la responsabilité de la commune du Beausset étant susceptible d'être engagée sur le fondement des dommages liés à l'exécution de travaux publics.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Harang, président de la 3ème Chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. La société Hanae demande au Tribunal de désigner un expert en vue de déterminer les désordres affectant sa propriété, de déterminer les causes et origines des désordres ainsi que leur imputabilité, d'indiquer les travaux nécessaires pour y remédier et d'en chiffrer le coût. Cette demande, qui est assortie de pièces attestant de l'existence de désordres sur cet ouvrage, et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond. Dans ces conditions, elle présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1 de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Hanae.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A B, demeurant 209 chemin du Val d'Aren à LE BEAUSET (83330), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1) se rendre sur les lieux ;
2) entendre les parties, se faire communiquer tous documents utiles à l'exécution de sa mission ;
3) déterminer l'existence et l'historique des travaux réalisés par la commune de Beausset au droit de la propriété de la société Hanae en pied du talus en litige ; déterminer si un réseau d'eau potable existe ou a existé en pied de talus ;
4) déterminer l'origine de l'effondrement du talus ; déterminer la ou les causes des désordres constatés et, dans les cas de causes multiples, indiquer la part d'imputabilité à chacune d'entre elles ;
5) indiquer les conséquences de cet effondrement sur l'usage et la destination des ouvrages de la société requérante affectés par le dommage ;
6) fournir au juge tous éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices subis par la requérante, et évaluer, le cas échéant, le coût et la durée des travaux nécessaires à réparer les désordres ;
7) donner tous éléments utiles de nature à permettre au juge du fond éventuellement saisi de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues et évaluer, s'il y a lieu, les préjudices subis ;
8) faire toutes autres constatations nécessaires.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Les opérations d'expertise auront lieu en présence de la société Hanae et de la commune de Beausset.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance et en notifiera copie aux parties conformément à l'article R. 621-9 du code de justice administrative.
Article 5 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du tribunal, qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge, conformément à l'article R. 621-13 du code susvisé.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la société Hanae est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Hanae et à la commune de Beausset.
Copie en sera adressée à l'expert désigné.
Fait à Toulon, le 6 juillet 2023.
Le vice-président,
juge des référés
signé
Ph. HARANG
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026